Bibliographie


 

CETRI, Racisme : entre exclusion sociale et peur identitaire.

Le racisme a la peau dure mais il sait se faire élastique. Il résiste à sa condamnation en sacralisant le clivage entre « eux » et « nous » sur base d’attributs non plus uniquement physiques, mais culturels. La mondialisation, tout en diluant les particularismes dans le moule de la modernité, alimente les résurgences identitaires et renforce l’hétérogénéité culturelle des groupes sociaux sur fond de flux migratoires et d’accroissement de la mobilité. Comment articuler égalité et différence dans une perspective citoyenne et démocratique ? La question se pose dans les sociétés « accueillant » des populations immigrées, comme dans celles qui abritent des minorités ethniques et nationales. Des modèles « intégrateurs » aux variantes multiples ont vu le jour au Nord comme au Sud. Quels sont les enjeux de ces politiques ? Reconnaître la diversité dans la perspective d’un projet national commun ? Certaines expériences génèrent des liens collectifs nouveaux – certes conflictuels, imparfaits et inachevés –, d’autres aboutissent au rejet parfois violent de pans entiers de la population. Si le racisme plonge ses racines dans les inquiétudes culturelles et les peurs identitaires, il a aussi partie liée avec l’exploitation économique et sociale. Discriminations et inégalités se confondent-elles pour autant ? Tantôt le combat pour le respect de la diversité et la lutte contre les dominations sociales vont de pair, tantôt ils s’ignorent, voire s’opposent, dans les principes, comme dans la pratique.

CETIM, Le droit à la non-discrimination, 2011.

La non-discrimination, avec son corollaire qu'est l'égalité, a une place particulière dans les dispositifs des droits humains, étant donné que tous les droits humains (civils, politiques, économiques, sociaux et culturels) doivent être mis en oeuvre pour tout un chacun, sans aucune discrimination et en toute égalité. Les instruments internationaux en matière de droits humains interdisent toute distinction, exclusion, restriction ou tout autre traitement différencié au sein d'une communauté donnée – mais aussi entre des communautés – qui ne se justifient pas et qui compromettent la jouissance des droits humains par toutes et tous sur la base du principe de l'égalité. Lorsque l'on observe le monde contemporain dans cette optique, on constate que des centaines de millions de personnes continuent d'être discriminées à travers le monde du fait de leur appartenance à un peuple ou à une ethnie, de leur langue, de leur croyance, de leur situation sociale et/ou éco­nomique, de leur ascendance, de leur opinion politique, mais aussi de leur sexe, de leur âge ou de leur orientation sexuelle. Il existe une quantité abondante de publications sur la question de la non-discrimination, mais elles se concentrent bien souvent sur un de ses aspects (éducation, travail, liberté d'opinion et d'expression, etc.) ou sur une catégorie de personnes (femmes, peuples autochtones, groupes religieux, migrants, etc.). La présente brochure a pour but de donner « une vue d'ensemble » des multiples facettes de la discrimination.

Elle est téléchargeable gratuitement en français, espagnol et anglais sur notre site internet: http://www.cetim.ch/fr/publications_non-discrimination.php

MEMMI Albert, 1994, Le racisme, Folio, 256p.


«Le racisme est la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression.»Il y a une trentaine d'années, Albert Memmi proposait cette définition du racisme, largement utilisée depuis par les chercheurs et les enseignants. Il n'a cessé d'enrichir et de préciser sa réflexion sur le racisme, au fil de nombreux textes.On retrouvera dans ce livre, outre la place centrale du racisme dans la pensée de l'auteur, les deux pôles de cette définition : la liaison étroite entre le racisme et la notion de différence («le raciste, écrit-il, prétend toujours utiliser quelque différence pour en tirer profit»), et, d'autre part, la parenté entre le racisme et l'oppression («le racisme est le symbole et le résumé de toute oppression»).L'auteur développe enfin, avec de nouveaux arguments, sa distinction entre le racisme, qu'il propose de limiter strictement au sens biologique, et l'hétérophobie, refus agressif d'autrui, et dont le racisme ne serait qu'un cas particulier.

UNESCO, Pourquoi le racisme?

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WIEVIORKA Michel, 1998, Racisme : une introduction, La Découverte, 165p

Le racisme s'est considérablement transformé au fil des temps, et la distance est grande entre ses expressions classiques, qui se réclament de la science, et ses formes contemporaines, qui se réfèrent de plus en plus à l'idée de la « différence » et de l'incompatibilité des cultures. Mais comment en rendre compte ? Dans cet ouvrage, Michel Wieviorka formule les questions que suscite l'actualité du racisme, et présente les outils d'analyse qui peuvent contribuer à y répondre - en particulier par une présentation particulièrement claire des doctrines racistes et des théories qui entendent les expliquer. L'auteur montre que le phénomène est aujourd'hui lié à la grande mutation des sociétés occidentales - fin de l'ère industrielle, crise des institutions et des systèmes politiques, fragmentation culturelle, rôle accru des médias. Il examine, enfin, l'action antiraciste, ses difficultés, ses carences, les débats qu'elle suscite. Offrant un bilan documenté et exigeant des connaissances disponibles, ce livre ouvre la voie à la réflexion, préalable indispensable à l'action..