Bibliographie Asie du sud

GAYER Laurent, 2009, Mondes rebelles : Asie du Sud - Fondamentalisme, séparatisme, maoïsme, Michalon, 187p.

Enlisement de l'OTAN en Afghanistan, offensive des talibans au Pakistan, tensions intercommunautaires en Inde, défaite de la guérilla tamoule à sri Lanka. Abritant 1/5e de la population mondiale, l'Asie du Sud est l'une des régions les plus dynamiques mais aussi les plus violentes de la planète. Si pendant des décennies, les insurrections séparatistes, politico-religieuses et révolutionnaires y ont provoqué des dizaines de milliers de victimes dans la relative indifférence de la communauté internationale, le 11-Septembre 2001 a propulsé ce foyer de tensions au c?ur de l'actualité mondiale. Cet ouvrage s'intéresse aux divers acteurs des conflits du sous-continent indien et de son pourtour. Retraçant la trajectoire historique des milices et guérillas locales, l'auteur détaille leurs revendications respectives, leurs modalités de recrutement ou encore leurs éventuels réseaux de soutien à l'étranger. Découpé selon une approche géographique, ce volume inaugure une nouvelle version de l'encyclopédie Mondes rebelles, la cinquième depuis 1996.

 

RACINE Jean Luc, 2001, La question identitaire en Asie du Sud : histoire, culture et politique,Collection Purushartha, n° 22 Editions de l'EHESS, Paris,, 406 p.

Partition de l'Inde en 1947, partition du Pakistan en 1971, sécessionnisme des Tigres tamouls à Sri Lanka, régionalisme tournant à la lutte armée dans plusieurs États indiens, conflits inter-religieux et divisions sectaires, revendications linguistiques, poussée du nationalisme hindou mais aussi des mouvements de castes : les tensions identitaires ont marqué de leur sceau l'histoire du dernier demisiècle en Asie du Sud. Récusant l'approche essentialiste qui enferme les hommes et les communautés dans des stéréotypes propices à toutes les manipulations, ce volume souligne comment se construisent, dans un souscontinent extraordinairement divers, les figures de l'identité, et comment elles se croisent dans des superpositions, des enchevêtrements, des glissements d'appartenances. Identités religieuses, culturelles, sociales, politiques, voire économiques ; identités nationales et régionales : c'est à diverses échelles et par des voies multiples — anthropologie, histoire, sociologie, littérature, sciences politiques — que les auteurs de cet ouvrage éclairent les complexes réalités du champ sud-asiatique. Mais en se penchant sur l'Inde, le Pakistan, le Bangladesh, Sri Lanka ou le Népal, ils apportent aussi leur contribution à des débats plus larges sur l'ethnographie coloniale, l'orientalisme, les lectures et usages de l'histoire, les constructions culturelles de l'identité, les pratiques identitaires des communismes asiatiques, la critique post-moderne de l'État-nation et du sécularisme, pour enrichir une problématique majeure qui agite aujourd'hui, à travers un monde dit globalisé, tant les peuples que les intellectuels et les politiques.

 

Bibliographie Inde

ASSAYAG Jackie,2001, L'Inde, désir de nation, Odile Jacob, 347p.

Comment l’Inde, berceau d’une civilisation millénaire, est-elle devenue une nation? De quelles façons la race, la culture, la langue et la religion ont-elles contribué à façonner la nation dans cette démocratie de plus d’un milliard d’habitants ? C’est par l’étude de quelques symboles à la fois émotionnels et mobilisateurs, comme la patrie, la carte, la vache, la mère, la déesse, l’ermitage, la procession, que Jackie Assayag a choisi d’éclairer la fabrique du nationalisme et la construction de l’Etat-nation en Asie du Sud, où cohabitent neuf cents millions de musulmans. Cette enquête sur les traditions autochtones ou importées – liées l’amour de la patrie et à la haine de l’étranger – montre la créativité des cultures et la complexité des sociétés depuis la colonisation et jusqu’à l’âge dit de la mondialisation. Où l’on découvre les formes originales qu’ont pris l’Etat-nation, le nationalisme et la xénophobie hors de l’Europe.

 

ASSAYAG Jackie, JAFFRELOT Christophe, 1996, L'Inde contemporaine de 1950 à nos jours, Fayard, 742p.

L'Inde fait aujourd'hui irruption sur la scène internationale à la faveur de la globalisation économique, forte de son nouveau statut de puissance nucléaire et en vertu d'une formidable dynamique culturelle dont la littérature et le cinéma sont les meilleurs symboles. Cette montée en puissance est le fouit de ce qu'elle a semé au lendemain de l'indépendance de 1947, point de départ de cet ouvrage qui décrit la trajectoire singulière de l'Inde contemporaine, tant au plan politique que diplomatique, économique, social et artistique. Le non-alignement des années 1950 a ainsi fait place à un rapprochement avec l'URSS avant de céder le pas à la convergence indo-américaine des années 2000 ; l'intervention de l'Etat dans l'économie a été remise en cause dans les années 1990, la libéralisation donnant naissance à une nouvelle classe moyenne et creusant les écarts entre les régions ; l'urbanisation s'est poursuivie au rythme de la croissance démographique sans que l'exode rural ne vide pour autant les campagnes, toujours majoritaires ; les castes ne s'agencent plus suivant un ordre aussi hiérarchique que dans le passé, mais si elles s'organisent en groupes d'intérêt en compétition pour le pouvoir et l'obtention d'une meilleure part du gâteau, leur rôle dans la société ne faiblit pas. La dimension culturelle informe également tout l'ouvrage, non seulement parce qu'on ne comprend pas l'Inde en dehors de ses catégories propres, mais aussi parce que ce pays, riche en arts, est porteur d'une grande civilisation. Celle-ci souffre toutefois de tensions religieuses qui opposent notamment les hindous aux musulmans, un phénomène indissociable du contentieux indo-pakistanais à l'origine de trois guerres en cinquante ans. Cette nouvelle édition, augmentée de sept nouveaux chapitres et entièrement mise à jour, permet d'appréhender pleinement l'Inde dans sa complexité.

 

BARTHELEMY, Guy, 2004, Chipko, Sauvez les forêts de l’Himalaya, Ed L'Harmattan, 40p.

Depuis quelques années, dans les montagnes de l'Himalaya, le saccage systématique des forêts par les industriels des plaines vient amplifier de façon dramatique les catastrophes naturelles qui sévissent dans ce massif jeune, perturbant gravement la vie des villageois, compromettant même leur survie. Chipko (cela signifie collez-vous y), tel fut le mot d'ordre par lequel les populations locales répliquèrent. Femmes et enfants s'engagèrent en effet à se lier aux arbres menacés et à faire face aux bûcherons. Et leur combat devint une véritable épopée. Tant d'opiniâtreté leur a permis, en 1979, d'obtenir de l'Etat d'Uttar Pradesh (Inde) la publication d'un moratoire interdisant les coupes d'arbres pendant dix ans dans la haute vallée du Gange. Mais aujourd'hui, leur bataille continue pour obliger l'administration à respecter ces mesures...Guy Barthélemy, chargé de mission de développement rural, a rencontré les animateurs de ce mouvement villageois, et se fait ici l'écho de leur lutte
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BIARDEAU Madeleine, 2009, L'hindouisme : Anthropologie d'une civilisation, Editions Flammarion, 312p.

Parmi les visions du monde et de l'homme, l'hindouisme est une des plus importantes, des plus cohérentes, des plus séduisantes. Des centaines de millions d'hommes la partagent, et même certains Occidentaux s'en réclament. Religion prédominante de l'Inde, nous ne la connaissons guère que par les figures un peu familières de Brahma, de Vishnou et de Siva, ou par la technique tantrique du yoga... L'ouvrage de Madeleine Biardeau est une remarquable initiation, qui n'exclut pas la profondeur de l'analyse. En étudiant successivement la fonction des brahmanes, les quatre buts de l'homme selon le dharma, le jeu des cosmogonies et les amours divines, en explorant le contenu des grandes épopées, le Mahâbhârata et le Râmâyana, elle nous offre une approche de l'homme hindou savante et passionnante, tout en s'interrogeant sur l'avenir de l'hindouisme.

 

CARRIN, Marine et JAFFRELOT, Christophe, 2002, Tribus et basses castes. Résistance et autonomie dans la société indienne, EHESS, 368p.

Ce volume est centré sur la transformation des brasses castes et de la société tribale en Asie du Surf. Le processus est examiné dans une perspective pluridisciplinaire, avec l'apport d'historiens, d'anthropologues et de spécialistes du politique, afin de mettre en lumière les changements sociaux qui prennent place parmi les groupes " laissés pour compte " ou même ignorés des décennies durant par la sociologie traditionnelle, généralement moins intéressée par les groupes sociaux périphériques que par la grande Tradition du monde indien.

 

 

CARRIN Marine,1997, Enfants de la Déesse : dévotion et prêtrise féminines au Bengale, Paris, CNRS éditions,352P.

Partant d'histoires de vie de femmes dont elle a partagé l'existence, M. Carrin décrit l'émergence des formes marginales de prêtrise et de dévotion féminines au Bengale. Fréquentés par des dévots vivant aux marges de la société, entre monde tribal santal et monde des castes, de petits sanctuaires prolifèrent. Le livre comporte, de surcroît, des informations plus générales sur la religion populaire et les rituels thérapeutiques. Cet ouvrage traite des formes marginales de prêtrise et de dévotion féminines au Bengale. Partant d'histoires de vie de femmes dont elle a partagé l'existence, M. Carrin décrit l'émergence de ce type de prêtrise qui s'accompagne de la prolifération de petits sanctuaires dédiés à des dieux hindous, et qui sont fréquentés par des dévots vivant aux marges de la société, entre monde tribal santal et monde des castes, dans un milieu fortement imprégné de cultes tantriques. La plupart de ces femmes ont vécu des expériences traumatisantes et ont été amenées à cette dévotion à la suite d'un rejet, voire d'une exclusion ou d'une mort sociale. C'est par exemple le cas de Parvati, personnage central du livre, qui devient attachée à un temple de Shiva à la suite d'un mariage en dehors de son groupe santal originaire. Le livre comporte de surcroît des informations plus générales sur la religion populaire et les rituels thérapeutiques.

 
CHAMBARD Jean-Luc , 1980 , Atlas d'un village indien. Piparsod, Madhya Pradesh (Inde centrale), Paris, EHESS. Coll. Monde d'outre-mer. Passé et Présent, 12.  
DIOUF Mamadou, dir. 1999, L'Historiographie indienne en débat, colonialisme, nationalisme et sociétés postcoloniales, Paris-Amsterdam, Kartala-Sephis.  

DOLFUS Pascale, Les Bergers du Fort Noir. Nomades du Ladakh, Societé d'ethnologie, 342p.


Kharnak, "le Fort Noir", ainsi se nomme l'une des trois communautés nomades du Ladakh, ancien royaume himalayen situé au nord de la péninsule indienne. Eleveurs de yaks, de chèvres et de moutons, ses habitants vivent à plus de 4200mètres d'altitude aux confins du plateau tibétain. Fruit de nombreux séjours effectués entre 1993 et 2010, ce livre analyse la façon dont cette société pastorale se pense, occupe et définit ce qu'elle nomme son "pays" : un espace aux frontières floues, centré sur un monastère bouddhiste et ancré par des montagnes, palais de divinités protectrices. Au fil des pages se dessine l'histoire d'éleveurs nomades qui ne l'ont pas toujours été et, bientôt, ne le seront plus. En effet, cette petite société n'est pas saisie en dehors du temps dans une permanence qui confinerait à l'éternité. Elle vit et se transforme. En quinze ans, elle a perdu plus de quatre-vingts pour cent de sa population qui, désireuse de bénéficier des facilités du monde moderne, est descendue s'installer près de la ville de Leh. Aussi cet ouvrage constitue-t-il, à son corps défendant, le témoignage d'un mode de vie mais aussi de savoirs et de savoir-faire en train de disparaître.

 

DOLFUS Pascale, 1992, Lieu de neige et de genévriers : Organisation sociale et religieuse des communautés bouddhistes du Ladakh, CNRS,342p.

Pascale Dollfus a vécu plus de deux ans dans ce village ladakhi au nom poétique situé à 3900 mètres d'altitude. Dans ce livre, elle décrit les sites, les gestes, les pratiques journalières, et les rites de ces paysans sédentaires bouddhistes qui parlent un dialecte tibétain. Mais au-delà d'une description minutieuse et sensible du quotidien villageois, elle propose une réflexion nouvelle sur les liens de sang et de résidence dans cette partie du monde.Elle montre le rôle de la notion de "maison" dans le système de parenté et dans la structure sociale et dépeint la manière dont le bouddhisme "innerve" la société ladakhi.

 

DUMONT Louis, 1966, Homo hierarchicus. Essai sur le système des castes, Gallimard,490p.

Après la dernière guerre, l'anthropologie sociale, caractérisée par «l'observation participante» du chercheur «sur le terrain», a commencé à s'appliquer, au-delà des petites sociétés de face-à-face, à de grands ensembles sociaux. Ainsi Louis Dumont s'est consacré pendant une vingtaine d'années à une découverte sociologique de l'Inde, qui aboutit au présent livre. Depuis lors, il met en œuvre le contraste entre la société des castes et la nôtre pour obtenir une vue comparative des idées et valeurs modernes.

 

DUPUIS Jacques, 2005, Histoire de l'Inde des origines à la fin du XXe siècle. Paris-Pondichéry,Kailash Éditions.

Du faste empire de Vijayanagar (XIVe-XVe siècle) à l'émancipation du XXe siècle en passant par l'empire Mogol ; de l'empire d'Asoka (IIIe siècle) à la domination britannique, de l'Indépendance aux années 1990... Sans oublier les arts et la religion, cette vaste Histoire de l'Inde permet de mieux comprendre cette partie du monde : ses richesses culturelles, la grandeur d'anciens empires méconnus en Occident, l'origine de certains conflits récents... Toujours multidisciplinaire dans son approche, Jacques Dupuis analyse les problèmes dans leur globalité, ce qui donne une valeur sûre et vigoureuse à son argumentation.

 

JACOBS Julian., 1991, Naga, montagnards entre Inde et Birmanie, Olizane. 358p.

Les Naga vivent de pan et d'autre de la frontière indo-birmane. Au cours des années qui ont précédé l'Indépendance de l'Inde, les Naga du Nord-Est en sont venus à servir de modèle de société "exotique". Peuples de montagnards, ils avaient des croyances et une culture radicalement différentes de celles des populations hindoues des plaines. Ils étaient aussi réputés pour leur résistance féroce aux colonisateurs britanniques et passaient pour d'actifs chasseurs de têtes. Bien qu'ils partagent un fonds culturel et social commun, les milliers de petits peuplements naga, implantés sur des collines difficilement accessibles. ne se ressemblent pas. Leur système politique varie, du régime égalitaire au système autocratique. Ils parlent une douzaine de dialectes différents et ne se comprennent pas forcément entre eux. Cette diversité dans l'unité trouve aussi son expression clans l'artisanat. dans les parures et les costumes, dans les textiles, la vannerie, les sculptures et les armes. Ces objets, d'une richesse considérable, sont présentés dans cet ouvrage par de nombreuses photographies en couleurs. Les auteurs se sont appuyés sur un vaste matériel historique et ont examiné comment la notion de tribu a été appliquée aux Naga ; ils ont par ailleurs mis l'accent sur l'importance que cet état de fait a eu dans le développement du "nationalisme" naga contemporain. Une large sélection de photographies documentaires de l'époque coloniale complète ce document unique sur une ethnie originale.

 

 

MALLORY Jean Pierre, 1997 , À la recherche des Indo-Européens. Langue, archéologie, mythe, Paris : Le Seuil.

Les ressemblances frappantes qui existent entre les langues romanes, germaniques, celtiques, slaves, iraniennes et indiennes, font supposer qu'il a existé autrefois une langue unique, ancêtre de tous ces idiomes et que les spécialistes nomment le " proto-indo-européen ". Mais, au-delà de ces données linguistiques, peut-on identifier et dater la population qui la parlait ? Quelle était sa situation géographique et quelle était sa culture ? Pour le savoir, il faut comparer les données linguistiques aux faits historiques et archéologiques : c'est ce que fait J.P. Mallory dans ce livre, qui est déjà un ouvrage de référence. L'auteur tente de comprendre l'héritage culturel des Indo-Européens, leurs croyances religieuses, et de reconstituer quel a pu être leur foyer originel, ainsi que le trajet de leurs migrations à travers l'Europe et l'Asie. Il n'esquive pas le rôle qu'ont pu jouer les études indo-européennes dans la création du mythe de la supériorité aryenne, auquel il oppose ce qui lui paraît être le véritable héritage des peuples indo-européens.

 

 

MEYER Eric Paul,2008 , Une histoire de l'Inde, Les Indiens face à leur passé, Paris : Albin Michel.

Voilà un ouvrage très intéressant rédigé par un professeur de l’INALCO (Institut NAtional des Langues et Civilisation Orientales). L’ouvrage est très court (moins de 300 pages si on enlève les chronologies, notes et bibliographie) et résolument destiné au grand public. Il est pourtant très sérieux, mais heureusement très accessible au public néophyte. Bien que très intéressé par l’histoire de l’Asie en général, je n’avais jamais rien lu sur l’Inde auparavant, ce qui constituait quand même une lacune importante. D’emblée, l’auteur nous présente l’histoire de l’Inde comme étant LE sujet sensible pour les populations concernées. En effet, depuis le XIXe siècle le domaine a été investi d’une aura éminemment politique tant chez les Indiens que chez les Pakistanais, essentiellement pour savoir qui était là le premier (populations aryennes ? dravidiennes ? tribales ?), qui a le plus contribué à la civilisation locale (musulmans ou hindous ?) et surtout qui a la plus longue histoire et est donc le plus indien (Indiens ou Pakistanais ?). Les événements sanglants de la partition ont naturellement exacerbé ces questions qui revêtent encore aujourd’hui un caractère passionnel. Cette perception est d’ailleurs une réaction très nette à l’idée diffusée par les Européens selon laquelle l’Inde était une région sans histoire et sans dynamisme. On apprend d’ailleurs que ce n’est qu’au contact des envahisseurs musulmans que les hindous se mettront à conserver des archives écrites, les brahmanes ayant pendant longtemps méprisé l’écriture, préoccupation de vulgaires commerçants (seule la parole prononcée ayant une valeur).

 
POUCHEPADASS Jacques, 1975, L'Inde au XXe siècle, Paris : PUF, 216p.  

PRÉVOT Sandrine, 2007 , Les nomades d'aujourd'hui. Ethnologie des éleveurs raikæ en Inde, Institut Français de Pondichéry et Aux lieux d'être, 286p.

Les Raika sont une caste d'éleveurs dans la zone la plus aride de l'Inde, le Rajasthan. Si selon la mythologie le dieu Shiva les a créés pour élever les dromadaires, ils sont aujourd'hui des éleveurs de moutons. Cette activité favorise l'intégration économique des Raika à l'Inde contemporaine, alors que les changements économiques et écologiques qui ont affectés le pays de ces dernières décennies ont paradoxalement contraint ce groupe à la vie nomade. Ce changement de mode de vie n'a toutefois pas entraîné une profonde modification de leur organisation sociale. Par ailleurs, la structure sociale pastorale a également été entretenue par la spécificité de leur système d'alliance : un mariage par échange de sœurs entre deux groupes agnatiques. Cependant leur mobilité croissante les isole socialement et culturellement de la société moderne. Cela pourrait n'avoir aucune répercussion sur leur structure sociale si certains membres de cette caste, qui choisissent d'abandonner le pastoralisme pour exercer des métiers dans les villes et remettent en cause l'institution du mariage, n'initiaient un mouvement de scission au sein de la caste. Sandrine Prévot a partagé pendant plus d'un an la vie des Raika. A travers une description fine de leur vie quotidienne elle propose dans cet ouvrage une analyse des transformations du pastoralisme face à la modernisation de l'Inde.

 

 

.PRÉVOT Sandrine, 2010, Les éleveurs Raika en Inde ,Nomades d'aujourd'hui ?, L'Harmattan, 286p.

Les Raika sont une caste d'éleveurs de mouton dans la zone la plus aride de l'Inde, le Rajasthan. Cette activité favorise l'intégration économique des Raika à l'Inde contemporaine, alors que les changements économiques et écologiques qui ont affecté le pays ces dernières décennies ont paradoxalement contraint ce groupe à la vie nomade. A travers une description fine de leur vie quotidienne, l'auteur propose dans cet ouvrage une analyse des transformations du pastoralisme face à la modernisation de l'Inde.

 

PRINGARBE Eric, 2012, Peuples méconnus de l'Inde tribale, Ed.George Naef, 205p.

L'Inde est un pays qui fascine. Au-delà de ses richesses architecturales, cette nation continent charme surtout le voyageur par son formidable kaléidoscope de peuples, de religions, de langues qui constitue la richesse même de son tissu culturel et dont les aborigènes font partie intégrante. Après le continent africain en effet, ce pays est celui dans lequel on retrouve le plus grand nombre d'aborigènes avec un total de plus de 400 tribus répertoriées. Appelés ici Adivasis, ces différents groupes tribaux, même s'ils possèdent parfois un grand nombre de caractéristiques culturelles communes, ne constituent en aucune manière un ensemble homogène. Dépossédés de leurs forêts, spoliés de leurs terres, nombre d'Adivasis tentent désormais de se prolétariser en acceptant, eu égard à leur qualification, de pénibles emplois précaires qui génèrent des revenus plus qu'improbables. Certains, imaginant les emplois plus nombreux en ville, s'exilent pour tenter de trouver un nouveau sens à leur vie...moins obsolète ! Les traumatismes sont nombreux, les bénéfices douteux mais l'issue inéluctable : les traditions s'effritent peu à peu et la culture disparaît, dans l'indifférence générale. Puis, il y a ceux qui, véritable volonté ou hasard de l'implantation géographique, conservent farouchement leurs traditions et leurs croyances. Ce sont les derniers représentants d'un univers d'une époustouflante diversité en train de disparaître rapidement au profit d'un monde où normalisation culturelle rime avec mondialisation. Combien de temps encore résisteront-ils ?

 

QUIGLEY, Declan, BALDIZZONE, Gianni, SRIVASTAVA, Vinay et BALDIZZONE, Tiziana, 2004, Inde des tribus oubliées, Ed du Chêne, 230p.

Appelés « Adivasis », ces aborigènes sont aujourd’hui plus de quarante millions. Certaines de leurs ethnies - comme celles des Gonds et des Bhils de l’Inde centrale ou celles des Santals et des Khasis d’Assam -ont été, il y a dix ou vingt mille ans, les premiers habitants du pays. En nous faisant découvrir divers aspects particulièrement passionnants de la civilisation adivasi, le texte de Declan Quigley et Vinay Srivastava et les illustrations de Tiziana et Gianni Baldizzone enrichissent notre savoir d’une réalité peu connue mais combien vivante du paysage indien.

 
ROUSSELEAU Raphaël, 2009, Le créatures de yama. Ethnohistoire d'une tribu de l'Inde, CLUEB.  

SINGH Prakash, 2003, Histoire du Naxalisme, jacqueries et guérillas de l'Inde, 1967-2003, Nuits rouges,.

Les cohortes grandissantes de touristes occidentaux qui vont périodiquement faire le plein de spiritualité en inde ignorent que, depuis trente-six ans, des guérillas clandestines luttent contre le système social et religieux.
tout au plus connaissent-ils l'équipée de phoolan devi, cette femme tour à tour bandit et députée, qui fut assassiné en 1998. lancé à la suite d'une révolte dans un village bengali, le naxalisme a connu son apogée à la fin des années 1970, mais n'a jamais disparu et reste très actif dans le centre-est du pays, malgré les répressions sporadiques. parfois comparé au sentier lumineux pour ses méthodes expéditives, ce réformisme armé procède par coups de main, redistribuant la terre et brûlant les actes notariés, comme le fît une fois l'anarchiste malatesta en 1877.
il comble aussi, à l'instar des maoïstes d'avant 1949, certaines lacunes de l'etat, ne serait-ce qu'en forçant médecins et instituteurs absentéistes à faire leur travail.

 

 

VAN DER MOLEN, Ruth (photos), CLOT, Gérard (textes), 1993, L'Inde avant l'Inde, Les Éditions du Passage, 168p.

Bondo, Khond, Saora, Praja, Juang, Banjara, Santal, Paraja, Gabada, Kalbiliya, Garasia, Bishnoï, autant de tribus animistes parmi les centaines qui se répartissent sur toute l'Union Indiennes (voir la liste des tribus répertoriées ou scheduled tribes) et qui nous sont révélées par leur quotidien et leurs fêtes, jour de marché, cueillettes de fleurs pour la fabrication d'alcool, marche au puits, travail dans les rizières, pour la nouvelle récolte...

 

VERRIER Elwin, 1973, Une vie tribale, Fayard, 385p.

Verrier Elwin (Douvres, 2 août 1902 -1964) est un ethnologue, anthropologue autodidacte et militant tribal, qui commença sa carrière en Inde, comme missionnaire. Cet homme controversé a d'abord abandonné le clergé pour travailler avec Mohandas Gandhi et le Congrès national indien, puis s'est plus tard séparé des nationalistes à cause de ce qu'il considère comme un processus trop rapide de transformation et d'assimilation des populations tribales. Elwin est surtout connu pour son travail sur les Baigas et les Gonds de l'Inde centrale, et il a épousé une célèbre membre de l'une des communautés qu'il y avait étudié.

 

 

VERRIER Elwin, 2001, Maisons des jeunes chez les Muria, Galimard, 454p.


Cette étude ethnographique est consacrée à la vie sexuelle de la tribu indienne des Muria qui est centrée autour d'une institution appelée le ghotul ou maison des jeunes. « Le ghotul est un dortoir commun, mixte, réservé aux jeunes gens des deux sexes. Ils y sont admis dès l'âge le plus tendre ; on veut éviter par là que les enfants ne soient, à la faveur de la promiscuité de la case familiale, les témoins des rapports de leurs parents, de ce que Freud appelle la scène primitive. Dès avant la puberté, les petites filles sont initiées à l'amour physique par les grands garçons, et les petits garçons par les grandes filles. »