Bibliographie

CAGNAT René, JAN Michel, 1981, Le milieu des empires, ou, Destin de l'Asie centrale, Robert Faffont, 323p.  

CAGNAT René, 2012, La rumeur des steppes, Payot, 299p.

De 1999, date de la 1ère parution de La rumeur des steppes, à 2011, un événement considérable a secoué l'Asie centrale : l'intervention fin 2001 des États-Unis en Afghanistan. Remplaçant la puissance britannique, effacée de la zone depuis cinquante ans, ils ont fait une entrée fracassante au beau milieu d'empires (Chine, Russie et, dans une moindre mesure, Iran et Turquie...) qui, depuis des siècles, étaient les seuls à rivaliser dans le bassin touranien. Au motif de venger les attentats du 11 septembre, il s'est agit de mettre en place une « plateforme d'intervention » proche de quatre puissances nucléaires, à proximité des richesses et turbulences du Moyen-Orient, et surtout au plus près du principal potentiel énergétique mondial : celui, pétrolier et gazier, du Golfe persique et de la Caspienne mais aussi, uranifère et hydroélectrique, des monts Célestes Une péripétie de cette ampleur ne pouvait qu'avoir une influence profonde sur cette région d'Asie. Pour en rendre compte, l'ajout de quelques chapitres en fin d'ouvrage aurait été autant insuffisant, tant les changements prolongeaient des tendances anciennes, que maladroit, car n'aurait pas permis de souligner la vitalité centre-asiatique, qui semble seule en mesure de maintenir ou restaurer, une fois de plus, une civilisation locale attachante face à la brutalité de ses conquérants.

 

CHUVIN Pierre, LÉTOLLE René, PEYROUSE Sébastien, 2008, Histoire de l'Asie centrale contemporaine, 375p.

L'Asie centrale est une terre de légendes, un berceau de la civilisation parmi les plus grands : le nom de Samarcande, les céramiques turquoise, les cavaliers immortalisés par Kessel, la bravoure des basmatchis... Mais la légende est aujourd'hui rouillée comme les ferrailles abandonnées par le reflux du communisme. Les dégâts sont immenses : la mer d'Aral mutilée sinon morte, les laboratoires de guerre bactériologique abandonnés à tous vents, la pollution nucléaire invisible. Surtout, ce sont les hommes des cinq républiques - Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan - qui se trouvent aujourd'hui au cœur d'un tourbillon politique, idéologique et économique. Des régimes autoritaires désespèrent leurs sujets et forment un terreau pour l'islamisme ; les " routes de la Soie " sont remplacées par de grand'routes du gaz et du pétrole - mais aussi de la drogue... Les puissances extérieures s'empressent au chevet d'une douloureuse transition économique : Américains, Chinois, Turcs, Iraniens, Russes, notamment, qui font un retour remarqué. Pierre Chuvin, René Létolle et Sébastien Peyrouse font appel à l'histoire, à l'économie et à la géopolitique pour comprendre en profondeur ces pays toujours méconnus, pour qui la dissolution de l'URSS en 1991 fit naître de grands espoirs et surtout de grandes craintes. L'Asie centrale bout, pour l'heure sans exploser. Qu'en sera-t-il demain, sur cette ligne de séismes politiques qui va du Cachemire au Caucase ?

 

DEJAEGER Gregory, KLEVEMAN Lutz, 2013, Asie centrale le nouveau Grand jeu, L'Harmattan , 238p.

En ce début de XXIe siècle, les grandes puissances énergivores de la planète s'intéressent de près aux ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, et aux importantes ressources en hydrocarbures qu'elles recèlent. Voyageant du Caucase au Cachemire, des steppes kazakhes au plateau iranien, le journaliste allemand Lutz Kleveman a ramené de son périple un récit révélateur des dessous de la géopolitique énergétique moderne.

 
GODEMENT François, 2002, La Chine et Son Occident, IFRI, 185p.  

GORSHENINA Svletana, 2012, Asie centrale L'invention des frontières et l'héritage russo-soviétique, CNRS, 384p.

Avant-postes de la civilisation russe, remparts du communisme, portes des confins, symboles des récentes indépendances du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, marches ouvrant vers la Chine, le Tibet, l’Inde, l’Iran, la Russie, sources de tensions mais aussi d’échanges et de rencontres entre civilisations… Longtemps mouvantes, souvent discutées, les frontières de l’Asie centrale invitent à réfléchir à la cohabitation entre nations et régions, mais aussi à l’articulation originale entre mondialisation et dérégionalisation.
En signant le premier ouvrage exhaustif consacré à cette question, Svetlana Gorshenina montre que les « faiseurs de frontières » n’ont jamais réduit les limites étatiques à de simples lignes juridiques. Théories politiques, philosophiques et sociétales à l’appui, ils ont produit une multitude d’arguments allant du concept des « frontières naturelles » et de la « centralité » à la croyance en une « mission civilisatrice », sans oublier les considérations militaires, économiques, historiques, ethniques et linguistiques. Qu’elles soient expansives, offensives ou défensives, administratives ou internationales, les frontières furent toujours traitées au cas par cas en fonction des contextes idéologiques.
Une grande étude sur une région au coeur des grands bouleversements géopolitiques actuels.


 

JACQUESSON Svetlana, 2004, Les montagnards d'Asie centrale, 2003, Edisud, 352p.

Si l’Asie centrale est mieux connue pour ses étendues steppiques ou désertiques, sillonnées par des routes caravanières reliant Orient et Occident, ce n’est pas parce que les montagnes y sont absentes. Quelques-uns des plus puissants massifs au monde y marquent le paysage et jouent un rôle important dans le façonnement de la diversité linguistique et culturelle de la région. Ce dossier sur les montagnards d’Asie centrale a une ambition double : présenter à la fois une zone géographique et une problématique. La zone géographique en question recouvre la partie occidentale du bloc montagneux situé au cœur de l’Asie où se rencontrent les mondes iranien et indien d’une part et les domaines turk et chinois de l’autre. Autrement dit, les chaînes montagneuses du Tian Chan, des Pamirs et de l’Hindou Kouch. Les contributions réunies dans ce dossier cherchent à redonner à cette zone une unité linguistique, historique et culturelle qui a été rarement saisie jusqu’ici à cause de la confrontation historique entre colonisation russe au nord et anglaise au sud.

 

KARAM Patrick, 2012, Asie Centrale : Le Nouveau Grand Jeu. - L'après-11 septembre, L'Harmattan, 325p.

Le 11 septembre, les attentats dirigés contre les Etats-Unis placent au cœur de l'actualité l'Asie centrale. Cette zone a une importance géostratégique majeure : d'abord à cause de ses immenses et convoitées ressources en gaz et en pétrole, d'autre part à cause du potentiel de destruction de quatre des sept puissances nucléaires recensées: la Russie, la Chine, l'Inde, le Pakistan, sans oublier d'autres puissances potentielles comme l'Iran. L'Asie centrale est un creuset où de multiples acteurs aux ambitions contradictoires se déchirent ; les Etats-Unis et la Chine y déploient des ambitions néo-impériales, avec la Russie en arbitre ; l'Inde et le Pakistan, éternels ennemis, sont au bord de la confrontation ; l'Iran, la Turquie et le Pakistan, mènent des politiques complexes pour modifier à leur profit l'équilibre régional. Quant aux ex-Républiques soviétiques, elles sont tiraillées entre un Ouzbékistan qui tente d'imposer sa place régionale face au Tadjikistan sous tutelle russe, au Kazakhstan menacé par ses minorités slaves, et au Turkménistan qui mise sur ses richesses pour se faire entendre. Placé au cœur de cette région en pleine ébullition où le jeu de l'islam vient encore mettre de l'huile sur le feu, l'Afghanistan n'est, qu'un pion, dévasté par des guerres tribales et traversé par des rivalités qui le dépassent. L'Asie centrale est bien le nouvel échiquier mondial où s'affrontent toutes les ambitions, internationales comme régionales. Demain, qui contrôlera cette région qui est une poudrière ? Les Etats-Unis, longtemps en retrait par rapport à la Chine, ont marqué fin 2001 un point décisif. Mais la bataille continue... Pour la première fois, ce livre révèle tous les enjeux et les conflits de cette région dont dépend l'équilibre du monde.

 

KELLNER Thierry, 2008, L'occident de la Chine : Pékin et la nouvelle Asie centrale (1991-2001) , PUF,622p.

La disparition de l'URSS en 1991 a totalement bouleversé l'environnement régional de la République populaire de Chine, le long de sa frontière du nord-ouest. Cinq nouveaux Etats, contigus à la région autonome chinoise du Xinjiang, sont en effet apparus du jour au lendemain au cœur de l'Eurasie. Cette transformation complète de l'Asie centrale a ouvert à la Chine des perspectives et des opportunités nouvelles en matière politique et commerciale. Mais parallèlement, elle a aussi engendré des menaces et des défis inédits pour le pouvoir, chinois, particulièrement au regard de la sécurité de sa région turcophone et musulmane du Xinjiang. Confronté à ce nouveau contexte, Pékin a rapidement dû adapter sa politique interne mais aussi définir puis mettre en place une politique étrangère originale à destination de ses nouveaux voisins centre-asiatiques. Cet ouvrage s'attache à décrire et à analyser cette politique étrangère, c'est-à-dire à en exposer et à en expliquer les déterminants, les objectifs, le cours et les variations et enfin les réalisations. Les relations politiques, économiques et énergétiques mises en place entre Pékin et les républiques d'Asie centrale entre 1991 et 2001 sont ainsi successivement passées en cuve. Malgré la persistance de certaines difficultés, grâce aux choix et aux jalons qu'elle a posés au cours de cette décennie, la République populaire aura réussi au tournant du nouveau millénaire à devenir un acteur international majeur en Asie centrale.

 

LARUELLE Marlène, PEYROUSE Sébastien, 2010, L'Asie Centrale à l'aune de la mondialisation: Une approche géoéconomique, Armand Colin, 240p.

Située aux confins des mondes russe, iranien et chinois, l'Asie centrale occupe une position géostratégique essentielle, symbolisée par le renouveau du mythe des routes de la Soie. Les Etats qui la composent - le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan - forment un espace en pleine recomposition, trop souvent abordé dans une perspective strictement géopolitique. Or, la question du développement et de l'exploitation des ressources est rarement corrélée avec la dimension géopolitique, si ce n'est pour l'exportation des hydrocarbures. Pourtant, déplacer le regard vers les réalités économiques premières de l'Asie centrale (prédominance du secteur agricole, surspécialisation en matières premières, difficulté à gérer l'accès à l'énergie, enclavement excessif) permet de mieux appréhender les mécanismes par lesquels ces Etats se construisent une place dans la mondialisation et tentent de s'imposer comme des acteurs internationaux à part entière. Le présent ouvrage fournit donc des éléments de compréhension autrement plus incontournables des réalités politiques et sociales à l'oeuvre dans cette région du monde.

 

LARUELLE Marlène, PEYROUSE Sébastien,2006, Asie centrale, la dérive autoritaire, 135p.

1991 : cinq républiques - le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan - accèdent à l'indépendance lors de l'effondrement de l'Union soviétique. Le moment est historique et rompt avec des décennies de tutelle tsariste puis soviétique. Les cinq pays ne sont pourtant pas préparés à l'ampleur de ces bouleversements : les amarres rompues avec Moscou et la manne financière désormais tarie engendrent de multiples complications que seul un pouvoir renforcé semble parvenir à juguler, au mépris de tout processus démocratique. Depuis le 11 septembre 2001, les pouvoirs locaux ont beau jeu de renforcer leur autoritarisme laïque, présenté comme l'unique remède susceptible de faire barrage à l'islam radical. Cet alibi est d'autant plus efficace que l'héritage soviétique inspire encore largement les relations entre Etat et société. Au printemps 2005, la " révolution des tulipes " au Kirghizstan a semblé ouvrir de nouveau le jeu politique. Les rendez-vous électoraux que les pays de la région ont pris avec leurs citoyens en 2006 et 2007, malgré les multiples esquives et diversions des pouvoirs en place, pourraient peut-être, eux aussi, annoncer une nouvelle phase de sortie du système post-soviétique, plus ou moins turbulente suivant les situations politiques, économiques et sociales de chacun de ces jeunes Etats. Biographie de l'auteur.

 

ROUX Jean Paul, 2003, L'Asie centrale. Histoire et civilisations, Fayard, 528p.

L'Asie centrale demeure l'un des points névralgiques du monde et depuis deux siècles les grandes puissances convoitent ses richesses. Sur ces terres millénaires, l'Orient et l'Occident n'ont en fait jamais cessé de se rencontrer ou de s'affronter. Darius et Alexandre, puis des généraux chinois ou arabes ont porté leurs étendards dans les immenses steppes qui s'étendent de l'Amu-Daryia au Sinkiang, avant que Gengis Khan, Tamerlan, puis Babur, le premier des Grands Moghols, y fondent de puissants empires. Au fil des siècles, des civilisations prestigieuses s'y sont succédé, dont Boukhara, Samarkand, Lhassa, Dunhuang et bien d'autres lieux ont gardé la mémoire. Non loin des cavaliers turcs ou mongols, une société raffinée s'est épanouie, comme en témoigne l'art de la Sérinde. Toutes les grandes religions universelles y ont coexisté: le mazdéisme, qui y a pris naissance, le chamanisme, le manichéisme, le christianisme, l'islam et le bouddhisme qui devait gagner les hauts plateaux du Tibet et la Mongolie. La liste est longue des grands hommes qui y vécurent: le poète Firdusi, auteur du fameux Livre des rois, Avicenne, al-Biruni, le plus grand savant du monde musulman, Ulu Beg, le premier astronome des temps modernes.
 
ROY Olivier, 2010, L'Asie centrale contemporaine, PUF, 128p.
Les cinq républiques d'Asie centrale, créées par le système soviétique, sont devenues indépendantes en 1991. Quelles références identitaires font aujourd'hui des républiques d'Asie centrale un ensemble homogène ? En analysant les origines du nationalisme qui constitue leur soubassement idéologique, cet ouvrage donne au lecteur la clef des enjeux politiques majeurs de cette région du monde.

 

ROY Olivier,1997, La nouvelle Asie centrale ou La fabrication des nations, Seuil , 325p.

En 1991, lors du coup d'Etat néo-communiste contre Mikhaïl Gorbatchev et sa perestroïka, la plupart des dirigeants des républiques soviétiques musulmanes approuvent les putschistes. Quelques jours plus tard, les mêmes proclament l'indépendance de leur pays. Aussitôt apparaissent de nouveaux drapeaux et de nouveaux slogans louant la patrie, l'indépendance et la nation. On lance des concours pour l'hymne national et le dessin des armoiries de l'Etat. Les partis communistes se transforment en partis du président. La langue nationale devient l'idiome officiel, même si on l'écorche. Les dirigeants, tous issus de la nomenklatura soviétique et encore à la solde de Moscou quelques mois auparavant, tiennent des discours nationalistes. Comment donc se sont fabriquées ces nations ? Comment ont-elles pu surgir sans être portées par un nationalisme ancien et durable ? En réalité, comme le montre Olivier Roy, l'Union soviétique a été «une formidable machine à fabriquer des nations». L'ouvrage reconstruit cette création improbable de nouvelles nations musulmanes en Asie centrale - Turkménistan, Ouzbékistan, Kirghizstan, Tadjikistan, Kazakhstan et Azerbaïdjan - après le communisme. Un livre majeur, par les informations qu'il fournit et la réflexion qu'il propose sur une région

 
ROY Olivier (sous la direction ), 1991, Des ethnies aux nations en Asie centrale, 1991, Revue du Monde musulman et de la Méditerranée, 162p.

Roy, Olivier, "Avant-propos", "Ethnies et politique en Asie centrale", p. 15 et 17-36; Poujol, Catherine, "Culture officielle et contre-culture à Boukhara au XIXe siècle", p. 37-54; Bouchet, Bertrand, "Tribus d'autrefois, kolkhozes d'aujourd'hui", p. 55-69; Fourniau, Vincent, "Les Arabes d'Asie centrale soviétique: maintenance et mutation de l'identité ethnique", p. 83-100; Bazin, Marcel, "Identité ethnique et identité régionale en Iran et en Asie centrale", p. 101-16; Urjewicz, Charles, "L'identité azérie à l'épreuve de l'indépendance", p.117-22; Longuet-Marx, Frédérique, "L'ethnologue daghestanais, agent de l'intégration soviétique ou vecteur de l'identité?", p. 123-32; Roy, Olivier, "Le renouveau islamique en URSS", p. 133-44; Dudoignon, Stéphane A., "L'image-son vidéo, une nouvelle source pour l'étude des problèmes socio-politiques dans les républiques asiatiques de l'URSS", p. 145-53; Masov, Rahim, Džumaev, Farhod, "Vers une fédération de l'Asie centrale?", p. 157-62