Filmographie massaï, turkana, samburu...

Maasaï - Terre interdite, Xavier Péron, Sellefyan Kristin, 2007.

Les Maasaï ont traversé les siècles derrière leurs troupeaux, vivant du lait, du sang et de la viande de leurs vaches. On les appelait les Seigneurs de l'Afrique de l'Est. Chasseurs de lions et guerriers réputés, ils sont devenus l'identité du Kenya touristique. Mais la carte postale a son revers… Aujourd’hui, la culture Maasaï, liée au pastoralisme, est en train de disparaître. Pour Kenny Matampash ole Meritei, le personnage principal du film, l'arrivée des colons britanniques au Kenya au début du 19e siècle a sonné le déclin des Maasaï. Nous allons parcourir 3 000 kilomètres avec lui à travers le Kenya pour constater l'agonie de la société traditionnelle Maasaï.

 

Maasaï, Plisson Pascal, 2003, 90'.

Le passage d'un groupe d'adolescents à l'âge adulte. Confrontés à une sécheresse qui met en péril la pérennité de leur peuple, les anciens sont convaincus d'être victimes d'une malédiction du Dieu rouge, le Dieu de la vengeance. Suite à la mort de leur chef de guerre, ils sont obligés de former à la hâte une nouvelle génération de guerriers, aussi inexpérimentés que vaillants, qu'ils chargent de traquer un lion mythique, Vitchua, incarnation du Dieu rouge, et de ramener sa crinière. Ainsi seulement le sortilège pourra-t-il être brisé.

 

Isanga, Ebrard Françoise, 1995, 52'.

"Isanga" est le mot swahili qui signifie "confrontation". Le film montre cette confrontation au travers de l'histoire de ce village et de quelques personnages extraordinairement attachants : deux jeunes femmes masaïs, un guide de chasse d'origine grecque, une infirmière missionnaire allemande. Une chronique entre rires et larmes, conflits et amitié, nostalgie et espoir. Un film résolument optimiste à l'image du peuple masaï.

 

Une femme parmi les femmes, David MacDougall et Judith MacDougall , 1981, 74'.

Troisième film de la célèbre trilogie Turkana Conversations, Une femme parmi les femmes s’attache à comprendre comment les Turkanas - éleveurs semi-nomades relativement isolés du nord-ouest du Kenya - et en particulier les femmes turkanas, voient le mariage.

 

Umoja, le village des femmes, de Roubaix François, 2006, 43'

Dans le village d'Umoja, qui jouxte le parc national de Samburu, au Kenya, il n'y a que des femmes. Fuyant les mutilations sexuelles, les mariages forcés et la violence conjugale, elles ont trouvé refuge dans ce havre de paix fondé en 1990. C'est le cas de Napora, violée par un inconnu puis battue et chassée par son mari. Solidaires, les habitantes d'Umoja se sont créé une nouvelle vie et exercent des activités traditionnellement masculines, comme l'élevage ou l'abattage. Une véritable provocation pour la société patriarcale kényane.

 
La massaï blanche, Hermine Huntgeburth,

Prenez un best-seller autobiographique et commencez le film par "basé sur une histoire vraie". Rien à dire : on est dans le réel, pourquoi ergoter davantage ? Le livre de Corinne Hofmann a été traduit en 16 langues et vendu à quatre millions d'exemplaires dans le monde tandis que le film, distribué dans de nombreux pays, a été diffusé sur Canal + en France et n'y est accessible qu'en DVD. Cette Suissesse née en 1960 a vécu de 86 à 90 au Kenya, mariée à Lketinga (Lemelian dans le film), un guerrier samburu (une branche dérivée des Massaï) après un coup de foudre durant ses vacances. Elle quitte le confort suisse pour vivre en brousse dans le village de Barsaloï, se plie aux traditions, habite dans une manyatta (hutte de terre et de bouse de vache), affronte la dureté de vie et la malaria, aura une fille et s'enfuira finalement avec elle pour échapper à la jalousie dévastatrice de son mari.

 

Ni mila tu, Charlotte Bruneau, Laurène Lepeytre, 52'.

Naivashe est Maasaï. Elle a 14 ans. Aujourd'hui, elle est vêtue de noire, a au poignet ses nouveaux bracelets de perles et au cou son collier de viande, on vient de la raser : aujourd'hui, elle passe à l'âge adulte. Sa mère, sa grand-mère, ses soeurs, toutes ont été excisées. Mais depuis cette année, au village de Monduli en Tanzanie, on n'excise plus. Elle s'installe à l'entrée de la boma (maison traditionnelle en bouse), écarte les jambes. On la tient. Tout est symbolique car elle ne criera pas : on lui fera deux petites entailles symboliques entre les cuisses. Histoire de marquer le coup. Depuis début 2007 à Monduli, l'excision est remplacée par un rite de passage alternatif. Une initiative maasaï. Une première dans la région ! Les responsables de ce changement nous expliquent les réticences rencontrées chez les villageois (l'excision est un repère social), les anciennes exciseuses au chômage ont trouvé de nouveaux moyens de gagner de l'argent, on leur décerne des diplômes et quelques billets pour les féliciter d'avoir cessé leur activité... même si certaines avouent continuer d'exciser en cachette. On n'achète pas une tradition avec de l'argent. La police assure que l'Etat sanctionne sévèrement les exciseuses. Son rôle se cantonne à pénaliser, pas à sensibiliser. Elles sont aussi beaucoup à fuir leur famille qui n'abondonnera pas l'excision. Seul refuge possible : l'école secondaire, dans la brousse. Ensemble, le rejet plis facile à assumer.