Sélection bibliographique

THESIGER, Wilfred, 2005 (première édition : 1983), Les Arabes des marais, Tigre et Euphrate, Ed PLON, Coll. Terres Humaines, 324p.

Golfe Persique : face aux Iraniens, dans le Chatt-al-Arab, les Arabes chiites du sud irakien ; un peuple inconnu. Douze mille kilomètres carrés de marécages au nord de Bassora, là où le Tigre et l'Euphrate se rejoignent. Au plus profond de la nuit des temps, avant le déluge, vivaient ici des tribus de chasseurs et de pêcheurs. Tels ils étaient, tels ils sont encore. Ces Maadans ont côtoyé les grandes civilisations de Sumer et de Babylone. Comme tant d'autres, cette civilisation millénaire ne résiste pas au "progrès"...L'une des sociétés les plus singulières de l'histoire arabe s'avance à grands pas vers sa ruine. VIIème siècle : le message prophétique de l'Islam. Les hommes réfugiés dans les marais affrontent dans leurs fortins de torchis les irrésistibles Arabes venus du désert. L'Islam étant jugé un privilège de la race, les conquérants se sont d'abord refusés à convertir les vaincus, nommés par eux Mawalis. En 631, les Maadans se convertissent au chiisme pour mieux se révolter contre l'ordre établi, tout en se voulant "Arabes".

 

MAXWELL, Gavin, 1960, Le Peuple Des Roseaux, Ed. Flammarion.

Ce livre est le récit d'un voyage fait par l'auteur en compagnie de l'ethnologue Thésiger, à travers un pays d'Asie Mineure pour ainsi dire inconnu, habité par un peuple dont, il y a peu de temps encore, on ignorait presque l'existence : les tresseurs de roseaux des grands marécages riverains du bas cours du Tigre. Jusqu'à une période récente, cette région, pourtant si proche de pays touchés par la civilisation, était pour ainsi dire inexplorée et restait marquée en blanc sur les cartes officielles. Gavin Maxwell décrit avec art le comportement de ce peuple. Il nous initie à ses coutumes dont certaines ont à peine évolué depuis des millénaires et à son mode de vie qui ne peut se comparer à celui d'aucun autre dans le monde sauf peut-être aux peuplades qui vivent sur les rives du Lac Titicaca, en Amérique du Sud, et pour lesquelles le roseau joue également un rôle prépondérant. Gavin Maxwell a voulu faire plus et mieux qu'une réelle description de l'étrange existence de ces humains qui construisent leurs maisons et leurs bateaux au moyen de roseaux tressés sur de petites îles artificielles où l'économie est basée sur le buffle d'eau et où les enfants apprennent à manier la pagaie avant d'apprendre à marcher. Bien que la vie, au milieu de ces populations coupées de tout contact avec la civilisation, soit fort dure, que l'on ne nous cache rien de leurs misères et de leurs corruptions, les descriptions de cette nature si particulière, de ce cadre encore jamais exploité, sont d'une poésie admirablement rendue par une langue riche et fluide.