Bibliographie

ALES, Catherine, 2006, Yanomami. L’ire et le désir, Ed. Karthala, 323p.

Plusieurs années passées auprès des Yanomami – littéralement : « êtres humains » –, l’un des « terrains » privilégiés des ethnologues, Catherine Alès nous montre que « les Yanomami ne sont pas un peuple avide de guerre et de violence ; (et qu’) ils désirent au contraire vivre tranquillement » (p. 3 7, n. 3 2). Pour autant, elle n’en fait pas de « doux sauvages ». Et c’est là tout l’intérêt de l’ouvrage de C. Alès, tiré d’une thèse : elle leur reconnaît un « ethos agressif et guerrier », mais qui n’est en rien orienté vers la mort. Les Yanomami sont un peuple pour qui l’honneur compte : lorsqu’ils se sentent offensés, ils se vengent. Parfois même, le sang coule. Mais cette vengeance, très codifiée, est en fait tout orientée vers le maintien des relations avec les offenseurs, et conjure même le massacre.

 

ANDUJAR, Claudia, 2007, Yanomami : la Danse des Images, Ed. Marval, 179p.

Ce livre reprend près de trente années de photographies et de combat pour les Indiens Yanomami. Un peuple d'environ vingt-cinq mille êtres qui vit dans la forêt d'Amazonie, dans le bassin formé par les affluents des fleuves Negro et Orinoco, dans des terres aux sources abondantes où alternent hauts et bas reliefs. Un peuple divisé entre deux pays, fruit de la géopolitique des frontières entre le Brésil et le Venezuela.

 

BIOCCA, Ettore, 1965, Yanoama - Récit d'une femme brésilienne enlevée par les Indiens, Ed. Plon, Coll. terre humaine, 460p.

Un document sans précédent : une blanche enlevée enfant en 1939 raconte 22 années de vie dans une tribu de la forêt amazonienne. « Proclamons d’emblée que nulle chicanante retenue n’altérera le respect et la sympathie mérités par ce livre que, sans réticence, nous avons plaisir à dire grand. Et portons aussi témoignage de l’admiration que suscitera, en l’âme de tout lecteur innocent, l’auteur quasi anonyme de ce livre éclatant, Elena Valero, dont le récit fut recueilli au magnétoscope par le chanceux médecin italien Ettore Biocca. Ayant rendu à chacun son dù, passons à l’ordre du jour. Ce livre est, si l’on veut, une autobiographie qui raconte 22 années de la vie d’une femme sans pour autant, et bien qu’un tel destin soit en lui-même fascinant, en faire le thème exclusif. Car, au travers de l’expérience personnelle d’Elena Valero, se trouve brassée, embrassée, décrite à traits à la fois fermes et fins, la vie sociale saisie en sa différence la plus massive et en sa richesse la plus raffinée, d’une société primitive : la tribu indienne des Yanoama qui vivent aux confins vénézuélano-brésiliens, dans les montagnes de la Parima ». (Pierre Clastre)

 

BRINCOURT, Christian, 1996, Amazonie : les derniers indiens, Ed. Atlas, Coll. En Direct, 127p.

Au coeur de la plus grande forêt du monde, vaste comme 11 fois la France, après un périple de 1'400 km en pirogue sur le rio Negro et le Maruaia, Christian Brincourt et le cameraman Philippe Vieillescazes ont découvert, dans la jungle primaire qui sépare le Venezuela du Brésil, une tribu d'hommes nus au corps recouvert de dessins: les Yanomami. Ces premiers habitants du Brésil représentaient 2 millions d'individus il y a un siècle; il en reste 200'000 aujourd'hui. Durant trois semaines, les journalistes français ont vécu au coeur de cette tribu primitive. Ils ont découvert les coutumes, les moeurs, les croyances, les séances de drogue collectives, le rôle spécifique des femmes, la chasse, les rites funéraires où les cendres du défunt sont consommées. Un reportage unique et rare au milieu de ces Indiens qui ignorent l'existence de la télévision, des grandes villes, des routes, des satellites, et la guerre du Golfe. Christian Brincourt, en quittant les Indiens, a voulu rencontrer leurs prédateurs, leurs ennemis. Pour cela, il est descendu dans la mine d'or de la serra Pelada. Il a photographié les Garimperos, ces hommes-boue, ces damnés de l'or qui progressent inexorablement vers les Yanomama pour les massacrer et occuper leur terrain fertile en métal jaune.

 

FUERST René, 2011, Yanomami - Premiers et derniers Amazoniens, 5 continents, 83p.

De temps immémorial, des millénaires peut-être, les Yanomami, "êtres humains" d'abord connus sous les noms de Waika ou Xiriana, occupent un vaste territoire continu de près de 200.000 km2 que se partagent le Brésil et le Venezuela. Au prix d'un isolement non seulement physique mais aussi culturel et linguistique, les Yanomami comptent actuellement plus de 30 000 individus répartis en plusieurs centaines de communautés locales. Jusqu'en 1974, seuls quelques groupes avaient eu des contacts sporadiques avec le reste du monde, avec des explorateurs en quête de terres et d'hommes inconnus, des aventuriers, scientifiques ou religieux. A en croire les plus lucides d'entre eux, il pourrait ici s'agir des tout premiers habitants d'Amazonie. D'où le titre un rien audacieux du dernier volet de la trilogie que nous avons consacrée ces dernières années aux Indiens d'Amazonie avec l'ethnologue suisse René Fuerst : Yanomami, premiers et derniers Amazoniens. Dans ce contexte, c'est-à-dire dans l'impuissance de remédier au mal et faire appliquer au Brésil des droits de l'homme dignes de ce nom, l'anéantissement des Yanomami n'est plus qu'une question de temps. Si le développement et la sécurité des uns ne peuvent s'obtenir qu'au détriment des autres, si la vie des uns signifie forcément la mort des autres, le sursis de ces Indiens encore libres touche à sa fin. Puisse cet ouvrage les faire revivre un instant, les Yanomami et tous leurs peuples frères, puisse-t-il nous faire réfléchir sur notre propre sort incertain. A quoi bon chercher de l'or si ce n'est pour en jouir ensemble, les uns avec les autres ?

 

GHEERBRAN, Alain, 1993, Orénoque-Amazone, 1948-1950, Ed. Gallimard (Nouv. éd. rev. et augm), Coll. Folio, 435p.

De 1948 à 1950, Alain Gheerbrant dirige l'expédition Orénoque-Amazone, au cours de laquelle il entreprend pour la première fois la traversée de la Sierra Parima. Il établit à cette occasion le premier contact pacifique avec les Indiens Yanomami, que l'on appelait alors les Guaharibos. De retour en France, il publie le récit de l'expédition. La critique en salue les grandes qualités littéraires et la beauté, non « pas tant une beauté de pittoresque, de couleur locale, d'imprévu, qu'une beauté morale » (Claude Roy). Quarante ans ont passé. L'Amazonie est devenue le centre des préoccupations du nouvel ordre écologique mondial, les Indiens Yanomami un objet de curiosité, voire de sollicitude, de la part d'ethnologues soucieux d'observer comment une culture peut se défaire au contact de la civilisation industrielle. Quarante ans durant lesquels, à la manière d'un fleuve, ce livre a creusé son lit auprès de milliers de lecteurs qui ont fait de ce texte nourri de poésie un livre phare de la littérature anthropologique. Cette nouvelle édition redonne à lire le texte original, mais lesté de notes grâce auxquelles le lecteur s'embarque pour un double voyage dans l'Amazonie d'hier et dans celle d'aujourd'hui.

 

HANBURY-TENISON, Robin, ENGLEBERT, Victor (Photos), 1986, Les Aborigènes de l'Amazonie : Les Yanomami, Ed. France loisirs, 168p.

Dans l’immense forêt amazonienne vivent, coupés du monde, de hommes d’un autre âge : les Indiens Yanomami. Trois hommes sont parvenus à s’intégrer dans une communauté de Yanomami et à partager leur existence quotidienne. Ils vous révèlent un mode de vie qui n’a pas changé depuis des milliers d’années : prouesses des chasseurs, nourriture, fêtes et rites, quête spirituelle, sous l’influence des hallucinogènes. Un monde étrange et fascinant superbement retranscrit par le texte, et de somptueuses photos en couleurs.

 

KERJEAN, Alain, 1991, L'adieu aux yanomami, Ed. albin michel, 250p.

Alain Kerjean et ses compagnons ont pu remonter la rivière Herita, sous-affluent de l’Orénoque, entrer en contact avec la communauté isolée de Kakashiwë, réaliser la première ascension du Praukui këki, la Grande Montagne des Yanomami centraux et, enfin, rapporter les premières images des chutes près des sources du rio. Cet Adieu aux Yanomami fait penser au roman de Pierre Schoendoerffer, L’Adieu au roi. Mais, ici, l’histoire testimoniale du dernier voyage indien de Lizot est vraie. Cette exploration restera probablement l’un des ultimes témoignages sur les Yanomami libres. »

 

KOPENAWA, Davi, ALBERT, Bruce, 2003, Yanomami : L'esprit de la forêt, Ed. Actes Sud, 203p.

« Il se peut que vous ayez entendu parler de nous. Cependant, vous ne savez pas vraiment qui nous sommes. Se n’est pas une bonne chose. Vous ne connaissez pas nos forêts et nos maisons. Vous ne comprenez pas nos paroles. Ainsi, il se peut que nous finissions par mourir à votre insu. C’est pourquoi, si nous restons dans votre oubli comme des tortues cachées sur le sol de la forêt, je pense que nous ferons peine. Les Blancs, autour de notre terre, sont hostiles. Ils ne savent rien de nous. Ils ne pensent qu’à occuper notre forêt avec leur bétail et à détruire nos rivières pour y chercher de l’or. » (Extrait de « Gens de près, gens de loin », David Kopenawa)

 

KOPENAWA, Davi, ALBERT, Bruce,2010,La Chute du ciel, Paroles d’un chaman Yanomami, Plon, Terre Humaine, 260p.

Un grand chaman et porte-parole des Indiens Yanomami offre dans ce livre un récit, à la fois témoignage autobiographique, manifeste chamanique et cri d'alarme contre la destruction de la forêt amazonienne. Il y relate à la première personne son histoire hors du commun et ses méditations de chaman face au contact prédateur de la frontière blanche à laquelle son peuple se trouve confronté depuis les années soixante. Ce livre a été écrit à partir de ses paroles, recueillies en langue yanomami, par un ethnologue avec qui il a lié une très longue amitié. Trois parties composent l'ouvrage : 'Devenir autre' retrace sa vocation de chaman depuis l'enfance jusqu'à son initiation à l'âge adulte. Elle décrit par ailleurs toute la richesse d'un savoir cosmologique séculaire acquis grâce à l'usage de puissants hallucinogènes. 'La fumée du métal' relate, à travers son expérience personnelle, souvent dramatique, l'histoire de l'avancée des Blancs dans la forêt - missionnaires, ouvriers, routiers, chercheurs d'or - et leur cortège d'épidémies, de violences et de destructions. Enfin, 'La chute du ciel' rapporte son odyssée pour dénoncer la décimation de son peuple lors de voyages en Europe et aux Etats-Unis. Emaillé de visions chamaniques et de méditations ethnographiques à propos des Blancs, ce récit débouche sur un appel prophétique qui annonce la mort des chamans et la chute du ciel pour dénoncer la dévastation de la forêt amazonienne par le 'peuple de la marchandise'.

 

LE TOURNEAU François-Michel, 2010, Les Yanomami du Brésil - Géographie d'un territoire amérindien, Belin, 480p.

On a souvent insisté sur le déclin des peuples amérindiens du Brésil ou souligné leur désagrégation liée au contact avec les sociétés occidentales.
Or, les années 2000 permettent de tirer un bilan bien différent. D'un côté, la lutte foncière menée par les groupes indigènes leur a permis de s'assurer le contrôle de larges territoires. D'un autre côté, on s'est mis à considérer les transformations sociales en cours au sein des groupes amérindiens non plus comme une dégénérescence, mais comme un processus d'adaptation à de nouvelles circonstances, phénomène partagé par toutes les cultures du monde, dominantes ou pas.
Partant de là, nous pouvons considérer les Amérindiens actuels non plus comme des reliques d'un passé mystérieux mais bien comme des contemporains. Cet ouvrage a été écrit dans cette perspective, non pas pour présenter une étude de " ce qu'il reste " des Yanomami anciens ou de leur territoire, mais pour décrire la configuration spatiale actuelle d'un peuple qui se définit aujourd'hui de manière autonome tant par rapport aux civilisations qui l'entourent que par rapport à son passé.
Mêlant l'histoire du temps présent et l'analyse géographique, ce livre souhaite apporter à tous ceux qui s'intéressent aux Yanomami et, au-delà, aux peuples amérindiens du Brésil, un ensemble solide de faits et de connaissances pour comprendre les succès et les défis qui attendent au XXIe siècle ce territoire immense et si particulier.

 

LIZOT, Jacques, 1976, Le Cercle des feux. Faits et dits des Indiens Yanomami, Ed. Seuil, Coll. Rech.Anthrop, 256p.

Les Yanomami vivent au fond de la forêt vénézuélienne en petits groupes itinérants (une quarantaine de personnes) qui, à chacune de leurs étapes, construisent un auvent circulaire sous lequel ils vivent en commun; un auvent ouvert en son centre: et c'est comme la place du village, le cercle des· feux. Chronique du banal comme de l'exceptionnel, où passent les jeux et les violences de l'amour dans des hamacs accueillants, l'approche des esprits par la drogue insufflée dans des sarba¬canes, la passion des guerriers, coiffés, et parés de fards, guettant le surgissement d'une proie. Il serait trop facile de mettre l'accent soit exclusivement sur la dureté, la cruauté de cette civilisation, soit sur les qualités "positives" des Indiens : la richesse de leur vie sociale, la liberté de leur morale, la complexité de leur univers religieux. De n'avoir gommé ni d'un côté ni de l'autre, est un des traits où s'atteste l'exemplaire justesse de ce Cercle des feux

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LIZOT, Jacques,1984, Les yanomami centraux, EHESS, 268p.

Les Indiens Yanomani vivent sur le bouclier guyanais, entre le Brésil et le Vénézuela. Leur population est fractionnée en petites communautés résidentielles d’environ soixante personnes et pratique l’agriculture, la chasse, la pêche, le ramassage et la cueillette. En dépit d’une certaine présence missionnaire, encore très localisée, le mode de vie de l’énorme majorité des communautés demeure tout à fait traditionnel. La guerre est endémique. À travers une série d’essais publiés entre 1970 et 1976, l’auteur étudie l’interdépendance entre le milieu naturel, les techniques, l’organisation économique et le système social des Yanomanis. Il montre également comment ces derniers se donnent les moyens de réduire au minimum les contraintes de la vie matérielle au profit des loisirs.

 

TAURINES, Robert, 2006, Yanomami, fils de la lune, Ed. Du Mont, 144p.

Un carnet photographique sur une tribu de guerriers du Haut Orénoque, les Yanomami, la dernière grande tribu d’Amazonie, vivant sur les berges de l’Orénoque, au Venezuela Le long du Rio Ocamo (affluant de l'Orénoque), sous l'impressionnante canopée de la forêt amazonienne, le photographe Robert Taurines a vécu plusieurs mois en totale immersion au sein d'une tribu yanomami. De cette expérience il a rapporté un reportage photographique situé à la lisière de la réalité et des songes, entre fascination, humilité et crainte. Des prises de vues exceptionnelles qui nous dévoilent un peu de mystère et de grandeur de ce peuple méconnu. « L'humanité des hommes nus de la forêt est touchante, émouvante et parfois cruelle (...) Nous sommes là pour nous approcher d'un autre monde, pas pour chercher de l'or ou toutes autres richesses, juste pour une rencontre à la croisée des âges... »

 

TIERNEY, Patrick, 2002, Au nom de la civilisation : Comment anthropologues et journalistes ont ravagé l'Amazonie, Ed. Grasset, 452p.

Patrick Tierney démontre ici que chercheurs, journalistes et scientifiques se sont comportés comme les explorateurs anglais ou espagnols qui cherchaient il y a cinq siècles la cité mythique de l'Eldorado, Terre promise détruite par leur propre brutalité : " Les Yanomami sont devenus des ethnographes experts en matière de folie des anthropologues. " Cet ouvrage magistral est un livre d'aventures qui nous emporte, du début des années 1960 jusqu'à nos jours, du Brésil au Venezuela, des sources de l'Orénoque au cœur des forêts amazoniennes, sur les traces de chercheurs d'or, de scientifiques dévoyés, de cinéastes, d'explorateurs, de missionnaires, d'anthropologues devenus seigneurs féodaux de la brousse faisant régner les ténèbres autour de leur folie conradienne ; c'est aussi un grand livre d'ethnologie dénonçant l'honneur perdu des anthropologues, une " contre-enquête " policière sur l'investigation anthropologique, et un réquisitoire contre les pratiques inadmissibles de l'impérialisme culturel occidental quand il tue au nom de la science.

 

ZOCHETTI Raymond,2000,Yanomamis: les coureurs de la jungle, L'Harmatan,169p.

On peut voyager pour vider sa mémoire, ou bien pour la remplir, pour former sa jeunesse, pour placer sa fenêtre devant un autre horizon, pour s'enfuir, pour revenir, pour apprendre...Ce n'est pas ce qui intéresse Robert Taurine et Raymond Zochetti, hauts savoyards d'adoption quand ils bouclent leurs cantines et leurs sacs de voyage. Eux, ils veulent aller à la rencontre des gens, mais pas n'importe lesquels, les indiens aborigènes d'amazonie, les Guahibos, les Waraos, les Yanomamis.(extrat de la préface)