Bibliographie

BADOU Gérard, 2002, L'énigme de la vénus Hottentote, Ed Payot,

Fabuleuse aventure que celle de la Vénus Hottentote, de son vrai nom Sarah Baartman. Jeune "Sud-Africaine" aux formes hallucinantes, elle est arrachée à sa terre natale par deux escrocs qui, en 1810, vont l'emmener à Londres puis à Paris pour l'exhiber comme une bête de foire. Elle enflamme le monde scientifique et devient célèbre, mais décède prématurément en décembre 1815. Récupéré par les savants, dont l'illustre Cuvier, son corps difforme fait l'objet d'un moulage exposé au Muséum puis au musée de l'Homme jusqu'à la fin des années 1970. Mais voici qu'en 1994, l'ethnie khoisan réclame la restitution de ses restes. Il faudra des rebondissements dignes d'un roman et le vote d'une loi pour qu'enfin ils soient officiellement remis à l'Afrique du Sud le 29 avril 2002. Gérard Badou est écrivain et journaliste.

 

CHASE-RIBOUD Barbara, 2006, Vénus hottetote, Ed . Livre de poche,

En 1816 mourut Sarah Baartman, morphinomane et alcoolique. Née en Afrique du Sud, deux fois vendue, elle avait été une attraction foraine, exhibée entre une naine et une femme à barbe, en raison de particularités physiques : une exceptionnelle cambrure des reins, et une morphologie sexuelle modifiée par des rites tribaux. Pour l'Europe, pour les badauds dont elle suscitait la curiosité malsaine, elle fut 'la Vénus Hottentote'. L'empereur Napoléon vint la contempler. Le savant M.Cuvier l'examiner avant d'acheter son corps, qui fut explosé au Muséum d'histoire naturelle.

 

ELLENBERGER, Victor, 1953, La Fin tragique des Bushmen : Les derniers hommes vivants de l'âge de la pierre, 262p.

"C'est la tragique histoire d'une des races les plus anciennes au monde, en même temps que d'une des civilisations les plus reculées, que nous voulons retracer dans cet ouvrage : la race des Bushmen ou Boschimans, qui pendant des siècles, des millénaires même, selon toute probabilité a occupé l'Afrique méridionnale et cela jusqu'au jour où des races sédentaires, venues à la fois du sud et du nord l'on dépossédée de ses domaines et finalement l'on écrasée.

 

FAUVELLE –AYMAR François-Xavier, 2002, L’invention du Hottentot. Histoire du regard occidental sur les Khoisan ( XV émé-XIX ème siècle) Ed. Publications de la Sorbonne, 415p.

Dès leur rencontre avec les Européens, les habitants du Cap de Bonne-Espérance, à l'extrémité de l'Afrique, entrent en littérature. Visités par tous les navigateurs en route pour l'Orient, côtoyés par les résidents de la colonie, les Khoisan suscitent un intérêt démultiplié dont on rencontre l'écho dans les récits de voyage, les lettres de la Renaissance portugaise, les débats philosophiques sur l'origine des langues et des peuples, l'anthropologie des Lumières, ou encore la raciologie. Ainsi s'élabore, entre la fin du XVe et la fin du XIXe siècle, la figure du Hottentot. Une figure qui occupe une place centrale sur la scène de l'Ailleurs. Jouant les rôles, souvent paradoxaux, de l'homme premier ou liminal, de l'ignoble et du noble sauvage, le Hottentot a une histoire, qui l'éloigne des réalités africaines. Il devient un être sans chair, un sauvage de papier ô combien utile et manipulable. Du village néerlandais du Cap aux salons parisiens, des ateliers de gravure aux cabinets de dissection, des livres de bord à l'Encyclopédie, cet ouvrage retrace le destin d'un sauvage idéal.

 

ISAACSON, Rupert, 2008, Les derniers hommes du Kalahari, rencontre avec les Bushmen, Ed Albin Michel.

Rupert Isaacson a rencontré les derniers Bushmen (aussi appelés San) qui mènent encore aujourd'hui une vie nomade et luttent pour récupérer et protéger leurs terrains de chasse traditionnels. L'auteur réalise que non seulement ce peuple pacifique est menacé d'extinction (ils ne sont plus que dix mille aujourd'hui), mais qu'on a fait d'eux des mendiants, leur retirant leurs terres et leurs moyens de subsistance, menaçant ainsi leur identité même. D'autant que des mines de diamants ont été découvertes récemment sur leurs territoires. Mais ce qui distingue surtout ce livre humain et chaleureux, c'est l'extraordinaire héritage spirituel des Bushmen dont Rupert Isaacson a pu être le témoin. Il est ainsi question de ces chamanes qui ont le pouvoir de se transformer en lion ou en léopard, de cérémonies de guérison, de chants sacrés aux pouvoirs incroyables, de danses qui mènent à la transe...

 

PATOU-MATHIS, Marylène, 2007, Une mort annoncée : A la rencontre des Bushmen, derniers chasseurs-cueilleurs du Kalahari, Librairie Académique Perrin, 197p.

Au Kalahari, vit l'une des dernières populations de chasseurs-cueilleurs, les Bushmen, ou plutôt les San, selon leur véritable nom. Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, a partagé plusieurs mois la vie de ce peuple pacifique, qui parle une langue à clics et perpétue un mode de vie ancestral fondé sur la chasse aux animaux sauvages et la cueillette de plantes comestibles. Conscients de la singularité de leur existence hors de tous les schémas contemporains, les San se battent désormais pour la protéger. C'est le récit émouvant de cette rencontre que Marylène Patou-Mathis fait ici, preuve s'il en est qu'il est possible de regarder et de percevoir le monde autrement.


 

OLIVIER, Emmanuelle et VALENTIN, Manuel, 2005, Les Bushmen dans l'histoire, Ed CNRS, 280p.

Isolés au cœur du Kalahari, longtemps les Bushmen ont été considérés comme des gens au-delà de l'histoire, reproduisant depuis un temps immémorial les mêmes gestes, les mêmes rites, les mêmes mythes. Prenant le contre-pied des caricatures médiatiques ou touristiques, cette étude est la première en français à aborder l'ensemble des populations bushmen, depuis leur découverte jusqu'à nos jours. Dirigé par un anthropologue et une ethnomusicologue, cet ouvrage critique montre, à partir des différentes sortes de productions des bushmen mises en formes (objets), en images (peintures rupestres), en scène (rituels et fêtes), en mots (récits dans la langue à clics) et en musique (chants et pièces instrumentales), comment l'histoire est un récit qui se fabrique en permanence « dans l'usine endogène des sociétés ».

 

 

SANDREL Carole,2010,Vénus & Hottentote - Sarah Bartman,Ed.Perrin,160p.

Qu'avait-elle de si particulier, Sarah Bartman, femme khoi d'Afrique du Sud, pour qu'au début du XIXe siècle, on l'exhibe comme un animal dressé, dans les foires et au Muséum, devant les badauds d'Angleterre et de France ? Il ne s'agissait pas seulement de l'attraction de ses fesses aux dimensions exceptionnellement généreuses, prodige de la nature aux yeux des savants et bateleurs, mais de particularités intimes qu'elle se refusa à dévoiler jusqu'à sa mort. Alors seulement l'éminent Georges Cuvier, père de la paléontologie, put les examiner, après prélèvements, et sans état d'âme, comme en témoigne son rapport d'autopsie qui, pendant longtemps, ne choqua personne. Sarah Bartman était esclave, son fessier extraordinaire devait inspirer ce commentaire à un contemporain : " Elle était stéatopyge jusqu'à la faute... " C'est le destin terrible de cette femme, surnommée la " Vénus Hottentote " et dont les " restes ", presque deux cents ans plus tard, sont revenus en majesté dans son pays natal, l'Afrique du Sud, que Carole Sandrel restitue ici dans un récit bouleversant.

 

 

SHOSTAK Marjorie,2004, Nisa, une femme.Ed.Payot.

Publié pour la première fois en 1981, vendu à quelque 200 000 exemplaires et transposé au théâtre, l’ouvrage de l’anthropologue américaine Marjorie Shostak est ce que l’on appelle un best-seller. Mais il fait aussi figure de texte de référence qui, depuis vingt ans, alimente des séminaires d’anthropologie culturelle et de gender studies dans nombre d’universités anglo-saxonnes. Conçu comme le récit de vie d’une femme bochiman écrit par une anthropologue qui se définit aussi comme une féministe militante, Nisa se veut une approche à la manière de Margaret Mead, dont l’auteur se réclame, et inaugure une anthropologie où l’individu devient un acteur significatif de la société étudiée.Emmanuelle Olivier, « Marjorie Shostak, Nisa. The Life and Words of a !Kung Woman », L’Homme, 164 | octobre-décembre 2002, [En ligne], mis en ligne le 25 mars 2008. URL : http://lhomme.revues.org/index14112.html.

 

CRAWHALL Nigel,2005, Peuple San : le développement durable avant la lettre, Le nouveau courrier de l'UNESCO.

Elément clé du développement durable, la gestion de l’eau suppose une bonne compréhension de l’environnement et de ses ressources. Pendant des siècles, le peuple San a su tirer le meilleur parti des faibles ressources en eau que recèle la région désertique du sud du Kalahari (Afrique du sud). Mais ce savoir s’est perdu au moment de la colonisation.

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VAN DER POST Laurent, 2003, Le monde perdu du Kalahari, Payot, 309p.

Voyage au coeur de l'Afrique, ce récit n'est au premier abord que celui de l'expédition montée par Laurens van der Post à la recherche des Boshimans, une tribu en voie de disparition, d'origine mongole et descendant des premiers habitants de l'Afrique, peu à peu décimée par les Noirs et par les Blancs. Mais voilà que très vite cette exploration du désert du Kalahari prend l'allure d'une quête mystique. Une quête récompensée par la découverte de ces hommes, passionnés de musique et de peinture, ayant inscrit dans leur mode de vie le refus de posséder, ce qui est bien la plus haute forme de liberté. Leur disparition prochaine hante le récit d'une insoutenable mélancolie. Jamais langue de voyageur-poète n'aura su, à travers l'espace sauvage, source de connaissance, de régénération et de rêve, exprimer si fortement les liens qui unissent l'homme aux forces spirituelles de la nature

 

WATSON Scott, 2003, Le chant des Bushmen-Xam, Karthala, 110p.

Les Bushmen/Xam étaient un peuple de chasseurs-cueilleurs qui vivaient depuis près de cinq mille ans en Afrique du Sud, dans l'actuelle province du Cap. Dès le début du XXe siècle, ils avaient complètement disparu, exterminés à la longue par la colonisation européenne. Dasn les années 1860, le grand linguiste allemand W.H. Bleek, conscient du génocide en cours, prit à son service trois Bushmen/Xam, condamnés aux travaux forcés, et entreprit avec eux de sauver ce qui pouvait encore l'être de leur langue et de leur patrimoine oral. Ce n'est pas sans une grande émotion et un infini respect que Stephen Watson, poète sud-africain contemporain, a décidé de redonner vie à quelques-uns de ces textes d'une beauté fulgurante.