Bibliographie

BOISSEAU DU ROCHER Sophie, 2011, Cambodge. La survie d'un peuple.Belin, 208p.

Le Cambodge, « Pays du sourire », a connu au 20 e siècle une série d’événements tragiques dont il se remet aujourd’hui avec autant de peine que d’enthousiasme. Avec peine, parce que les traumatismes et pesanteurs restent palpables ; avec enthousiasme parce que ce petit royaume d’Asie du Sud- Est bénéficie de vrais atouts dont une histoire illustre, une jeunesse effervescente qui a envie de tourner la page et un soutien massif de la communauté internationale. En dépit de la multitude d’ouvrages et rapports qui lui sont consacrés, la compréhension du Cambodge est souvent réduite à quelques clichés, forcément réducteurs : Angkor et le rayonnement de l’empire khmer, Pol Pot et l’horreur khmère rouge. Entre ces deux extrêmes d’histoire simplifiée, comment donner à la réalité contemporaine d’autres grilles de lecture plus à même de nous aider à lire sa modernité et à comprendre sa complexité ? Le Cambodge est un pays difficile à déchiffrer, qui souvent défie notre propre logique et cumule les paradoxes. C’est aujourd’hui un Etat en pleine transformation, engagé dans un processus de modernisation et de réformes mais qui ne maîtrise pas forcément les logiques et influences qui le déterminent. Quels sont les atouts du Cambodge pour aborder avec confiance le 21e siècle ?

 
GUERIN, Mathieu, HARDY, Andrew, VAN CHINH, Nguyen, BOON HWEE, Stan-Tan, GOUDINEAU, Yves, 2003, Des montagnards aux minorités ethniques : Quelle intégration nationale pour les habitants des hautes terres du Viêt Nam et du Cambodge ?, Ed. L’Harmattan, 354 p.

Comment peut-on être vietnamien sans être viêt ; être cambodgien sans être khmer ? C'est la question qui se pose aux Jaraï, Brou, Mnong et autres Stieng, populations autochtones des hauts plateaux, à la frontière entre les deux pays. Ces peuples, longtemps indépendants sur les hautes terres de la chaîne Anamitique, doivent aujourd'hui faire face à des mouvements migratoires sans précédent. Les nouveaux venus, colons des plaines, fonctionnaires, forestiers, commerçants, planteurs de café, gagnent peu à peu sur leurs terres, bouleversant fondamentalement leur mode de vie. Contraints à l'intégration, les habitants des hauts plateaux se battent pour éviter une assimilation pure et simple ; pour que leurs cultures ne soient pas sacrifiées sur l'autel du développement national. Ce livre fait émerger les enjeux de leurs revendications et des réponses qui leur sont apportées par les gouvernements du Cambodge et du Viêt Nam

 

GUERIN, Mathieu, 2008, Paysans de la forêt à l'époque coloniale : La pacification des aborigènes des hautes terres du Cambodge (1863-1940), Ed Association d'Histoire des Sociétés Rurales, Collection Bibliothèque d'histoire rural, 356p.

L'installation du protectorat français sur le Cambodge s'accompagne d'une volonté de modernisation de l'Etat et de contrôle de son territoire. C'est ainsi entre 1863 et 1940, que les hautes terres du Nord Est sont intégrées au royaume khmer. A partir des archives coloniales et cambodgiennes, d'entretiens avec les habitants des hautes terres. Mathieu Guerin retrace le processus de prise de contrôle des territoires des " paysans de la forêts " pour reprendre l'expression de l'ethnologue Jean Boulbet. Ces paysans de la forêt constituent des groupes ethniques distincts des Khmers.

 

BOURDIER Fréderic, 2009, Ethnographie des populations indigènes du nord-est cambodgien,la montagne aux pierres précieuses (Ratanakiri), Ed L’Harmattan, 290p.

Ratanakiri signifie en khmer : "la montagne aux pierres précieuses". L'ouvrage réunit une série de documents pour la plupart inédits concernant les interactions entre écosystèmes sociaux et écosystèmes naturels chez les populations indigènes de la province du nord-est cambodgien. Des changements irrémédiables nécessitent d'urgence un dialogue entre acteurs du développement et les populations.. Les quatre dernières années ont été le cadre de changements considérables pour les minorités des provinces de Ratanak Kiri et de Mondul Kiri : mise en oeuvre de politiques d’intégration de la part du gouvernement, multiplication des programmes de développement et tentatives dénuées de scrupules d’accaparement de terres réputées très riches. Les nombreux articles parus dans la presse locale, notamment les deux dernières années, font état d’exactions dont les populations locales sont les victimes, mais aussi des réactions salutaires des populations indigènes qui entendent bien jouer un rôle autre que celui du « bon sauvage » pour amuser les hordes de touristes en mal d’exotisme. Il nous manquait un cadre de référence pour pouvoir pleinement comprendre les épisodes d’une actualité mouvante et contradictoire ; c’est désormais chose faite avec le parution de l’ouvrage de Frédéric Bourdier.