Bibliographie

SOCIÉTÉ POUR LES PEUPLES MENACÉS, 2010, Barrages : boom mondial. Les barrages détruisent les modes de vie des peuples autochtones, 16p.

L’eau, à la fois vitale et destructrice, devient source d’électricité lorsqu’elle est retenue par un barrage. Pourquoi alors parler de destruction? Parce qu'elle retire tout simplement leur habitat aux gens qui peuplent les vallées inondées. Cependant, l’eau n’est pas la coupable, mais bien les gouvernements et entreprises publiques ou privées qui décident du sort des populations concernées. Ces dernières sont bien souvent des minorités, en particuliers des peuples autochtones. Certes, il est incontestable que l’électricité générée par les barrages représente un bien précieux; mais elle n’est en général pas produite pour les habitants qui ont dû quitter les vallées dévastées par les barrages. Tout le bénéfice revient le plus souvent aux preneurs industriels. Pendant que l’industrie profite, les expulsés subissent les conséquences. Ils se retrouvent contraints de quitter leurs villages d’origine et de renoncer à leur mode de vie traditionnel. Les gouvernements promettent des dédommagements et la création de nouveaux lieux d’habitation. Mais la réalité se révèle bien sou vent différente....

Extrait de l’éditorial du dossier de la Société des peuples menacés par Christoph Wiedmer, directeur

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BLANC Nathalie, BONIN Sophie, 2008, Grands barrages et habitants: les risques sociaux du développement, Quae.

Les grands barrages renvoient presque uniquement à une technicité, à l'ingénierie du XXe siècle et ses prouesses, ou à des noms, symboles nationaux (Hoover, Assouan...), parfois à des catastrophes mémorables (Malpasset en France). Ils renvoient aussi à une réponse aux besoins humains, dans les domaines énergétiques et agricoles notamment, qui a fait ses preuves. Seulement, au sortir d'un siècle qui a vu dominer la politique des grands équipements comme principale réponse à l'accroissement des besoins humains, la société civile avance de nouvelles interrogations. Dégâts écologiques, appauvrissement des populations locales, échecs économiques du projet lui-même ont été parfois dénoncés. Un collectif de chercheurs en sciences sociales (géographie, anthropologie, histoire, économie, sciences de la gestion) s'est réuni, dans cet ouvrage, autour d'une intuition : au cœur du malaise créé par ces grands équipements se trouve une figure - celle de l'habitant - mal abordée, voire "maltraitée". Le volet social ne doit plus être une annexe aux études d'aménagement, mais doit être au départ d'une nouvelle logique de gestion de l'environnement. Les analyses proposées ici, de projets de barrage (Charlas en France, Belo Monte au Brésil....) ou d'évaluations d'ouvrages existants (Alqueva au Portugal, barrages alpins...), vont au-delà des questions d'acceptabilité sociale, et approfondissement des milieux de vie par les habitants dans la conception de ces grands équipements. Les enjeux de ce renouvellement de la "logique aménagiste" s'inscrivent aujourd'hui dans l'optique des principes du développement durable"