Bibliographie

JULIEN, Eric, 2001, Le chemin des neufs mondes. Les indiens Kogis, Ed Albin Michel, 304 pages.

En 1985, le géographe et alpiniste Éric Julien entreprend une expédition dans les montagnes de Colombie. C'est là qu'il découvre les Indiens Kogis : victime d'un oedème pulmonaire, le jeune homme est sauvé par cette peuplade qui le soigne avec des plantes et des connaissances d'un autre temps. De retour à Paris, il découvre que ces Indiens sont les derniers héritiers des grandes cultures précolombiennes. Revenu dix ans plus tard sur les lieux de son expédition avec l'idée d'aider les Kogis à retrouver leurs terres ancestrales et à s'inventer un avenir qui leur soit propre, il doit faire face à de multiples difficultés (narcotrafiquants, guérillas, etc.) pour rejoindre, confinée dans de secrètes montagnes, une société qui a su préserver une grande beauté dans ses rapports avec la nature. Peu à peu, la confiance s'installe.

 

PERRIN, Michel, 1996, Le Chemin des Indiens morts, Ed Petite Bibliothèque Payot, 297p.

"En Amérique, aujourd'hui, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle." Il y a vingt ans, cette terrible sentence frappait déjà les Indiens Goajiro. Pour ce peuple dispersé dans un semi-désert aux confins de la Colombie et du Venezuela, nous autres Occidentaux personnifions les esprits donneurs de mort. Le Chemin des Indiens morts reprend un travail de recherche mené sous la direction de Claude Lévi-Strauss. "Je voulais, écrit Michel Perrin, offrir comme un trésor l'admirable mythologie que ces Indiens m'avaient livrée. [...] L'ethnologue écoute, transcrit et traduit au mieux les paroles de ses hôtes lointains. Ensuite il tente de dire, dans notre langage et selon les théories que nous échafaudons, ce qu'il pense que ces autres pensent. Il navigue sans cesse entre science et art."

 

JULIEN, Eric, avec CRUZ, Gentil, GOLDSMITH, Edward (préface de), 2004, Kogis - Le réveil d'une civilisation précolombienne, Ed Albin Michel, Coll. Essais/Clés, 357 pages.

Il existe des sociétés où la violence est identifiée, canalisée, où les jeunes sont élevés en harmonie avec la nature et d'où la pauvreté est absente. Des sociétés hautement démocratiques, solidaires, en quête permanente d'équilibre et de paix. C'est le cas de la société des Indiens Kogis, derniers héritiers des grandes civilisations précolombiennes du continent sud-américain. Repliés dans les hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta (Colombie), ils tentent de préserver leur mémoire et leur équilibre face aux agressions de la modernité (guérilla, narcotrafiquants, pilleurs de tombes. ). Sauvé de la mort par les Indiens Kogis, Eric Julien s'est lancé, avec Gentil Cruz, son " frère " colombien, dans un pari fou : rendre leurs terres aux Kogis et les accompagner dans le réveil de leur culture."

 

RECLUS, Élisée, 1998, Voyage à la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, Ed. Zulma, Coll. Hors barrière, 238p.

En 1855, Elisée Reclus découvre la Nouvelle-Grenade, l'actuelle Colombie. Agé de 25 ans, il sait déjà qu'il sera géographe. La Sierra Nevada de Sainte-Marthe le fascine ; montagne de six mille mètres d'altitude dominant la mer des Antilles, elle présente toutes les variétés de climats et de paysages. Subjugué, Elisée Reclus décide de s'y installer et de fonder une exploitation agricole. L'arrivée à Colon-Aspinwall, refuge d'aventuriers, puis à Carthagène, aux splendeurs déchues, un périple en bongo sur le Magdalena, d'autres à dos de mule, sont autant d'étapes d'un voyage mouvementé. Les émigrants, les Indiens Goajires et Aruaques, ou ... quelques jolies jeunes filles sur sa route sont source de plaisir et d'enseignement. La sauvage nature éveille en plus chez lui des élans idéalistes ou lyriques. Même si son séjour s'achève en débâcle, il révèle une expérience enthousiaste et romantique de jeunesse en un texte unique dans son oeuvre.

 

SANCHEZ Luisa Fernanda, 2008, Les fils du tabac à Bogotá - Migrations indiennes et reconstructions identitaires, IHEAL.

Dans un avenir relativement proche, on peut s’attendre à ce que la population indienne vivant en ville soit plus nombreuse que celle qui se maintiendra dans ses territoires d’origine. Ce phénomène mérite que l’on s’y arrête et ce n’est pas un hasard si, depuis quelques années, on voit se multiplier les études au Mexique, au Guatemala, en Équateur en Bolivie ou ailleurs, concernant ces hommes et ces femmes qui, après avoir entrepris un périlleux voyage loin de leur communauté d’origine, vivent désormais dans des cités de plus en plus tentaculaires, « globales » et cosmopolites. Quelles sont les raisons de ces migrations ? Comment cette population indienne s’insère-t-elle en milieu urbain ? Qu’advient-il des liens communautaires et des solidarités traditionnelles ? Sont-ils des ressources mobilisables dans ce nouveau contexte ? Comment, à la ville, se construisent de nouvelles identités sociales et culturelles ? Autant de questions qui, avec bien d’autres, suscitent à juste titre un intérêt grandissant de la part des chercheurs.

 

SANTIAGU, Harker, 1998, Wayuu peuple du desert colombien, Ed. Villegras.

Plus grande communauté indigène de Colombie, les Wayuus ont conservé leur culture et mode de vie. Déjà présents avant la conquête, ils ont opposé une résistance farouche aux Espagnols et encore aujourd’hui leur réputation de durs à cuire persiste. On compte 185 000 membres répartis en 16 clans majoritairement dans la Haute Guajira, Uribia étant considérée comme leur capitale. Leur langue est le wayunaiki, parlée également par leurs « cousins » véné-zuéliens (255 000 personnes). L’activité traditionnelle masculine est l’élevage de chèvres et la pêche. Les femmes se consacrent à la récolte de sel et surtout au tissage dont l’habileté inspire le respect. C’est une société polygame où seule la dernière épousée vit avec le mari.

 

Collectif, 2009, Les indiens Kogis , La mémoire des possibles, Ed.Actes Sud, 178 p.

Un livre de photographies et de textes sur les Indiens Kogis, de Colombie, et leur effet miroir sur nos sociétés modernes, instaurant un dialogue entre deux regards et deux manières d'être au monde. “Mon rêve serait que les non-indiens, les « civilisés », comme ils s’appellent eux-mêmes, arrivent à comprendre un peu les Indiens. […] Echanger et apprendre les uns des autres… Alors, on pourrait apprendre ou réapprendre que l’homme fait partie de la nature, que c’est une partie de nous, qu’il est possible de vivre en harmonie avec elle.” Dans l’esprit de ce “message” laissé par Gentil Cruz-Patino, Colombien métis qui a passé plus de vingt ans de sa vie avec et auprès des Indiens Kogis en Colombie, derniers héritiers des grandes sociétés précolombiennes du continent sud-américain, ce livre de photos se structure autour de dialogues entre notre modernité et la société des Indiens Kogis, qualifiée selon les regards et les époques d’archaïque, de primitive ou d’autochtone. Dialogues entre deux regards mais aussi et surtout deux praxis du monde, deux manières d’y vivre, de s’y relier, d’être et d’agir.