Bibliographie

     
     

ARCARO Pascal, DESAINE Loïs, 2008,La junte birmane contre l'ennemi intérieur le régime militaire, l'écrasement des minorités ethniques et le désarroi des réfugiés rohingya, L'Harmattan,

Le régime militaire, l'écrasement des minorités ethniques et le désarroi des réfugiés rohingya La Birmanie vient encore de se rendre tristement célèbre par les maux dont l'afflige la junte qui la gouverne depuis 1962. Frappée par un terrible cyclone en mai 2008, sa population s'est retrouvée dans une situation d'abandon total. La junte, prévenue de la catastrophe climatique à venir par les autorités indiennes, ne l'a pas avertie du danger et n'a pas organisé d'opérations d'évacuation. De surcroît elle a refusé l'entrée dans les zones touchées par le cyclone aux journalistes et aux organisations internationales proposant de secourir les sinistrés. Au milieu du chaos, la junte a consacré son énergie à la tenue d'un référendum pour pérenniser son pouvoir, interdisant d'ailleurs à ses contradicteurs de s'exprimer. Le monde entier s'est étonné et indigné d'un tel mépris des généraux birmans pour la population. Quelle est donc la nature de cette junte pour laquelle la vie humaine n'a que peu d'importance ? Pourquoi celle-ci frappe-t-elle l'ensemble de la population, au-delà de ses opposants politiques ? Les généraux veulent imposer une intégration nationale fondée sur leur conception du bouddhisme, rejetée dans la rue en 2007 par une majorité de moines, et sur la folklorisation des minorités ethniques, dont un grand nombre ont organisé des mouvements armés depuis des décennies. Les Rohingya, musulmans de l'Arakan, sont les boucs émissaires de cette politique. Confinés dans des camps de réfugiés au Bangladesh, quelques dizaines de milliers d'entre eux se forgent une identité radicale face à la situation ubuesque que la junte impose à leur communauté. Les pratiques de violence et de prévarication des militaires birmans mèneront-elles à l'inverse de l'objectif proclamé : la désintégration de l'Union de Myanmar ?

 
     

COURDY Jean -Claude, 2004, Birmanie (Myanmar). La mosaïque inachevée., Belin, 207p.

La Birmanie, rebaptisée par la Junte au pouvoir 'Union du Myanmar' en 1989, présente l'aspect d'une mosaïque inachevée. La mosaïque, ce sont ces dizaines d'ethnies, de langues, de cultures qui s'entrecroisent sur un territoire à la confluence de la Chine, de l'Inde et de la Thaïlande, de l'hindouisme et du bouddhisme. La pièce manquante, c'est le ciment démocratique d'une nation qui n'existe jusqu'ici que sous la contrainte d'un nationalisme birman dictatorial et autarcique. Pour se maintenir au pouvoir, un 'quarteron de généraux' pratique une politique d'unification forcée en s'appuyant sur l'armée, institution omnipotente, et sur la lutte contre une 'occidentalisation' que représenterait le passage à la démocratie. En dépit de son aura internationale, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix 1991 et fille de l'artisan de l'indépendance birmane (1948) ne peut que contester par à-coups cet autisme politique. Se dirige t-on vers la constituion d'un nouveau 'trou noir' du système-monde, ou peut-on espérer une démocratisation progressive grâce aux pressions de la communauté internationale et aux divisions intestines de la Junte au pouvoir ?

 

DEFERT Gabriel, 2007, Les Rohingya de Birmanie, arakanais, musulmans et apatrides. Ed. Au lieu d’être, 304p.

La junte militaire qui dirige la Birmanie n’offre pas à ses citoyens des conditions de vie idéales. Autoritaire et brutale, elle maintient en détention depuis de longues années le Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, pratique le travail forcé, et ne répugne pas à la violence. Pourtant, il y aurait pire que d’être birman : ne pas l’être.Les Rohingya, population musulmane du nord de la province birmane d’Arakan située à la frontière du Bangladesh, sont exclus de la liste officielle recensant les 135 minorités nationales et sont privés des droits les plus élémentaires. Leurs déplacements sont étroitement contrôlés, leurs terres confisquées, leur droit à fonder des familles discuté. Ils sont soumis à toutes sortes de brimades de la part d’une administration qui les méprise. Ce livre s’efforce de comprendre comment pareille exclusion a pu se produire, remontant aux racines de l’histoire de la région jusqu’à révéler la pénible réalité du présent.

 

DEFERT Gabriel,2008, Birmanie contemporaine, Les Indes savantes, 475p.

Quelques milliers de bonzes défilant dans les rues de Rangoun, en septembre 2007, ont suffi à mobiliser les médias internationaux qui ont sans doute un peu vite qualifié ce grand mouvement de " Révolution Safran ". Une nouvelle fois, l'Occident a révélé son incapacité à lire l'actualité mondiale sans se référer à ses propres paradigmes culturels et politiques. Le traitement des événements s'est traduit par une vision manichéenne de l'histoire, opposant Aung San Suu Kyi d'une part, idéalisée et consacrée par un prix Nobel de la paix en 1991, à une junte militaire sanglante et tyrannique destinée à occuper la place qu'on lui prête dans un imaginaire axe du mal. Et si la Birmanie n'était pas réductible à ce schéma duel ?. Suite à l'échec du mouvement et à la répression qui s'est abattue sur le pays, les médias se sont détournés vers d'autres points chauds de la planète, laissant la Birmanie, aussi appelée Myanmar, retrouver les cadres et le cours de son existence si particulière, en marge des valeurs prônées par l'Occident. Ce livre a pour ambition de combler un silence et de mettre en lumière une réalité birmane méconnue. Il s'agit d'analyser la vie d'un pays, le quotidien d'un peuple divers et singulier et d'approcher sans a priori ceux qui le composent et le caractérisent. En offrant une vision panoptique de la Birmanie, cet ouvrage conduit à une meilleure connaissance de l'un des pays les plus fermés de la planète

 

EGRETEAU Renaud, 2010, Histoire de la Birmanie contemporaine: Le pays des prétoriens, Fayard , 280p.

Née par les armes voilà soixante ans, la Birmanie est aujourd’hui le plus ancien régime militaire du monde. Résultat : des forces armées omniprésentes asphyxient la vie politique, laissent trente millions de Birmans avec moins d’un euro par jour pour vivre et une dizaine d’ethnies en guerre civile plus ou moins continue. Grenier à riz de l’Asie et l’un des pays les plus alphabétisés du monde en 1948, la Birmanie marche au pas de l’oie vers le non-développement. Et les vicissitudes infligées à Aung San Suu Kyi, prix Nobel iconifiée qui incarne la seule opposition démocratique, laissent augurer un long purgatoire. Sauf que la réalité, mesurée sur le terrain et étayée par les sources inédites rassemblées par Renaud Egreteau, se révèle beaucoup plus compliquée. La Birmanie ploie sous le poids d’un « passé qui ne passe pas » : l’influence japonaise des années 1930 et la colonisation britannique ; elle est hantée par la menace des deux Géants qui la bordent – la Chine et l’Inde – et par « l’invasion » redoutée des ONG, des Occidentaux et du capitalisme libéral. Sans complaisance ni concession, Renaud Egreteau déconstruit le paradoxe d’un pays qui tient ensemble sous la poigne des prétoriens : et si la démocratie et le développement comptaient moins que l’entre-soi ?

 
FERRA Olivier, 2008, Karennis, Tome 1 : Comme des ombres sur la Terre, La fourmilière BD  

HABIBURAHMAN, ANSEL,Sophie, 2012,, Nous, les Innommables - Un tabou birman,STEINKIS, 378p.

En 1982, les Rohingyas se voient confisquer leur nationalité. Habib a trois ans, il est désormais apatride. À la merci des caprices d'un régime tout puissant, sa vie, comme celle de plus de deux millions de Rohingyas, est une odyssée bouleversante vacillant entre ségrégation, extorsion, cavale, exil, clandestinité et esclavage moderne vers la liberté et l'égalité. Parvenu en Australie en décembre 2009, Habib combattait pour sa libération du centre de détention quand, en juin 2012, les démons de la haine raciale se sont réveillés en Birmanie à l'encontre des siens. Depuis lors, oubliant ses propres difficultés, il s'est fait l'un des porte-voix d'une ethnie qui s'éteint sous les feux aveuglants d'une démocratie naissante.

 

 

JACOBS Julian., 1991, Naga, montagnards entre Inde et Birmanie, Olizane.358p.

Les Naga vivent de pan et d'autre de la frontière indo-birmane. Au cours des années qui ont précédé l'Indépendance de l'Inde, les Naga du Nord-Est en sont venus à servir de modèle de société "exotique". Peuples de montagnards, ils avaient des croyances et une culture radicalement différentes de celles des populations hindoues des plaines. Ils étaient aussi réputés pour leur résistance féroce aux colonisateurs britanniques et passaient pour d'actifs chasseurs de têtes. Bien qu'ils partagent un fonds culturel et social commun, les milliers de petits peuplements naga, implantés sur des collines difficilement accessibles. ne se ressemblent pas. Leur système politique varie, du régime égalitaire au système autocratique. Ils parlent une douzaine de dialectes différents et ne se comprennent pas forcément entre eux. Cette diversité dans l'unité trouve aussi son expression clans l'artisanat. dans les parures et les costumes, dans les textiles, la vannerie, les sculptures et les armes. Ces objets, d'une richesse considérable, sont présentés dans cet ouvrage par de nombreuses photographies en couleurs. Les auteurs se sont appuyés sur un vaste matériel historique et ont examiné comment la notion de tribu a été appliquée aux Naga ; ils ont par ailleurs mis l'accent sur l'importance que cet état de fait a eu dans le développement du "nationalisme" naga contemporain. Une large sélection de photographies documentaires de l'époque coloniale complète ce document unique sur une ethnie originale.

 

KHOO THWE Pascal , 2009, Une odysée birmane, Galimard, 404p.

Cet ouvrage est l’autobiographie d’un intellectuel birman, né dans une ethnie occupant les montagnes orientales de la Birmanie, les Padaung, rattachés au groupe Karen. Cette minorité ayant été convertie au catholicisme, l’auteur a été éduqué par l’église ; mais il a abandonné le séminaire pour des études à l’université de Mandalay (Birmanie). Puis il a rejoint la lutte armée contre la dictature militaire et il s’est enfui dans la jungle pour échapper à la répression. Aidé par un professeur d’anglais, il est allé s’installer à Cambridge. Ce livre est un témoignage sur la vie des minorités birmanes et sur le mouvement démocratique qui n’a pas encore triomphé de la dictature.

 

ROBINNE François,2002, Fils et maîtres du lac : Relations interethniques dans l'état Shan de Birmanie, Maison des Sciences de l'Homme, 364p.

Carrefour entre le monde chinois et l’Asie du Sud-Est continentale, l’État Shan de Birmanie est à la fois un point de convergence et un passage obligé pour nombre de minorités ethniques. Dans la région du lac Inlé, pas moins de six d’entre elles, relevant de quatre familles linguistiques différentes, mettent en valeur le milieu lacustre et les montagnes environnantes. Chaque année, trois semaines durant, le lac est le théâtre d’une procession nautique de barges à figure d’oiseau où trônent les images sacrées de Bouddha. Cette cérémonie exprime la position dominante, politique, économique, mais surtout symbolique, que les «Fils du Lac» – traduction littérale de l’ethnonyme Intha – ont acquis sur les minorités voisines. En effet, depuis le coup d’état birman de 1962, à l’origine de l’éradication des tout-puissants Shan qui régnaient sur la région depuis le XIVe siècle, une recomposition sociale en faveur des Intha s’est opérée. Grâce à l’analyse des représentations du monde (astrologie, culte des esprits, bouddhisme), des rituels initiatiques et des fêtes de pagode des différentes minorités en contact, l’auteur montre comment un lien communautaire s’est instauré, à l’origine de l’émergence d’un groupe qui a su manipuler des valeurs symboliques et consensuelles à son profit. Il éclaire ainsi la relation interethnique, au centre de son propos, conçue comme une dynamique de rapports de force et de réseaux d’échanges, ainsi que le processus favorable à l’apparition d’un groupe dominant.