Bibliographie

 

ALBERT, Bruce (Responsable éditorial), 1990, Brésil : Indiens et développement en Amazonie, Ed Survival, Ethnies 11-12 Printemps 1990, 148p.

Au début des années 1980, le Brésil entamait un long processus de transition démocratique. Malgré les espoirs qui entourèrent l’avènement de cette « Nouvelle République », la politique indigéniste de son premier gouvernement présentait, au bout de cinq ans, un bilan dont les articles contenus dans ce recueil montrent qu’il n’avait, à bien des égards, rien à envier à ceux des administrations militaires qui l’avaient précédée. La politique indigéniste brésilienne se caractérisait par un antagonisme entre les dispositions progressistes de la Constitution de 1988 et une politique arbitraire d’assimilation et d’expropriation imposée par les militaires de l’ex-Conseil de sécurité nationale dont la Fondation nationale de l’Indien, administration indigéniste alors à l’agonie, n’était plus que le maigre paravent administratif. Face à la poussée du mouvement démocratique, les militaires brésiliens s’efforcèrent de pérenniser leur tutelle sur le développement amazonien afin d’ouvrir les dernières terres de la région aux intérêts privés.

 
BEAUFORT Bastien, WOLF Sébastien, Le guarana, trésordes indiens Satéré mawe, Ed.Yves Michel.

Cet ouvrage, écrit par Bastien Beaufort et Sébastien Wolf avec la collaboration de Ronald Mary, est une transmission. D?abord, il nous explique la réalité actuelle de la nation Sateré Mawé, et sa communion quotidienne et étroite avec la Terre des Ancêtres, qui garanti la sauvegarde de la biodiversité. Ensuite, il nous montre que le commerce équitable du Warana, puis d?autres plantes originaires de l?aire indigène, permet à ces Amérindiens de maintenir vivantes les bases d?une existence décente. Enfin, ce livre est un message envoyé par les Indiens Satere Mawe d?Amazonie à tous les Hommes : dans une des légendes ancestrales rapportées par les auteurs, nous apprenons que le Warana est une des plus puissante force de la Nature, qui sauvera leur communauté, puis l?humanité tout entière
 

BALLESTER Pierre, 2013, Amazone Amazone A la recherche de la femme au bord de paupière noire, La Martinière

"Assez tôt, ma soeur a voulu partir loin. Pendant treize ans, ce fut dans les glaces canadiennes. Depuis dix-huit ans maintenant, c’est dans la touffeur amazonienne, au milieu des Yanomami, sur les bords du Rio Marauia, à quatre jours de barque du premier bourg brésilien pourvu d’électricité. Là-bas, il n’y a toujours ni notion d’argent ni de temps, ou de propriété. Là-bas, il y a du partage, du rire, de l’insouciance... Mais aussi des menaces qui s’approchent. A la fois pionnière, institutrice, aide-soignante ou médecin par défaut, Anne a enduré la faim, la malaria (à 22 reprises), est devenue l’une des leurs sous le nom de Mano Kasi Ki Ixi, "la femme au bord de paupière noir" (à cause du mascara), s’est mariée à l’un d’eux, a dû même se cacher plus de cinq ans dans la forêt quand leur relation a été ébruitée. Depuis peu, elle a créé un site de formation pour les préparer à l’affrontement inéluctable, le télescopage de deux civilisations. La nôtre, qui a déjà lourdement frappé le poumon vert de la planète – maladies, déforestation, orpaillage, endoctrinement religieux ; la leur, à l’état brut, pacifique, vulnérable... Alors, j’ai voulu savoir. Petit homme des villes, je suis allé la rejoindre dans le cœur de la forêt primitive où bat le sien, partager un temps sa vie, me renvoyant la mienne au regard d’une autre humanité. Parce que c’est aussi ma sœur." Ce livre est un récit de voyage hors des pistes, une découverte, une confrontation, mais aussi une réflexion sur ce que nous sommes devenus.

 

BARRUCAND, Emili, PERRI, Pierre, 2004, Wayanga : Amazonie en sursis, Ed. Le Cherche Midi, Coll. Documents, 217p.

Émilie Barrucand a créé l'association Wayanga. Au cœur de la forêt tropicale, elle a rejoind les Indiens Mébéngôkre Métyktire, l'un des peuples indigènes les plus guerriers d'Amazonie, pour mettre en œuvre le projet. Quelques années auparavant, elle rencontrait l'un d'eux. Un grand chef. Il l'invitait dans son village. Elle devenait sa fille adoptive. Elle a dû s'adapter aux coutumes et au rythme de vie de la communauté, prouver qu'elle n'avait pas de mauvaises intentions et apprendre la langue avant que ses membres ne l'acceptent et qu'une complicité naisse entre eux. Depuis, elle s'est engagée aux côtés des peuples indigènes dans leur lutte pour le respect de leurs terres, de leurs droits et de leur culture. Du fait de son engagement politique, bien qu'elle soit une femme, les hommes acceptent sa participation aux grandes discussions qui se déroulent, au centre du campement, sur la " place des Hommes ". . Utilisant habilement ses connaissances anthropologiques et politiques qui, mêlées à ses propres émotions, nous entraînent de la souffrance à la joie, de la peur à l'espoir, du jeu à la guerre, Emilie Barrucand dresse un portrait bouleversant de la situation des Indiens du Brésil.

 

BODARD Lucien,1969, Le masacre des indiens, Gallimard.

"La civilisation c'est la mort. au siècle dernier, le génocide a fait place nette dans les immensités des plaines et des montagnes du far west, ce qui a permis aux pionniers blancs de créer le plus formidable empire du monde. maintenant on assiste au même phénomène dans les matos, les selvas et les serras du brésil; là aussi il s'agit de créer un des plus vastes Etats de l'univers.les victimes ce sont toujours les peaux rouges. les armes qui ont été utilisée dans les canyons et les plateaux du colorado sont employées maintenant en amazonie et au mato grosso, avec des perfectionnement dûs aux progrès techniques. on tue les indiens parce qu'ils n'ont pas la "joie de la fesse"qui permet aux noirs de survivre, parce que ce sont des hommes totalement libres qui n'accèptent aucune contrainte, pas même l'idée de la mort. on les tue parce qu'ils sont incapables d'entrer dans le jeu de la civilisation."

 

DE ANDRADE, Mário, LE MOING, Monique, MAZEAS, Marie-Pierre, 1996, L'Apprenti touriste, Ed. La Quizaine littéraire/Louis Vuitton, Coll. Voyager avec, 89p.

Remarques sur la vie à bord du navire qui remonte l'Amazone et notes sur les indigènes croisés au fil de l'eau Mario de Andrade n'est pas un fort voyageur. A la poésie de l'écriture s'ajoute la vérité des images : Mario de Andrade prend de nombreuses photos qui scandent ces deux voyages. Ces instantanés, qu'il organise et légende soigneusement sont reproduits au fil du texte comme une chronique parallèle.

 

DONNER - GRAU Florinda, 1982, Shabono : Rite et magie chez les Indiens Iticoteri d'Amazonie, Presses de la Renaissance, 282p.

Au milieu des années 70, Florinda Donner, alors jeune étudiante en anthropologie à l’UCLA, part observer les techniques de guérisons traditionnelles au Venezuela, à proximité de Valencia. Mais après plusieurs mois d’immersion auprès de trois guérisseurs de la région et de leurs patients, elle constate son incapacité à rassembler ses recherches selon un tout cohérent. Elle décide alors d’accepter l’invitation d’un ami à participer à une partie de chasse dans le haut Orénoque, dans l’espoir secret d’assister à une cérémonie de cure ou de rencontrer un chaman qui pourrait l’aider à sortir sa recherche de l’impasse. À son arrivée dans une mission catholique sur les rives de l’Orénoque, à l’avant-poste de la civilisation, elle y rencontre une vieille chamane qui lui propose de l’amener à son village au fin fond de la jungle, hors de toute influence occidentale, avec l’aide d’un guide indien, Milagros. Après un périple éprouvant de plusieurs jours dans la forêt vierge, armée d’un jean et d’une paire de basquets, elle rencontre enfin le petit peuple de la chamane : les Iticoteris. Un groupe d’indiens avec lesquels elle vivra complètement isolée de la civilisation, pendant plusieurs mois.

 

ETHNIES,2009, Lévi-Strauss et les Nambikwara, avec un DVD, Numéros 33-34, 160p.

Peu d'œuvres ont aussi profondément transformé la perception que l'Europe se faisait des « autres », et d'abord de ceux qu'on désignait le plus souvent avant lui comme des « primitifs », que celle de Lévi-Strauss. Cette raison seule, – la révolution intellectuelle et le changement des perceptions que Lévi-Strauss a su imposer à l'ethnocentrisme occidental –, suffirait à rendre hommage à l'anthropologue centenaire. Cet hommage est ici l'occasion d'un retour sur la situation actuelle d'un peuple – en fait un ensemble d'ethnies –, que Lévi-Strauss a fait entrer dans la légende de l'ethnologie et de la littérature. Ce numéro explore la constellation de communautés indiennes regroupées sous le terme générique de Nambikwara, leurs vicissitudes et leurs luttes depuis les années 1930 où Lévi-Strauss les étudia.

 

FUERST, René, DREYFUS-GAMELON, Simone (Préface de), 2006, Xikrin - Hommes Oiseaux d'amazonie, Ed. 5 Continents, 228p.

A la différence de la peinture semi-permanente, la parure du corps au moyen de plumes et d'autres matières embellissantes était une activité temporaire. De fait, en neuf mois de séjour chez les Xikrin, je n'ai vu ces Indiens ou ces Indiennes ornés de plumes que deux fois, lors des mérèrémeit de juillet 1964 et de janvier 1966. Cela pour dire que le port de plumes, chez les Xikrin, à cette époque de leur histoire et dans les circonstances que l'on sait, était une activité destinée à de rares fêtes collectives des hommes ou des femmes, des fêtes avant tout de nomination. Absentes chez les autres Gé, les grandes coiffes kayapo rappelaient celles bien connues des Bororo et des Karaja, leurs voisins du Brésil central plus ou moins lointains, et comptaient parmi les plus somptueuses non seulement d'Amazonie mais du monde entier.

 

DE LERY Jean, 1994, Histoire d'un voyage faict en la terre de Brésil, Le Livre de poche,668p.

Jean de LéryHistoire d'un voyage faict en la terre du BrésilCe livre est un enchantement. C'est de la littérature. Qu'on laisse l'ethnologie aux ethnologues et que le public lise l'Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil comme une grande oeuvre littéraire. Et aussi comme un extraordinaire roman d'aventures. Faites le bilan de ce que raconte Léry : pendant un an et demi, ça n'arrête pas. Au cours du voyage aller, qui dure près de trois mois, ce ne sont que tempêtes, arraisonnements, canonnades, pillages. Au retour, c'est plus terrible encore [...] Quant au séjour brésilien, le témoignage émerveillé de Léry vaut les plus folles aventures.Claude Lévi-Strauss.Militant calviniste par vocation, ethnographe par accident, Jean de Léry (1534-1613) a juste vingt-trois ans quand il débarque au Brésil. Avec d'autres, il vient prêter main-forte à la colonie protestante, installée dans l'île de Villegagnon, face à l'actuelle Rio de Janeiro. Le récit de son séjour, qu'il publie en 1578, brosse un saisissant tableau de l'humanité primitive. Anecdotes savoureuses, observations passionnées, rien ne manque à sa description de la vie des Indiens qu'il aura côtoyés neuf mois durant : le milieu, l'existence quotidienne, les relations familiales, les moeurs, les croyances religieuses, les habitudes culinaires, les scènes de guerre, l'anthropophagie... Une oeuvre d'une étonnante modernité.

 

LEVI-STRAUSS, Claude, 2001, Tristes Tropiques (Poche), Ed Pocket, Coll. Terre Humaine.

Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique. Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. Sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du Brésil central, dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend, au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'Ancien et le Nouveau Monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisation et du progrès.

 

LEVI-STRAUSS, Claude, 2008, Saudades do Brazil, Ed.Plon.

En publiant ou republiant sur le tard un choix de ses photographies prises entre 1935 et 1939 – avant que, lui disparu, plus personne ne sache les décrire – l'auteur souhaite communiquer à d'autres le charme indicible d'un monde qui lui fut cher, devenu méconnaissable depuis. Il fait défiler ces images en les accompagnant d'un récit continu de ses aventures, un peu à la façon d'une bande dessinée. Pour les curieux de la photographie, il rappelle aussi un temps où cet art ne donnait pas encore matière à dissertations savantes, et où le voyageur se contentait d'enregistrer naïvement ce qu'il avait sous les yeux. D'un intérêt certain pour l'historien à ces deux titres, ce recueil voudrait être d'abord un témoignage sur le Brésil et ses habitants il y a plus d'un demi-siècle, auxquels l'auteur adresse, ainsi qu'à sa jeunesse lointaine, un salut amical et nostalgique.

 

LEVI-STRAUSS, Monique, HUXLEY, Francis, 2001, Aimables sauvages, Ed Pocket, Coll. Terre Humaine, 289p.

Peu après la découverte du Brésil, les Portugais, les Français, les Hollandais et les Anglais s'installèrent sur la côte ; les Indiens Tupinamba qui occupaient cette région furent réduits en esclavage, massacrés ou dispersés. Bientôt, ils disparurent complètement et nous ne possédions sur eux que les récits assez fantastiques des chroniqueurs de l'époque. Francis Huxley a retrouvé, au Nord du Brésil, une tribu indienne de langue " Tupi ", les Urubu, descendants des Tupinamba anthropophages. Il a séjourné de longs mois parmi eux. L'auteur nous présente les Urubu dans une intimité quotidienne qu'il nous livre avec un sens aigu de la vérité - même la plus rude - et dans un style étincelant de verve. Pas un détail n'échappe à sa sagacité : cancans, aveux, intonations, clins d'œil ; les mémoires se délient, les confidences s'égrènent, les légendes et les mythes renaissent.

 

MINDLIN, Betty, 2008, Carnet sauvage chez les Surui du Rondônia, Ed Métailié, 352 pages.

Betty Mindlin est arrivée en mai 1979 chez les Surui, le long de la BR-364 qui relie Cuiabá à Porto Velho, elle les a rencontrés le long de cette route boueuse alors qu'ils conservaient encore intactes leurs coutumes et leur système traditionnel. On pourrait dire que les habitants du paradis l'ont trouvée à leur goût. Pas un jour où elle ne fut demandée en mariage malgré la protection et la prude affection du chaman Naraxar. C'est là, à l'abri des ocas, grandes maisons communautaires, entre les corps invitants de l'intérieur et les fantômes de l'extérieur, entre invites, jalousie des femmes, menaces, cajoleries et petits travaux de la vie quotidienne, qu'elle apprend tout de ses hôtes et se découvre dans sa vérité de femme blanche et de mère éloignée des siens. Au long de sept voyages, elle connaît avec eux la guerre contre les trafiquants de diamants, la modernisation et la découverte du travail salarié.

 

MINDLIN, Betty, THIERIOT, Jacques, 2005, Fricassée de Maris : Mythes érotiques d'Amazonie, Ed. Métailié, Coll.Traversées, 308p.

Les jeux de l'amour sont l'un des thèmes marquants des mythologies indiennes. Leur originalité tient à la liberté d'expression, aux images inhabituelles, à l'absence de censure, alliées à des dénouements violents, parfois terrifiants. Les récits publiés ici ont été recueillis auprès de six peuples indiens de la province amazonienne du Rondonia, vivant selon des traditions différentes. Les fils conducteurs de ces histoires sont les thèmes éternels: la recherche de l'amour, la séduction, la jalousie, le plaisir, les affrontements entre les hommes et les femmes, les mères et les filles... Les formes et les développements inespérés de ces récits, le talent des conteurs, la créativité et la liberté du langage donnent au texte une fraîcheur et un humour délectables, plus proches de la littérature que de l'anthropologie. Un authentique bonheur de lecture.

 

RAONI,2010, Raoni, - Mémoires d'un chef indien, Rocher (Editions du), 263p

Coiffé de sa parure et sous les peintures de chef de guerre, Raoni avait fait sensation, il y a vingt ans, en entreprenant un tour du monde inédit - en 60 jours - avec le cinéaste Jean-Pierre Dutilleux et Corbeau Rouge, le chef sioux nord-américain. Débarquant à Paris, il est alors reçu par le maire, Jacques Chirac, puis par le président François Mitterrand à qui il remet le couvre-chef des guerriers de la tribu des Kayapos (Amazonie). Puis, c'est le prince Charles, le roi Juan Carlos, en Espagne, le pape Jean-Paul II et de nombreuses personnalités dans 15 pays. Son message : prendre conscience des valeurs de la forêt amazonienne menacée par les hommes. Chez lui, les chercheurs d'or (" garimpeiros ") envahissent des territoires grands comme des départements et en chassent les Indiens. Raoni se retire dans sa tribu sur une victoire : la délimitation du territoire des Kayapos, le Xingu, une zone grande comme six fois la Belgique. Elle a pu être démarquée grâce aux dons réunis dans le monde entier par les douze fondations qui se sont créées sur son passage. Vingt ans après, de nouveaux problèmes surgissent : la grande réserve est menacée. Même le cacique Raoni, âgé d'environ soixante-quinze ans, aussi respecté soit-il par son peuple, a du mal à léguer les valeurs ancestrales aux jeunes générations, dont les plus impatients brûlent leurs illusions dans les lumières des faubourgs de Brasilia. D'où ces " Mémoires ", d'où ce cri..

 

RIBEIRO Darcy, 2002, Carnets indiens, Ed Plon.

Les carnets de voyage de deux expéditions menées entre 1949 et 1951 dans la forêt amazonienne chez les Urubus-Kaapo, un peuple fragilisé par les épidémies, les conflits et une politique d'extermination. Accompagné par un linguiste français, Max Boudin, et un cinéaste allemand, Heinz Foerthmann, qui illustra l'ouvrage de ses portraits photographiques d'Indiens, Darcy Ribeiro (1922-1997) recueille des récits mythologiques, des témoignages et d'immenses généalogies transmises par voie orale. L'auteur est alors un jeune marié, qui rédige ses observations au jour le jour, sous forme de lettres écrites à sa femme. Sa pensée d'anthropologue se construit au fil des pages, autour de thématiques privilégiées. Comment traquer la vérité ? Qu'est-ce que la vérité d'un peuple.

 

RIBIERO, Darcy, 1971, Frontieres indigenes de la civilisation, Union générale d’édition, coll. 10/18, 475 pages.

Darcy Ribeiro (1922–1997) a mené une car- rière politique et universitaire de premier plan au Brésil. Son nom reste associé à l’extension, en 1982, du réseau d’ensei- gnement de Rio de Janeiro avec la créa- tion des Centros Integrados de Educação Pública (Ciep). Il participa à l’équipe du président João Goulart en 1963. Exilé après le coup d’État militaire, de retour au Brésil en 1976, il fut sénateur de 1991 à 1997. Ces Carnets indiens relatent ses séjours avec les Urubus-Kaapor.

 

STOLL, Emilie, MENGET, Patrick (Préface de), 2008, Terres Iindiennes et politique indigéniste au Brésil. Des territoires à la carte, Ed l'Harmattan/Survival.

Au Brésil, des peuples autochtones ont survécu à l'avancée de la frontière civilisatrice. Ils souhaitent préserver leur culture et leur mode de vie traditionnelle tout en s'affirmant sur la scène internationale. Depuis les années 1980, les Indiens du Brésil ont créé des organisations pour défendre leurs droits fonciers. Il apparaît que la question indigéniste est inextricablement liée aux problématiques environnementales et que les Indiens sont le dernier rempart contre la déforestation massive de l'Amazonie brésilienne.

 

THOMAS Erika, 2012, Indiens du Brésil, (in) visibilité médiatique, L'Harmattan , 202p.

Cet ouvrage interroge la circulation des images ambivalentes de l'indien du Brésil. A partir de l'analyse de films documentaires et de grands classiques de la fiction cinématographique brésilienne, l'auteur problématise l'écart entre la représentation stéréotypée et instrumentalisée de l'Autre et l'expression d'un Soi indigène qui questionne l'historiographie, l'ignorance de la société brésilienne et qui se constitue comme une quête de reconnaissance et de visibilité.