Bibliographie

AUBRIOT Olivia, 2004, L'eau, miroir d'une société : irrigation paysanne au Népal central CNRS Editions

Ethnologue-agronome, l'auteur analyse une expérience très particulière de gestion de l'eau dans un village du Népal central. Montre qu'il existe un lien très étroit entre l'espace hydraulique et la structure de la société : l'accès à l'eau et sa gestion se calquent sur le partage du patrimoine foncier du clan qui domine le village.

 

BARREAU Roland, 2007, Histoire du Népal : Le royaume de la Montagne aux Trois Noms , L'Harmatan , 194p.

Connu surtout comme destination touristique, le Népal s'est aussi forgé à travers les siècles un destin fabuleux. Cinq dynasties successives ont, en 2 650 ans, réalisé l'unité du pays et ont réussi à maintenir son indépendance entre les deux géants qui ont dominé l'histoire de l'Asie, l'Inde au sud, la Chine au nord. Lieu de rencontre des cultures et des religions, le Royaume qui a vu naître le Bouddha, a été jusqu'aujourd'hui, le seul Etat officiellement brahmaniste. Malheureusement, la situation politique intérieure s'est considérablement dégradée depuis une quinzaine d'années. La réforme des institutions pourtant sagement aménagée par un Roi éclairé en 1990, a multiplié les partis politiques chacun essayant de conquérir et de garder le pouvoir à n'importe quel prix avec plus de rivalité dans la concussion que dans l'administration des affaires publiques. Une rébellion dite " maoïste " a éclaté en 1995. Le comble de la tragédie fut atteint le 1er juin 2001 avec le massacre de toute la famille royale par l'héritier du trône. Depuis, l'instabilité et le désordre se sont accentués avec près de la moitié du pays livré à des bandes incontrôlées.

 

BOULANGER Marie-Sophie, 2001, Le regard de la Kumari : le monde secret des enfants-déesses du Népal Presses de la Renaissance .

Au Népal, se perpétue une tradition : des petites filles sont choisies pour incarner la forme virginale de Durga-Kali, divinité terrifiante du panthéon hindou. Vénérées comme des déesses vivantes, elles mènent jusqu'à la puberté une vie retirée dans l'univers fermé des temples. Parmi elles, la kumari de Katmandou exerce un pouvoir d'approbation, assez étonnant, sur le roi du Népal.

 

CARRÉ Patrick, 2000, L'Esprit du Népal : les Newars et les dieux Seuil.

Le présent Esprit du Népal n'est pas le premier album consacré à ce pays, Alors, que montre-t-il, que dit-il que ses prédécesseurs n'aient déjà dit ou déjà montré ? Au fil d'une centaine de clichés souvent inhabituels, s'enchaînent puis se déchaînent les légendes de ces images et les légendes que ces mêmes images évoquent, suggèrent et cachent : les grandes figures du Népal revisitées pour composer une réflexion peu convenue sur ce qu'il y a d'éminemment trop humain au Népal : le divin. Pas le divin indien, mais le tantrique népalais ou, plus précisément, newar : car les Newars civilisèrent la vallée du Népal en inventant la géniale unicité népalaise. Ainsi visiterons-nous " en esprit " les paysages, les instants et surtout les visages spirituels de ce " petit royaume himalayen ", lesquels dessinent autant de zones d'errance fantasmagorique peuplées d'intarissables bavards - conteurs et marchands -, d'incorrigibles rêveurs, visionnaires, artistes et poètes, fous, suicidaires, provocateurs bénis : rien ni personne de strictement rose, charmant, exotique et lointain.

 
FURER-HAIMENDORF, Christoph, 1980, Les sherpas du Népal : montagnards bouddhistes. Paris, Hachette, 352 p.  
GABORIAU Marc, 1995 Le Népal - Une introduction à la connaissance du monde népalais, Ed.Kailash.

Le Népal s'étage sur le sud de l'Himalaya, entre le Tibet le bassin du Gange. Son peuplement ancien compte plus de 25 tribus, répartis sur la plaine, les montagnes moyennes et les contreforts himalayens. Elles ont conservé des langues et des structures sociales propres. Frottées d'hindouisme ou de bouddhisme, elles gardent un fond de religion tribale à base de chamanisme. Ces populations ont été submergées par quatre ethnies de gens de castes qui ont établi sur tout le pays la suprématie de la civilisation indienne : les Hindous de la plaine et les Musulmans venus du Sud, les Newar de la vallée de Katmandou, et finalement les indo-népalais venus de l'Ouest ; ces derniers, maîtres des montagnes moyennes, ont unifié au XVIIIè siècle le pays autour de sa monarchie et imposé la langue nationale : le népali. L'évolution récente menace cette hégémonie des montagnes moyennes, autrefois les plus peuplées, au profit de la plaine qui abrite aujourd'hui la moitié de la population. La libération du régime depuis 1990, a porté au grand jour les revendications des ethnies et des communautés religieuses minoritaires, notamment celles des bouddhistes.
Marc Gaborieau, né en 1937, est agrégé de philosophie et docteur es lettres. Formé en islamologie, il s'est spécialisé sur le terrain dans l'ethnologie et l'histoire des minorités musulmanes du sous-continent indien. Ce livre est le résultat d'un enseignement de la civilisation du Népal à l'INALCO, à partir de 1968.


 
GABORIEAU, Marc, 1978, Le Népal et ses populations. Bruxelles, Editions Complexe, 308 p..    

GABORIEAU, Marc, 1977, Minorités musulmanes dans le royaume hindou du Népal. Nanterre, Laboratoire d'ethnologie. 282 p.

L'ouvrage, fruit de cinq années de recherches ethnologiques et historiques au Népal, est le premier travail détaillé sur les minorités musulmanes qui représentent 3% de la population du Népal.

 

 

GREBY Vincent ,2010, Le nouveau Népal : Le pari d'une utopie, L'Harmattan,145p.

Coincé entre deux grands géants, la Chine et l'Inde, le Népal du début de ce millénaire étonne. Hier royaume d'une monarchie absolue d'origine céleste, il se fait aujourd'hui le porte-drapeau d'une idéologie surgie des pages sanglantes du siècle dernier. Sous la bannière du Maoïsme les terroristes d'hier ont pris les rênes du pouvoir. Plongés dans l'opposition depuis quelques mois, ces révolutionnaires arguent leur légitimité démocratique. La jeune république népalaise flotte entre les dérives aventuristes et l'immense espoir d'une république démocratique fédérale. Plus qu'un changement de régime politique c'est la mutation complète d'une société verrouillée par la doxa religieuse. Prise entre la tradition et la modernité, lestée par 240 ans de monarchie, la jeune démocratie tente de répondre aux désirs de sa population mise à genoux par 10 ans de guerres civiles. Qu'en est-il aujourd'hui, pour ces femmes et ces hommes du temple des neiges ? Qui sont ces révolutionnaires maoïstes, quels sont leurs réalisations, leurs programmes ? L'émergence de mouvements révolutionnaires d'extrême gauche est-il le seul fait du Népal ? Existe-t-il des ramifications avec leurs homologues indiens les naxalites ? Quels regards portent l'Inde, la Chine, les Etats-Unis sur ces modifications de l'échiquier géostratégique ? Ou tout simplement, sommes-nous témoins d'un pari utopique, celui de la Suisse de l'Asie, le nouveau Népal.

 

KERGOAT Michelle, 2008, Histoire Politique du Nepal - aux Origines de l'Insurrection Maoiste, Karthala, 315p.

Les émeutes qui ont agité le Népal au printemps 2006 ont attiré notre attention sur ce petit royaume himalayen, jusqu'alors plus connu à travers des expériences voyageuses, que ce soient celles des hippies dans les années 1970 ou celles du trekking dix ans plus tard. Auparavant, quelques bribes d'information nous étaient cependant parvenues de façon épisodique, pour nous signaler des événements majeurs comme la promulgation de la nouvelle Constitution démocratique en 1990, l'émergence du mouvement maoïste à partir de 1996, l'assassinat de la famille royale en 2001. Derrière la façade idyllique que le voyageur rapporte souvent de ses visites, liée à la gentillesse des habitants et à la splendeur des paysages, est apparu un pays agité par de violents soubresauts. C'est que, sous la surface lisse, se cachent des craquelures profondes, liées d'une part à l'extrême diversité de ce pays, de ses populations, de leur culture, de leur organisation sociale, de leur niveau de vie et, d'autre part. à sa construction politique. L'Etat népalais s'est construit dans la violence et sur sa diversité, mais les dirigeants successifs ont souvent ignoré que le nouveau Népal allait au-delà de la riche vallée de Kathmandou, qui constituait jadis l'ancien Népal. La construction politique du nouvel Etat présente ainsi un aspect inachevé, qui explique qu'ait pu y naître et s'y développer une insurrection maoïste à partir de 1996. Malgré la cessation des hostilités observée depuis mai 2006, l'avenir du pays reste incertain et se complique encore de l'intérêt que lui portent les grandes puissances du fait de sa situation stratégique en Asie du Sud-Est.

 
MACDONALD, Alexander William (Dir), 1982, Les royaumes de l’Himalaya : histoire et civilisation : le Ladakh, le Bouthan, le Sikkim, le Népal. Paris, Imprimerie nationale,249 p.    

MAILLARD Ella,1999, Ella Maillart au Népal Actes Sud

Sur la base des photographies du premier voyage d'Ella Maillart au Népal en 1951, quelques photographies réalisées en 1965 ont été ajoutées pour réaliser ce livre. Les légendes qui donnent tout son sens à cette publication sont d'Ella Maillart.

 

RAMIREZ, Philippe, 2000, De la disparition des chefs : une anthropologie politique népalaise. Paris, CNRS, 370 p.

La disparition des chefs déplorée par les Hindous de la montagne est celle des notables vertueux qui assuraient le lien entre leurs réseaux locaux de clients et l'Etat népalais. Cette étude analyse les relations d'autorité chez les Indonépalais, population dominante du royaume. Elle met en lumière la prééminence des rapports interpersonnels sur l'appartenance

 

SMADJA Joëlle (dir.), 2003, Histoire et devenir des paysages en Himalaya CNRS Editions

En apportant des connaissances sur le rapport de sociétés himalayennes du Népal et du Ladakh à leur milieu naturel, sur la façon dont elles ont, au cours du temps, utilisé les terres et géré les ressources, les auteurs de cet ouvrage interdisciplinaire aident à mieux comprendre les paysages observés aujourd?hui, leur diversité, leurs transformations, et à mieux cerner les questions d?environnement dans cette région du monde. L?approche intègre les savoirs de différentes disciplines, principalement géographie et ethnologie, les connaissances des populations étudiées, un minutieux travail de terrain et des recherches en archives. La prise en compte, pour la gestion de ces territoires, des dimensions symbolique et religieuse est là essentielle.

 
STEINMANN, Brigitte, GABORIAU Marc ,2006, Le maoïsme au Népal. Lectures d’une révolution. Paris, CNRS éditions, 250p.

Depuis 1996, une guérilla qui se réclame du maoïsme s'est répandue au Népal. Elle s'est irrémédiablement radicalisée en réaction à la répression tous azimuts lancée par le nouveau roi à l'automne 2001. Elle asphyxie progressivement la vallée de Katmandou, centre politique et économique du pays. Après avoir replacé cette rébellion dans son conteste, l'ouvrage offre une éthnographie de la guérilla et de ses méthodes d'encadrement de la population. L'analyse du mouvement permet d'étudier la mise en scène de la révolution dans la presse et les sites internet de tout bord. Elle reconstitue ensuite son idéologie - marquée par le messianisme et le puritanisme - en rapport avec le maoïsme chinois qui lui sert d'étiquette, les précédents cambodgien et sud-américain qui ont justifié sa violence, et enfin le " naxalisme - indien. Elle démontre enfin l'enracinement dans l'histoire du Népal de cette révolte qui relaie, à travers ses cadres de hautes castes, l'idéologie guerrière nationale cultivée traditionnellement par ce royaume himalayen, et qui trouve son terreau dans la résistance des petits paysans et des " sans terre " à l'exploitation par l'aristocratie. Cette première étude d'ensemble, qui fait largement appel à des chercheurs népalais, est indispensable pour comprendre l'actualité du Népal : pour la première fois depuis le XVIIIe siècle, la monarchie hindoue est remise en question. Ce royaume longtemps isolé est rattrapé par les évolutions sociales et politiques du reste du sous-continent indien, et devient un enjeu de géopolitique internationale.
Brigitte Steinmann, maître de conférences HDR à l'université de Montpellier III et membre de l'unité de recherche du CNRS " Sociétés de l'aire tibétaine ", effectue des recherches ethnologiques intensives au Népal et au Sikkim depuis les années 1980


 

 

 

STEINMANN Brigitte, 2010, Les marches tibétaines du Népal. Etats, chefferies et sociétés traditionnelles à travers le récit d'un notable népalais, L'Harmatan, 250p.

Comment les structures anciennes de chefferie, qui auraient pu disparaître complètement ou perdre leur sens, ont réussi non seulement à se maintenir mais à prospérer.

 
STEINMANN Brigitte, 1987, Les Tamangs du Népal, usages et religion, religion de l’usage. Paris,Editions Recherche sur les Civilisations, ADPF, 310 pages  

TOFFIN, Gérard, 1993, Le palais et le temple : la fonction royale dans la vallée du Népal. Paris, CNRS, 293 p. (CNRS ethnologie. Monde indien et himalayen)

Les correspondances entre le corps du souverain, son royaume et les forces du cosmos sont à l'œuvre dans toutes les sociétés traditionnelles de type monarchique. À travers les pratiques et représentations religieuses des Néwar du Népal, on assiste à l'irruption de l'univers symbolique dans l'exercice du pouvoir et de la vie personnelle du souverain.

 
TOFFIN Gérard, 2000, Entre hindouisme et bouddhisme : la religion néwar, Népal. Université catholique de Louvain, Institut Orientaliste,0, Peeters Press 140 p    

TOFFIN Gérard, 1977, Pyangaon, une communauté néwar de la vallée de Kathmandou La vie matérielle, CNRS,209p.

. II s'agit d'une monographie de style classique, marquée par l'enseignement de Lucien Bernot à l'ex-VIème section de l'EPHE, centrée principalement sur la civilisation matérielle très caractéristique des paysans néwar. Y sont étudiés en détail : l'agriculture, l'alimentation, l'architecture, la vannerie, et le tissage. Ce livre est un témoignage très consulté sur un passé de la civilisation néwar aujourd'hui révolu du fait des changements technologiques apparus au cours des trente dernières années.

 

TOFFIN, Gérard, 1998, Les tambours de Kartmandou,Payot,314p.

Dans le sillage des Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss, Gérard Toffin, directeur de recherche au CNRS, s'interroge sur le « métier » d'ethnologue qu'il exerce depuis trente ans dans la vallée de Katmandou, parmi les Néwar. Sur fond de tambours aux pouvoirs divins, ce peuple honore des enfants dieux et passe le plus clair de son temps à célébrer des rituels domestiques d'une rare complexité. Sur quelque cinq cents kilomètres carrés seulement, les Néwar ont créé l'une des civilisations les plus brillantes de l'Himalaya, mais ils ont bien du mal à la défendre contre une modernité fulgurante.

 

TOFFIN, Gérard, 2002, Société et religion chez les Néwar du Népal. Paris, Payot & Rivages,303 p.

Vaste synthèse (issue d'une thèse de doctorat d'Etat) présentant un bilan des travaux accomplis ainsi qu'une interprétation de la société néwar. L'ouvrage est basé sur les deux principales enquêtes de terrain que l'auteur a menées dans la vallée de Katmandou : la première dans le village de Pyangaon la seconde dans la petite ville de Panauti. L'auteur avancer la thèse selon laquelle les concepts religieux sont présents à tous les niveaux de cette société, v compris clans ses secteurs les plus urbains, et que le rituel fournit les données de base pour en comprendre les différents éléments. Le livre entend également situer culturellement le groupe ethnique néwar, en particulier à l'égard de l'Inde dont il a reçu l'essentiel de sa civilisation et dont il subit toujours l'influence aujourd'hui.