Bibliographie ( voir aussi bibliographie pygmées)

IWGIA/CDHP-UA Visite de recherche et d'information en Republique Democratique du Congo Rapport du groupe de travail de la Commission Africaine sur les populations/communautés autochones en la Republique Democratique du Congo, 9-25 Août 2009.

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JORIS Lieve, 2009, Les hauts plateaux, Actes Sud,

Quelques journées de marche, en toute simplicité, de village en village, de colline en marché, avec les habitants de l’est du Congo, une région toujours turbulente, où cohabitent différentes ethnies, différents groupes politiques. Une variante moderne des immersions africaines des explorateurs. L’adieu de Lieve Joris au Congo ? De Minembwe à Uvira, lieux difficiles à situer pour le profane sur une carte de l’Afrique, en quelques semaines, Lieve Joris a marché dans le Congo perdu de l’est, non loin du Rwanda. Le pays des collines vertes, de la juxtaposition des peuples cultivateurs et des peuples éleveurs de vaches. Une région très peuplée, résistante, restée à l’écart de la colonisation belge ; une région où se côtoient des ethnies et des tendances politiques pas forcément d’accord entre elles. Des hautes collines aux abords du lac Tanganyika, une variante moderne des immersions africaines des explorateurs. Un résumé du Congo, en somme. Un petit bout de carte qui est aussi éminemment important en ce qui concerne la géopolitique de l’est africain. Comme pour mettre un point final, après des années, à son travail de recherche affective, d’approche des contradictions, de suivi quasi journalistique des conflits, d’empathie pour les habitants d’un pays qu’elle a connu Congo, puis Zaïre, puis à nouveau Congo, Lieve Joris a réalisé quelque chose de très simple : marcher, de village en village, dans le Congo perdu. Une marcheuse, blanche, souvent la première jamais vue dans les parages, accompagnée d’un guide qui peut se fâcher ou devenir confident, et de porteurs, picaresques à leur manière, porteur en tout cas d’une valise, que Lieve considère comme son seul luxe. Très simple, oui, mais encore une fois très courageux, car Lieve risquait là non seulement tous les inconforts des conditions rudimentaires de vie des paysans, la pluie, la boue, les puces, les rats, la nourriture difficile, mais aussi les brigands possibles, les miliciens plus ou moins autonomes, les autorités pas toujours ravies de sa présence. Lieve Joris est ici d’une franchise remarquable. Elle dit sa fatigue, elle dit son énervement parfois, elle dit le souvenir ranimé des villages flamands de son enfance, sa tristesse d’accomplir ce voyage très peu de temps après le décès de sa mère ; elle dit la misère, l’usurpation des pouvoirs locaux, les débordements de la religion sur des âmes crédules.

 

MUNBUNDA Philémon Muamba, 2011, Géopolitique Identitaire en RDC, le cas de l'Identité Kasaienne, L'Harmattan, 196p.

Pour rendre compte de la géopolitique identitaire en RDC, il faut analyser plusieurs champs du fait que la société congolaise est un lieu de conflit entre les individus qui cherchent à maintenir ou à modifier le rapport des forces en présence. Dès lors, il s'avère que la lutte pour le pouvoir d'Etat est la variable structurelle de la recomposition du paysage politique congolais, tandis que l'accès aux positions hégémoniques par les non-autochtones dans divers champs est une variable dépendante de la bataille à mort que se livrent les politiciens usurpateurs des identités ethniques, surethniques et territoriales. Ainsi l'identité kasaïenne est sujette à caution : tantôt elle est forte, lorsqu'elle sert de bouclier aux menaces externes, souvent en dehors de l'espace vital kasaïen ; tantôt elle est poreuse, face à la rivalité d'intérêts de divers peuples la sous-tendant. Toutefois, l'usurpation ou l'instrumentalisation des identités ethniques, surethniques et territoriales prospère en RDC à cause de l'absence de l'Etat de droit démocratique. Autrement dit, ce fléau ne pourra être éradiqué que le jour où la République démocratique du Congo existera, non point comme un Etat fantôme mais plutôt comme capacité d'agir.

 

NOBIRABO MUSAFIRI Prosper,2008, Dépossession des droits fonciers des autochtones en RDC : perspectives historiques et d’avenir,Ed.FPP, 36p.

Il y a deux millions d’années, des peuples habitaient le territoire actuel de la République démocratique du Congo (RDC)1. Les tout premiers occupants étaient les Bacwa, les Bambuti et les Batwa, les « Pygmées », qui vivaient de la cueillette et de la chasse. Les vagues de migration d’autres groupes (Bantous, Nilotiques et Soudanais) vers cette partie de l’Afrique ont eu lieu au cours du deuxième millénaire avant Jésus-Christ, et les dernières ont eu lieu entre le VIIème siècle et le VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Ces nouvelles communautés, notamment les Bantous, les Nilotiques et les Soudanais (agriculteurs et éleveurs), ont toujours appartenu à des sociétés structurées, dont les dirigeants venaient d’anciennes lignées de chefs – les chefferies. Certaines d’entre elles se sont imposées par leur puissance commerciale et ont créé des empires de plusieurs milliers de kilomètres carrés, surtout dans la partie Ouest des côtes de l’Atlantique. Les plus importants furent les empires Kongo, Luba, Lunda […]. Ce fut avec les dirigeants de ces empires que les premiers Européens eurent des contacts et conclurent des marchés au XVème siècle2. Les nouveaux venus (Bantous, Nilotiques et Soudanais) supplantèrent ainsi par leur nombre les communautés pygmées (Bacwa, Batwa et Bambuti), qui se confinèrent aux forêts équatoriales jusqu’à nos jours. (extrait de l'introduction)