Bibliographie

ADLI Younès , 2004, La Kabylie à l'épreuve des invasions, Des Phéniciens à 1900, Zyriab Editions.

Voilà un ouvrage qui retrace véritablement quelques pans de l' histoire, de la Kabylie plus exactement, trop longtemps relégués au “grenier” de l’Algérie. La Kabylie, à l’épreuve des invasions, des Phéniciens à 1900 est le premier volume publié par Younès Adli, chercheur linguiste, historien, d’un ouvrage qui se veut indispensable pour bien comprendre les civilisations qui ont envahi la Kabylie trop hantée par de multiples tabous politiques qui “ont obscurci jusque-là son intelligibilité”.

 

AÏT GHOBRI Association, 2007, Algérie : Le Mouvement Citoyen de Kabylie : L'Archt Ait Ghobri dans l'épreuve, L'Harmattan,122p.

Parce qu'il constitue un témoignage direct et objectif, ce livre se place dans l'ardente obligation de vérité. Parce qu'il représente un vibrant hommage à tous les martyrs de la cause citoyenne, il s'inscrit dans l'impérieux devoir de mémoire. Le combat de la Kabylie, c'est celui de toute l'Algérie. C'est celui de tous ceux qui aspirent à une société plus égalitaire et plus juste, à un monde plus solidaire. De ce point de vue aucune région de Kabylie n'a failli à ses responsabilités. En particulier, l'Arch Ait Ghobri qui, au cœur de la résistance citoyenne a fait preuve d'une dignité et d'une détermination qui en disent long sur la force et la sincérité de sa mobilisation. Qui l'ignore : la ville d'Azazga, encore imprégnée des traces du sang versé et des stigmates des sévices infligés, demeure l'un des grands symboles de la lutte démocratique.

 

AIT KAKI Maxime, 2004, De la Question Berbère au dilemme Kabyle, à l’aube du XXeme siècle, Ed. L’Harmattan, 317p..

Peu médiatisée, méconnue du grand public, la "question berbère" constitue en enjeu géopolitique majeur qui place les états d’Afrique du Nord devant des choix cruciaux en matière d’identité, de culture et de démocratie, tandis que l’islamisme ne cesse d’étendre son influence sur les sociétés de cette région Le cas de la Kabylie en rébellion ininterrompue contre le pouvoir central depuis le « Printemps noir »de 2001, n’interdit pas d’imaginer à terme un renversement de la donne géopolitique en Afrique du Nord où les Berbères représentent une vingtaine de millions d’individus. Au-delà de la « question berbère , les interminables« "printemps kabyles" amorcés depuis 1980 plaident plus objectivement pour une " question kabyle" qui ne dit pas véritablement son nom.

 

DELILLE Lucienne, 2003, Ma Kabylie, du Djurdjura aux Monts Babors : Le pays des hommes fiers, Ed.CPE,176p.

Lucienne Delille est née à Paris le 4 mai 1947 dans une modeste famille d'ouvriers. A 12 ans, elle veut être écrivain et rédige son premier roman, lu par ses camarades classe. Indépendant, volontaire et rebelle, à 17 ans elle fuit sa famille. Deux ans plus tard, elle lâche ses études d'infirmière pour suivre son mari kabyle, en Algérie. De retour en France en 1968, elle est secrétaire à la Samaritaine à Paris. L'Afrique du Nord l'a marquée de son emprunte, la Kabylie en particulier l'a fascinée. Ses deux fils sont sa raison de vivre, aussi a montée du racisme et de l'extrême-droite dans les années 75 font qu'elle ne résiste pas à l'appel de la famille de son mari. En février 1978, dans ce contre-courant historique, ils débarquent tous les quatre en Algérie. Sept années durant, ils vivront à Tizi-Ouzou, où elle donnera naissance à un troisième et merveilleux garçon qui sera sa fierté. Elle travaille à la SAA, dans les assurances, comme rédactrice. Véritable défi parmi ces hommes, pour la plupart musulmans. Ce furent des moments magiques où elle découvrit la grandeur de ce peuple berbère. Pour épargner à leurs enfants les terreurs de l'islamisation radicale, ils reviennent en France en 1985. Divers emplois se succèdent. Elle passe l'ESEU à la faculté de Jussieu en 1989, date à laquelle elle publie " L'enfant Lumière " aux éditions La Bruyère. Primée à l'Institut Académique de Paris et à celui de Honfleur, pour divers poèmes, certains, comme " Anciens combattants ", " La Planète Bleue ", " L'enfant du Golfe " etc., sont parus dans des revues régionales et nationales.

 

ALLIOUI, Youcef, 2006, Les archs, tribus berbères de Kabylie: histoire, resitance, culture et démocratie, Ed l'Harmattan, 406 p.

Ce livre ouvre une fenêtre sur l'histoire et l'organisation politique des tribus kabyles. Seule la littérature orale nous éclaire sur les nombreux soubresauts vécus par la Kabylie ; le proverbe, le conte, le mythe et la poésie nous permettent de comprendre comment un peuple "sans écriture", un peuple autochtone, a vécu et compris son Histoire dans une résistance acharnée contre les nombreux envahisseurs. C'est la vie de ces archs, confédérations qui regroupent encore de nombreux "villages-républiques laïques", qui est retracée ici depuis l'antiquité à nos jours.

 
ALLIOUI, Youcef,1990, Timsal, énigmes berbères de Kabylie - commentaire linguistique et ethnographique, Paris, Éd. L'Harmattan.  

ALLIOUI, Youcef, 2001, Contes kabyles: deux contes du cycle de l'ogre, L'Harmattan, 90p.

" Ecris ce que tu peux en kabyle, tes enfants le trouveront ", me disait souvent mon père. Et je n'eus grâce à ses yeux que le jour où il me vit m'avançant dans sa direction, un cahier à la main, pour lui demander des précisions sur les proverbes et autres récits que ma mère et lui nous ressassaient autour du kanoune. Il me répondit les yeux brillants, pleins de satisfaction et, je crois aussi, de fierté : " Je veux d'abord que tu notes ce dicton que je tiens de ton grand-père Mohand. Il est peu connu. Mais à est à mes yeux le plus important de tous : " Chaque pays a ses visages Mais Dieu est partout le même. Yal tamurt s wudmawen-is Ma d Rebbi yiwen i-gellan. " C'était au mois de juin 1965.

 

AMROUCHE, Fadhma Aït Masour, 1968, Histoire de ma vie, Edition La Decouverte.

Le récit est suivi de poèmes. Ce livre est le récit d'une vie, " une simple vie, écrite avec limpidité par une grande dame kabyle, [...] où l'on retrouve les travaux et les jours, les naissances, les morts, le froid cruel, la faim, la misère, l'exil, la dureté de coeur, les moeurs brutales d'un pays rude où les malédictions, les meurtres, les vendettas étaient monnaie courante... ".
Kabyle, chrétienne, femme et, surtout, poète, Fadhma Amrouche a vécu l'exil toute sa vie : dès sa naissance en 1883, dans son propre pays, l'Algérie, puis pendant quarante années en Tunisie, enfin en Bretagne jusqu'à sa mort en 1967. Dans ce livre magnifique, elle raconte sa vie de femme et le destin des Kabyles, " tribu plurielle et pourtant singulière, exposée à tous les courants et pourtant irréductible, où s'affrontent sans cesse l'Orient et l'Occident, l'Algérie et la France, la Croix et le Croissant, l'Arabe et le Berbère, la montagne et le Sahara, le Maghreb et l'Afrique... ".

 


AREZKI Dalila, 2004, L'identité berbères, de la frustration berbère à la violence, la revendication en Kabylie, Séguier, 191p.

En Algérie, la non-reconnaissance officielle par l’État de la langue, de la culture berbères (amazighes), est vécue par le sujet comme une frustration identitaire. Celle-ci installe une ambivalence préexistante puisque l’Algérien est tiraillé entre deux cultures : celle européenne à tendance moderne, prométhéenne, véhiculée par les mass média et celle arabo-islamique à tendance traditionnelle, véhiculée par les valeurs fondamentales qui sont « le refuge » sécuritaire. Les jeunes se raccrochent à des symboles qui les « portent ». Lounès Matoub, jeune chanteur kabyle qui se qualifie de Rebel, en est un.
L’équilibre est fragile ; il suffit d’un événement inattendu, perturbateur pour que tout bascule dans le chaos. L’assassinat de Matoub est cet événement. Il va faire passer le sujet du conflit intra personnel à celui interpersonnel, soit de la frustration à l’agressivité, voire à la violence contre autrui. Autrui étant, en l’occurrence, représenté par l’État et tout ce qui le symbolise. Les émeutes pré insurrectionnelles d’avril 2001 qui ont secoué la Kabylie, la mettant à feu et à sang, en attestent. C’est ce cheminement, avec ses soubresauts, dans ses tenants et ses aboutissants, que nous tentons d’aborder dans cet ouvrage.

 

BEKKA, Yazid et YALLA, Seddiki, Kabylie belle et rebelle, Non lieu, 2006, 158p.

Depuis plus de 20 ans, Yazid Bekka répond à un devoir de mémoire en photographiant le pays de son enfance : les paysages, les villes, les objets, et surtout les hommes, les femmes, les enfants, saisis dans leurs activités quotidiennes, dans les moments de fête ou dans l'intimité familiale. Il nous fait pénétrer ici dans l'âme de la Kabylie, une âme que depuis toujours les poètes ont cherché à saisir. Leurs plus belles pages sont dès lors conviées à dialoguer avec les photographies. Et ainsi textes et images collaborent pour brosser le portrait d'une Kabylie belle et rebelle.

 

BELAÏDI Nadia,2003, L’émigration kabyle en France : une chance pour la culture berbère ? » , U21-Éditions universitaires de Dijon.

Par la loi sur l'arabisation linguistique (5 juillet 1998), le pouvoir algérien a agi au mépris de la particularité berbère. On aurait pu parler de linguicide voire d'ethnocide sans les mesures prises suite au changement de gouvernement et à la forte résistance des Kabyles, qui se manifeste par la production culturelle. Pourtant celle-ci est considérée comme témoin d'un passé mort, et c'est pourquoi la population immigrée et ses enfants pourraient apparaître comme une chance de survie. Mais dans quelles conditions le pari de conserver l'identité culturelle a-t-il été remporté par les anciennes générations de prolétaires kabyles ? Comment peut-on se sentir Kabyle quand on n'a pas été élevé au sein de la société kabyle en Kabylie ? Il ne s'agit pas ici d'examiner l'adaptation du migrant à la société d'accueil, mais plutôt la résistance de la culture d'origine à cette nouvelle société.

 
CAMUS Albert, 2008, Misère de la Kabylie, Editions Zirem Bgayet.

"(...) il ne s’agit point de chiffres ou de démonstration, mais d’une vérité criante et révélatrice. Je n’ai pas besoin non plus de donner le nombre d’élèves qui, dans les écoles autour de Fort-National, s’évanouissent de faim. Il me suffit de savoir que cela s’est produit et que cela se produira si l’on ne se porte pas au secours de ces malheureux. Il me suffit de savoir qu’à l’école de Talam-Aïach les instituteurs, en odobre passé, ont vu arriver des élèves absolument nus et couverts de poux, qu’ils les ont habillés et passés à la tondeuse. Il me suffit de savoir qu’à Azouza, parmi les enfants qui ne quittent pas l’école à 11 heures parce que leur village est trop éloigné, un sur soixante environ mange de la galette et les autres déjeunent d’un oignon ou de quelques figues."

 

CASTELLANOS C, CHAKER S. , TIMATINE M., 2008, Actes de la rencontre "Kabylie - Catalogne" Identités nationales et structures étatiques dans le contexte méditerranéen, Actes de la rencontre Kabylie-Catalogne. Identités nationales et structures étatiques dans le contexte méditerranéen, Editions Berbères, Paris, 2008. 270 .

Cet ouvrage est la publication des actes de la rencontre "Kabylie-Catalogne", sur le thème "Identités nationales et structures étatiques dans le contexte méditerranéen", qui s’est tenue les 13 et 14 septembre 2002à Barcelone en Catalogne.

 

CHABANI Hamid, VERMEREN Pierre, 2011, Printemps Noir de 2001 en Kabylie le Cas de la Coordination Communale d'Ain Zaouia, L'Harmattan,136p.

Entre le 18 et le 20 avril 2001, le jeune Massinissa Guermah décède dans les locaux de la gendarmerie de Béni-Douala (Kabylie). De violentes émeutes ont lieu pour dénoncer les abus et les injustices commises par la gendarmerie. Une véritable guérilla urbaine oppose les manifestants et les forces de l'ordre qui font de nombreuses victimes et blessés. C'est le Printemps Noir de 2001. Devant ce sentiment d'anarchie les autorités sociopolitiques locales, la "tajmat" (assemblée locale) et les "arouchs" (mouvement citoyen), tentent de donner un cadre organisationnel de réflexion et posent la question de la démocratie en Algérie. L'auteur relate les événements de 2001 et nous plonge au coeur de ces manifestations en étudiant le cas de la localité d'Aïn-Zaouia, où les habitants de Bou-Mahni aspirent à un monde meilleur. Il montre comment une communauté d'environ vingt mille habitants a pu constituer un cadre de concertation, de réflexion, de décision et d'action. Creuset et laboratoire de la démocratie participative, la coordination communale d'Aïn-Zaouia propose une alternative où le citoyen se retrouve au coeur d'un projet politique.

 

CHACHOUA Kamel,2002, L'islam kabyle - religion, Etat et société en
Algérie Paris, Maisonneuve & Larose.

Ce livre propose plusieurs clefs de lecture nouvelles de l'imbroglio désespérant dans lequel se débattent aujourd'hui le pouvoir et la société algérienne tout entière, dès lors qu'il s'agit de penser le religieux. L'auteur part d'un pamphlet rédigé en arabe et imprimé à Alger au début du siècle passé (1903) par un grand lettré berbère placé à un poste important à la Grande Mosquée d'Alger, et s'en sert pour brosser une vaste fresque des rapports entre la scolastique traditionnelle, l'Etat colonial et les nouveaux 'ulema réformistes. Mettant en évidence la vitalité de l'écriture islamique en Kabylie avant son éradication par les nouveaux clercs pré-nationalistes, il apporte, de manière très polémique, une pièce décisive dans un débat encore brûlant aujourd'hui, celui qui tourne autour de la prétendue désislamisation des Berbères, topo colonial largement entretenu depuis. Il montre l'assujettissement progressif de l'islam à la lutte nationaliste, en particulier dans les maquis. Enfin, prenant le terrain kabyle comme métonymie de la nation, il éclaire la manière dont l'islamisme prend ses racines dans un désert culturel et éthique. Ce travail ne pouvait être mené à bien que de l'intérieur, par un chercheur à la fois attaché profondément à son terrain et d'une grande liberté dans ses jugements.

 

CHAKER Salem, 2000 , Hommes et femmes de Kabylie éd. Edisud.

Œuvre scientifique, il s'agit de fournir, aux spécialistes comme au grand public, un outil d'information aussi précis que possible, solidement ancré dans la documentation disponible, qu'elle soit écrite ou orale. De réunir dans un même support une information totalement dispersée entre les différents champs disciplinaires (Histoire, Littérature, Ethnologie, Linguistique... ) et les époques (sources contemporaines, sources anciennes devenues difficiles d'accès). De croiser les divers types de sources (archives officielles, archives familiales, tradition orale, témoignages... ) pour une relecture et une évaluation plus complète, plus fine des personnages. De se poser aussi, chaque fois que possible, la question de la réception par la société : en tant qu'acteur dans une collectivité, l'individu n'est pas uniquement ce qu'il fait, dit ou écrit (ou prétend faire, dire ou écrire), il est également, et peut-être surtout, ce pour quoi il est perçu, reçu par le groupe. Cette "subjectivité collective" est aussi une réalité qui doit être soumise au regard scientifique parce qu'elle est productrice de valeurs, d'actions, de devenirs.

 

CHERFA- TURPIN Fatima,2010, La condition juridique de la femme rurale en Kabylie , éd. Apopsix, Paris.

À travers son œuvre, Fatima Cherfa-Turpin vient de tracer une piste de “réflexion et d’étude anthropologique”. Une étude faite par l’auteur sur le terrain jamais menée jusqu'à présent dans ce domaine. C’est l’émergence du débat sur les violences et les discriminations envers les femmes dans l’espace médiatique qui a poussé l’auteur à consacrer toute une œuvre à ce phénomène. “Dans le milieu scientifique, la légitimité de ce thème de recherche rencontre encore quelques détracteurs”, nous a déclaré en substance l’auteur qui précise, à propos de son livre, qu’il s’agit d’une étude épistémologique pour cerner les violences faites aux femmes, alliant les conjonctures historiques qu’a traversées l’Algérie avec les conditions juridiques actuelles de la femme kabyle rurale. “Pour comprendre la violence et l’exclusion féminines, il faut aller au-delà de l’analyse historique afin d’explorer les fondements cachés des changements sociaux et juridiques. La femme est abordée comme un sujet social depuis un monde pris dans sa diversité qui présente un passé et un présent lourds d’une histoire qu’elle a toujours partagée avec l’ensemble du peuple algérien”, soutient-elle alors avant de noter que “la femme reste encore victime d’inégalités qui la classent au statut inférieur à celui de l’homme”.

 

DAUMAS Eugene, BRAHIMI Denise, 2008, La Kabylie, Rocher ed,72p.

« Qu'est-ce que la Kabylie? Qu'est-ce que cette contrée dont le nom a si souvent retenti dans la presse, comme autrefois dans nos discussions publiques? Qu'est-ce que cette région insoumise au milieu d'un pays qui, des frontières du Maroc à celles de Tunis, reconnaît notre pouvoir? Qu'est-elle au point de vue de la topographie, des habitants, de leurs moeurs, de leur organisation sociale et politique? Ces diverses questions empruntent un caractère d'actualité tout spécial à l'expédition qui vient d'être dirigée contre quelques tribus kabyles révoltées; elles en acquièrent un bien plus grand de l'intention annoncée, de compléter, au printemps, la conquête de ce vaste pâté de montagnes sur lesquelles nul, jusqu'à ce jour, pas même les Romains, n'a pu asseoir sa domination. »

 
DESSOMMES François,1992, Notes sur l'histoire des Kabylies Tizi-Ouzou, Editions Tira,    

DIRECHE- SLIMANI Karima, 2000, Histoire de l'émigration kabyle en France au XXe siècle, L'Harmattan,214p.

Les Kabyles, comme main-d'œuvre migratoire, sont présents depuis le début du XXe siècle en France. L'ouvrage s'attache à restituer les différentes étapes de cette migration ancienne, mais surtout à analyser les regards que les Kabyles portent sur leur propre histoire migratoire. L'émigration kabyle a dès le début de son histoire montré des capacités étonnantes à produire des actions et des discours militants, politiques et identitaires intenses et constants tout au long du XXe siècle.

 
GUENOUN Ali , 1999, Chronologie du mouvement berbère 1945-1990. Un combat et des hommes Casbah éd. Alger.    

HANOTEAU Adolphhe , LETOURNEUX Aristide,2003, La Kabylie et les coutumes kabyles - 3 tomes, Paris, Editions Bouchène..

Ouvrage considérable réalisé par : Adolphe HANOTEAU, général de brigade, ancien commandant de la subdivision de Dellys, et Aristide LETOURNEUX, conseiller à la cour d'appel d'Alger, président de la société de climatologie, vice-président de la société historique d'Alger, membre de la société botanique de France. J'en ai extrait la liste et une carte des villages ou toufiks composant les tribus des Aït-Khalfoun et des Harchaoua avant la création du village de Palestro, et quelques extraits décrivant la situation en Kabylie avant 1867, tout au départ de la colonisation. Il m'a été très difficile de tronçonner ce trésor d'investigations qui constitue un témoignage irréfutable, mais qui comporte plus de 1500 pages.

 

JACQUOT Céline, 2005, Idir, L'amazigh, SYROS, 168p.

Idir ne connaît de son pays d'origine, l'Algérie, que les souvenirs et les traditions que lui ont transmis ses parents, à Nanterre. L'été de ses 12 ans, il est envoyé chez son grand-père, dans les montagnes arides et majestueuses de la Kabylie, et est confronté à la réalité : une vie authentique, laborieuse, simple et droite, où rôde cependant le spectre d'une violence prête à resurgir. Au fur et à mesure, il découvre ce que signifie d'être l'héritier du peuple des hommes libres, les amazighs...

 

KHELIL Mohand,2008, La Kabylie ou l'ancêtre sacrifié, L'Harmattan,220p.

KHELIL Mohand, 1979, L'exil kabyle, Essai d'analyse du vécu des migrants, L'Harmattan, 216p.

 

KITOUNI Hosni, 2013, La Kabylie orientale dans l'histoire, pays des Kutuma et guerre coloniale, L'Harmattan, 272p.

Qui sont donc ces Kabyles parlant "arabe", sans doute descendants des fameux Kutuma, mais qui refusent obstinément de se revendiquer de cette ancestralité ? Pourquoi une population montagnarde, enclavée, réputée berbère s'est-elle arabisée, pourquoi son arabe est-il si dissemblable de celui parlé dans le reste du pays ? Que devient la Kabylie orientale après la conquête coloniale ? Pourquoi, plus qu'ailleurs, la résistance à l'occupation française a-t-elle duré aussi longtemps (1839-1871) ?

 

LACOSTE-DUJARDIN Camille, 2005, Dictionnaire de la culture berbère en Kabylie, Ed. La Découverte.

Alors que le gaulois, par exemple, a disparu après quelques siècles de romanisation, la langue et la culture berbères, après treize siècles d'arabisation, se maintiennent vivantes depuis la préhistoire, au Sahara et surtout, dans les montagnes d'Afrique du Nord proches de l'Atlantique et de la Méditerranée. C'est en Kabylie, comme parmi les nombreux Kabyles vivant en France, que cette culture berbère suscite aujourd'hui le plus d'intérêt, avant tout parmi les jeunes, avides de découvrir et de comprendre les réelles richesses de leur patrimoine culturel et historique. Ce dictionnaire entend précisément répondre à leurs préoccupations, comme à celles du plus large public.

 

LACOSTE DUJARDIN Camille,1970, Le conte kabyle-Etude ethnologique La découverte.

Camille-Lacoste-Dujardin nous livre ici une sorte de somme sur le conte kabyle, en s’efforçant par ailleurs de le situer dans l’histoire et dans son actualité. Elle consacre une partie de l’ouvrage à cerner le sens du conte et ses thèmes de prédilection. Son analyse s’organise autour de cinq grandes directions de recherche : le cadre (espace et temps), le monde masculin, le monde féminin, magie et religion, relations (homme-femme, famille, relations extra-familiales, ambition politique). Elle met en lumière la forte historicité du conte kabyle en montrant comment il se situe à l’articulation douloureuse de deux sociétés, l’une « traditionnelle, résistant à la disparition », l’autre « en devenir ». Camille Lacoste-Dujardin fait défiler devant nous la vie kabyle tout en demeurant consciente qu’un conte, comme tout récit symbolique, ne saurait se réduire aux éléments objectifs qui le composent, mais qu’il « dit » toujours davantage. Elle n’omet par ailleurs pas de nous signaler que les contes gardent une signification fondamentale et différente pour nous Occidentaux qui les lisons dans les livres, et pour ceux qui, en Kabylie, les entendaient raconter à la veillée.

 

LAOUST-CHANTREAUX Germaine,1990, Kabylie côté femmes - La vie féminine à Aït-Hichem 1937-39 Aix-en-Provence, Edisud.

La petite-fille d’Eugène Scheur, précurseur de l’école laïque sous Jules Ferry, tente de relancer “l’enseignement des indigènes" et de poursuivre ainsi la voie de son grand-père. Elle débarque alors de Miliana où elle apprit l’arabe et découvre pour la première fois la Kabylie, Aït Hichem, en 1937. Germaine n’a pas tardé à s’imprégner de la situation de la société kabyle en général et de celle des femmes d’Aït Hichem en particulier. Ces prédécesseurs avaient déjà formé des instituteurs musulmans dont Saïd Boulifa, Bensdira Belqacem… Construite en 1892, l’école d’Aït Hichem, parmi les rares écoles laïques de jeunes filles, avait déjà 45 ans en 1937. Les sœurs Abdeslam (Taos et Ouardia) furent les précurseuses de cette école, filles du Bachagha Moh Ath Abdeslam qui favorisait l’instruction avant tout. Elle est notamment l'auteur d'un livre "Kabylie côté femmes", qui est un document ethnographique très détaillé sur la ville des femmes dans la Kabylie des années 1930.

 

MAHÉ, Alain, 2001, Histoire de la Grande Kabylie XIXe-XXe siècle, Bouchene, 662p.

Ce livre nous permet d'apprécier ce qui dans la Kabylie contemporaine procède d'une Kabylie traditionnelle et ce qui ressort d'une histoire récente, coloniale et post-coloniale. Pour mener ce projet à bien, Alain Mahé a conjugué la démarche de l'anthropologue et celle de l'historien. En tant qu'anthropologue, l'auteur a minutieusement reconstitué une sorte d'épure de l'organisation villageoise dans la situation où elle se trouvait au début de la conquête coloniale, afin de pouvoir ensuite dérouler le fil de l'histoire jusqu'à nos jours et d'apprécier les changements sociaux qui ont affecté les assemblées villageoises. Ce qui lui a permis de nous montrer comment les institutions politiques traditionnelles et la culture politique qui en était solidaire avaient pu se transformer et se féconder au contact de la culture politique moderne acquise par les Kabyles au sein des mouvements syndicaux et politiques auxquelles ils ont tant donné, aussi bien dans l'immigration en France qu'en Algérie même dans le cadre du mouvement nationaliste.

 

MAKILAM ( Dr. Malika Grasshoff ), 1996, La Magie des Femmes Kabyles et L' Unité de la Société traditionnelle, L'Harmattan.

Une opinion tenace voue globalement le rôle de la femme kabyle à la nature, au sentiment et à la reproduction dans un système qui la relègue à une situation d’opprimée devant la suprématie masculine. Afin de contourner l’impuissance crée par cette inégalité, son existence serait dominée par l’effacement et la magie en particulier d’amour. Dans cet ouvrage, l’auteur s’insurge contre ces préjugés et démontre que la magie féminine s’exprimait dans tous les domaines de la vie quotidienne. La femme kabyle était autant une magicienne de la terre dans son travail de poterie que dans ses activités nourricières et de tissage. En réalité, elle dominait dans la société traditionnelle incapable de fonctionner sans elle, en assurant son unité à la fois matérielle et spirituelle. Vibrant hommage aux femmes qui ont transmis des savoirs et des pouvoirs de mère en fille, ce livre remet aussi en mémoire les racines oubliées de la nature magique et secrète de la Femme universelle.

 

MAKILAM ( Dr. Malika Grasshoff ), 1999, Signes et Rituels Des Femmes Kabyles, EDISUD.

Dans la société kabyle, contrairement à ce que l’on croit trop souvent, les femmes se sentent parfaitement libres dans leur condition de femme, qui leur confère sur le groupe familial un privilège sans égal. Universitaire impliquée dans la recherche sur l’histoire des femmes, et Kabyle déterminée à inscrire la culture berbère dans la cosmogonie et les valeurs léguées par une des plus anciennes civilisations, Makilam s’attache à démontrer comment les pratiques magiques, symboles graphiques et rites de passage, qui ne se transmettent que par les femmes, autorisent d’autres interprétations de l’identité culturelle de la femme kabyle que celles qui, entre silence et isolement, lui

 

MAMMERI Mouloud,

1952,La Colline oubliée, Paris, Plon, 1952;
1955, Le Sommeil du Juste, Paris, Plon, 1955
1965, L’Opium et le Bâton, Paris, Plon, .
1982, La Traversée, Paris, Plon, 1982,

 
MAROT Christian, 2005, Les Berbères face à l'arabo-islamisme, Editions C.M. Bruxelles    

MEHENNI, Ferhat, 2004, Algérie, la question kabyle, Michalon, 187p.

Que veut la Kabylie ? Région oubliée d’un pays qui a sombré dans le chaos, la Kabylie a toujours été jalouse de sa spécificité berbère. Niée par la colonisation, niée par l’Algérie indépendante, elle est victime d’une arabisation forcée et d’une répression sanglante depuis avril 2001. De révolte en révolte, pour imposer un ordre démocratique en Algérie, la Kabylie s’est retrouvée isolée dans son combat. Le particularisme du peuple et de la culture kabyle réclame aujourd’hui un traitement à part. La question se pose donc d’une autonomie de la Kabylie, et c’est cette question que pose avec vigueur et conviction Ferhat Mehenni. Si ce livre est une lettre ouverte aux Kabyles pour qu’ils prennent leur destin en main, il est également pour nous l’occasion de faire le point sur la Kabylie à la veille des élections présidentielles algériennes.

 

MOHAND SI HADJ Abdenour, 2011, Memoires d'un Enfant de Guerre Kabylie Algérie 1956 1962, L'Harmattan.

1958. Iferhounéne, un village kabyle suspendu dans les airs, face à l'imposant pic d'Azrou n'Thor. Un village, mais aussi un camp militaire français. Les chasseurs alpins d'un côté, les fellaghas de l'autre. Abdenour a alors huit ans. Avec ses yeux d'enfant, il assiste aux exactions pacificatrices de l'occupant. Au choix des rebelles. A celui des Harkis. A l'être Humain en action... L'auteur apporte une pierre de plus à l'honneur d'un peuple algérien déchiré. Et s'il condamne, il nous livre son témoignage en cherchant ussi à comprendre.

 

MORIZOT Jean, 2001, Les Kabyles, propos d’un témoin, Ed L’Harmattan, 282p.

A partir de sa longue expérience au contact des populations d'Afrique du Nord, l'auteur a cherché à approcher et à comprendre l'Histoire des populations kabyles. L'Algérie, sans renier son arabisation, saura-t-elle reconnaître toutes ses racines ? Dans une république Algérienne encore jeune, la société kabyle saura-t-elle maintenir sa cohésion et ses traditions ? C'est en observateur attentif que Jean Morizot tente de donner une réponse à ces questions.

 

MORIZOT Jean,

1962,L'Algérie kabylisée Paris, Ed J PEYRONNET & Cie
1970, L'Aures ou le mythe de la montagne rebelle, L'Harmattan. .

 

MOUZAÏA Laura, 2006, Le féminin pluriel dans l'intégration : Trois générations de femmes kabyles, Karthala, 179p.

Les immigrés sont arrivés d'Algérie avec un objectif ; se constituer une épargne et assurer le retour. Mais le cours de l'histoire en a souvent décidé autrement. Après la guerre d'indépendance, lorsque les hommes ont fait suivre leurs femmes, une évolution sociale s'est amorcée. Les femmes sont devenues des femmes de transition, des femmes modernes. Laura Mouzaïa consacre son ouvrage à l'étude de trois générations de femmes kabyles, qui s'échelonnent sur l'ensemble du XXe siècle. Pour comprendre leur itinéraire à travers l'émigration, elle commence par nous rappeler les caractéristiques de la société kabyle traditionnelle, avec la place prépondérante des hommes et l'ensemble des règles et coutumes qui fixaient les femmes au foyer. Au contact de la société française, à travers l'école et la vie professionnelle, les femmes ont acquis progressivement leur émancipation, et ce, même si les défaillances de la République ou les blocages de la société civile n'ont pas toujours facilité les choses. Aujourd'hui elles font partie de la France plurielle. Les récits et les témoignages nombreux qu'en donne ce livre le rappellent avec force.

 

OUERDANE, Amar, 2003, Les Berbères et l'arabo-islamisme en Algérie, KMSA, 239p.

L'interrogation qui anime l'auteur consiste à décrypter les soubassements idéologiques sur lesquels s'appuient les régimes successifs algériens pour nier la réalité berbère de l'Algérie. Cette négation se fait au profit d'une définition arabo-islamique de la nation algérienne, socle d'une idéologie à caractère national-populiste dont les fondements se situent dans le panarabisme des années 50-60 à visage tiers-mondiste et à forte inflexion baathiste (du parti Baas). Globalement, ce livre nous permet de comprendre pourquoi le régime algérien ne peut s'accommoder d'aucun pluralisme, qu'il soit culturel, politique ou linguistique. Par ailleurs, Ouerdane précise que la revendication berbère n'est nullement de nature nationale ou sécessionniste, mais plutôt d'essence démocratique. Elle permet de saisir le capital symbolique dont est porteur la culture, qui constitue l'axe autour duquel sont développés les thèmes de la propagande et de l'agitation des masses populaires et du pouvoir central.


 
OUERDANE Amar, 1990, La question berbère dans le mouvement national algérien, Septentrion, 256 p.    

RAYMOND Martial, 2004, Terre kabyle, Ed. Ibis presse,, 122p.

La Kabylie des années 1930-1940, décrite et photographiée par un agronome français, membre de l’administration coloniale « (…) Au pays de la montagne, où pourtant les gens instruits sont nombreux, personne ne sait rien du passé, pas même du passé d’hier. On dirait un pays sans mémoire ! » Ainsi écrivait Martial Rémond dans Djurjura en 1940. C’est pour faire mentir ses propres termes que, agronome et administrateur, il était devenu écrivain et photographe. Deux générations plus tard, Annic Droz, sa petite fille, nous ouvre ses archives. Les 150 photographies des années 1930 et les textes publiés dans Djurdjura nous restituent une Kabylie un peu oubliée et pourtant bien nécessaire pour comprendre celle d’aujourd’hui et peut-être, celle de demain. (présentation de l’éditeur)

 

TILLION Germaine, 2001, L'Algérie aurésienne, Ed. La Martinnière. 144p.

Germaine Tillion a passé quatre années à étudier les populations Chaouia dans le sud des Aures en 1940. De son travail en Algérie, elle a rapporté des carnets de notes et des photographies. Ces photos, mises au jour par Nathalie Wood, portent un regard d'une rare humanité sur ce monde nomade.

 
YACINE Tassadit, 1992,Les Kabyles, éléments pour la compréhension de l'identité berbère en Algérie Paris, GDM.    


Articles

Ahmed, Aït et Mohand S.,1995, « Le Berbérisme, de l’unité du mouvement culturel aux divisions politiques », Hérodote, n°77, pp 81-92.
Chaker, Salem, 1985, « Berbérité et émigration kabyle », Peuples Méditerranéens, numéro spécial Migration et Méditerranée, n°31-32, pp. 217-225.
Lacoste-Dujardin, Camille
, 2001, « Géographie culturelle et géopolitique en Kabylie, la révolte de la jeunesse kabyle pour une Algérie démocratique », Hérodote, n°103, pp.57-91.