Bibliographie

AUGUSTE Isabelle, 2008, L’administration des affaires aborigènes en Australie depuis 1972, L'autodétermination en question.Ed .l’Harmattan, 336p.

. Cette étude s'intéresse au cas particulier de l'Australie qui a adopté puis 1972 une politique réformiste pour ses Aborigènes, préconisant le principe d'autodétermination politique, socioéconomique et culturelle. Comment l'Australie a-t-elle répondu à " son problème autochtone " ? L’ouvrage explore les transformations qui ont marque les affaires aborigènes au cours de ces trente dernières années et permet de mieux appréhender la situation des Aborigènes en Australie aujourd'hui où la question de la réconciliation reste d'actualité

 

BOCCARA Michel, DUPONT MORRIS Delphine, 2000, Rêve et politique des premiers Australiens. L'ancien futur de l'Australie , L'Harmattan,315p.

Tous les avocats, tous les ethnologues, tous les chercheurs, tous les historiens ils sont tous blancs, les Aborigènes sont juste des fournisseurs de preuves. Ce constat de Tibby Quall explique le point de départ de cet ouvrage : écrire un livre dans lequel les premiers Australiens (généralement appelés Aborigènes) et les Australiens originaires d'Europe parlent et analysent ensemble leur pays. C'est pourquoi on trouvera des textes écrits par les uns et les autres. Ce livre est le produit d'expressions croisées : noires et blanches comme on dirait Yin et Yang pour inventer une nouvelle Australie qui soit fidèle à l'ancienne . Ce livre contient les voix de ceux que le gouvernement australien ne veut pas entendre et qu'il ne veut pas que vous écoutiez.

 

CASTEJON, Vanessa, 2005, Les aborigènes et l'apartheid politique australien, Ed l'Harmattan, 269p.

Jusqu'en 1967 les Aborigènes étaient exclus de la vie politique australienne. Depuis le référendum de 1967 l'Etat peut légiférer en matière d'affaires autochtones. Les Aborigènes, qui représentent environ 2% de la population, sont presque absents des institutions politiques australiennes, ils sont relégués à une place déterminée par le gouvernement à l'intérieur du système politique australien. A travers l'étude de la marginalisation des Aborigènes, on observe que les revendications pour une reconnaissance politique participent à un processus de définition identitaire, un besoin de reconnaissance de l'identité aborigène.

 

CHATWIN Bruce, 1990, Le chant des pistes, LGF Le livre de poche, 410p.

Admirable récit sur l'homme, sa solitude et sa condition, Le Chant des pistes explore les tréfonds de l'âme humaine grâce à une évocation de ses origines, chez les aborigènes australiens. Perdu dans l'immensité du bush australien, l'auteur se retrouve face à lui-même, retrouvant ce que les aborigènes appellent le chant des pistes, dont le mystère provient des racines du monde selon leur cosmogonie. Ce songline est une sorte de mimétisme qui lui permet de marcher sur les chemins de vie invisibles comme les aborigènes qui y guettent les empreintes de leurs ancêtres. À la croisée du récit de voyage, du rêve à ciel ouvert - la nuit étoilée et ses mystères veillant sur lui au cœur du continent australien - et de l'autobiographie, ce livre est l'expression d'un homme et de ses doutes.

 
COURRIER INTERNATIONAL, Aborigènes, enquête sur un peuple sans destin.  
CROSSMAN, Sylvie , BAROU, Jean-Pierre, 1998, Peintres aborigènes d'Australie, Ed Indigène, 125p.

Ne plus peindre sa terre, c'est prendre le risque de la voir disparaître. Ainsi parle la Loi aborigène. Dès les années soixante, en terre d'Arnhem, c'est à leurs peintures sur écorce que les initiés font appel pour protester contre l'ouverture d'une mine sur leur sol. Et, dans les années soixante-dix, à Papunya, un centre d'assimilation du grand désert de l'Ouest, c'est encore à une peinture que les initiés de la région ont recours. Le Rêve de la fourmi à miel, oeuvre secrète, sacrée, est révélé, fixé, à l'acrylique, sur un mur d'école. Ce " rêve " et d'autres, réalisés sur toile, donne naissance à un véritable mouvement pictural qui renverse des siècles d'idées reçues. Les femmes - qui ont leurs propres cérémonies indépendamment de celles des hommes - créent aussi, Rêve de médecine de brousse, Rêve de lézard-diable... Dans le nord-ouest du continent, des " rêves " indédits - et les peintures qui leur sont associées - surgissent. Les musées des beaux-arts s'ouvrent à ces nouveaux maîtres, la justice apprend à faire avec des oeuvres qui sont, au sens propre, des titres de propriété foncière. Car aucune autre société n'a jamais fait dépendre à ce point de l'art, non seulement sa survie, sa terre, mais tout son savoir.

 

 

DEVEAU Jean -Michel, 1996, Australie terre de rêve , France Empire, 304p.

Ile ou continent, l'Australie nous entraîne dans le sillage de ses rêves, comme dans l'univers clos des châteaux où notre enfance plantait le décor des contes de fées. Au fil des pages, l'auteur nous guide dans le dédale d'une histoire conduite par bonds et fantasmes au gré de cet enchaînement de rêves qui ont tellement investi cette terre des antipodes qu'ils sont devenus le moteur de son évolution. Car, si le rêve sous-tend l'identité nationale, les racines en sont souvent amères et tournent parfois au cauchemar. D'abord celui des Aborigènes brutalement tirés de ce Temps du Rêve où ils avaient trouvé le sens de leur Histoire et les racines de leur identité. Les Blancs se sont chargés de les en chasser à coups de fusils. Après le récit de ce génocide, l'auteur fait justice de l'utopie des bagnes, où les convicts trouvèrent plus souvent le martyr que les voies de la réinsertion sociale. Rompant avec les bains de sang, l'histoire d'Australie s'engage ensuite dans une succession de rêves, celui de l'or, celui de la justice sociale, celui de la démocratie, tous viciés à la base, car ce paradis modèle n'était forgé que pour les Blancs.

 

DOUSSET Laurent, 2011, Mythes, Missiles et Cannibales: Le récit d’un premier contact en Australie. Paris: Société des Océanistes

L’ouvrage fait le récit d’un premier contact hors du commun entre des colons occidentaux et les membres d’une société aborigène située dans le Désert de l’Ouest, une étendue aussi gigantesque que peu accueillante au cœur du continent austral. Contact hors du commun pour deux raisons au moins. D’abord car il eut lieu en 1956 seulement, il y a donc à peine plus de cinquante ans. Les récits et archives abondent, les témoignages oraux existent et, surtout, les autochtones qui ont vu et vécu l’arrivée du premier Blanc vivent, parlent, contestent ou confirment. Ensuite par la nature même du type de colonialisme auquel les acteurs ont dû se confronter : le cœur du Désert de l'Ouest fut colonisé parce que les Britanniques et les Australiens décidèrent d’y effectuer d’abord des explosions nucléaires, puis des lancements de missiles balistiques. En passant par l’analyse des notions de « premier contact », de la « tribu perdue », et du « présent ethnographique » tout en les situant dans le contexte australien, l’ouvrage discute les mythes qui ont accompagné la découverte de l’Australie, puis du centre du continent, afin de mieux comprendre les politiques de ségrégation d’abord, et d’assimilation ensuite qui ont dominé les rencontres culturelles dans le Désert de l'Ouest. Il fait l’analyse critique du contexte dans lequel la culture est devenue pour les Aborigènes un objet de revendication politique qui finit par rapporter ses fruits dans le cadre des exigences de restitutions foncières.

 

ELKIN Peter, DEVYER André, 1967, Les aborigènes australiens, Gallimard, Nrf, 451p.

L’histoire a voulu que deux groupes humains – l’un immigré d’origine occidentale et techniquement évolué, l’autre autochtone et vivant comme à « l’âge de pierre » - soient mis en contact direct et permanent sur le continent australien. Il y a quarante ans à peine, tout laissait prévoir que les aborigènes allaient achever de disparaître. Leur « résurrection » et leur progressive intégration est en grande partie le résultat de l’activité scientifique et sociale du professeur Elkin. Son ouvrage classique et constamment remanié depuis 1938 brosse le tableau complet d’une des cultures les plus primitives. D’une pauvreté matérielle peut-être sans équivalent, les aborigènes australiens possèdent des systèmes de parenté très complexes qui règlent le comportement des individus et charpentent la société. C’est dans cette perspective sociologique que sont analysées successivement, ici les formes de totémisme, les cérémonies particulières d’initiation ; les arts visuels, la musique et la danse, la pratique des « médecine-men » et les rites funéraires originaux. Les Aborigènes australiens condensent donc des connaissances acquises depuis quarante ans, de façon directe et indirecte, par un chef d’école de réputation mondiale, et représentent la première étude scientifique paraissant en français sur la psychologie de ces hommes qui, au XX° siècle, incarnent la préhistoire.

 

DUTHIL Fanny, 2006, Histoire de femmes aborigènes, PUF, 243p.

Issues d'une culture ancrée dans l'oralité et dans laquelle le collectif dépasse l'individuel, les femmes aborigènes d'Australie présentent des autobiographies à caractère hybride mêlant tradition et modernité. A travers leurs récits, elles racontent l'histoire de leur vie, reflet de l'histoire d'un peuple. Enlevées à leurs familles étant enfants, arrachées à leur culture traditionnelle, la majorité des femmes aborigènes ont été élevées dans des missions dirigées par les Blancs. A partir d'un corpus de vingt autobiographies publiées entre 1972 (fin de la politique d'assimilation) et 2 000 (début officiel du processus de réconciliation), Fanny Duthil analyse comment deux générations d'auteurs ont traversé la politique d'assimilation

 

GINER François,2007, En terre aborigène, Albin Michel.

Jusqu'à l'arrivée des Européens à la fin du XVIIIe siècle, les Aborigènes, héritiers d'une culture vieille de 40000 ans, ont vécu de chasse, de pêche et de cueillette, en harmonie avec une terre qui ne leur appartenait pas mais à laquelle ils appartenaient. L'intrusion des Blancs dans leur monde traditionnel a été d'une incroyable brutalité. Exterminés ou forcés à l'assimilation, décimés par la maladie, l'alcoolisme et la drogue, ils vivent aujourd'hui dans une misère à peine supportable. Éternel voyageur, François Giner, après avoir parcouru le monde entier, a posé un peu par hasard ses valises en terre d'Arnhem, sans savoir que cette halte bouleverserait son destin. Après s'être lié d'amitié et d'affection avec les Aborigènes de la communauté de Weemol, François est devenu aussi Balang, leur frère de peau. Ce n'est donc pas en curieux ou en ethnologue, mais en témoin, qu'il évoque leur culture et leurs traditions, et raconte ce qu'ils lui ont transmis au cours de trente années passées dans le bush australien : une autre manière d'être au monde.

 

GIRARDET, Sylvie, MERLEAU-PONTY, Claire, 2000, Australie noire. Les Aborigènes, un peuple d'intellectuels, Ed Autrement, 189p.

Les Aborigènes d'Australie, venus d'Asie il y a 40 000 ans, découverts il y a 200 ans, citoyens australiens depuis 1967. Qui sont-ils ? De l'exclamation de Jules Verne, "un singe, voilà un singe !", à l'image classique des survivants de l'âge de pierre, il y a certes une progression. Mais à l'heure où l'Australie fascine les Européens en mal de grands espaces, il est temps d'en découvrir les premiers habitants. Depuis des millénaires, ils connaissent l'art et la manière de survivre dans cette nature hostile qu'ils ont apprivoisée, intégrée dans leur conception si complexe du monde et de la vie.


 

GLOWCZEWSKI, Barbara, 2004, Rêves en colère, Alliances aborigènes dans le Nord-Ouest australien, Ed Plon, 435p.

Paru dans la collection « Terre humaine », Rêves en colère, le dernier ouvrage de Barbara Glowczewski, est d’une grande richesse ethnographique et anthropologique. Il résulte de plus de vingt ans de rencontres, d’échanges et de recherches avec les Aborigènes australiens. L’ouvrage se divise en quatre livres, chacun dédié à une région du nord australien et aux peuples aborigènes qui y vivent (près d’une trentaine y sont mentionnés), à leur histoire, leurs récits, leurs valeurs, leur cosmologie : la péninsule Dampier, les plateaux du Kimberley, le désert Tanami (désert de l’Ouest et du Centre), et la Terre d’Arnhem. Les évocations de l’histoire et de la rupture coloniale qui jalonnent l’ouvrage nous permettent de mieux apprécier la vie contemporaine des Aborigènes australiens, leurs luttes, leurs stratégies de résistance, telles qu’elles s’expriment par le biais de leurs relations complexes et dynamiques avec la terre, le cosmos et l’ancestralité.

 

GLOWCZEWSKI Barbara, 2005, Pistes de rêves ; Voyage en terres aborigènes, Ed. Le Chêne.

Ce livre nous emmène sur les pistes des rêves des Aborigènes d'Australie. Ils ont un nom et une histoire pour chaque dune de sable blanc, chaque plaine d'herbe jaune, chaque rocher rouge, chaque trou d'eau : ces sites sont les balises du passage des êtres ancestraux qui ont sillonné et modelé la terre en surface ou en sous sol. Dans les années 1970, violant un tabou très fort dans leurs communautés, et pour affirmer leurs droits sur la terre australienne, certaines communautés aborigènes se sont mises à transposer leurs motifs totémiques sur des toiles. Depuis, le marché de l'art s'est emparé de ces oeuvres époustouflantes, donnant naissance à un mouvement artistique qui a révolutionné l'histoire de l'art.

 

GLOWCZEWSKI, Barbara, 2006, Les Reveurs du Desert-Peuples Warlpiri d'Australie, Ed Actes Sud.

Au coeur de l'Australie, sur les terres rouges et craquelées, parsemées d'herbes sauvages et piquantes, de buissons décharnés et de cours d'eau à sec, des centaines de pistes invisibles s'entremêlent. Les Aborigènes les appellent des Rêves. Là vivent les Warlpiri. Désormais sédentarisés, ils parcourent le désert en voiture, ils vivent avec tous les acquis de notre technologie mais ils continuent à célébrer par leurs rites les Rêves qui les habitent. Le Rêve, religion et loi, représenté dans des compositions qui ont valu aux Warlpiri une renommée internationale d'artistes peintres, figure pour eux un mode de connaissance qui les attache au cosmos, émotionnellement et charnellement, et l'ensemble des règles qui régissent une société. Société que Barbara Glowczewski a fréquentée, étudiée, observée, dont les femmes sont devenues ses amies, plus de dix ans avant la première publication, en 1989, de ce livre qui se présente à la fois comme le journal de terrain d'une ethnologue et un essai inspiré où sans cesse affleure l'expérience personnelle et affective.

 

GLOWCZEWSKI, Barbara, WOTTON, Lex, 2008, Guerriers pour la paix - La condition politique des Aborigènes vue de Palm Island, Ed Indigene, 191p.

" En Australie, les effets cumulés sur deux siècles du choc colonial, de l'injustice sociale et du racisme quotidien ont produit statistiquement et émotionnellement l'équivalent d'un désastre de guerre sur les Aborigènes ", écrit Barbara Glowczewski.
Ici, l'anthropologue fouille dans le désastre à la manière d'un Truman Capote, auscultant la mort brutale, pendant une garde à vue en 2004, de Mulrunji, un Aborigène de Palm Island, ancienne réserve au large de Townsville, dans le Queensland. Cette fois, les Aborigènes et notamment Lex Wotton qui a apporté sa contribution au livre, se sont dressés pour la justice sociale et la paix. Le policier au cœur du drame, grâce à une longue campagne et deux années d'enquête, a été déclaré responsable de cette mort.
Mais, au terme des évènements que Barbara Glowczewski reconstitue, témoignage après témoignage, image vidéo après image, le policier sera finalement relaxé par un jury entièrement blanc. Lex Wotton, pour avoir participé au mouvement d'indignation, risque, lui, la prison à vie
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HAVECKER Cyril, 2003, Le temps du rêve : la mémoire du peuple aborigène australien, Edition du Rocher, 133p.

Le " Temps du rêve " des aborigènes australiens se réfère à l'époque mythique où l'Intelligence suprême, Baiame, le Premier Etre, rêva le monde et lui donna forme. De cet instant découlent toutes les lois qui, depuis des millénaires, régissent la vie des premiers habitants du continent australien, un peuple si ancien qu'on le dit descendu des dieux. Enregistré sur des gravures rupestres, transmis de génération en génération par les Sages, le " Temps du rêve " a aidé l'homme noir (ainsi qu'il se nomme lui-même) à préserver ses connaissances et à vivre en harmonie avec son environnement comme avec le monde multidimensionnel au-delà du nôtre où il puise sa sagesse et ses pouvoirs. C'est ce personnage d'une surprenante richesse tant sur le plan social que sur celui du sacré et de l'art, cet héritage permanent que nous présente Cyril Havecker - notamment à travers le mythe de la création, la croyance au monde des esprits, l'importance des rites d'initiation, le lien avec la nature engendré par le totémisme, les pouvoirs de guérison chamanique

 

HOOPER Chloe,2009, Grand homme, C.Bourgeois, 400p.

" J'avais voulu en savoir plus sur mon pays et à présent j'en savais plus... j'en savais plus que ce que j'aurais voulu savoir. " Tel est le constat auquel aboutit Choe Hooper à l'issue de l'impitoyable enquête qu'elle mène dans Grand homme, véritable plongée au coeur des ténèbres de l'Australie contemporaine. En novembre 2004 à Palm Island, petite île d'apparence paradisiaque située dans le nord du Queensland, Cameron Doomadgee, un jeune Aborigène, décédait dans sa cellule après avoir été brutalisé par le brigadier-chef Chris Hurley. Deux ans d'enquête, d'instruction et de procès s'ensuivirent, au terme desquels Hurley fut acquitté. Au-delà du décès tragique d'un seul homme, Chloe Hooper raconte la destruction d'un peuple et d'une culture vieille de plusieurs dizaines de milliers d'années, assassinée par les abus et la rapacité de la colonisation occidentale. " Le remarquable livre-reportage de Chloe Hooper est une sorte de polar moral qui traite du pouvoir, de la misère et de la violence. " (Philip Roth) " Il est impossible de surestimer l'importance de ce livre. " (Peter Carey)

 

KURTOVITCH Nicolas, Autour Uluru, Au Vent des iles

Les peuples dits « sans écriture » ne sont pas pour autant des peuples « sans lecture ». Bien au contraire, ces peuples — aborigène, kanak, ma’ohi —, que l’on a dit primitifs lisent. Ils lisent beaucoup et souvent, ils lisent en tout et partout. Ils savent lire ce que nous, gens de sociétés « modernes» et même « postmodernes » ne savons plus lire. La nature, dans toutes ses dimensions visibles et invisibles, est un inépuisable livre de lecture, une encyclopédie, une somme de connaissances.Pour les Anunga, le peuple «autour de Uluru », le Grand Rocher est l’encyclopédie première et ultime, celle qui contient tout, là où tout est écrit, de l’origine du monde à l’origine du peuple, jusqu’à la fin de cette vie. Il y a, écrit sur ce Rocher, d’une façon que je ne sais pas lire, le devenir de chacun des Anunga et de chacun d’entre nous. Les Anunga savent lire la nature, tout simplement, et c’est une capacité sans limite, un trésor que nous avons essayé d’approcher en faisant, à notre tour, la marche de la connaissance et de la rencontre.

 

LINDQVIST, Sven, 2007, Terra nullius, Ed. des Arènes, 263p.

Le concept juridique de Terra nullius (terre inhabitée), apparu au XIXe siècle, s'est avéré d'une grande utilité pour justifier l'invasion de l'Australie par les Britanniques. L'écrivain-voyageur a marché sur les traces de ces premiers colons, imbus d'eux-mêmes, qui prétendaient apporter les "bienfaits de la civilisation". Parcourant l'Australie, il exhume les vestiges de cette histoire sanglante.

 

MAMAA Dulwan, 2000, GWION GWION ; Chemins secrets et sacrés des Ngarinyin, aborigènes d’Australie. Ed. Koneman, 325p.

Nous les suivons dans le bush. Quatre gardiens de la Loi révèlent le sens conservé dans les plus anciennes peintures figuratives dans le nord-ouest de l’Australie, connues sous le nom de Gwion Gwion . Cet ancien art rupestre était la marque d’une société aux parures raffinées, aux cérémonies et danse qui sont encore pratiquées aujourd’hui. Le monde ne savait rien de la signification de ces images énigmatiques avant que ces « vieux » ne parlent. Leurs propres paroles, associées à des photographies, décrivent leurs dulwan mamaa- leurs chemine et secrets et sacrés.

 

MARLO Morgan, 2005 , Message en provenance éternité, Ed J’ai Lu, 310p.

Geoff et Béatrice, deux jumeaux aborigènes, sont arrachés à leur mère dès la naissance et séparés l'un de l'autre. Devenue adolescente, Béatrice quitte un orphelinat catholique pour travailler comme femme de ménage dans une pension de famille. Geoff, élevé dans une famille blanche et aisée, devient alcoolique, puis il est incarcéré à l'âge de vingt-quatre ans pour un double meurtre qu'il n'a pas commis. Intelligente et tenace, Béatrice ne s'avoue pas vaincue. Sa quête la mènera aux sources de la sagesse de ses ancêtres, les aborigènes d'Australie. Par amour de la vérité, elle choisira de se battre contre la discrimination et la disparition des siens. Au bout de ce voyage qui parle d'espoir, elle retrouvera son frère. Un message de paix et d'harmonie

 

MEEHAN Donna, 2004, Mon enfance volée, une vie d'aborigène, Ed Rocher

À l'age de 5 ans, apres un début d'enfance heureuse au sein de la communauté aborigène de koorie de Pilliga, en australie oriental, Donna et ses freres sont enlevés à leur famille. En ce debut des années 60, la politique d'assimilation du gouvernement arrache les enfants aborigène à leur parents afin de les placer dans des familles d'acceuil balnche. Pour la fillete, soudainement projetée dans un monde inconnu, le choc est brutal. Si ses nouveaux parent sont bons et généreux, l'enfant souffre de solitude. À l'ecole elle rencontre le rascisme et l'exclusion; elle souffre d'être différente, rejetée par les élèves comme par les enseignants. Dès lors, la fillette se forge d'elle-meme une image négative. Elle mettre presque 30 années pour admettre son identité qu'elle n'aura eu de cesse de désavouer. Cependant, la famille d'accueil est croyante, pratiquante, et la petite Donna trouve son réconfort au sein de l'Église. là, elle est accépté par tous. C'est la religion, une foi naïve et vraie qui, avec l'amour de sa famille adoptive et plus tard de son mari, l'aideront à surmonter son désespoir d'enfant abandonnée. Ce document autobiographique dévoile un drame Humain à la fois personnel et collectif : la tragede des aborigènes d'Australie. De ce recit monte une voix dont l'authenticité, la finesse et la franchise bouleversent, émeuvent et comblent..

 

MOISSEEFF Maria, 1995, Un long chemin semé d'objets cultuels, le cycle initiatique aranda, EHESS.

De Durkheim à Lévi-Strauss, en passant par Mauss et bien d'autres, les textes fondateurs de l'anthropologie française se sont profondément inspirés de l'ethnographie d'un groupe aborigène d'Australie, les Aranda, tout particulièrement en ce qui concerne la religion, la parenté et le totémisme. Paradoxalement, les ouvrages de référence de l'anthropologie aranda, tels ceux de Spencer-Gillen, C. et T. Strehlow, n'ont jamais été traduits en français. Marika Moisseeff présente ici une analyse détaillée du matériel ethnographique aranda légué par ces auteurs, enrichie par les données plus actuelles portant sur des communautés voisines. Ce faisant, elle rénove certaines conceptions classiques, quelque peu figées, que le public français adopte trop souvent pour considérer l'organisation sociale et la cosmologie des Aborigènes australiens. L'auteur montre ainsi que le Rêve aborigène renvoie moins aux temps passés et mythiques qu'à une entité dynamique se référant à l'espace, au paysage singulier du continent australien. De même, les catégories de parenté et le totémisme répondent moins à une nécessité exclusivement classificatoire qu'à une logique relationnelle exigeant le renouvellement des liens d'une génération à l'autre. Le déroulement de la vie rituelle constitue la trame de cette relecture. Il nous fait parcourir pas à pas l'itinéraire initiatique des hommes amenés à se fondre dans le Rêve, lesté de leur double atemporel, l'objet culturel qui est le support de leur identité spirituelle.

 

MUECKE, Stephen, SHOEMAKER, Adam, 2002, Les Aborigènes d'Australie, Découvertes Gallimard, 127p.

Chasseurs-cueilleurs au mode de vie semi-nomade, les Aborigènes sont les premiers occupants de l'Australie. Au XVIIIe siècle, les Britanniques débarquent sur l'île-continent qui est pour eux une terre vide, à conquérir. Les autochtones ? Des " primitifs " sans agriculture ni biens matériels, que rien ne semble attacher à cette terre. Méprisés, combattus, spoliés, niés, les Aborigènes subissent la colonisation et les lois discriminatoires. Proche de l'extinction au début du XXe siècle, le peuple noir relève la tête, réclame l'égalité civique, la reconnaissance de sa culture et de ses droits ancestraux sur la terre. Stephen Muccke et Adam Shoemaker brossent les grands traits d'une civilisation hautement spirituelle dont l'identité s'enracine dans les paysages façonnés par leurs ancêtres du Temps du Rêve et appellent à une Australie enfin réconciliée.

 

PEASLEY, W. J., 2001, Les derniers nomades d’Australie, Actes Sud, 211 pages.

En 1977, le médecin W.J. Peasley conduit une expédition en Australie occidentale au cœur du Gibson Desert. Objectif : retrouver un couple d’Aborigènes, Warri et Yatungka, certainement les derniers nomades du continent à vivre selon le mode de leurs ancêtres. L’équipée, menée par Mudjon, ancien compagnon de route de Warri et Yatungka et pisteur hors norme, part à la recherche du couple dont la survie est menacée par les sécheresses successives.

 

PIQUER Martine, 2008, Australie plurielle, gestion de la diversité ethnique en Australie de 1788 à nos jours, L'Harmattan, 256p.

Fermement convaincus de la supériorité du "sang" et de la "civilisation" britanniques dont ils étaient les héritiers, mais redoutant l'importation d'une main-d'oeuvre de couleur bon marché, les Australiens virent longtemps dans l'exclusion le moyen de se protéger. L'Australie d'aujourd'hui aime à protéger l'image d'une nation harmonieusement multiculturelle et réconciliée avec ses populations autochtones. La réalité n'est certes pas à ce point idyllique, mais l'Australie a indéniablement su maintenir un équilibre entre intégration et respect de la diversité.

 

POIRIER Sylvie, 2000, Les jardins du nomade. Cosmologie, territoire et personne dans le desert occidental australien.Lit Verlag, 291p.

Avec ce livre, Sylvie Poirier offre aux spécialistes de l'Australie comme à ses collègues ethnologues un exemple élégant du travail ethnographique à son meilleur. L'étude, résultat d'un travail de terrain qui s'étale de 1981 à 1994, est centrée sur la région de Balgo Hill (Wirrimanu) aux confins nord du désert de Gibson dans le désert occidental. Les principales unités dialectales concernées sont les Kuktaja et les Wlamatjari, auxquelles s'ajoutent les Ngarti, les Wangkatjanga, les Tjaru et les Pintupi

 

PONS Xavier, 1996, Le multiculturalisme en Australie. Au-delà de Babel, L'Harmattan,411p.

Le multiculturalisme - c'est-à-dire la coexistence et l'interaction d'une pluralité de valeurs et de pratiques culturelles dans un même espace politique - est appelé à se développer un peu partout dans le monde : dans ce village global qu'est devenue notre planète, les biens, les capitaux et les informations circulent de plus en plus librement. Comment, par le biais des migrations, n'en serait-il pas de même des personnes, et par suite des cultures dont celles-ci sont porteuses ? Et comment concilier cette pluralité avec la notion d'identité nationale ? Comment éviter qu'elle ne provoque des conflits ethniques ou religieux ? Le multiculturalisme effraie - il fait penser à la société américaine, où ces conflits prennent des proportions inquiétantes ou, pire, à l'ex-Yougoslavie, qui a basculé dans les guerres tribales. Mais l'Australie propose un modèle différent, beaucoup plus positif. Cette nation d'immigrants, où se rencontrent des dizaines de cultures différentes, a réussi à se défaire pour l'essentiel du racisme qui lui a longtemps servi d'idéologie nationale pour devenir une société parmi les plus tolérantes qui soient. Résolue à faire une place digne et équitable aux immigrés, elle a su, en renonçant à assimiler ces derniers, leur proposer une véritable intégration. Tous ceux qui s'inquiètent de la montée du racisme et de l'exclusion trouveront dans l'expérience australienne (même s'il reste inévitablement des ombres au tableau) des raisons de ne pas désespérer.

 
TWEEDIE Penny,1999, L'ame de la terre d'Arnhem-Australiens Aborigènes, Ed Serge media.  
CD ROM    

GLOWCZEWSKI, Barbara (sous la direction de), les anciens et les artistes du Warnayaka Art Centre de Lajamanu (développé avec), Pistes de rêves - Art et savoir des Yapa du désert australien, CD-ROM, 14 h de navigation, 500 photos, 1/2 h de vidéos, chants et récits en warlpiri.

Dans le désert, au cœur de l’Australie, des centaines de pistes invisibles s’entremêlent. Chaque piste a ses histoires qui racontent la formation du paysage par des Êtres animaux, plantes, feu ou pluie. Les Aborigènes, Yapa, les appellent Ancêtres des Rêves, Jukurrpa, les pistes de leur loi spirituelle et de leur culture. Ces pistes permettent de déchiffrer le savoir yapa relatif à la terre. Une carte interactive figurant le territoire warlpiri, (600 x 300 km) propose 14 pistes qui correspondent à autant de voyages d’Ancêtres mythiques, considérés comme éternellement vivants dans les sites sacrés.