Bibliographie

BASILICO, Sandrine, 2003, Mondialisation et intégration des minorités ethniques au Viet Nam. Le cas des Muong et des Thaï, Ed. l'Harmattan, 192p.

Partout dans le monde, les Etats sont les premiers responsables de l'ethnocide de leurs propres minorités. Cela n'est pas une conséquence de l'hégémonie des puissances industrielles. Il faut en chercher la cause dans celle qu'exercent localement les ethnies dominantes et dans la fragilité des jeunes Etats qui tentent de se construire sur un nationalisme réinventé et volontairement unifié. C'est l'ensemble des modifications sur les cultures Thaï et Muong que cet ouvrage met en exergue.

 

 

BERTRAND Henri, 1994, Un Peuple Oublié Les Montagnards Khas Des Haut Plateaux Du Sud-Indochinois, Sudestasie, 128p.

 

 

BOULBET Jean, 2002, De palmes et d’épines, Tome 1, Vers le Domaine des génies, (Pays maa’, Sud Viêt Nam, 1947-1963), essai autobiographique, SevenOrients , 345p.

Pour la première fois, c’est à la découverte de son histoire personnelle, extraordinaire, que nous convie ce témoin privilégié d’une grande aventure humaine dans cet ouvrage qui, plus qu’un récit autobiographique, est un plaidoyer pour la tolérance, pour les minorités, pour les femmes et la féminité, comprise ici comme la meilleure part de l’humanité et la plus constructive. C’est aussi un véritable manuel d’ethnologie, passionnant et vivant. Pendant plus de 16 ans, il partagea l’intimité des Cau Maa’ (prononcer Tchao Ma), Proto-Indochinois demeurés insoumis et méconnus à moins de 200 km de Saigon, dans les terres hautes de l’Hinterland des anciens auteurs. Ce que l’on appelait les "jungles Moï". Il leur consacra de nombreux travaux scientifiques parus pour la plupart à l’Ecole française d’Extrême-Orient. Si Boulbet réussit à pénétrer le "Domaine des génies" comme les Cau Maa’ appellent leur territoire, c’est à Dam Böt (prononcer Dame Beutte), son "double" local qu’il le doit. Ainsi nommé par les Proto-Indochinois, c’est en effet seul, sans armes, à pied et par la seule conquête des cœurs (comme Auguste Pavie au Laos ou Pierre Savorgnan de Brazza en Afrique centrale), particulièrement celui des jeunes femmes et de leurs parents, qu’il parvint à gagner l’estime et l’amitié de ce peuple farouchement attaché à sa liberté et à sa différence. Alliés traditionnels des princes du Champa, aux côtés des Jörai et des Rhadé, les Cau Maa' étaient en effet des guerriers réputés et respectés.

 
BOULBET Jean, 2003, De palmes et d'épines : Tome 2, Vers le paradis d'Indra (Cambodge, 1963-1975, Seven Orients, 217p

Dans ce tome 2, Dam Böt, alias Boulbet, a quitté le Viêt Nam pour le Cambodge, où les gens l’appellent désormais Tabè , au terme de seize années passées en compagnie des proto-indochinois Cau Maa’ époque qu’il a narrée dans le tome 1, paru en 2002.
 

BOULBET Jean, 2009, De Palmes et d'épines, tome 3 : Vers le port d'attache (Phuket, sud de la Thaïlande, 1975-2007), SevenOrients, 214p.


Lorsqu’en passant « de l’autre côté », j’ai quitté le Cambodge, pays de bon séjour devenu l’enfer khmer rouge, pour me réfugier en Thaïlande, mon monde intérieur se renversait. Je laissais derrière moi une situation dangereuse et catastrophique pour aller vers la paix et la vie normale dans son déroulement. En ce courant du mois de mai 1975, le pays d’accueil qui me ramène à la vie, c’est l’hospitalière Thaïlande. Elle va bientôt m’offrir, en son Midi charmant et alors méconnu, la chance de nouvelles inventions et découvertes humaines, botaniques et archéologiques. A l’automne de ma vie, les images placées sur mes murs se rapportant aux lieux de ce dernier livre fouillent davantage le domaine floral et botanique que mes vies passées au Cambodge d’Angkor et au Vietnam des Cau Maa’ : des fleurs s’exhibent, croulent en masse, sortent d’un isolement discret, des géants de la forêt reposent leurs bases sur d’énormes racines à contreforts surgissant de sous-bois caractéristiques et décoratifs, remarquables par la grâce lumineuse des palmes, le désordre harmonieux des composants des grandes sylves tropicales de cet univers forestier où je me suis si souvent perdu et retrouvé ! Un monde végétal au mieux de sa réussite qui m’a tant appris, en m’éprouvant et m’envoûtant (J. Boulbet).

 

CONDOMINAS, Georges, 2006, L'exotique est quotidien : Sar Luk, Viêtnam Central, Edition Pocket, 663p.

De 1948 à 1950, Georges Condominas a vécu à Sar Luk chez les Mnong Gar, population proto-indochinoise. Pour élucider de l'intérieur cette vie des hommes de la forêt dans les montagnes du Centre-Vietnam, il s'est tout naturellement intégré à un milieu où, d'une certaine manière, il s'est retrouvé. Vivant seul, il parle bientôt couramment la langue des Mnong Gar et effectue toutes ses enquêtes sans interprète ; ce qui lui paraissait encore exotique prend vite la saveur du quotidien, le soumettant au rythme des saisons, le liant à cette population vietnamienne dont il partage les joies et les peines. Le désir de s'intégrer à une culture à l'opposé de celle dans laquelle il fut élevé, l'auteur croit en trouver, au moins en partie, l'origine dans sa nature propre, sa qualité d'Eurasien. " Comment peut-on être métis ? Enfant des quatre vents, qui suis-je ? " Telles sont quelques-unes des questions auxquelles, par-delà une description minutieuse d'une société vietnamienne inconnue, l'ethnologue Georges Condominas essaie de répondre.

 

CONDOMINAS, Georges,2003, Nous avons mangé la forêt de la Pierre-Génie Gôo: Chronique de Sar Luk, village mnong gar (tribu proto-indochinoise des hauts plateaux du Viet-Nam central), Mercure de France, 502p.

Quand, à vingt-sept ans, Georges Condominas s’installe à Sar Luk, village de population mnong gar, sur le plateau du Darlac (aujourd’hui province du Dac Lac), au centre du Vietnam, c’est avec un désir d’immersion complète. Il entend dépasser une certaine ethnographie indochinoise, œuvre de missionnaires ou d’administrateurs à laquelle ont manqué l’expérience d’une intimité et les méthodes que réclame une démarche professionnelle. Pour lui, partager le quotidien des villageois est la condition nécessaire ; analyser le plus fidèlement possible la vie sociale dans ses multiples dimensions, à l’aide de techniques d’enquête éprouvées, devient l’objectif. Il s’agit de « participer à la vie d’un village pendant un an au moins, de façon à suivre le déroulement d’un cycle agraire en son entier ». Le propos principal de cet ouvrage est d’illustrer et de faire comprendre le travail de terrain d’un grand ethnologue, grâce à la réunion des éléments qui constituent son travail : notes, croquis, photographies, objets rapportés… Les mots de Condominas, passés et présents, sont là pour porter un regard sur le sens d’une telle collecte à l’époque où il l’a faite et aujourd’hui.

 

DE KONINCK Rodolphe, DURAND Frédéric, FORTUNEL Frédéric, 2005, Agriculture, environnement et sociétés sur les Hautes terres du Viêt Nam, IASEC.

L’avenir des Hautes terres du Centre du Viêt Nam est au cœur de nombreux débats, souvent passionnés, particulièrement en ce qui concerne l’environnement et les droits des populations locales. Suite à des vagues migratoires successives, à des défrichements et une exploitation de plus en plus intensive des terres, mais aussi à des processus de modification des territorialités autochtones et allochtones, ces espaces ont connu des changements très marqués. Les métamorphoses rendraient ces contrées étrangères aux explorateurs du début du XXème siècle qui dépeignaient des régions sauvages teintées d’un imaginaire exotique, croyant trouver dans cet hinterland un univers « primitif » et extérieur aux civilisations voisines. Les travaux récents mettent surtout en avant la prédominance des logiques de contrôle étatique, la marchandisation et l’intégration de cette zone dans l’économie-monde. Ces phénomènes se manifestent au Centre Viêt Nam avec une acuité particulière, tant la dynamique engagée a été profonde et s’est accélérée au cours des dernières décennies, particulièrement depuis l’amorce de la politique de ??i M?i en 1986.

 

DOVERT Stéphane, de TRÉGODÉ Benoit, 2009, Vietnam contemporain, IASEC,

Avec les contributions de Hugues Tertrais, Stéphane Dovert, Philippe Lambert, Yann Bao An, Benoît de Tréglodé, Vatthana Pholsena, Dô Hiên, Frédéric Durand, Frédéric Fortunel, Christophe Gironde, Christophe Feuché, Xavier Oudin, Catherine Scornet, Nguyên thi Phi Linh, Nguyên Thanh Nguyên, Samuel Palmer, Laurent Pandolfi, Vu thi Minh Thang, Trân thi Liên, Andrew Hardy, Nguyên Van Chinh, Lê Huu Khoa, Doan Cam Thi et Bui Trân Phuong. Le Viêt Nam a longtemps marqué le monde par ses guerres, décrites par une abondante littérature. Mais la majorité de la population actuelle n'a pas vécu ces tragiques événements. Les moins de quarante ans n'ont même pas connu la grande période d'intransigeance révolutionnaire. C'est la génération du dôi mói (la politique de rénovation débutée en 1986) qui a redessiné le paysage économique et social du pays. Qui sont donc les Vietnamiens aujourd'hui ? Quel est l'avenir d'une nation peuplée de 84 millions d'habitants qui s'impose, à l'évidence, comme un membre essentiel de l'Asean ? Cette monographie nationale, qui réunit 23 spécialistes du Viêt Nam, décrit et analyse le présent d'un peuple en pleine mutation.

 
GUERIN, Mathieu, HARDY, Andrew, VAN CHINH, Nguyen, BOON HWEE, Stan-Tan, GOUDINEAU, Yves, 2003, Des montagnards aux minorités ethniques : Quelle intégration nationale pour les habitants des hautes terres du Viêt Nam et du Cambodge ?, Ed. L’Harmattan, 354 p.

Comment peut-on être vietnamien sans être viêt ; être cambodgien sans être khmer ? C'est la question qui se pose aux Jaraï, Brou, Mnong et autres Stieng, populations autochtones des hauts plateaux, à la frontière entre les deux pays. Ces peuples, longtemps indépendants sur les hautes terres de la chaîne Anamitique, doivent aujourd'hui faire face à des mouvements migratoires sans précédent. Les nouveaux venus, colons des plaines, fonctionnaires, forestiers, commerçants, planteurs de café, gagnent peu à peu sur leurs terres, bouleversant fondamentalement leur mode de vie. Contraints à l'intégration, les habitants des hauts plateaux se battent pour éviter une assimilation pure et simple ; pour que leurs cultures ne soient pas sacrifiées sur l'autel du développement national. Ce livre fait émerger les enjeux de leurs revendications et des réponses qui leur sont apportées par les gouvernements du Cambodge et du Viêt Nam

 

HEMMET, Christine, GOUDINEAU, Yves, 2006, Nous avons mangé la forêt... : Georges Condominas au Vietnam, Edition Musée du Quai Branly, 127p.

Sar Luk, 1949. Georges Condominas s'installe dans un village du plateau du Dac Lac, au centre du Vietnam, chez les Mnong Gar, population de montagnards austro-asiatiques. Il a vingt-sept ans. Guidé par la volonté d'une immersion complète, il entend dépasser une certaine ethnographie indochinoise, œuvre de missionnaires ou d'administrateurs, parfois de qualité, mais à laquelle ont manqué les méthodes que réclame une démarche professionnelle et scientifique. Pendant une année, correspondant au déroulement d'un cycle agraire en son entier, il partage l'existence des villageois de Sar Luk et poursuit un travail ethnologique d'une rare intensité.

 

MAURICE, Albert-Marie, 1993, Les Mnong des hauts plateaux. Centre Vietnam. Vie matérielle, Tome 1, Ed. L'Harmattan, Coll. Recherches Asiatiques, 745p.

Voici une monographie des Mnong vivant vers 1935 en Indochine, entre le Mékong et la Srépôk. Elle comporte nombre de données inédites. Le milieu physique est brièvement décrit. Un court aperçu historique précède le tableau des établissements humains, avant de détailler les aspects techniques, le cadre de vie et les modes de production de ce peuple austro-asiatique. Le déroulement de leur existence familiale et sociale est ensuite esquissée. Au-delà des traits religieux évoqués à propos de la culture et de la chasse, les notions essentielles de croyances sont étudiées et notées les pratiques de magie rencontrées. Un recueil de légendes et « d’histoire » donne une idée du folklore et le coutumier (recueilli par Perazio) permet d’entrevoir les usages locaux. L’ouvrage présente également des prières recueillies par J. Boucher de Crèvecoeur, une enquête du docteur Prost sur les remèdes utilisés par les guérisseurs.

Vie sociale et coutumière Tome 2

 

 

PAPIN Philippe, 2003, Viêt-Nam : Parcours d'une nation, Belin, 207p.

Porté par une histoire riche en contacts et par une situation géographique exceptionnelle qui le place à la charnière du monde chinois et de l'Asie du Sud-Est, le Viêt-Nam présente encore une étonnante diversité ethnique et culturelle qui n'est pas sans exercer une influence profonde sur les évolutions économiques, politiques et sociales les plus contemporaines. Marqués par un long millénaire de cohabitation avec le gran voisin chinois, les Vietnamiens ont ensuite tracé leur propre chemin, du Nord au Sud puis d'Est en Ouest, tâchant en permanence de consolider l'espace national et de promouvoir une culture politique originale qui, en articulant les villages sur la cour impériale et le monde rural sur celui des mandarins, a permis de réunir en un sort commun les mille et une facettes de cette mosaïque de peuples et de territoires. Le Viêt-Nam d'aujourd'hui, désormais en paix mais livré à lui-même depuis la chute du bloc de l'Est, est confronté à de nouveaux défis que l'auteur propose d'aborder sous l'angle de la perspective historique, seule capable de faire comprendre les enjeux, ressorts et limites de la difficile mutation qui s'accomplit aujourd'hui.

 
SALEMINK, Oscar, 2001, Diversité culturelle au Viet Nam : enjeux multiples, approches plurielles, Ed UNESCO.

La diversité culturelle du Viet Nam, nation multi-ethnique, est un terrain fertile et stimulant pour la réflexion. La musique, la tradition orale, la protection légale de l’héritage immatériel, les enjeux politiques propres aux groupes multilingues, la culture autochtone en péril ne sont que quelques-uns des sujets traités dans ce volume. Les expériences vécues par les auteurs et les opinions exprimées sont infiniment variées et touchent au cœur de la société vietnamienne, offrant aux lecteurs un riche éventail de perspectives contrastées. Cette étude unique, illustrée avec plus de cent photos en couleur intéressera aussi bien ceux qui sont spécialisés dans l’Asie du sud-est, anthropologues, linguistes ou sociologues, que le grand public.
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TRAN THI HAO, 2007, Une introduction à la connaissance du Vietnam, L'Harmattan ,312p.

Après plus de trente ans de guerre et plus de vingt ans d'application de la politique du Renouveau, que devient le Vietnam ? Une Introduction à la connaissance du Vietnam fait connaître le Vietnam d'autrefois et d'aujourd'hui à travers les aspects différents de la société. Avec plus de quatre mille ans d'histoire, le Vietnam, pays multiethnique, possède une culture traditionnelle riche et multiforme, patrimoine chargé de mythes et de légendes, de contes et de récits anciens, de chansons folkloriques, d'airs populaires et de formes théâtrales. Ses valeurs traditionnelles ne l'empêchent pas de s'ouvrir aux valeurs des cultures progressistes, vers une culture multinationale, empreinte de l'identité nationale. Guide culturel, ce livre permet au lecteur de parcourir le pays, de vivre le quotidien des Vietnamiens, à travers différentes périodes. Au-delà de l'aspect touristique, il est intéressant de pénétrer dans les mœurs et les coutumes des Vietnamiens d'autrefois pour comprendre le pays d'aujourd'hui.

 

VIDAL Nicole,2003, Les jungles perdues : Regards sur des Montagnards du Laos et du Viêt Nam, sur leurs jungles et sur leur destin, Le Capucin , 301p.

Le Viêt Nam c'est l'inquiétante baie d'Halong, le défilé incessant des deux-roues, les palais de Hué, l'odeur d'un pho à chaque coin de rue, un buffle soumis à un gamin au milieu d'une rizière du delta. C'est aussi des colonels gérant des hôtels, un tourisme en plein essor, des minorités ethniques exhibées à Sa Pa. En quittant ces sentiers rebattus on pénètre un pays ombrageux, moite, violent. On entre dans ces zones interdites où la guerre du Viêt Nam tue encore, le communisme aussi. C'est dans ces jungles perdues du Laos et du Viêt Nam que Nicolas Vidal a pénétré. Comme un aventurier authentique qu'il est : patient, modeste, obstiné et passionné. Il y a rencontré les Hmongs et les Montagnards des Hauts Plateaux, a partagé leur existence, leur mémoire et leur misère. Il y a croisé les esprit des morts, l'ombre des derniers tigres, des Français égarés par l'Histoire, le souvenir du docteur Yersin. Ce sobre récit nous raconte ses rencontres, la mythologie de ces peuples et leur poignante destinée.