Filmographie

Campesinos, Sarah Pick et Fabien Lacoudre.208, 108'.

La Bolivie, les visages d’un mouvement paysan et indien qui a réussi, malgré le racisme et les inégalités, à conduire l’un des siens, Evo Morales, à la présidence du pays. Une femme de ménage ministre de la justice, la gronde d’un village perdu dans les montagnes, un congrès de paysans dans l’Amazonie, un indien aymara des hauts plateaux désormais ministre des affaires étrangères… Autant de portraits, collectifs ou individuels qui nous guident des Andes à l’Amazonie, des villages au gouvernement, dans une Bolivie en mouvement. L’étonnant parcours d’indiens et de paysans souvent pauvres, luttant au quotidien contre les injustices, bien décidés à prendre en main leur destinée et celle de leur pays pour construire une Bolivie plus démocratique.

 

 

Humiliados y Ofendidos, César Brie, 2008,43'

24 mai 2008 à Sucre : des groupes de choc reliés à la droite obligent des Amérindiens venus en ville afin d'y accueillir le président Evo Morales, à s'agenouiller presque nus sur la place centrale dans un geste d'humiliation collective. Le film montre la participation des autorités locales dans l'organisation de ces malheureux événements.

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Le ventre des femmes, Mathilde Damoisel, 90'

Au nom de l'éradication de la pauvreté et du développement, beaucoup de femmes péruviennes ont étéfrappées par une politique volontariste de contrôle de la natalité, leurs trompes ligaturées de manière irréversible, au mépris de leur consentement éclairé dans des conditions pécaires et dangereuses pour leur santé. Des dizaines de femmes sont mortes des suites de leur stérilisation.
Des milliers en portent aujourd'hui des séquelles irréversibles. Et leurs familles vivent toujours, dans la misère et le déni de leurs droits." Ils ne m'ont rien demandés, ils m'ont emmenés comme un animal dans la salle d'opération. Ils m'ont dit: "Nous t'avons soignée pour que tu n'aies plus d'enfants. Plus jamais". La femme qui prononce ces paroles s'appelle Yoni.C'est l'une des 300 000 péruviennes qui ont été stérilisées ente 1995 et 2000, toutes paysannes des hauts plateaux andins et de la forêt amazonienne, indiennes, analphabètes, pauvres...

 

 

Même la pluie, Iciar Bollain, 2011, 104'

Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d'un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l'un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l'accès à l'eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d'un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé. Ce combat pour la justice va bouleverser leur existence.

 

Opération diablo, Stephanie Boyd, 2010, 69'

Activiste pacifiste, le Père Marco Arana fut l'artisan principal de la résolution du conflit opposant les fermiers aux exploitants états-uniens d'une mine d'or dans la région de Cajamarca, au Pérou. Grâce à lui, les fermiers purent continuer à profiter des ressources naturelles des montagnes alentour. Mais le Père Marco, ses proches et ses collaborateurs devinrent la cible d'un plan d'espionnage, incluant menaces et violences. Pour se défendre, ces partisans de la justice façonnèrent avec courage leur propre plan de contre-espionnage. Sur un scénario digne d'un palpitant thriller politique, L'opération Diablo relate avec un réel sens du suspense cette aventure peu banale. (HF) Alors que le Pérou est l'un des plus grands producteurs miniers au monde, les gouvernements successifs continuent à céder aux sociétés transnationales qui au nom du développement néolibéral n'hésitent plus à utiliser les mêmes méthodes employées par des gouvernements anti-démocratiques afin de conserver la main mise sur les ressources naturelles: menaces, harcèlements, tortures… Tel est l'histoire racontée dans "Opération Diable", film-documentaire qui met à jour les nombreuses persécutions dont sont victimes les leaders des communautés et les défenseurs des droits des paysans au Pérou d'aujourd'hui. Marco Arana est l'un de ceux-là, il s'est battu à côté des paysans contres les projets miniers et est devenu la cible d'un plan d'espionnage incluant intimidations et violences.

 

Quiero vivir, Muriel Brener, 2006,

Bolivie, avant l'élection d'Evo Morales, premier Président indien de ce pays. La réalisatrice Muriel Brenner a filmé durant quatre mois des jeunes Indiens des rues d'El Alto, l'un des plus grands bidonvilles du monde. Hugo, Délia, Gustavo et leurs compagnons... ont eu la capacité et la force de vie de surmonter et de dépasser leurs terribles conditions de survie. Ce film est porteur d'un véritable message d'espoir et de générosité que nous délivrent ces adolescents.

 

Tambogrande, mangues, meurtres et mines, Ernesto Cabellos Damian et Stéphanie Boyd, 2007, 85'

En 1999, l’entreprise minière canadienne Manhattan Minerals Corporation obtient les droits d’exploitation pour des concessions d’or dans le district de Tambogrande (département de Piura), dans le nord du Pérou. La population de cette zone (70 000 habitants, environ 60 000 hectares) l’a transformée, depuis les années 1950, en un oasis au milieu du désert. Aujourd’hui, elle vit principalement de l’agriculture et ne compte pas abandonner ses terres et d’accepter la destruction de son milieu de vie.
Par le biais du Front de défense de Tambogrande, les agriculteurs protestent massivement contre le projet minier. En février 2001, ils détruisent les campements de l’entreprise, puis, en juin 2002, organisent un référendum sur l’avenir du projet minier. La population rejette la mine avec 98% de voix. Le referendum de Tambogrande, qui aboutira au départ de l’entreprise minière, fera un cas d’école pour d’autres pays de la région et suscitera de l’espoir pour de nombreux mouvements d’opposition à l’industrie minière.

 

Tentapaye, la dernière demeure, de Roberto Alem Rojo, 2008, 52'

En Bolivie, la communauté guaraní de Tentayape, déclarée Patrimoine historique et culturel, a conservé intactes ses traditions. Elle est aujourd’hui menacée par l’exploitation pétrolière de la transnationale Repsol, en violation des Droits des peuples autochtones. Le grand capitaine de Tentayape voyage à Genève pour dénoncer ces violations devant l’ONU et l’OIT et présenter ce documentaire exceptionnel (sous-titré en français) sur le mode de vie de sa communauté.
Un récit sobre et classique sur la situation actuelle et les revendications des peuples Guarani Chiriguano de la région du Chaco bolivien. Au-delà des discours sur les droits humains, les droits culturels, la territorialité et les autres problématiques des populations indigène – réalité partagée par toute l’Amérique latine – l’attrait de ce documentaire se trouve dans la beauté des Guarani Chiriguano, de leurs paysages et de leur douce manière de vivre. Malgré les avancées des entreprises exploiteuses de ressources naturelles et des évangélisateurs chrétiens, les Guarani Chiriguano continuent à résister et à défendre leur droit d’exister dans un puissant message d’espoir transmis à travers l’œuvre. La réalisation s’appuie sur une recherche approfondie qui nous permet de nous situer dans la géographie, l’histoire et la situation actuelle de ce peuple, nous offrant ainsi un tableau anthropologique plein de couleur et de lumière. Basé sur un traitement sobre de l’image et sur une narration claire, ce tableau nous fait passer de la campagne à la ville, du quotidien au rite, du déracinement à la rencontre.