Bibliographie

BADER Christian, 2000, Mythes et Légendes de la Corne de l'Afrique, Karthala, 288p.

Les plaines de la Corne de l'Afrique ont été, durant des siècles, le théâtre de vastes mouvements de populations. De nos jours, des affrontements armés continuent à déchirer la région que se partagent trois grands groupes : les Oromo, naguère appelés Galla, les Somali et les Afar. La vision d'un monde où l'évolution se résume à la transmission du sang, d'une généraltion à l'autre, accorde une large place aux forces de destructions : animaux monstrueux, mangeurs d'hommes et autres créatures qui symbolisent tantôt l'état de barbarie antérieur à la civilisation, tantôt le funeste destin de civilisations fourvoyées.

 


DORESSE Jean, 1971, Histoire sommaire de la corne orientale de l'Afrique, Paul Geuthner-Paris, 389p.

 

WEBER Olivier, 1996, Corne de l'Afrique : Éthiopie, Somalie, Djibouti, Yémen, Autrement.

La Corne de l'Afrique, en éventrant l'océan Indien, emporte aussi dans son histoire un coin de péninsule arabique. Une histoire riche de légendes, une actualité lourde de conflits. Traditions impériales de l'Éthiopie jacobine, l'ancienne Abyssinie en proie au sécessionnisme de l'Érythrée contré par le "négus rouge", le colonel Mengistu. Ferveurs guerrières au Yémen du Nord, le Texas du Moyen-Orient, au Yémen du Sud qui se remet à peine de son récent coup d'État, en Somalie qui ne se remet pas d'avoir perdu un coin de désert, l'Ogaden. Au milieu, Djibouti, cet ancien "confetti de l'Empire", apparaît comme une oasis, l'œil d'un cyclone qui est né de rivalités ancestrales et de guérillas modernes et se nourrit des intérêts stratégiques des grandes puissances. Mais la Corne n'offre pas qu'un spectacle de famine et de désolation. C'est aussi les fêtes chrétiennes et dorées de l'Épiphanie, les églises enterrées, les merveilles architecturales de Sanaa, les nomades qui se moquent des frontières, les rivages féériques de la mer Rouge, les errances nostalgiques des fils de Rimbaud, les villes des Mille et Une Nuits. Splendeurs et misères des héritiers de la reine de Saba.

 

LE HOUÉROU Fabienne, 2000, Ethiopie-Erythrée, frères ennemis de la Corne de l'Afrique, L'Harmattan, 160p.

L'Erythrée finit par acquérir son indépendance après une guerre de trente ans (1961-1991) l'ayant opposée à l'Ethiopie. Malgré une entente apparente entre les deux dirigeants des deux Etats, des hostilités éclatent en 1998 et conduisent les deux frères à se livrer une véritable guerre. Guerre d'honneur ? Guerre identitaire ? Fabienne Le Houérou tente de faire ressortir les ancrages historiques de cette crise par la voix même des acteurs. Autant de témoignages qui nous éclairent sur l'ambiguïté, l'ambivalence et la complexité des rapports entre l'Ethiopie et l'Erythrée.

 

LEGUM Colin, THUAN Cao-Huy, FENET Alain, HALLIDAY Fred, MOLYNEUX Maxime, La Corne de l'Afrique, questions nationales et politiques internationales. L'Harmattan, 268p.

Les Etats-Unis, l'Europe et l'Ethiopie: c'est le titre du premier thème analysé par Cao-Huy Thuan dans cet ouvrage collectif. En 87 pages bien documentées (pp. 7-94), il a abordé successivement le containment sélectif, l'Ethiopie et le containment sélectif, le rôle de l'Europe et de la France dans la Corne de l'Afrique. S'agissant du containment, l'auteur a affirmé qu'il fut à l'origine, une vision du monde selon laquelle seuls les États-Unis sont la puissance mondiale et l'Union soviétique doit demeurer une puissance continentale. Par conséquent, dans la conception américaine, « toute tentative de l'Union soviétique d'élargir son influence au-delà de son empire continental doit être énergiquement comprimée » p. 18. Cette idée d'après-guerre a quelque peu perdu de son influence face à la réalité internationale d'aujourd'hui. La question est plutôt maintenant de savoir jusqu'où l'Union soviétique peut-elle s'étendre sans toucher aux intérêts vitaux des États-Unis. Ces intérêts sont aussi en constante évolution, étant donné les rapports de force.

 
COUBBA Ali, 2004, Les Afars de la préhistoire à la fin du XV eme siècle, L'Hamattan, 256p.
Le pays Afar - appelé également Triangle Afar - est habité depuis les temps les plus reculés de la Préhistoire. Toute la lignée humaine répertoriée -, de la plus ancienne souche de l'Australopithèque (âgée de plus de 5 millions d'années), à l'Homo habilis, en passant par l'Homo erectus -, y a laissé des traces probantes. En 1974, la fameuse Lucy y a été découverte. Lorsque leur histoire n'est pas usurpée par des voisins en mal de nationalisme, les Afar- peuple semi-nomade de la corne de l'Afrique - font l'objet d'une occultation injustifiée. Pourtant, ils occupent, depuis le début de notre ère, une zone stratégique qui approvisionnait en aromates et en encens l'Egypte ptolémaïque et romaine. Des Dulum (la plus ancienne dynastie) aux Adal (la plus prestigieuse), la répartition géographique de ce peuple apparaît comme le résultat des pressions migratoires qui secouent la région entre les IXe et Xe siècle. En outre, son rôle a été déterminant dans l'islamisation de la rive occidentale de la mer Rouge. A fin du XIIIe siècle, au moment où le royaume chrétien d'Abyssinie entre en conflit avec ses voisins musulmans, les Afar sont organisés sous forme de sultanats et chefferies autonomes. Le long du piémont éthiopien, le réseau économique, l'échange culturel et la communauté de religion brassent des peuples divers (Agaw, Amhara, Tigréens, Bedja, etc.) dont certains seront absorbés par la société Afar. Cet ouvrage retrace les origines de cette société semi-nomade dont l'éparpillement actuel entre plusieurs Etats (Ethiopie, Djibouti et Erythrée) masque l'unité culturelle.
 

PIQUET François, 1998, Des nomades entre la ville et les sables : La sédentarisation dans la corne de l'Afrique, Karthala, 480p.

La famine constitue aujourd'hui une tragédie médiatisée. Notamment, en Afrique, les pays de la ceinture saharo-sahélienne, de l'Atlantique à la mer Rouge, ont vécu, de 1968 à 1985, deux sécheresses aiguës ayant entraîné la famine. Cette catastrophe a plus particulièrement affecté les populations de pasteurs nomades. Par deux fois, les troupeaux ont été décimés, les nomades minés par la dénutrition se sont regroupés sous des abris de fortune, à la périphérie des villes et en bordure des axes routiers. Dépossédés de leur richesse et de leur puissance passée, le cheptel, les lourds bijoux des femmes, l'épée ou le poignard arboré par les hommes, ils sont démunis de tout, " clochardisés ". Cette ultime stratégie de repli du nomade a entraîné une forme de sédentarisation forcée qui a accentué le mouvement d'exode rural. Dès lors, la subsistance des nomades dépend de l'assistance familiale et de l'aide internationale, ainsi que de l'insertion dans des activités hors élevage. L'aide alimentaire et la logistique des organisations humanitaires induisent des effets pervers, tels que la chute de la production locale, l'abandon de pratiques traditionnelles et une dépendance, notamment liée aux changements d'habitudes alimentaires. Au-delà, le secteur informel (petite production marchande, micro-commerce et autres activités de services) se révèle parfaitement articulé à l'économie de l'aide qui polarise d'ores et déjà l'essentiel du tissu socio-économique. Si cette dernière contribue à la subsistance à court terme, le secteur informel constitue, quant à lui, un " sas d'adaptation " et la ville représente le lieu par excellence du changement social.

 

JEANJENE VILMER Jean-Baptiste, GOUÉRY Franck, 2011, Les Afars d'Éthiopie: dand l'enfer du Danakil, Ed; Non Lieu, 168p.

Dans un déchaînement surréaliste de couleurs, le désert volcanique du Danakil, rongé par le sel, brûlé de soleil est la terre des Afars. “Affreux désert” arpenté par Rimbaud ou “révélation de la beauté” pour Kessel, cet enfer est un royaume de l’extrême. Trois failles tectoniques s’y rencontrent en ce lieu le plus chaud du monde et le plus bas d’Afrique, sous le niveau de la mer. Il y a peu d’endroits plus hostiles. Et pourtant un peuple, les Afars, y subsistent, aussi fascinants que leur étrange territoire où est née Lucy, australopithèque Afarensis. Les Afars se sont adaptés à ce monde de rareté qui nous interroge sur notre propre société. Ils y perpétuent un commerce millénaire : celui du sel, l’or blanc du désert, extrait manuellement de la croûte terrestre et transporté sur des centaines de kilomètres par des caravanes de dromadaires vers les hauts plateaux éthiopiens. Leur organisation sociale, leur système de solidarité particulièrement développé, leurs rites et leurs coutumes sont autant de “trésors immatériels”. Ils ont survécu aux conflits violents que leur terre, partagée entre trois Etats – Ethiopie, Erythrée et Djibouti – n’a cessé de connaître. Cet ouvrage de photographies est le premier sur le Danakil éthiopien et les Afars, leurs luttes politiques contemporaines, leur économie et leur culture.

 
POLITIQUE AFRICAINE, 50, 1993.La Corne de l'Afrique, Karthala.