Bibliographie ( voir aussi bibliographie pygmées)

COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L'OMME ET DES PEUPLES

Rapport du Groupe de Travail de la Commission Africaine sur les Populations/Communautés Autochtones: Mission en Republique du Rwanda 1-5décembre 2008

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BRAECKMAN Colette, Rwanda, histoire d'un génocide, Fayard, 1994. BRAECKMAN Colette, Terreur africaine. Burundi, Rwanda, Zaïre, les racines de la violence. Paris, Fayard, 1996.

   
BUHRER VIDAL Cl, Rwanda, mémoire d'un génocide, Cherche Midi, 1996.

   
BYANAFASHE Dégratias, Les défis de l'historiographie rwandaise, 2 vol., tome 1, Les faits controversés, tome 2, La révolution de 1959, mythe ou réalité?, Éditions de l'Université Nationale du Rwanda, Kigali, 2004, 362 p. + 153 p.

   

CHRETIEN Jean Pierre, 2012,, Le défi de l'ethnisme. Rwanda et Burundi, Karthala, 252p.

La première édition de ce livre, en 1997, se présentait comme le prolongement intellectuel du travail de deuil qu'appelaient le génocide des Tutsi et les massacres d'opposants hutu perpétrés au Rwanda en 1994, mais aussi les massacres commis au Burundi en 1993. Seuls les chapitres généraux de la première édition ont été gardés, complétés par une conclusion actualisée. Quinze ans plus tard, le défi reste le même : celui de la réduction de la réalité génocidaire, qui hante cette région d'Afrique depuis un demi-siècle, à des "colères populaires spontanées" ou à des "guerres ethniques", c'est-à-dire à des massacres sans responsabilités. L'opinion publique reste souvent attachée à des clichés, en fonction de préjugés persistants sur une Afrique exotique, "continent des ténèbres" et des "violences ataviques". Toute une littérature, en France, continue étrangement à jouer de cette ignorance. Jean-Pierre Chrétien, qui a travaillé sur ces pays depuis plus de 40 ans, montre que l'ethnisme relève soit d'une illusion théorique, soit d'une propagande raciste qui, en l'occurrence, débouche sur des pratiques d'exclusion et des massacres de masse. Ce livre rappelle que l'impératif de la recherche, en Afrique comme ailleurs, est de décrypter les fausses évidences. Par-delà les cas rwandais et burundais, il permet de penser autrement les rapports complexes qui s'établissent entre mobilisation politique, violence et construction identitaire.

 

DECAL Emmanue, CHRETIEN Jean-Pierre, VERDIER Raymond, 1996, Rwanda, un génocide au 20eme siècle, L'Harmattan, 262p.

Les événements tragiques qui ont endeuillé les familles hutu et tutsi du Rwanda et du Burundi ces trente dernières années, l'ampleur et la complexité du drame Rwandais de 1994 et la catastrophe humaine qui en a résulté et dont nous n'avons été que trop longtemps des spectateurs passifs, ont incité des chercheurs et universitaires français et belges à se réunir avec des intellectuels Africains de la région des Grands Lacs pour mener une réflexion pluridisciplinaire et comparative sur le génocide, ses origines et ses conséquences, sa logique spécifique et son traitement. Le centre Droit et Cultures, le Centre de droit international de Paris X et le Centre de Recherches Africaines de Paris I ont organisé avec la participation de la F.I.D.H. et le soutien de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique un colloque international les 16 et 17 juin 1995 à l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (Paris) sous la présidence de Robert Badinter. Mesurer nos responsabilités passées et présentes, lutter contre l'impunité au niveau international et national, aider à la reconstruction d'un système judiciaire Rwandais, oeuvrer pour l'instauration d'une justice sereine et d'une paix constructive, qui redonnent vie à un peuple martyr, tels ont été les objectifs jugés prioritaires de cette première rencontre. La revue Droit et Culture assurera le suivi du colloque et publiera toute information répondant à ces finalités. Les 25 contributions ici rassemblées émanent de juristes, d'économistes, de politologues, d'anthropologues, de sociologues et d'historiens, elles ont été ordonnées sous quatre rubriques : - Les faits et l'idéologie génocidaire - Droit et justice - Génocides du XXème siècle : preuve, négation et mémoire - Risques de récurrence et prévention.

 

DEL PERUGIA Paul, 1993, Les derniers rois mages,chez les pasteurs poêtes de Ruanda, Payot, 366p.

Ces derniers Rois mages sont ceux du Ruanda. Ce royaume, situé au centre de l'Afrique, à 1 800 mètres d'altitude, devait à son climat et aux formidables chaînes de montagne qui le protègent d'avoir conservé au XXe siècle une culture préservée de toute atteinte extérieure : aucun Blanc ne pénétra dans le parc avant 1894. Paul Del Perugia a résidé deux ans à l'intérieur de ce château fort géographique. Au prix de patientes recherches, il a pu recueillir les traditions secrètes sur lesquelles reposaient les institutions nationales. Ni les colonisateurs allemands puis belges, ni les missionnaires ne soupçonnèrent en effet la réalité du système politique ruandais : ils n'observèrent jamais que le décor d'une monarchie, soumise en fait à un "code ésotérique" ignoré par le roi lui-même. Celui-ci obéissait, sans le savoir, à un des rites dont un collège de mages détenait les clefs. L'auteur nous fait pénétrer dans la splendeur d'une civilisation où les familles, les hommes, les villages vivaient en harmonie parfaite avec la nature, au milieu d'immenses troupeaux quasi bibliques, sous un ciel où les astres s'associaient au bonheur humain. Suivant des recettes éprouvées depuis des siècles, la sagesse des hommes rencontrait ici la beauté du monde.

 
ERNY Pierre, Rwanda, 1994. Clés pour comprendre le calvaire d'un peuple, éd. de l'Harmattan, 1994    
KAGAMÉ Alexis, Un abrégé de l'histoire du Rwanda, Éditions universitaires du Rwanda, Butare, 1972-1975, 2 vol. (286 p. + 543 p.)

   
LIDEN Ian et Jane, Christianisme et pouvoirs au Rwanda : 1900-1990 (traduit et révisé de l'anglais par Paulette Géraud), Karthala, Paris, 1999, 438 p

   
NYAGAHENE Antoine, Histoire et peuplement, ethnies, clans, lignages dans le Ruanda ancien et contemporain, Thèse de doctorat, 744p.    
OVERDULVE Cornelis-Marinus, 2000, Rwanda, un peuple avec une histoire, L'Harmattan,271p.  

VANSINA, 2001, Le Rwanda ancien : le royaume Nyiginya. Ed Karthala, 289p.

Voici un livre fascinant, provocateur, riche de réflexions sur le passé et le présent, un livre choc, écrit par le plus réputé des historiens du Rwanda précolonial. En nous invitant à le suivre dans cette plongée dans l’histoire, Jan Vansina prend en quelque sorte le relais des abacurabwenge de l’ancien Rwanda (« ceux qui forgent le savoir »). À ceci près, cependant, que ces derniers étaient les vecteurs d’une histoire officielle que l’auteur s’est efforcé de démystifier dès 1962, à travers les pages d’un ouvrage bien connu des historiens du Rwanda, L’évolution du royaume du Rwanda des origines à 1900 (Bruxelles, Académie royale des Sciences d’Outre Mer, 1962). S’inspirant des données extraites des Historiques des Territoires et des Rapports de sortie de charge des administrateurs territoriaux – réunies dans Historique et Chronologie du Ruanda (1956) – pour la première fois un historien osait mettre en question les dogmes de l’historiographie missionnaire.

 

LUGAN Bernard,1997, Histoire Du Rwanda - de la Préhistoire à nos jours, Ed.Bartillat,606p.

Le Rwanda constitue une exception en Afrique. Il s'agit en effet d'un authentique Etat-nation multiséculaire dont les frontières historiques n'ont pas été créées par la colonisation. De plus, le pays n'est pas divisé en une multitude d'ethnies. Ses deux composantes humaines, les Tutsi (environ 20 % de la population) et les Hutu (environ 80 %) parlent la même langue et ont conscience d'appartenir à une seule et unique nation. Leurs différences ne sont donc pas ethniques. Il s'agit en revanche de deux populations différentes fondues culturellement dans le creuset étatique et national de la monarchie tutsi, mais qui ont préservé leurs principales caractéristiques morphotypiques. Le Rwanda est une création tutsi. Hommes de la vache et de la lance , ils dominaient généralement ceux de la houe et de la glèbe , c'est-à-dire les Hutu. Allemand jusqu'en 1916, le Rwanda fut ensuite placé sous tutelle belge par la SDN, puis sous mandat par l'ONU. Pour ce royaume aristocratique l'indépendance fut un traumatisme. Enclenchée au nom de la démocratie, donc de la loi du nombre, elle prenait en effet le contre-pied des valeurs traditionnelles, les élites tutsi minoritaires devant mathématiquement abandonner le pouvoir aux Hutu dont les femmes avaient été plus fécondes que les leurs. Les massacres périodiques de 1961, 1963, 1973, puis le génocide de 1990 - 1994 ainsi que la guerre du Kivu de 1996-1997 découlent de cette réalité. De 1961 à 1994, soutenus par la démocratie chrétienne belge puis par la France, les Hutu prirent leur revanche sur les Tutsi. Mais, en 1994, ces derniers reconquirent militairement le pouvoir renouant ainsi avec leur tradition nationale. En 1996, afin de détruire les bases de la guérilla hutu, ils lancèrent une offensive victorieuse contre le Zaïre où le président Mobutu avait laissé se constituer un Hutuland dans la région du Kivu.

 
LUGAN Bernard, Rwanda : le génocide, l'Église et la démocratie, éd. du Rocher, 2004, 234 p.
LUGAN Bernard, Rwanda : contre-enquête sur le génocide, éd. Privat, 2007
   
     

RUDAKEMWA Fortunatus, 2007, Rwanda : A la recherche de la vérité historique pour une réconciliation nationale, L'Harmattan, 189p.

" La mémoire divise, l'histoire unit " (Pierre Nora). L'histoire, c'est l'étude du passé. Au Rwanda, ce passé ne passe pas, il ne veut pas passer et pèse de tout son poids sur le présent, en attendant d'influencer positivement ou négativement le futur. Tout dépendra de comment il sera abordé. De là vient l'urgence de rechercher la vérité historique pour une réconciliation nationale au pays des Mille Collines." À la réflexion, on constate que les Rwandais ont besoin de sortir du " tunnel des idéologies " pour, petit à petit, " retrouver le chemin de la vérité " ; ils doivent sortir de " l'engrenage de la haine, de l'égoïsme, du mensonge, du profitarisme, de l'ethnisme et de la rancœur ". Ce n'est que quand ils seront " guéris de l'épidémie du mensonge et de l'intolérance socio-politique " qu'ils seront assez forts pour affronter leur avenir". NGOMANZUNGU Joseph, L'Église et la crise rwandaise de 1990 - 1994: Essai de chronologie, Pallotti Presse, 2000, p.158

 

SEBASONI Servilien M. 2000, Les origines du Rwanda, Ed L’harmattan, 233p.

Antérieur à la rencontre de l'occident, le Rwandais (un mélange subtil de Hutu, de Twa et de Tutsi, retrouva son « indépendance » dans la tourmente des années 60 ; son existence même se trouva menacée dans le génocide de 1994 ; il cherche aujourd'hui à reforger son identité au milieu de l'urgence d'enjeux nouveaux, avec un sens aigu de sa fragilité. L'auteur ne nous raconte que les « racines des choses » : les origines du Rwanda actuel.

 

HUGGINS Chris,2009,Les lois foncières historiques et contemporaines et leur incidence sur les droits fonciers des peuples autochtones au Rwanda , Ed.FPP,36p.

L’histoire ancienne de ce qui est actuellement le territoire du Rwanda fait l’objet de nombreuses controverses. Selon certaines sources, les groupes ethniques auraient été définies en fonction d’une classification socio-économique et ne sont donc pas véritablement des ethnies. D’autres ont une vision plus primordialiste de l’origine ethnique. Selon un récit oral batwa : "Nos ancêtres ont été les premiers à occuper ce territoire lorsqu’il était entièrement couvert de forêts .... Leur bonheur et leur plaisir à pratiquer leur mode de vie ainsi que la suffisance des ressources qu’ils puisaient dans leur environnement ont été perturbés par les cultivateurs (hutu) qui ont été les deuxièmes à arriver … ils ont envahi la forêt et nos ancêtres ont été forcés à s’éloigner périodiquement des machettes et des houes. Au moment où les … (Batutsi) sont arrivés avec leurs troupeaux de bétail, la forêt avait presque disparu".