Bibliographie

BOISEAU DU ROCHER Spophie, 2009, L'Asie du Sud-Est prise au piège, 452p.

Cet angle de l'Asie, auquel appartiennent la Birmanie, le Viêt-nam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, les Philippines, l'Indonésie, le Brunei et le tout récent Timor Leste, n'attire les feux de l'actualité qu'à l'occasion d'une crise sociale ou d'un accident majeur. Pourtant, dans ce laboratoire du développement se joue une partie décisive pour l'avenir des "nouveaux venus" de l'ère de la mondialisation. Tout le mérite de l'étude pionnière de Sophie Boisseau du Rocher est de proposer non seulement la radiographie complète et actualisée de ces pays, mais aussi d'en décortiquer les mécanismes, les enjeux et les risques. Première région en développement à avoir valorisé les opportunités de la mondialisation, l'Asie du Sud-Est mesure depuis dix ans le prix à payer d'une croissance vécue sur le mode accéléré. Les déséquilibres de tous ordres qu'on y observe aujourd'hui, en dépit d'un certain dynamisme économique et des apparences de la stabilité politique, annoncent-ils des désordres ailleurs, dans d'autres régions moins avancées ? En brossant un tableau nuancé qui reflète la diversité et la complexité des situations locales, Sophie Boisseau du Rocher pose en filigrane une question centrale pour l'avenir des Etats du Sud : comment concilier le temps long de la construction socio-politique et de la démocratisation, et le temps court, impératif et inégalitaire, de la contrainte du développement économique ?

DE KONNINCK Rodolphe, 2009, L'Asie du Sud-Est, Armand Colin, 361p.

L'Asie du Sud-Est renoue avec la tradition des ouvrages de géographie consacrés aux grandes régions du monde. Mais il va plus loin dans la mesure où, tout en examinant en profondeur les fondements historiques des structures spatiales de " l'angle de l'Asie ", il débouche sur une géographie très à jour de la dynamique des onze Etats qui le composent aujourd'hui. Dans la première partie de l'ouvrage, l'auteur s'attache à dévoiler la trame spatiale des héritages propres à l'Asie du Sud-Est, cette Asie maritime, montagneuse et tropicale qui dispose, en particulier dans sa partie continentale, de grands fleuves qui, tel le Mékong, forment de vastes plaines alluviales et des deltas. Les autres terres, les plaines et les mers ont toutes été le lieu de la mise en place de sociétés distinctes, ayant su accueillir les apports de l'Inde et de la Chine, puis subir ceux des puissances coloniales européennes à compter du XVIe siècle. La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée à l'étude des Etats. La méthode comparative est ici à l'honneur, les pays étant examinés par couples. Il s'agit des grands États archipels que sont les Philippines et l'Indonésie - dont s'est récemment affranchi le Timor oriental -, de cet État dédoublé que représente la Malaysia, de la cité-Etat de Singapour et du sultanat de Brunei, ces petits Etats milliardaires ; tout comme, dans la péninsule, de la Birmanie et de la Thaïlande, ces Etats jumeaux non identiques, du Laos et du Cambodge, des États tampons ; et enfin du Vietnam, longtemps divisé mais réunifié il y a une trentaine d'années.

PAUWELS Simone, MASSART- VINCENT Josiane, 1999,,D'un nom à l'autre en Asie du Sud-Est, Karthalla, 320p.

Qui nomme-t-on ? Quand nomme-t-on ? Comment nomme-t-on ? Qui nomme ?... Toute société peut faire l'objet de ces questions. L'ethnologie à la particularité de se les poser toutes à la fois, ce qui la rend à même d'articuler la nomination à l'organisation sociale, voire plus largement à la cosmologie.Cet ouvrage analyse les pratiques nominales à partir de données ethnographiques de première main recueillies dans différentes sociétés d'Asie du Sud-Est et représentant un large spectre en termes de démographie (de quelques milliers à plusieurs millions de représentants), géographie (sociétés insulaires ou continentales) religion, langue, histoire, système de parenté, rapport à l'espace et au temps, stratification sociale, ritualisation...

MACAIRE Pierre, 2008, Peuples d'Asie du sud est, Le plein de sens,

SCOTT James C., 2013, Zomia ou l'art de ne pas être gouverné, Seuil, 530p.

Depuis deux mille ans, les communautés montagneuses d’une vaste région d’Asie du Sud-Est refusent obstinément leur intégration à l’État. Zomia : c’est le nom de cette zone d’insoumission qui n’apparaît sur aucune carte, où les fugitifs – environ 100 millions de personnes –, se sont réfugiés pour échapper au contrôle des gouvernements des plaines. Traités comme des « barbares » par les États qui cherchaient à les soumettre, ces peuples nomades ont mis en place des stratégies de résistance parfois surprenantes pour échapper à l’État, synonyme de travail forcé, d’impôt, de conscription. Privilégiant des modèles politiques d’auto-organisation comme alternative au Léviathan étatique, certains sont allés jusqu’à choisir d’abandonner l’écriture pour éviter la consignation, synonyme d’appropriation de leur mémoire et de leur identité. Poursuivant les intuitions et travaux de Pierre Clastres et Michel Foucault, l’auteur nous propose une étonnante contre-histoire de la modernité. Car Zomia met au défi les délimitations géographiques traditionnelles et les évidences politiques, et pose des questions essentielles : que signifie la « civilisation » ? Que peut-on apprendre des peuples qui ont voulu y échapper ? Quelle est la nature des relations entre États, territoire, populations, frontières ? Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la disparition de la rebelle Zomia paraît inéluctable. Mais son histoire nous rappelle que la « civilisation » peut être synonyme d’oppression, et que le sens de l’histoire n’est aussi pas univoque qu’on le croit.