Bibliographie Sioux


AMEUR Farid, 2010, Sitting Bull - héros de la résistance indienne, Larousse, 256p.

Eté 1874. Territoire du Dakota. De l'or a été découvert dans les Black Hills, la terre sacrée des Sioux. A leurs risques et périls, des centaines, puis des milliers de prospecteurs s'aventurent en pays indien. Des premiers heurts ne tardent pas à éclater. L'année suivante, le gouvernement américain formule une offre d'achat. Mais les négociations échouent. La guerre est déclarée. Figure emblématique de la résistance indienne, le chef Sitting Bull prend la tête d'une coalition de Sioux et de Cheyennes. Guerrier, homme-médecine et guide spirituel, il mène son peuple dans une série de combats contre les tuniques bleues. Le 25 juin 1876, sur les rives de la Little Big Horn, dans le sud du Montana, le lieutenant-colonel Custer et le 7e de cavalerie attaquent par surprise son campement. Pour la postérité, la bataille devient le point culminant des guerres indiennes. C'est cette fresque épique que Farid Ameur retrace dans cet ouvrage. Fruit de plusieurs années de recherches, il rétablit la vérité autour de cet épisode mythique de l'histoire des Etats-Unis à travers le destin exceptionnel d'un homme qui se considérait comme le dernier Indien.

 

BIRD White, 1989, Indien par le sang, Américain par la loi. L'itinéraire d'un jeune Sioux d'aujourd'hui, Balland, 235p.

"Lorsqu'on se trouve à l'extérieur, cette étiquette d'indien est difficile à porter. On a tellement écrit sur nous, tellement raconté d'histoires, qu'il y a comme une énorme méprise. je me demande souvent quel film passe par la tête de gens quand ile me regardent si fixement. Dans la rue, j'ai parfois l'impression d'être une page d'histoire qui marche, une légende qui change de trottoir. Certains vont même jusqu'à m'interpeller : "Vous êtes bien un Indien? Un vrai?" Cela me fait flipper à chaque fois, parce qu'ils voient l'Indien avant l'être humain. Il ne comprennent pas que j'ai besoin de vivre avant tout, comme n'importe qui." Le témoignage de White Bird est exemplaire : au-delà de son histoire personnelle, il rend compte de la difficulté pour un jeune Indien de préserver sa tradition tout en se préparant au monde moderne. Il exprime ainsi les problèmes et les contradictions de cette quatrième génération - celle qui a aujourd'hui trente ans -, qui n'avait jusqu'ici jamais pris la parole.

 

BIRD White, 1994, La quatrième génération, Ed.Le Mail, 233p.

« Né en 1959 sur la réserve de Pine Ridge, Dakota du Sud, White Bird fut élevé dans la tradition par ses grands-parents qui appartiennent à deux des plus grandes familles d'hommes-médecine sioux lakota - la famille Black Elk et la famille de Lame Deer. Initié dès son plus jeune âge aux rites indiens, White Bird connut également le système de scolarisation américain et fut confronté au monde occidental par ses voyages à l'extérieur de la réserve. A ce titre, son témoignage est exceptionnel. Il emprunte à la fois au récit autobiographique, au document ethnographique et culturel, et à la sagesse issue de la tradition. Derrière son histoire personnelle, ce livre nous permet de mieux comprendre les antagonismes que connaissent les Indiens de notre époque : entre le monde de pensée blanc et le leur, entre les génération d'hier et celle d'aujourd'hui, entre la force de la tradition et l'attraction pour l'american way of life...''.

 

CORNUT David, 2006, Little Big Horn - Autopsie D'une Bataille Légendaire, Anovi, 381p.

25 juin 1876, dans la vallée de la Little Bighorn, au c¿ur de l'Ouest américain... Après une bataille acharnée, le général Custer et 263 soldats du 7e de cavalerie sont tués par une coalition de Sioux et de Cheyennes. A l'annonce de cette défaite, l'armée américaine classe l'affaire et l'opinion publique se charge de déformer les faits Custer aurait attaqué des milliers d'Indiens et payé le prix de son imprudente témérité. Cependant, les historiens se posent des questions. Quelles étaient les compétences du général Custer ? A-t-il désobéi aux ordres reçus ? De quelles forces disposaient réellement les chefs Sitting Bull et Crazy Horse ? A-t-on écarté des témoignages essentiels ? Fruit de cinq années de recherche, ce livre nous propose un retour sur les traces des protagonistes de Little Bighorn. Du fracas de la guerre de Sécession aux clameurs des guerres indiennes, il reconstitue méticuleusement le contexte de la tragédie et brosse le portrait des grandes figures qui y ont participé. Rejetant rumeurs et idées reçues, cette enquête donne la parole à des centaines de témoins oculaires, comme aux spécialistes de la question. Une reconstitution aussi minutieuse que fascinante de cet affrontement mythique.

 

CROW DOG Leonard, 1998, Fils de la nation sioux - Vie et combats d'un homme-médecine Lakota , Albin Michel, 272p.

Cette saga familiale couvre quatre générations. Elle commence avec le premier Crow Dog né vers 1830, un contemporain de Sitting Bull et Crazy Horse, qui prend une part active à la danse des Esprits, laquelle donne lieu au massacre de Wounded Knee en décembre 1890. Elle s'achève avec son arrière-petit-fils, Leonard, né en 1942 sur la réserve de Rosebud (Dakota du Sud). C'est lui qui ressuscitera la danse des Esprits à Wounded Knee en 1973, lors de l'occupation du site par les militants de l'American Indian Movement. En effet, parce qu'aux yeux des siens il est doté de pouvoirs, Leonard est initié, dès son plus jeune âge, à la religion lakota, aux cérémonies et rites sacrés. À treize ans, il devient wichasha wakan, homme-médecine. Dans les années 60 et 70, il joue un rôle majeur dans la "renaissance" indienne. Conseiller spirituel de l'American Indian Movement, il est harcelé par le FBI. Jugé de façon douteuse, il est condamné au quartier de haute sécurité. Pendant près de trois ans, il est transféré d'une prison à l'autre, à travers les États-Unis. II faudra une forte mobilisation pour faire réviser ses procès et obtenir sa libération. Ainsi ses mémoires sont aussi un livre de combat pour la survie d'une culture, d'une spiritualité et d'une certaine vision du monde.

 


CROW DOG Mary, ERDOES Richard
, 2003, Lakota Woman : Ma vie de femme sioux, LGF, 290p.

Mary Crow Dog est indienne, de la nation Sioux lakota. Le décor de son enfance, c'est une réserve du Dakota du Sud, dévastée par le chômage, le désespoir et l'alcoolisme. Et puis la violence, le racisme ordinaire qui vont en faire une rebelle. Au début des années 1970, adolescente, elle lutte dans les rangs de l'« American Indian Movement », prend part aux durs affrontements de Wounded Knee en 1973. C'est là que naît son enfant et qu'elle devient l'épouse de Leonard Crow Dog, chef spirituel du mouvement et medecine man traditionnel. Peu à peu, comme des milliers d'Indiens, Mary va redécouvrir son histoire, sa culture et son âme qui ont été jusque-là volées, niées, écrasées... Il faut lire absolument ce livre bouleversant. Il faut en faire un immense best-seller. - Patrick Raynal, Le Monde.

 

DEBOUT Ours Luther, 2004, Souvenirs d'un chef sioux, Payot, 349p.

Né en 1868, chef des Sioux Oglala, Luther Ours Debout fut l'un des premiers Indiens à témoigner d'une existence qui l'amena du tipi paternel au monde étrange et inquiétant des Blancs. Son récit nous conduit de son enfance et de son apprentissage de la vie indienne jusqu'au jour où, après avoir participé à la tournée européenne de Buffalo Bill, il devient chef de sa tribu. Document d'une indéniable valeur historique et ethnographique, ce livre est aussi un plaidoyer en faveur d'un peuple injustement méprisé et massacré, en même temps qu'une vision lucide et sans complaisance de la société des hommes blancs.

 

FIRE LAME DEER Archie, 2000, Le cercle sacré, Mémoires d'un homme-médecine sioux, Albin Michel, 425p.

Le cercle sacré est le récit passionnant de la vie d'Archie Fire Lame Deer, fils de Tahca Ushte, l'auteur du célèbre De mémoire indienne. Après une enfance sioux passée sur la réserve de Rosebud, dans le Dakota du Sud, Archie fut tour à tour militaire en Corée, figurant et cascadeur à Hollywood, cow-boy et chasseur de serpents à sonnette. Mais cette existence, parfois difficile, qui l'amena à réexaminer les valeurs et la philosophie de son peuple, s'est transformée en une quête initiatique dominée par l'extraordinaire figure de son père. Engagé sur la voie de la tradition et de la spiritualité, Archie est devenu homme-médecine. Ce livre dévoile le sens des cérémonies sacrées du peuple sioux et décrit avec précision la cosmologie des Lakotas. Il nous fait également partager les interrogations et la spiritualité de cet homme d'exception, imprégné de sa religion et de sa tradition, mais dont la réflexion s'ouvre à l'humanité tout entière. Le cercle sacré prend alors les dimensions de notre planète.

 
FLOOD Renée Samson,1999, L'oiseau perdu de Wounded Knee, l'esprit des Lakotas, Édituin du Rocher, 543p.

C'est ce qu'on appelle un grand livre d'histoire. C'est bien écrit, intelligent. Lorsque le 29 décembe 1890, sous le drapeau blanc de la trêve, les Sioux minniconjous sont massacrés à Wounded Knee par le Septième de Cavalerie, une grande histoire commence. Le général Colby découvrira en effet, sous le corps de sa mère morte, ensevelie sous la neige une petite fille sioux. Elle est vivante, une miraculée. Enfreignant les ordre, le général adoptera la petite fille qui sera baptitsée Lost Bird et la confie à sa femme, future suffragette, saltimbanque, journaliste, combattante du droit des Femmes. Mes les parents adoptifs de Lost Bird divorceront et commencera pour elle une quête incessante pour retrouver ses racines, quête vaine qu'elle poursuivra jusqu'à sa mort en 1929 à l'âge de 29 ans. En 1991, des descendants des victimes du massacre de Wounded Knee parviennent à localiser la tombe de Lost Bird. Ils rapatrient sa dépouille et la réensevelissent au Mémorial de Wounded Knee, lors d'une cérémonie en présence de leaders sioux, d'Arvol Looking Horse Gardien de la Pipe Sacrée et de l'auteur. Lost Bird et devenue un symbole pour des milliers d'enfants séparés de leur tribu par l'adoption, ainsi que pour tous ceux qui ont été privés de leur héritage culturel et spirituel. Cet ouvrage constitue un document monumental sur l'histoire social et politique des Etats-Unis entre 1890 et 1929.

 

HARRISON Jim, LE QUERREC Guy, 2000, Sur la piste de Big Foot, Textuel.

Le 29 décembre 1890, la cavalerie américaine massacre plus de 300 hommes, femmes et enfants sioux regroupés autour de leur chef, Big Foot, à Wounded Knee (Dakota du Sud). C'est la fin des guerres indiennes. Du 15 au 29 décembre 1990, les cavaliers Lakotas ont refait le parcours de leurs ancêtres jusqu'à Wounded Knee, afin de commémorer le centième anniversaire de cette tragédie. Dans les montagnes enneigées, sous un froid polaire, Guy Le Querrec, photographe français de l'agence Magnum, les a accompagnés. Il a rapporté des images en noir et blanc, glaciales, rudes, graves, mais qui laissent apparaître une très grande solidarité et une chaleur humaine. Dans ce récit photographique d'une épopée unique, l'émotion est partout présente, sans pathos.

 

HASSRICK Royal B., 1993, Les Sioux, Abin Michel 400p.

C'est le peuple des légendaires Sitting Bull, Crazy Horse et Red Cloud, celui qui a infligé à l'armée américaine ses plus grandes défaites. De George Catlin et Edward S. Curtis à Danse avec les loups, les Lakotas ou Sioux des plaines ont fasciné l'homme blanc, et ces nomades chasseurs de bisons, guerriers farouches, sont devenus, plus que tous les autres Indiens, des personnages à part entière de notre culture. En s'attachant à comprendre leur propre vision du monde, ce livre nous fait pénétrer au coeur de l'univers des Sioux au moment de l'apogée de leur culture (1830-1880). Une culture où la guerre est essentielle au fonctionnement de la société et où l'individu est continuellement appelé à se dépasser. De leur organisation guerrière, politique et religieuse à leur vie sociale et familiale, de l'art à la vie quotidienne, en passant par les relations entre les sexes et les rapports entre parents et enfants, c'est une société humaine complexe et fascinante qui s'anime sous nos yeux. Nourri des témoignages privilégiés, des récits et des légendes recueillis par Royal B. Hassrick qui a vécu auprès des Lakotas, ce livre est l'ouvrage de référence irremplaçable sur un des plus grands peuples de l'Amérique indienne.

 

HOLLER Clyde, 2006, La danse du soleil de Black Elk, Nuage Rouge /Editions du Rocher, 297p.

Clyde Holler, un des plus grands philosophes contemporains des religions, rapporte ici les descriptions et autres témoignages quant aux divers aspects qu'a revêtu sur plus d'un siècle le rite majeur des Sioux : la danse du Soleil. C'est avec leur emblématique homme-médecine, l'Oglala Black Elk, considéré comme " le plus grand génie religieux des peuples indigènes d'Amérique du Nord ", qu'est redéfinie cette cérémonie. L'auteur nous livre ses analyses des témoignages sur les pratiques avant, pendant et après l'interdiction de la danse - en apportant quelques corrections chrétiennes de Black Elk qui a fait montre d'une droiture, d'une conscience d'esprit, d'une capacité d'adaptation hors du commun. Témoins oculaires indiens ou blancs, résidents permanents ou non, dans les réserves lakotas et plusieurs générations de chercheurs sur le terrain, constituent un matériau unique qui inspire une réflexion nouvelle sur ce rituel religieux. A travers le savoir et les Pouvoirs du Saint-Homme, nous sommes au cœur de l'univers spirituel des Sioux. D'autre part, les recherches très affinées de Holler révèlent une réalité assez inattendue : l'avènement d'un syncrétisme religieux entre la religion lakota et les valeurs du christianisme. De l'Arbre sacré, placé au centre du Cercle du Mystère où se déroule la cérémonie, à la Croix, apparaît cette évidence. Cet ouvrage sans préjugés pro-religieux, anti-religieux ou intra-religieux, pose les relations des Sioux avec le catholicisme. Il réconcilie ce qui ne paraissait pouvoir l'être, affirmant que la double appartenance était parfaitement logique et légitime. Par ailleurs, en convoquant le neveu de Black Elk, Fools Crow, un des derniers grands chefs cérémoniels lakotas, Holler donne à l'ouvrage un écho très actuel, tout en rendant au Saint-Homme l'hommage qui devait enfin lui être rendu.


 

HYDE George Ernest,1994, Histoire des Sioux, T1 Le peuple de Red Cloud, Édition du Rocher, 474p.

Par l'un des plus grands historien, en ce XXè siècle, de l'histoire des Indiens des Plaines, en l'occurence ici, les Sioux Oglalas, le meilleur livre du monde, en matière d'histoire, sur les Sioux. Les modernes l'ignorent en ne citant Hyde nulle part mais s'en servent… ! L'auteur est neutre. Il dit les faits ; ça ne plaît pas toujours à tout le monde. Pendant de longues années, il a travaillé sur ce livre avec à ses côtés les sources les plus anciennes et les plus authentiques. L'œuvre de George E. Hyde sur les Indiens des Plaines demeure inestimable. Autodidacte passionné, à l'instar de son équivalent français, Daniel Dubois, qui a vérifié ici tous ses livres, les a annotés et augmentés avec force documents que Hyde n'aurait pas reniés, le grand historien reste inégalé en dépit des râleries de certains universitaires modernes qui dénient bien souvent le droit d'écrire de tels travaux à ceux qui n'ont pas de diplômes, ne sont pas dans le sérail, outre-atlantique comme en Europe… Cependant, ils se servent des écrits du Maître, sans toujours le citer.

 

HYDE George Ernest,1996, Histoire des Sioux, T2, Conflits sur les réserves, Édition du Rocher, 437p.

Ce deuxième volume établit la chronique des évènements qui eurent lieu sur les réserves sioux à la suite du meurtre de Crazy Horse, en 1877, et jusqu'à celui de Sitting Bull et le massacre de Wounded Knee en 1890 en passant par celui du chef brulé Spotted Tail par Crow Dog son rival. Hyde démontre ici combien la disparition de ce chef a coûté cher aux Sioux, combien les ''Amis des Indiens'' de l'est leur furent néfastes ne pensant qu'à en faire des fermiers asservis, acculturés et démunis de tout ce faisant par là les complices des escroqueries commises à grande échelle par les représentants du gouvernement contre leurs ''protégés''. Ceci étant toujours d'actualité, on apprécie l'auteur dans sa perspicacité, sa finesse, son intelligence raffinée d'historien et surtout son côté intuitif et visionnaire. Les détails et la rigueur apportés à toute la suite des évènements entre 1877 et 1890, avec des prolongements jusqu'en 1956 font de ce livre dépasse une ''simple'' histoire des Indiens. En raisonnant raisonnablement et en toute bonne foi, le profil psycho-social du « défenseur d'Indien » pourfendu, à juste titre, par Hyde car il détruit plus qu'il n'aide, se retrouve aujourd'hui avec les mêmes caractéristiques. Pas étonnant que les censeurs de Hyde, font montre des mêmes attitudes.

 
HYDE George Ernest,1996, Histoire des Sioux, T3,Le peuple de Spotted Taill, Édition du Rocher, 427p

La biographie du grand chef des Sicangu (brulés) après Little Thunder. Spotted Tail fut un grand leader ''pacifiste'' mais ô combien clairvoyant ; ce qui ne l'empêcha pas d'emporter de grandes victoires sur les ennemis traditionnnels de sa tribu comme les Crows et les Pawnees. Ce troisième volume de l'Histoire des Sioux de Hyde est savoureux à plus d'un titre : il renverse définitivement les bien pratiques idées reçues quant aux sociétés des Plaines et leur résistance. Assassiné par Crow Dog, un jaloux de mauvaise foi, Spotted Tail fit bien plus trembler les autorités américaines que les ''loups'' vat-en-guerre que furent Sitting Bull et Crazy Horse. Il sut tenir tête à tous ses interlocuteurs qui voulaient spolier les Lakotas de leurs terres rien qu'avec le langage et sa propre prestance. Un grand livre intelligent et salutaire qui remet avec pertinence les choses à leur juste place.

 

HYDE George Ernest,1998, Les premiers peuples des plaines, Édition du Rocher, 280 p

Cet ouvrage offre une image contrastée, souvent inattendue, des Indiens d'Amérique du Nord qui, de 1300 à 1800, occupaient un vaste territoire incluant l'aire culturelle des Hautes Plaines, du Canada au nord du Mexique. Résultat de longues recherches, l'évocation des cinq siècles de "cohabitation" inter-tribales ne manque pas de surprendre. On apprend ainsi comment les tribus de familles linguistiques différentes ou semblables s'affrontèrent ou s'allièrent au gré d'intérêts immédiats, commerciaux ou stratégiques. Qui sont les fameux Padoucas, Comanches ou Apaches ? Les Apaches faraones, penxayes, les Snakes et tant d'autres ? Pourquoi en fonction de leurs interlocuteurs ces nations recevaient des noms différents, pourquoi aujourd'hui pratiquement tous les livres d'histoire américains ou européens sont bâtis sur des erreurs d'appellation et d'interprétation . Faisant appel tant à la linguistique, l'archéologie, l'histoire et l'ethnologie, ce livre contribue largement à notre fonds de connaissance relatif aux premiers Indiens des Plaines tout en remettant sérieusement en cause nombre de données antérieures passant jusqu'alors pour irréprochables.

 

KELLY Fanny, 2010, Ma captivité chez les Sioux, Payot, 264p.

Dans les années 1860 aux Etats-Unis, les pionniers partent en foule coloniser l'Ouest, jusqu'alors terre exclusive des Indiens et des bisons. N'ayant pas voulu se joindre à l'un des grands convois protégés, Fanny Kelly, dix-neuf ans, se dirige vers les Rocheuses avec son époux, leur petite fille adoptive et quelques autres voyageurs. Le 12 juillet 1864 dans l'actuel Wyoming, ils sont attaqués par des Sioux Oglalas qui tuent, pillent puis se retirent en emmenant la mère et l'enfant. Ignorant tout du sort de son mari et séparée de la fillette dès la première nuit, Fanny va demeurer, cinq mois durant, captive d'un peuple violent qui est aussi un peuple pourchassé sans pitié. Ces semaines de marches forcées, de faim, de terreur et d'espoir, elle les raconte dans un livre paru aux Etats-Unis en 1871 mais jamais encore traduit en français. Servi par une vraie plume, nourri de descriptions, de portraits et de rebondissements dignes d'un grand roman d'aventures du XIXe siècle, ce texte n'a pourtant rien d'une fiction. Surmontant son aversion pour les " sauvages ", Fanny Kelly s'y fait même anthropologue en essayant de comprendre la culture de ses ravisseurs. La curiosité de cette femme intelligente et attachante ajoute au récit de ses malheurs une dimension documentaire qui fait de ce témoignage une référence pour les historiens et les amateurs de early american literature.

 

LAME DEER Archie Fire, LAME Fire, 2000, Le cercle sacré: mémoires d'un homme-médecine sioux, Albin Michel, 425p.

Le cercle sacré est le récit passionnant de la vie d'Archie Fire Lame Deer, fils de Tahca Ushte, l'auteur du célèbre De mémoire indienne. Après une enfance sioux passée sur la réserve de Rosebud, dans le Dakota du Sud, Archie fut tour à tour militaire en Corée, figurant et cascadeur à Hollywood, cow-boy et chasseur de serpents à sonnette. Mais cette existence, parfois difficile, qui l'amena à réexaminer les valeurs et la philosophie de son peuple, s'est transformée en une quête initiatique dominée par l'extraordinaire figure de son père. Engagé sur la voie de la tradition et de la spiritualité, Archie est devenu homme-médecine. Ce livre dévoile le sens des cérémonies sacrées du peuple sioux et décrit avec précision la cosmologie des Lakotas. Il nous fait également partager les interrogations et la spiritualité de cet homme d'exception, imprégné de sa religion et de sa tradition, mais dont la réflexion s'ouvre à l'humanité tout entière. Le cercle sacré prend alors les dimensions de notre planète.

 

LARSON Robert W., 2002, Red Cloud, Édition du Rocher, 314p.

Peut-être aucun chef indien du XIXème siècle n'a-t-il été aussi célèbre en son temps, et jus-qu'à nos jours que Red Cloud. Né en 1821, mort de vieillesse sur la réserve de Pine Ridge, Dakota du Sud, en 1909, Red Cloud fut le grand chef des Sioux oglalas et, d'une façon plus large, d'autres tribus lakotas lors de combats décisifs durant desquels il dut parfois superviser des Cheyennes. Lorsqu'en 1841, intervint la scission les bandes oglalas, Red Cloud prit le pouvoir de manière progressive et, dès la moitié des années 1850, il domina l'ensemble des villages sioux et leurs troupes de guerre. En dirigeant l'opposition contre l'armée américaine dans la région de la Powder River, en imposant la fermeture de la piste Bozeman, et en exer-çant de forte pressions pour négocier une issue favorable au traité de Fort Laramie en 1868, il s'est affirmé comme non seulement le plus grand chef des Indiens des Plaines mais aussi comme le seul interlocuteur reconnu par les autorités américaines locales et de Washington, jusqu'au président des Etats-Unis qui le reçut en grandes pompes en 1870. En effet, la puis-sance et la mobilité guerrière sioux de l'époque étaient telles que le gouvernement américain tança longtemps le chef oglala pour éviter une guerre pour laquelle l'armée, qui sortait mal en point du conflit de la Sécession, n'était pas spécialement prête. Ainsi entre 1866 et 1868 les Sioux acculèrent les régiments de la cavalerie des Etats-Unis à la reddition, les obligèrent à quitter les trois forts de la piste Bozeman après avoir obligé les militaires à les incendier. La victoire sioux était complète et l'histoire retiendra que Red Cloud fut le seul chef indien a avoir battu l'armée des Etats-Unis dans une guerre officiellement déclarée des deux côtés. Par la suite, Red Cloud, plus clairvoyant sur l'issue finale négocia avec le gouvernement et fit installer son peuple sur la réserve qui sera celle de Pine Ridge. A l'instar du chef sioux brulé Spotted Tail qui suivait depuis plusieurs années une politique de paix, il sauva ainsi de nom-breuses vies lakotas tandis que l'Oglala Crazy Horse et l'hunkpapa Sitting Bull, courageux, menaient de vains combats qui sans doute furent, en partie, une des cause du massacre des sioux miniconjous du chef Big Foot à Wounded Knee en décembre 1890.

 

MALLS Thomas E.1992, L'homme médecine des Sioux, Fools Crow 1890-1989, Éditions du Rocher, 352p.

L'ouvrage couvre, par l'intermédiaire d'un des derniers grand chef spirituel des Sioux oglalas, le siècle. Fools Crow, né en 1890 et parti en 1989, nous livre ici des aspects connus et méconnus de la tradition lakota, des cérémonies et rituels ainsi que son expérience d'homme responsable sur la réserve de Pine Ridge. Sa démarche purement spirituelle conditionne tout le reste... Un texte plus qu'essentiel aujourd'hui pour qui veut mieux ''saisir'', la véritable identité lakota. Un heureux prolongement, une chance de continuité après Hehaka Sapa (Elan Noir). Lorsqu'il s'éteinit en 1989, à la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, Fools Crow, homme médecine et Saint homme, était considéré par la communauté indienne comme l'un des derniers grands chefs spirituels des Tétons-Lakota. Convaincu que ses entretiens avec T. Mails sont placés sous la bénédiction de Wakan-Tanka, Fools Crow accepte de dévoiler sa vocation de saint homme, ses quêtes de la vision, les danses interdites du Soleil, celles de la Marmite et du Cheval, les rituels de la hutte de sudation et de la Pipe Sacrée.

 

MARSHALL III Joseph, 2007, Crazy Horse : Une vie de héros, Editions Albin Michel, 338p.


Introduction à l'histoire d'un héros L'hiver 1866-1867 fut glacial et la neige profonde sur les contreforts des Shining Mountains (Big Horn), région que les Lakotas appelaient le pays de la Powder River et qui constitue aujourd'hui le centre-nord du Wyoming. Le bison était rare et les chasseurs avaient le plus grand mal à trouver élans et cerfs. Crazy Horse, qui avait alors une vingtaine d'années, et son jeune frère, Little Hawk, traquaient eux aussi le gibier, risquant leur vie par des températures polaires. Un jour, un blizzard soudain les obligea à chercher un abri, et au milieu des bourrasques, ils aperçurent une bande de wapiti qui s'abritaient aussi du vent. Quand la tempête se fut un peu calmée, les deux chasseurs abattirent plusieurs animaux avec leurs arcs et leurs flèches, ce qui n'était pas chose facile par ce froid extrême. Ils rapportèrent la viande chez eux et sauvèrent leurs familles et leurs amis de la famine. A peine quelques semaines auparavant, au cours d'une autre journée incroyablement froide, Crazy Horse, à la tête de neuf autres guerriers, avait attiré quatre-vingts soldats dans une embuscade dressée par plusieurs centaines de combattants lakotas et cheyennes. La bataille qui s'était ensuivie est entrée dans les annales de l'histoire occidentale sous le nom de Massacre de Fetterman. Ce fut une bataille acharnée et une victoire décisive pour les Lakotas et leurs alliés cheyennes. Au cours de la manoeuvre de diversion, Crazy Horse s'était arrêté à portée de tir des fusils ennemis et, calmement, avait gratté la glace sous les sabots de son cheval, simplement pour mettre en fureur ses poursuivants.

 

PAUL Eli R., 2011, Mémoires de Red Cloud : Chef des Sioux oglaglas, Indiens de tous pays éditions, 222p.

Sans doute aucun nom de chef indien, en dehors de celui galvaudé de Geronimo, n'a été aussi célèbre et symbolique que celui de Red Cloud. Mah Piya Luta, nom du chef des Sioux oglalas en langue lakota, est né en 1821 ; il meurt de vieillesse dans la réserve de Pine Ridge, Dakota du Sud en 1909. En ses dernières années, et quasiment à son insu, il aura livré ses souvenirs de jeune guerrier à une époque où la menace blanche n'avait pas encore pénétré les consciences indiennes. C'est de ces mémoires, récemment exhumées et inédites, dont il s'agit ici. Red Cloud nous conte sa propre genèse à travers ses premiers exploits qui l'amèneront au statut de chef emblématique, et qui feront de lui le seul interlocuteur de la nation sioux reconnu par les Américains. Si on connaît en partie de Red Cloud l'homme des compromis avec les Blancs, on découvre ici un personnage téméraire, impitoyable. Le futur général en chef des Sioux contre l'armée américaine tue de sang froid ses ennemis crows, arikaras ou pawnees. Il tuera aussi le chef oglala Bull Bear, ce qui causera en 1841 la scission au sein de la tribu que lui, Red Cloud saura plus tard fédérer sous son nom pour mener sa célèbre guerre dénommée depuis " La Guerre des Sioux de Red Cloud ". Avant d'être reçu en 1870 à la Maison Blanche par le président Ulysses S. Grant, où il prononça d'éloquents discours qui impressionnèrent, il aura été le seul chef indien à avoir officiellement gagné une guerre contre les Etats-Unis. Ces mémoires, issues de la tradition orale, au style très direct et simple, constituent un document précieux pour ce qui concerne les autobiographies d'Indiens d'Amérique.

 

PAZZOGNA Annie, 2008, Inipi, le souffle de la terre, Enseignement des Indiens Lakota, Le Mercure Dauphinois, 226p.

La société moderne du XXIe siècle, victime de la surconsommation industrielle, ne tient plus compte des rythmes naturels qui conditionnent une vie équilibrée. Il n'est donc pas étonnant de voir, depuis les années 1980, quelques hommes médecine amérindiens, souvent guidés par une Vision, parcourir le monde en perdition, afin de partager leur savoir. Ils n'ont jamais perdu la connaissance culturelle et cultuelle de leurs ancêtres. Un siècle et demi d'oppression n'a pas eu raison de cette transmission. Cet ouvrage rend compte de leur enseignement et des rites qu'ils pratiquent. C'est autour de la sudation ou Inipi que s'élaborent les rites de purification des Sioux. Il existe plusieurs types de Huttes à sudation. Celle à douze perches de saules est souvent utilisée par les familles car plus simple à édifier. La Hutte à seize perches est plus réservée aux hommes-médecines et à leurs soins; raison pour laquelle elle est la plus courante en Europe. Annie nous propose d'en découvrir la construction, la symbolique et quelques chants qui accompagnent ce moment sacré.

 

PELTIER Léonard, 2000, Ecrits de prison. Le Combat d'un Indien, Albin Michel, 276p.

Léonard Peltier avait 31 ans lorsqu'il a été condamné à perpétuité et incarcéré. C'était en 1975. A l'époque, le gouvernement américain avait entrepris de déstabiliser les mouvements de revendication des Indiens. Arrestations sommaires, terreur au sein des réserves, emprisonnements arbitraires, procès bidons. En juin 1975, deux agents du FBI trouvent la mort dans une réserve Sioux. Léonard Peltier, militant de l'American Indian movement contre lequel un mandat d'arrêt est lancé depuis le début des années 70, est arrêté. Vingt-cinq ans plus tard, l'homme est toujours sous les verrous, père et grand-père d'une descendance qu'il n'a jamais vu grandir. Vingt-cinq ans plus tard, il continue de clamer son innocence. "Quelqu'un devait payer pour la mort de ces deux agents, même si les fédéraux ignoraient qui les avait tués - ainsi que les procureurs eux-mêmes le reconnurent plus tard." Soutenu depuis des années par des personnalités du monde entier qui demandent la révision de son procès, Léonard Peltier attend toujours que justice soit faite. Ecrits de prison est le récit poignant de ses années de souffrance. Une souffrance individuelle, pathétique et une souffrance collective, celle du peuple indien. Un livre pour ne pas oublier un innocent en train de s'éteindre au fond des geôles américaines. Un livre comme un cri sortant des entrailles de la terre. Un livre pour continuer de lutter, puisque comme le souligne l'éditeur à la fin de ce témoignage : "Si lorsque vous lirez ces mots, le prisonnier USP 89637-132 est toujours prisonnier de l'injustice, alors il sera grand temps pour vous aussi de faire entendre vos voix et d'agir. Chacun de nous est concerné." Aujourd'hui, c'est encore le cas.--Flore de Lesquen -- -- Urbuz.com

 

POWER William-K., 2003, La langue sacrée : Le discours surnaturel chez les Sioux lakotas, Editions du Rocher, 308p.

William K. Powers, un des meilleurs spécialistes de la culture et de la langue lakota, a séjourné et travaillé pendant plus de trente années dans la réserve des Sioux oglalas de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Participant à leur vie religieuse, traditionnelle et sociale, il nous fait découvrir avec cet ouvrage ce qu'est la langue sacrée des Lakotas, de quelle façon, dans les structures du langage et de la pensée, cette langue se forme, comment elle est utilisée par les " personnes sacrées " et de quelle manière, contrairement à d'autres langues originelles, - comme le latin le fut pour les catholiques -, elle ne cesse d'évoluer. De fait, on voit comment cette langue demeure constamment en prise sur le présent, vivante et apte à répondre aujourd'hui à ce qu'en attendent ceux qui à la fois la comprennent et l'emploient. Il n'est donc guère étonnant que Powers traite des divers noms donnés aux " guérisseurs sacrés " des cinq continents et dresse alors un parallèle inédit entre l'homme-médecine lakota et le prêtre occidental. Par là, il démontre comment ces fonctions ont été jusqu'ici opposées de façon erronée et quels points les rapprochent, notamment les délégations de pouvoir et le fait de communiquer avec le surnaturel, que leur confèrent leurs sociétés respectives. Scientifiquement élaboré, ce livre passionnant ne nécessite aucune connaissance particulière pour en apprécier à la fois la richesse et la rigueur. Il ne concerne en principe que la langue sacrée des Lakotas mais il est réalisé et fouillé de telle manière, avec une telle rigueur, qu'il ne peut manquer de captiver le lecteur intéressé par les langues originelles du monde entier, sans qu'il ait besoin d'être spécialement formé à la linguistique ou à l'ethnologie

 

POWER William-K.1994, Yuwipi, rituel des Sioux oglala, Nuage Rouge /Editions du Rocher,183p.

Le Yuwipi constitue l'une des clés principales pour comprendre la culture oglala contemporaine. Il s'agit en effet d'un ancien rite très répandu chez les Sioux, destiné à guérir un malade, à retrouver un objet volé ou une personne disparue. Dans une pièce obscure, un homme-médecine ligoté invoque 405 petits esprits qui, au cours de la cérémonie, viendront le délivrer et lui transmettre un message. Mais le recours à ces entités malicieuses et capricieuses n'est pas sans danger. Si leur action se révèle souvent bénéfique, ils peuvent à l'inverse gravement perturber un officiant mal préparé ou désinvolte. Powers montre comme ce rituel est étroitement lié à la loge de sudation et la quête de la vision. Il utilise dans cet ouvrage procédé narratif proche du langage cinématographique donnant ainsi un mouvement et une vitalité que l'on trouvre rarement dans les livres d'ethnologie.

 

POWER William-K.1994, La religion des Sioux oglala, Editions du Rocher, 297p.

Cet ouvrage présente la religion des Sioux Oglala et leur mythologie comme les modèles fondateurs de leur organisation sociale et tribale. La population oglala se désigne sous le vocable d'Oceti Sakowin que l'on traduit par les Sept Feux du Conseil. Powers démontre à partir de cette appellation commune à beaucoup de bandes sioux que les oglala contemporains s'accordent avec les données de la mythologie. A l'inverse de la plupart des ethnologues qui posent comme acquise l'acculturation des Indiens, l'auteur recherche dans les structures sociales les éléments qui rappellent la culture traditionnelle. Si, sur les plans économique et technologique l'attraction du monde blanc est indéniable, on sera en revanche surpris de constater que l'indianité lakota perdure à travers les cérémonies, la vie de tous les jours, qu'elle a investi les institutions politiques de la réserve et l'église imposée par les Blancs. C'est aussi un bilan sur la misère sociale qui accable les Sioux''.

 

REBEIX Maurice, 2002, Rêveurs-de-Tonnerre. A la rencontre des Sioux Lakota. Albin Michel, 144p.

Portraits, scènes de la vie familiale et sociale, paysages ou évocations de la vie traditionnelle et spirituelle des Sioux : les photographies de Maurice Rebeix dessinent une ligne de sens ; elles nous parlent de la survie d'un peuple fier dont les héros ont pour nom Sitting Bull ou Crazy Horse, d'un peuple envers lequel l'Histoire a particulièrement été cruelle, mais qui envers et contre tout a maintenu vivantes sa culture et ses traditions. Les voix indiennes qui accompagnent les photographies expriment ce qu'est être sioux : une certaine vision du monde. Ces mots et ces images résonnent longtemps dans l'esprit du lecteur, et l'emmènent au plus près de l'âme des Lakotas.

 

RIEKERT Michèle, 2008, Une balle perdue : Histoire d'un Sioux d'aujourd'hui,Editions de l'Oeuvre, 174p.
L'existence de Long Soldier, jeune Amérindien, est celle de milliers de ses congénères. Enfant, battu par un père adoptif, rejeté par son entourage à cause de son indianité, il plonge dans l'alcool, la drogue et la délinquance. Anéanti par le poids de la misère et des injustices, il se résout, un soir de novembre 1984, à mettre fin à ses jours dans le désert du Montana. C'est lors de cette nuit fatale que, pris malgré lui dans une course-poursuite avec la police, un échange hasardeux de coups de feu décide de son sort. On l'accuse du meurtre d'un shérif, sans preuve. Après deux procès expéditifs, il échappe de peu à la pendaison, mais il est condamné à perpétuité sans possibilité de remise de peine, à l'âge de vingt-six ans. Depuis, Long Soldier se bat pour que son innocence soit reconnue. En prison, il découvre sa véritable identité, sa famille, l'histoire terrible de son peuple, ses traditions. Sa vie prend sens ; il trouve la force de lutter. Fruit d'années de correspondance entre un prisonnier et un écrivain, ce récit raconte, avec une simplicité poignante, la vie d'un Indien d'aujourd'hui, et dresse un portrait effrayant, mais lucide, d'une Amérique peu connue. Les faits évoqués sont à peine croyables, même pour un lecteur averti. Les droits de ce livre sont destinés à financer les recours en justice de Long Soldier.

 
SAPA Héhapa, 2004, Les rites secrets des indiens sioux, Payot, 216p.

Élan Noir (Hehaka Sapa) était un chef religieux de la tribu des Sioux oglala. Les deux écrits qu'il nous a laissés, ses Mémoires parus sous le titre Élan Noir parle et Les secrets des Indiens sioux, recueillis respectivement par Rites John Neihardt et joseph Epes Brown, sont considérés comme les deux grands classiques sur la religion des Indiens des Plaines et furent à l'origine de tout le mouvement de renouveau et de réhabilitation en faveur des indiens. Les Rites secrets des Indiens sioux (The Sacred Pipe) contient l'essence de l'héritage et de la tradition que les indiens, jusqu'à il y a peu, s'étaient gardé de divulguer l'histoire de la Pipe Sacrée, les rites de purification, l'imploration d'une vision, la danse sacrée, les rites d'apparentage, le jeu de la balle. Ils estimaient que ces choses étaient trop sacrées pour être communiquées à n'importe qui. Mais aujourd'hui, à l'approche de la fin d'un cycle, ils ont décidé qu'il était permis et même souhaitable de les révéler au grand jour...
 

SANDOZ Mari, Crazy Horse, Éditions du Rocher, 499p.

Il fut le plus grand chef de guerre des Sioux. Très tôt il perçu le danger que représentait l'avancée des colons. Il fut le premier à combattre les Blancs de manière efficace. En 1876 il « seconda » Sitting Bull à Little Big Horn. Crazy Horse ne correspond en rien à l'idée que l'on se fait d'un Indien. Il fut toujours considéré par les siens comme un être à part, se tenant à l'écart, taciturne. Dans les années 1850 il était un frêle adolescent qu'on appelait Curly avec ses cheveux clairs et bouclés. Jamais il ne dansait, ne portait de parure, ne se vantait de ses actes. Crazy Horse, tel un héros de la tragédie grecque fut la victime d'un funeste destin : une vision l'avait averti qu'il ne parviendrait pas à restaurer le cercle brisé des Sioux et qu'il serait trahi par les siens. le 5 septembre 1877 il est assassiné par un soldat avec l'aide de ses ''frères'' sioux. Un chef d'oeuvre littéraire et historique ou l'osmose entre l'auteur et son sujet/héros atteint les sommets de la passion. Toutefois, Crazy Horse fut un loup, et comme Géronimo, il envoya inutilement à la mort des centaines des siens ne voyant pas l'issue, l'impossible victoire définitive. Peut-être moins hauts en couleurs et moins susceptibles de susciter des sentiments et du romantisme voire de l'héroïsme militant qui perdure encore de nos jours se voilant la face face à l'Histoire, Red Cloud et Spotted Tail sauvèrent des vies et la nation sioux.

 
UTLEY Robert. M.1997, Sitting Bull - Sa vie, son temps, Albin Michel , 448p.

Figure légendaire de l'Histoire, tout comme Géronimo, Sitting Bull incarne avec force la résistance acharnée du peuple indien face à l'envahisseur. Aucune biographie n'avait jusqu'à présent retracé avec un extrême souci de vérité historique sa destinée pourtant si souvent mise en scène. Robert M. Utley, historien américain de renom, auteur entre autres de Guerres indiennes, du Mayflower à Wounded Knee (Albin Michel), a poursuivi cet objectif avec rigueur et précision. Sitting Bull, sa vie, son temps replace dans son époque, mais aussi dans son contexte social, ethnologique, culturel et humain, la vie de ce chef sioux réputé parmi les siens pour son courage, son humilité, sa sagesse et sa générosité. De son enfance dans le Missouri, dans les années 1830, en passant par la guerre contre les Américains dont le point culminant sera la bataille de Little Bighorn, fatale au général Custer, jusqu'à sa reddition forcée, puis sa mort en 1890, en pleine danse des Esprits, Sitting Bull y apparaît comme un chef d'État et de guerre hors pair, mais aussi comme un homme d'une nature rare et complexe. Robert M. Utley s'est attaché à rétablir la vérité, souvent faussée par les mensonges ou par le mythe, au fil de cette biographie monumentale, qui est aussi la geste d'un homme au destin exceptionnel.
 
VESTAL Stanley,1992, Sitting Bull, chef des Sioux Hunkpapas, Editions du Rocher,459p.

Chef traditionnel du clan des Sioux Hunkpapas, Sitting Bull - Tatanka Yokanta de son vrai nom - cristallise autour de sa personne l'âme indienne, la résistance aux colons et à l'armée. Dès 1868, après les guerres de Red Cloud, il reprend les hostilités. Homme-médecine, stratège militaire, poète, chanteur, peintre, diplomate et tribun, Sitting Bull, à l'instar des grands chefs Tecumsech, Cochise et Joseph, put rassembler toutes les tribus d'une même nation. Le terrible choc qui mit en présence Indiens et Européens en a fait, à son corps défendant, un " Napoléon Rouge ". L'Histoire n'aura retenu du vainqueur de Custer en 1876, que le stratège et pourtant, du point de vue des Sioux, cette guerre contre les Blancs fut à l'origine un malentendu. Il n'y eut jamais de guerre proprement dite contre les Américains car ceux-ci n'existaient pas dans l'imaginaire indien. La guerre était une affaire de famille que l'on perpétuait entre tribus ennemies, presque un sport aristocratique. Il aura fallu les traités bafoués, les humiliations, les trahisons et les réserves pour persuader les Indiens de la réalité du monde blanc. Cette biographie, fondée sur les témoignages des derniers compagnons vivants du chef Hunkpapa, demeure pour les historiens et les ethnologues, un ouvrage de référence. De Sitting Bull elle dresse moins le portrait du guerrier que celui du chef charismatique.
 

VESTAL Stanley C.2012, L'aigle foudroyé Sitting Bull. Nuage Rouge, 428p.

Chef charismatique des Sioux hunkpapas, Sitting Bull, Ta-Tan'-Ka I-Yo-Ta'-Ke, reste dans nos mémoires comme un des chefs indiens les plus célèbres, le symbole et l'âme de la résistance indienne aux Etats-Unis. Des ouvrages qui leur sont consacrés celui-ci est l'un des premiers où le témoignage et l'avis des Indiens sont considérés avec la même attention et évalués avec autant de soin que les sources plus " conventionnelles ". Dès 1926, seuls les Sioux qui ont connu Sitting Bull, dont ses deux neveux One Bull et White Bull, ont pu donner à Stanley C Vestal les moyens de finaliser correctement à leurs yeux cette biographie, la biographie mère, historique et de terrain, après laquelle d'autres, plus de " bureau " et " universitaire ", ont pu exister. Ce qui n'empêcha point parfois leurs auteurs de critiquer leur source d'inspiration. Les liens que noue Vestal avec One Bull sont si forts que le vieux chef l'adopte comme un fils ; quant à White Bull, sa capacité à raconter les événements, à parler de son oncle, son amitié et sa confiance envers Vestal contribuent de façon capitale à la réalisation du projet de biographie. Sitting Bull est né en 1831 dans une région qui deviendra le Dakota du Sud. En 1865, les Américains commencent à entendre parler de lui. Si Sitting Bull ne leur cherche pas spécialement querelle, il est vite contraint de prendre les armes contre eux face à leur hostilité et aux agressions qui mettent en péril le monde lakota et la vie des Sioux eux-mêmes.

 

WELCH, James, 2000, C'est un beau jour pour mourir, Ed Albin Michel, 299p.

Au début des années 1860, l'Amérique décide d'en finir une bonne fois pour toutes avec les Indiens. C'est principalement dans les Grandes Plaines que des tribus entendent résister à l'avancée des Blancs. La guerre de Sécession terminée, c'est à l'armée qu'incombe la tâche de régler le " problème indien ". Ironie de l'histoire, le 25 juin 1876, le général Custer et son régiment sont anéantis par " l'ennemi " sur les rives de la Little Bighorn. Ce jour-là, Crazy Horse et Sitting Bull infligent à l'Amérique sa plus désastreuse défaite. Et pourtant, elle annonce la fin d'un monde : lors des années qui vont suivre, tous les Indiens finiront parqués sur des réserves. C'est la version indienne de l'Histoire que James Welch s'attache ici à faire revivre. Relatant par-delà les mythes et les malentendus un des épisodes les plus sombres de l'histoire américaine, il dit la fierté et le désespoir d'un peuple privé de ses droits, devenu étranger sur sa propre terre.