Bibliographie

BADER Christian, 2002, Les Guerriers nus : Aux confins de l'Ethiopie, Payot, 261p.

La terre de confins qui s'étend entre la basse vallée de l'Omo et la frontière soudanaise, dans le sud-ouest de l'Éthiopie, reste l'une des régions les moins connues du globe. Les nombreux peuples qui y vivent comme aux premiers matins du monde, subsistant d'élevage et d'agriculture sur brûlis, et qui s'y affrontent parfois aux cours de sanglantes razzias, font de cette contrée un prodigieux musée ethnographique, aujourd'hui menacé. Ce livre est le récit d'une expédition qui, après avoir traversé le territoire des Chai et des Tirma, ces « guerriers nus » dont les femmes ornent leurs lèvres de gigantesques plateaux, a permis d'établir les premiers contacts avec la tribu des Baalé.

 

BERNARD Patrick, BOLLER Freddy, 2005, Les oubliés du Grand Rift : Soudan-Ethiopie-Kenya-Tanzanie, Editions Pages du Monde, 122p.

Il existe encore, quelque part en Afrique, des terres sauvages, où la vie semble s'écouler comme aux premiers matins du monde. Des terres, aussi belles que cruelles, où la nature, les éléments et les êtres écrivent leur histoire singulière depuis l'aube des temps. Il en va ainsi en Ethiopie, aux confins de la vallée des premiers hommes, dans le Haut-Nil soudanais, au Kenya et en Tanzanie, sur les berges des lacs Victoria ou Turkana, au pied du Kilimandjaro ou du N'Gorongoro, dans les savanes du Serengeti ou du Maasaï Mara. Peuples de légende, les "oubliés du Grand Rift" sont ces fiers pasteurs nomades qui parcourent inlassablement les déserts et les savanes du berceau de l'humanité. Guerriers maasaï, turkana, pokhot, mangati, ou discrets Bushmen hadzabé, ils vous invitent à une immersion par-delà les distances et le temps, dans les univers fascinants du cœur de l'Afrique.

 
BUREAU Jacques, MARIE Jérome, 1981, Les Gamos, d’Éthiopie ; étude du système politique, Société d'Ethnographie, Paris.

Les Gamo constituent une quarantaine d’entités politiques intégrées à l’Empire de Ménélik en 1897-1898. Chacune de ces entités était gouvernée par une assemblée démocratique et représentée par un sacrificateur roi. Considérant plusieurs de ces entités, à différents moments de leur histoire, l’auteur étudie les variantes de ces deux types d’institutions : assemblée et sacrificateur. Dans ce travail d’analyse comparée, il accorde une place importante à la dimension historique et situe les institutions qu’il décrit dans le cadre plus général de l’espace politique éthiopien dont elles dépendent.
 

COUBBA Ali,2004, Les Afar, de la préhistoire à la fin du XVe siécle, L'Harmattan, 254p.

Le pays Afar est habité depuis les temps les plus reculés de la Préhistoire. Son rôle a été déterminant dans l'islamisation de la rive occidentale de la mer Rouge. A la fin du XIIè siècle, au moment où le royaume chrétien d'Abyssinie entre en conflit avec ses voisins musulmans, les Afar sont organisés sous forme de sultanats et chefferies autonomes. Cet ouvrage retrace les origines de cette société semi-nomade dont l'éparpillement entre plusieurs Etats (Ethiopie, Djibouti, Erythrée) masque l'unité culturelle.

 
DE JUNIAC Gontran, 2000, Le dernier Roi des Rois : L’Éthiopie de Haïlé Sélassié, L’Harmattan, 416p.
Haïlé Sélassié a régné pendant cinquante-huit ans sur une cohorte de personnages excentriques et difficiles à gouverner : l'ambitieuse et cruelle impératrice Taïtou ; Yassou, l'intrigant, qui longtemps prétendit au trône d'Ethiopie ; Baltcha, le guerrier eunuque, célèbre pour sa bravoure, redouté pour ses complots. Ils sont encore nombreux, dans cette étonnante procession, à participer à la succession de cérémonies fastueuses, de fêtes et de conspirations sanglantes ponctuant l'histoire de l'Ethiopie au XXe siècle. Le dernier Roi des Rois ne s'est pas contenté de ce tour de force. Iil faut ajouter à cette prouesse le " climat " éthiopien, avec l'esclavage, la torture et le retard économique ; le tout aggravé par le contexte international, car l'Ethiopie fut le champ de bataille favori des grandes puissances pendant les deux guerres mondiales. Il ne faut pas omettre les problèmes du séparatisme érythréen, de l'éveil du tiers monde et de l'Organisation de l'Unité Africaine. Haïlé Sélassié a su faire face à toutes ces difficultés réunies. Cela donnera une idée de l'exceptionnelle habileté de ce souverain. Aujourd'hui, l'ouvrage de Gontran de Juniac le tire de son purgatoire. Portrait d'une rare finesse, histoire détaillée d'un règne prestigieux, " le Dernier Roi des Rois " éclairera aussi l'Éthiopie actuelle. Somme historique émaillée d'humour et de lyrisme, cet ouvrage doit être lu par tous ceux qui veulent connaître l'Ethiopie d'hier et d'aujourd'hui, pour mieux connaître le monde de demain.


 
GALLAIS Jean,1989, Une géographie politique de l'Ethiopie : le poids de l'Etat, Economica.

L'Ethiopien est le plus pauvre des habitants du Tiers Monde. L'Etat éthiopien, un des anciens de la planète, sinon le plus ancien des contemporains, est assiégé de forces hostiles dont l'offensive continue se renouvelle depuis un millénaire. Critiquée par l'opinion humanitaire pour des opérations menées de façon dramatique, l'Éthiopie a besoin autant de l'aide alimentaire occidentale que des armes de l'URSS qui est incapable de la nourrir.
Tout a commencé avant notre ère par un choix géographique : un noyau central en haute-montagne disposant d'un hinterland commercial dans le bas-pays et d'une façade maritime. Ce grand dessin géopolitique a conditionné de façon permanente l'existence de l'État à travers plusieurs projets historiques, menés hier par le « trône et l'autel » ; aujourd'hui par l'État centralisé et l'idéologie collectiviste. La Révolution agraire de 1974-1980, à travers une histoire dramatique, a globalement soulagé la paysannerie ; mais en 1980 le poids de l'État s'est de nouveau alourdi par la mise en place d'un secteur collectif de production aux médiocres résultats. A propos d'un pays du Tiers Monde, cet ouvrage participe au débat sur les relations entre cultures-État-développement. La densité historique d'une culture nationale a armé ici un État dont l'ambition a été un dessin géopolitique, et non le bien-être de ses sujets.

 

GASCON Alain, 1998, Grande Éthiopie, une utopie africaine : Éthiopie ou Oromie, l'intégration des hautes terres du Sud, CNRS Edition,246p.

Les visiteurs des monuments d'Éthiopie du Nord, la « Byzance africaine », méconnaissent l'Éthiopie contemporaine. Pourtant, les massifs méridionaux sont parmi les montagnes les plus peuplées du monde et les cultures diversifiées du Sud-Ouest s'opposent à la monoculture céréalière du Nord. L'auteur, enseignant au Mécha, petite région charnière entre le Nord et le Sud, a pu observer les transformations dans le paysage et la population pendant la période troublée de la révolution de 1974 et de la réforme agraire qui a suivi en 1975. Il analyse les risques de sécession auxquels a échappé l'Éthiopie jusqu'à présent, et s'interroge sur l'avenir de ce pays. Ainsi peut-on s'interroger sur le devenir de cette région. L'Ethiopie du Sud deviendra-t-elle l'Oromie ou continuera-t-elle à former une Grande Ethiopie avec les régions du Nord ? L'utopie nationale grande-éthiopienne, la seule en Afrique qui ne doit pas grand chose à la colonisation, peut-elle, en se renouvelant, prévenir l'implosion du pays ?

 
GASCON Alain, 2006, Sur les hautes terres comme au ciel : Identités et territoires en Ethiopie, Publications de la Sorbonne, 335p.

Ce livre de géographie historique, culturelle et politique traite des recompositions territoriales et identitaires engagées en Ethiopie depuis la chute de Mängestu, en 1991. En décrétant, en 1975, une Réforme agraire radicale, les militaires visaient plus que la redistribution de la terre, ils faisaient du " temps long table rase ". Ils rompaient avec la territorialisation fondée sur le mythe salomonien ; les Ethiopiens, le Peuple élu, habitent les hautes terres, la Terre sainte. Ayant reconnu l'égalité entre les cultures et les peuples d'Ethiopie, la Révolution formait le projet de changer leur répartition et leur habitat de façon à favoriser leur fusion et l'éclosion d'un peuple " socialiste ". Cette nouvelle identité sans racine, sur un territoire devenu uniforme, brisait les liens séculaires unissant les populations et leur Terre sainte. Comme les dirigeants de l'Ancien Régime, les militaires ont sous-estimé les effets de la révolution démographique des années 1960, échoué dans la lutte contre les famines et perdu, comme lui, le pouvoir. Le mythe biblique doit composer avec le réveil des identités " ethniques " et religieuses régionales et avec la répétition des crises de subsistance. Désormais découpée en Etats - régions ethno - fédérales, au nom de la démocratie, et amputée de l'Erythrée, la Terre sainte n'est plus en mesure de nourrir ses enfants, toujours plus nombreux. Le temps court des événements, de l'actualité défie l'ordre voulu par Dieu sur les hautes terres.

 

GUILLEBAUD Jean -Claude, 1998, La Porte des larmes : Retour vers l'Abyssinie, Seuil,217p.

Jean-Claude Guillebaud, Raymond Depardon. Le premier est écrivain et essayiste, le second est cinéaste et photographe chez Magnum. Tous deux ont entretenu longtemps un rapport particulier avec l'Ethiopie, cette corne fameuse qui, des sables de Mersa Tekle au cap des Aromates, des splendeurs haut perchées du Wollo abyssin aux sauvageries bantoues de la vallée de l'Omo, dessine comme un accent circonflexe coiffant l'Afrique orientale. La Porte des Larmes est un retour vers l'Abyssinie, une rencontre de deux personnalités, imprégnées par ce bout du monde. Cependant que l'écrivain, au fil des tours et détours à travers le pays, se rappelle ses souvenirs vieux de quelque vingt ans, le photographe saisit, dans une Ethiopie plus rurale qu'urbaine, ce qui semble immuable, malgré les guerres, les bouleversements politiques. Corvées d'eau et de bois de chauffe, sourire innocent de jeunes adolescentes, matinée brumeuse à Addis-Abeba, petit barrage sur la rivière Mehô, carrioles aux roues caoutchoutées, misère noirâtre des bicoques... --Céline Darner

 
HIRSCH Bertrand, 1989, Éthiopie, années 30, L’Harmattan,192p.  
LE HEROU Fabienne, 2000, Ethiopie-Érythree frères ennemis de la corne de l'Afrique, L’Harmattan, 160p.

L'Érythrée finit par acquérir son indépendance après une guerre de trente ans (1961-1991) l'ayant opposé à l'Éthiopie. Alliés dans la lutte contre le lieutenant-colonel Manguestu, les dirigeants des fronts de libération tigréen et érythréen se retrouvent à la tête des deux États. Depuis le renversement du dictateur éthiopien, ils avaient noué des relations cordiales. Malgré une entente apparente, des hostilités éclatent en 1998 et conduisent les deux frères à se livrer une véritable guerre. Guerre d'honneur ? Conflit identitaire ? Pour répondre à ces questions, Fabienne Le Houérou se tourne vers son terrain en faisant conjuguer différents chantiers de recherche en Éthiopie et en Érythrée. Elle tente de faire ressortir, dans cet essai, les ancrages historiques de cette crise par la voix même des acteurs de l'histoire. Ces acteurs sont supplétifs érythréens de l'armée coloniale italienne : les ascari, résistants éthiopiens à la conquête de Mussolini, femmes combattantes pour l'indépendance de l'Érythrée et classe politique au pouvoir dans les deux pays. Autant de témoignages qui nous éclairent sur l'ambiguïté, l'ambivalence et la complexité des rapports entre l'Éthiopie et l'Érythrée. Les outils techniques (vidéo) utilisés, pour cet ouvrage, permettent de poser un regard original sur l'émergence de la nation érythréenne.

 

PIGUET François,1999, Des nomades entre la ville et les sables, la sédentarisation dans la Corbe de l'Afrique, Karthala.

La famine constitue aujourd'hui une tragédie médiatisée. Notamment, en Afrique, les pays de la ceinture saharo-sahélienne, de l'Atlantique à la mer Rouge, ont vécu, de 1968 à 1985, deux sécheresses aiguës ayant entraîné la famine. Cette catastrophe a plus particulièrement affecté les populations de pasteurs nomades. Par deux fois, les troupeaux ont été décimés, les nomades minés par la dénutrition se sont regroupés sous des abris de fortune, à la périphérie des villes et en bordure des axes routiers. Dépossédés de leur richesse et de leur puissance passée, le cheptel, les lourds bijoux des femmes, l'épée ou le poignard arboré par les hommes, ils sont démunis de tout, " clochardisés ". Cette ultime stratégie de repli du nomade a entraîné une forme de sédentarisation forcée qui a accentué le mouvement d'exode rural. Dès lors, la subsistance des nomades dépend de l'assistance familiale et de l'aide internationale, ainsi que de l'insertion dans des activités hors élevage. L'aide alimentaire et la logistique des organisations humanitaires induisent des effets pervers, tels que la chute de la production locale, l'abandon de pratiques traditionnelles et une dépendance, notamment liée aux changements d'habitudes alimentaires. Au-delà, le secteur informel (petite production marchande, micro-commerce et autres activités de services) se révèle parfaitement articulé à l'économie de l'aide qui polarise d'ores et déjà l'essentiel du tissu socio-économique. Si cette dernière contribue à la subsistance à court terme, le secteur informel constitue, quant à lui, un " sas d'adaptation " et la ville représente le lieu par excellence du changement social.

 

PLANEL Sabine, 1970, La chute d'un Eden éthiopien, CIR.

Malgré les sécheresses, le surpeuplement rural et la paupérisation, la petite région du Wolaita, au sud de l'Ethiopie, avec ses paysages verdoyants, échappe difficilement à son image d'Eden véhiculée par les voyageurs du XIXe siècle. Ancien grenier de l'empire Ethiopien, montagne paysanne aménagée selon un remarquable savoir-faire, le Wolaita connaît pourtant un inexorable déclin. Loin des clichés et grâce à une analyse régionale soucieuse d'intégrer les dynamiques économiques et politiques, l'auteur restitue, sur plus d'un siècle, la lente transformation de ce petit pays. Depuis l'époque du conquérant Ménélik II jusqu'à la période socialiste en passant par le règne du Négus, elle retrace l'histoire du peuple d'agriculteurs - jardiniers du Wolaita, contraint à s'adapter au jeu des politiques successives. Entre l'intégration dans l'Ethiopie moderne et les spécificités régionales, entre l'ouverture économique et les sursauts identitaires, l'auteur montre comment s'élabore la construction territoriale actuelle, jusque dans ses espaces les plus reculés. Dans cette marche vers la modernité, la chute de l'Eden Ethiopien ne préfigure-t-elle pas l'avènement d'une Ethiopie nouvelle ? L'ouvrage s'adresse tant aux géographes qu'aux économistes, mais également aux historiens et agronomes, ainsi qu'à tout lecteur concerné par les questions de développement.

 
POLITIQUE AFRICAINE , 2005, Éthiopie, le fédéralisme en question. Karthalla, 188p. Depuis dix ans, l'Ethiopie expérimente le fédéralisme ethnique en rupture avec une longue tradition centralisatrice. Derrière la volonté affichée de corriger les déséquilibres ethno - régionaux, ce projet fédéral, qui renvoie à l'histoire de la gauche éthiopienne et à la théorie des nationalités de Joseph Staline, entretient une confusion entre identités " nationales et " ethniques ", réifiées dans la politique quotidienne éthiopienne. Il permet aussi, et incidemment, le maintien au pouvoir d'un groupe socialement minoritaire. Au-delà du cas particulier de l'Ethiopie, ce modèle fédéral " ethnique " soulève des questions majeures qui dépassent le continent africain : comment accommoder les identités de terroir dans le cadre de l'Etat - nation ? L'ethnicité est-elle un langage paradoxal du nationalisme ? Les récentes élections éthiopiennes de mai 2005 illustrent les conditions d'épuisement relatif d'un système incapable de produire un imaginaire national éthiopien dans la nouvelle donne fédérale.

 

PRUNIER Gérard, 2007, L'Ethiopie contemporaine, CFEE-Karthala, 439p.

Entre les splendeurs de la liturgie et de l'art éthiopiens d'un côté et l'image misérabiliste d'un pays mourant de faim, l'Ethiopie contemporaine est un pays contradictoire et difficile à saisir. Seul pays d'Afrique à n'avoir jamais été colonisé (l'occupation italienne n'y dura guère plus que celle de la France par les Allemands à la même époque) ; l'Ethiopie abrite pourtant le siège de l'Union Africaine qui est née dans la foulée de la décolonisation. Longtemps symbolisée par un Empereur qui assumait un vedettariat de people's magazine, ce fut aussi le lieu de la seule révolution communiste authentique du continent noir. Les militants des mouvements black avaient fait de l'Empereur un héros et certains en firent même un Dieu alors que la culture éthiopienne profonde se veut profondément autochtone et regarde l'Afrique Noire avec méfiance. L'Ethiopie est une sorte de cas-test des possibilités de l'Afrique à rejoindre le monde moderne car premier Etat noir à avoir eu une administration moderne autonome, il lutte aujourd'hui pour transformer cet essai en un accès à une transformation sociétale qui lui permettrait de garder son leadership spirituel sur le continent. A mi-chemin des études de spécialistes et des travaux de vulgarisation, le présent ouvrage cherche à donner un panorama complet de l'Ethiopie contemporaine.

 

SYLVESTER Hans, 2007, Ethiopie, Les Peuples de l'Omo, Ed De La Martiniere.

Après avoir voyagé à travers le monde, Hans Silvester tourne son objectif de photographe vers une Afrique originelle, berceau de l'humanité. De sa rencontre avec les tribus de l'Omo, zone quasiment inviolée où des hommes et des femmes d'aujourd'hui perpétuent des modes de vie ancestraux, il ramène une galerie de portraits qui sont un plaisir de l'oeil autant qu'une rencontre avec l'inconnu. Batailles, retours de chasse, jeux d'enfants, parades, toutes ces scènes du quotidien sont autant d'instants qui saisissent les hommes dans leurs nombreux rituels. Les lèvres étirées par des grands plateaux d'argile, les lobes allongés, les corps peints, marqués, scarifiés, sont l'expression d'une société traditionnelle et vulnérable qui côtoie aussi la violence des armes. Dans le premier volume, Hans Silvester raconte le quotidien de ces tribus lointaines qui l'ont pratiquement adopté grâce à ses nombreuses expéditions. Dans le second volume, chaque photographie, en montrant au plus près les peintures corporelles de ces peuples de l'Omo, devient une oeuvre d'art abstraite. Les photographies en couleur et les textes d'Hans Silvester retraçant son périple aux confins de la civilisation, révèlent la beauté fascinante d'un monde en voie de disparition.

 

TORNAY Serge, 2001, Les fusils jaunes. Générations et politique en pays nyangyatom, Société d'Ethnologie de Nanterre.363p.

Connus sous les appellations de Pume ou Dongiro, les Nyangatom n’avaient été mentionnés que par les observations craintives des explorateurs ayant traversé les régions les plus reculées du Sud éthiopien au début du xxe siècle. C’est au début des années 1970 que Serge Tornay fit de longs séjours parmi eux, recueillant d’abondantes données ethnographiques qu’il entreprit de traiter par un travail d’analyse et d’écriture de longue haleine. Il acheva en 1989 sa thèse d’État, dont le présent ouvrage est une version allégée et complétée par des observations récentes. Le titre, Les Fusils jaunes, correspond à la traduction du composé nominal nyang-atom. Cet ethnonyme désigne les canons neufs et rutilants dans le reflet desquels ces guerriers se sont plu à reconnaître leur identité en déformant le sobriquet nyam-etom (« mangeurs d’éléphant ») dont ils étaient affublés par leurs voisins du groupe linguistique et culturel karimonjong.

 

VAN DER STAPPEN Xavier, 2004, Ethiopie : Au pays des hommes libres, La Renaissance du livre, 246p.

L'Éthiopie, vaste pays de la Corne de l'Afrique, est une terre millénaire qui, durant des siècles, a alimenté l'imaginaire des Occidentaux en mal d'exotisme. L'Éthiopie est l'un des pays les plus énigmatiques du globe, une terre d'Afrique qui ne fut jamais colonisée et qui fut christianisée avant les Européens. Un quart de siècle marqué par une guerre civile fratricide n'a pas eu raison de la diversité et de la richesse culturelle des populations qui l'habitent. Ce pays, encore relativement peu visité en raison des difficultés d'accès et de son histoire tumultueuse, se mérite encore. Entre les éleveurs de la vallée de l'Omo, les Afars du désert des Danakils et les agriculteurs des hauts plateaux, plus de quatre cents groupes ethniques composent cette incroyable mosaïque culturelle, à nulle autre pareille. L'auteur est un fin connaisseur de cette contrée. Au cours de trois ans de mission, il a côtoyé des ethnies aussi diverses que les pasteurs du Nil, les Hamer de la vallée de l'Omo, les anciens rebelles du Tigré, les moines orthodoxes des monastères situés au sommets de nids d'aigle imprenables, les cavaliers Oromo ou encore les nomades Afars. Parmi les différentes parties du sommaire, on relèvera notamment : les paysages et leur grande diversité allant des berges désertiques de la mer Rouge aux hauts plateaux verdoyants; les lieux historiques dont les vestiges des premiers royaumes originaires du Yémen, les mégalithes et les premières églises chrétiennes; le Nil bleu, Harar la cité fortifiée, les Afars et les Issas, les montagnes du Balé, la vallée du Rift, la vallée de l'Omo, Addis-Abeba..

 
VAN DER STAPPEN Xavier (sous la direction de ), 1996, ‎Aethiopia : Pays, Histoire, Populations, Croyances, Art et Artisanat. Exposition Aethiopia, Peuples d'Ethiopie, Musée Royal de l'Afrique Centrale à Tervuren, mars à septembre 1996 .  
     

Revue

"Ethiopie : le fédéralisme en question", Politique Africaine, N-099, 2005, Collection : Politique Africaine, 192p.

Depuis dix ans, l'Ethiopie expérimente le fédéralisme ethnique en rupture avec une longue tradition centralisatrice. Derrière la volonté affichée de corriger les déséquilibres ethnorégionaux, ce projet fédéral, qui renvoie à l'histoire de la gauche éthiopienne et à la théorie des nationalités de Joseph Staline, entretient une confusion entre identités "nationales" et "ethniques", réifiées dans la politique quotidienne éthiopienne.Il permet aussi, et incidemment, le maintien au pouvoir d'un groupe socialement minoritaire.