NORD CIRCUMPOLAIRE

RUSSIE





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La Fédération Russe est une société multiethnique au sein de laquelle cohabitent plus de 100 peuples. Parmi eux, 40 sont légalement reconnus comme « autochtones, petits peuples du Nord, de Sibérie et d’Extrême-Orient" ; d’autres s'efforcent toujours d'obtenir ce statut. Ce statut est octroyé à un peuple composé de moins de 50 000 membres qui préserve son mode de vie traditionnel, vit dans certaines régions isolées de Russie et se considère lui-même comme une communauté ethnique distincte. Parmi les peuples reconnus comme tels on trouve les Evenks, les Saami, les Yupiq (Esquimaux) et les Nenets.


D’autres peuples de la Russie asiatique et septentrionale, tels que les Sakhas (Iakoutes), Bouriates, Komis (Zyrianes) et Khakasses n'ont pas ce statut car leurs populations sont trop importantes. Une définition de l’autochtone sans le critère numérique n’existe pas dans la législation russe. Les petits peuples autochtones comptent approximativement 250 000 individus au total et composent ainsi moins de 0,2 % de la population russe. Si les peuples mentionnés ci-dessus étaient inclus, cette population atteindrait près de 1 %.

Traditionnellement, ils habitent d'énormes territoires s'étendant de la péninsule de Kola à l'ouest au Détroit de Béring à l'est, ce qui représente environ les deux-tiers du territoire russe. Ils ont été traditionnellement chasseurs, ramasseurs, pêcheurs et éleveurs de rennes et de chevaux. Pour nombre d'entre eux, ces activités constituent toujours la part essentielle de leurs conditions d'existence et ce davantage même depuis l'écroulement de l'économie soviétique et la disparition des services qu'elle fournissait.

Leurs langues appartiennent à de nombreuses familles différentes, telles que Finno-Ougrienne, Mandchou-Toungouse et Paléosibérienne, et leurs cultures et visions du monde sont étroitement liées à leur environnement : la toundra sur les bords de l'océan Arctique, la vaste forêt boréale de l'Eurasie septentrionale, la côte Pacifique ou les magnifiques montagnes de l'Altaï et les volcans du Kamchatka.

Tandis que les exportations de la Russie comprennent presque exclusivement des ressources comme le pétrole et le gaz, ces dernières sont, à peu d'exceptions près, extraites de sols habités et utilisées par des communautés autochtones.

Lois cadres fédérales pour les peuples numériquement faibles

Les peuples numériquement faibles de la fédération de Russie sont protégés par l’article 69 de la Constitution russe et trois lois-cadres fédérales :
1) sur la garantie des droits des peuples autochtones numériquement faibles de la Fédération de Russie (1999),
2) sur les principes généraux d’organisation des communautés (obshinas) des peuples autochtones numériquement faibles du Grand Nord, de Sibérie et de l’Extrême orient de la Fédération de Russie,
3) sur les territoires d’usage naturel et traditionnel des peuples autochtones numériquement faibles du Grand Nord, de Sibérie et de l’Extrême orient de la Fédération de Russie (2001).

Ces trois lois-cadres établissent les droits territoriaux et politiques des peuples autochtones et de leurs communautés. Cependant, la mise en œuvre de leurs buts et réglementations a été compliquée par les changements survenus dans la législation et les décisions du gouvernement concernant les ressources naturelles du Grand Nord.

En 1990, des militants autochtones, des intellectuels et des écrivains créèrent une organisation de protection – l’Association russe des peuples numériquement faibles du Grand Nord, de Sibérie et d’Extrême orient, RAIPON. Elle représente aujourd’hui 41 peuples autochtones de ces régions dont 40 sont officiellement reconnus et un en attente de l’être. La mission de RAIPON est de protéger leurs droits aux niveaux national et international.

Lors du vote d’adoption à l’Assemblée générale de l’ONU de la Déclaration des droits des peuples autochtones, la Russie s’est abstenue

Indigenous world , traduction GITPA