Bibliographie

ARAGON Argan, 2009, Le lien migratoire - Migrations clandestines de paysans guatémaltèques vers les États-Unis, IHEAL.

Les migrations des pays du Sud vers les pays du Nord constituent un enjeu majeur de l’ère globale, marqué par une profonde contradiction entre les logiques des migrants et celles des États qui, refusant de les recevoir, luttent activement contre ces flux. Toutefois ces mesures paraissent peu efficaces car elles ignorent les forces et les réseaux sociaux qui sous-tendent la migration. La migration centraméricaine vers les États-Unis en est un exemple flagrant. Partant de ce constat et s’appuyant à la fois sur un riche corpus bibliographique et sur des enquêtes de terrain durant lesquelles il a suivi un groupe de migrants depuis le Guatemala jusqu’en Floride, l’auteur analyse les effets du décalage entre les logiques des migrants et celles des politiques migratoires et montre comment les obstacles à la migration renforcent les réseaux en générant une structure sociale formée de liens de réciprocité qui permettent d’accomplir la migration. Cet ouvrage est une analyse des politiques migratoires contemporaines et du lien social qui relie les acteurs au sein des réseaux de migrants.

 

JAHAN Sébastien,2012, La violence génocidaire au Guatémala, une histoire en perspective, L'Harmattan, 146p.

Ce livre questionne l'origine de cette violence structurelle contemporaine, la guerre contre-insurrectionnelle qui ensanglanta le Guatemala de 1960 à 1996 et culmina entre 1980 et 1983 en massacres de masse frappant la population maya. Les contributions rassemblées ici décrivent et analysent les stigmates de l'histoire douloureuse de ce petit pays méconnu d'Amérique centrale tout en mettant en lumière les ressources dont il dispose pour sortir de l'impasse.

 

MONOD Aurore, RUZ MARIO Humberto, DAUZIER Martine, 1994, Feu Maya : Le Soulèvement Au Chiapas, Ethnies, 318p.

Après une importante introduction historique, politique et sociologique sur le Mexique de ces dernières décennies, les auteurs analysent le soulèvement zapatiste du Chiapas commencé au début de 1994. Fruit d’enquêtes personnelles et de l’étude des documents publiés par les principaux acteurs ainsi que par les médias locaux, cet ouvrage décrit les forces en présence et rappelle les caractéristiques sociopolitiques de cette région pauvre du sud du Mexique. Des précisions sur les causes concrètes du soulèvement, un rappel chronologique des événements, la traduction de textes zapatistes et des témoignages passionnants complètent un ouvrage qui éclaire fort intelligemment un conflit majeur. (Le Monde Diplomatique)

 

THOMPSON, Eric, 1993, Grandeur et décadence de la civilisation maya, Ed. Payot, Coll. bibliothèque historique, 308p.

Les six siècles qui s'écoulèrent entre la conversion de l'empereur Constantin et la mort d'Alfred le Grand, soit à peu près de l'an 300 à l'an 900, furent une période sombre et sanglante pour l'Europe. Dans le Nouveau Monde, ils virent la civilisation maya atteindre son apogée. Tout au long de ces siècles, Tikal, la plus grande des cités maya, et des dizaines d'autres centres religieux dressèrent leurs pyramides, leurs palais et leurs temples sous le soleil de l'Amérique centrale. Puis l'histoire tourna : l'Europe occidentale entra dans son ère médiévale, tandis que les cités maya étaient abandonnées. Un ouvrage riche de plus de trente années d'expériences et de fouilles en pays amérindien, qui le mirent en contact avec les descendants actuels des Mayas d'autrefois et qui lui ont permis de reconstituer l'environnement et la vie quotidienne de ce peuple.

 

LE CLEZIO, J.M.G., 1976, Les Prophéties de Chilam Balam, Ed. Gallimard, Coll. Le chemin, 208p.

Le Chilam Balam est un ensemble de chants, de calendriers et de prophéties de tradition orale des indiens mayas. Ce recueil rassemble les observations d'un personnage aux fonctions magiques nommé Balam. Ces textes sacrés à la fois gardiens d'un passé mythique, dépositaires de savoirs et de sagesses, visionnaires prévoyant jusqu'au choc de la rencontre avec l'Occident au XVIe siècle, ont gardé le fabuleux pouvoir de répondre encore à nos attentes contemporaines.

 

BRETON, Alain, ARNAULD, Jacques, 1991, Mayas : la passion des ancêtres, le désir de durer, Ed. Autrement, 285p.

Entre l'illusion d'une civilisation exagérément magnifiée parce que " mystérieuse " et la curiosité folklorique à laquelle les réduisent souvent dépliants et guides de tourisme, les Mayas sont insidieusement coupés de leur passé et dépossédés de leur âme. Pourtant le peuple maya vit. Par ses espoirs, ses rébellions, ses résistances, ses échecs aussi, par le poids nouveau de ses élites et les aspirations de sa diaspora, il participe pleinement des mouvements les plus actuels de notre temps. Partagé arbitrairement, depuis le XIXe siècle, entre l'Est du Mexique, le Belize, le Honduras et le Guatemala, victime de la légende noire comme de la paix blanche, jamais, de la Conquête espagnole aux utopies missionnaires, jusqu'aux visées génocides des modernes stratégies de sécurité nationale, sa détermination n'a pu être infléchie, ni sa dignité altérée.

 

LE BOT, Yvon, 1992, La guerre en terre maya: Communauté, violence et modernité au Guatemala, Ed Karthala, 294p.

« Cette étude place le Guatemala au centre du plus grand problème du XX eme siècle, celui des rapports de complémentarité ou d’antagonisme entre les deux plus grandes forces déchainées par notre temps : les luttes de classe et les luttes nationales, entre l’idéologie et l’avant –garde de classe et les communautés ou les mouvements communautaires et nationaux, sociaux ou religieux »

 

CAZALES, Anne, BRETON, Alain, DEWEVER-PLANA, Miquel (Photographies), 2002, Les Mayas d'aujourd'hui, secret d'un quotidien, Ed. CLD/Hermann, 251p.

Les Mayas ont traversé les siècles et les épreuves en défendant leur identité. Ils communient aujourd’hui avec leurs lointains ancêtres dans leurs rituels comme dans les gestes quotidiens. Après cinq années de vie et de travail au sein de diverses communautés Mayas, Miquel Dewever-Plana nous livre les instantanés d¹une culture vivante, saisie dans la réalité de modes de vie en pleine mutation. Cette précieuse intimité lui a permis de franchir le seuil des foyers pour percer les secrets d’un quotidien où les Mayas acceptent de se livrer, simplement, tels qu’en eux-mêmes.

 

Collectif Guatemala, 2006, Spoliation des ressources naturelles au Guatemala : droits indigènes et responsabilités internationales. 76 p. (pdf)

Le Collectif Guatemala axe sa campagne de sensibilisation sur l’actuelle spoliation des ressources naturelles au Guatemala, et son impact multidimensionnel sur les populations les plus fragiles et historiquement exclues, les populations indigènes. Si l’Etat et les élites guatémaltèques offrent un cadre particulièrement bienveillant à l’investissement dans ce secteur économique, la part des responsabilités internationales, de l’entreprise exploitante aux Etats occidentaux en passant par les institutions financières internationales, est déterminante pour comprendre une problématique qui fait irruption de manière brutale dans l’actualité socio-économique guatémaltèque. De nombreux conflits ont pour toile de fond le mode d’exploitation des ressources naturelles d’un pays, en particulier de l’exploitation minière, même si le concept de « ressources naturelles » est bien plus large, puisqu’il concerne l’ensemble des composantes de la biosphère (minerais, pétrole, gaz, eau, plantes etc.). Ces conflits sont le résultat d’une offensive récente et globale à l’échelle du continent, impliquant des acteurs très divers, nationaux et internationaux, publics et privés.

 

RAGOT, Stéphane, 2002, Mayas - Guatemala, les oubliés de l'histoire, Ed. Autrement, 124p.

Le Guatemala est le seul pays d'Amérique latine dont la population est constituée au deux tiers par les indigènes mayas. En 1996, au terme de trente-six années de guerre civile d'une sauvagerie inouïe - 2000 000 morts et disparus, plus d'un million de réfugiés -, des accords de paix sur l'identité et les droits des peuples indigènes ont été signés. Six années après, le combat vital des Mayas pour la reconnaissance se poursuit. Stéphane Ragot a rencontré, photographié, enregistré, deux années durant. Ensuite il a composé huit portraits, huit parcours individuels, faits d'images et de mots. A travers les paroles et les visages réunis ici, loin de tout cliché idéologique simplificateur, apparaît la réalité collective du peuple maya, habitée par les bonheurs, les blessures de l'histoire et l'héritage spirituel des ancêtres. Paysans, couturières, écoliers, étudiantes, tous nous racontent leur quotidien, leurs souvenirs, leur volonté calme, modeste, d'affirmer et de vivre la renaissance de l'identité maya.

 

BURGOS, Elisabeth, 1983, Moi, Rigoberta Menchu, Ed Gallimard, 330p.

Rigoberta Menchú appartient à l'une de ces nombreuses communautés indigènes soumises et refoulées depuis la conquête espagnole. Mais dans les années 80, l'émergence d'un réveil identitaire et revendicatif les conduira à se joindre aux mouvements de guérilla. La riposte de l'armée guatémaltèque est foudroyante ; elle déclenche une véritable campagne d'extermination. Rigoberta Menchú raconte ici à Elisabeth Burgos, ethnologue et elle-même Latino-Américaine, d'abord les mœurs et les croyances de la communauté dans laquelle elle est née, au sein d'une famille nombreuse, puis la prise de conscience et l'engagement révolutionnaire de ses parents, ensuite son départ en exil au Mexique où elle a lutté pendant de nombreuses années pour le respect des droits de l'homme au Guatemala.

 

SANTORO Muriel, 2010, Mon voisin de maiz, Voyage au Guatemala au cœur de la culture maya, L'Harmattan, 102p.

Depuis la rencontre de ce vieil homme qui aura été à la source de son ouverture sur cette société inconnue, jusqu'aux révélations que la terre maya consentira à lui livrer sur les heures noires des siècles passés, en passant par la transformation mystique de la narratrice elle-même, qui pour devenir l'écho de la voix du Guatemala, a dû laisser les croyances précolombiennes s'emparer d'elle tout entière. Parce que la découverte d'un pays entraîne souvent la rencontre avec soi-même, ce livre invitera à la métamorphose.