Filmographie

Deux ouvrages sur l'Indien dans le cinéma américain

   
Gilles Laprévotte, Thierry Roche, 2010, Indian's Song : Des Indiens d'Hollywood au cinéma des Indiens, Yellow Now, 206p.

Si, de nos souvenirs cinéphiliques, ne devaient subsister que quelques images, nul doute qu'émergerait celle d'une horde d'Indiens hurlants et menaçants. Le western appartient à notre imaginaire et l'Indien en est l'une des figures les plus fantasmatiques, aussi visible sur l'écran qu'invisible dans la réalité américaine. Du barbare au bon sauvage, de la victime au rebelle, l'industrie cinématographique a ainsi créé une tribu qui n'a jamais existé : les Indiens d'Hollywood. Cet ouvrage se propose de parcourir l'histoire de ce stéréotype et de faire découvrir le cinéma des Amérindiens eux-mêmes, né au début des années 60, quasi invisible aux Etats-Unis, découvert en Europe au Festival international du film d'Amiens en 1987. Contemporaine des revendications identitaires des nations indiennes, cette cinématographie est le fruit d'une volonté de lutter contre l'imagerie, l'oubli, le racisme ; cinématographie jeune, fragile et marginale, on en analyse ici les oeuvres les plus représentatives.

 

Ouvrage collectif, 2012, Les indiens et le cinéma, des indiens d'Hollywood au cinéma des indiens, Trois cailloux.

Si de nos souvenirs de cinéphiles ne devaient subsister que quelques images, nul doute qu’émergeraient celle d’un cow-boy solitaire traversant de vastes paysages ou d’Indiens attaquant un convoi de pionniers. Le western appartient à notre imaginaire. Cet ouvrage collectif se présente comme un voyage à travers l’imagerie hollywoodienne de l’Indien, du muet à aujourd’hui pour déboucher sur une réalité indienne de 1989 filmée par les Indiens d’Amérique du Nord eux-mêmes au travers d’une cinématographie encore jeune et surprenante à bien des égards. C’est aussi une forme de pérégrination dans un espace qui d’une Amérique rêvée à une Amérique réelle ne cesse de nous déconcerter voire de nous fasciner. Des Indiens d’Hollywood à ceux bien réels de cet fin de siècle s’écrit une double histoire, celle d’un génocide physique et culturel, celle du cinéma américain et de nos rapports de spectateur à son imaginaire.

 

Georges-Henri Morin, 1977, Le cercle brisé. L'image de l'indien dans le western, Payot, 312p.

Le Cercle brisé explore un genre cinématograhique, le western, avec d'autres cartes que celles utilisées traditionnellement par la critique. Les films y sont systématiquement confrontés à l'histoire de la conquête et du génocide des Indiens. Les Peaux-Rouges de l'écran ne dissimulent plus les indens du XXe siècle et ce que nous savons de leurs révoltes récentes. L'image de l'Indien cinématographique se précise: celui que les cinéastes ou le public paraissent confondre avec les témoins et les sorciers de nos légendes moyenâgeuses ou qu'ils chargent de nos espérances utopiques en une société meilleure, à laquelle il appartiendrait déjà, ne serait en fin de compte qu'un sauvage blanc, un autre nous-mêmes, un lambeau de notre passé que le cinéma traditionnel entretiendrait dans notre présent.

 

Des articles sur l'Indien dans le cinéma américain

Bauchard Pascal, l'indien dans le cinéma américain

Lefevre Martin, « Figuration du personnage : l’Indien du cinéma américain »

Garrait-Bourrier Anne, L’iconographie de l’Indien dans le cinéma américain : de la manipulation de l’image à sa reconquête

Wiel Ophélie, L'Archétype de l'Indien dans le western américain

   

Filmographie

Classement suivant l'article de Pascal Bauchard: L'indien dans le cinéma américain

   
L'époque du Muet: des Indiens humains
   

1920, Le dernier des mohicans, Clarence Brown et Maurice Tourneur.

L'action se déroule en 1757, en Nouvelle-France (Amérique du Nord), pendant le conflit qui oppose Anglais et Français. La tribu indienne des Mohicans (le chef Chingachgook et son fils Uncas) est l'alliée des Anglais, et celle des Hurons a fait alliance avec les Français. Cora et Alice, les deux filles du colonel anglais Munro, tentent de rejoindre leur père au Fort William Henry. Elles sont accompagnées par le major Heywood - qui fait une cour discrète à Cora - et par un guide indien, Magua. Mais celui-ci est un chef Huron qui, avec l'aide de ses guerriers, parvient à les capturer ; il tente d'obliger Cora à devenir sa femme. Alors que les prisonniers vont être exécutés, ils sont sauvés par Chingachgook, Uncas et Œil-de-Lynx, un éclaireur, et parviennent à rejoindre le fort.

 

1930, L'ennemi silencieux, H.P. Carver, 64'

La nourriture commence à manquer chez les Indiens Ojibwa. Le chef de la tribu suit les conseils de Baluk, qui recommande de partir vers le nord pour trouver des troupeaux de caribous. De son côté, l'homme-médecine Dagwan, le rival de Baluk auprès de la fille du chef, est d'avis que le campement doit rester sur place. Une fois en route vers le nord, les Ojibwa affrontent de grandes difficultés alors que s'aggrave le conflit entre les deux prétendants.

 
Années 30 et 40: Le western classique.
L'Indien un obstacle à la conquête de l'Ouest
   
1941, La chevauchée fantastique, Raoul Walsh, 97'

Neuf personnes ont pris place dans la diligence qui traverse un territoire infesté de bandits. L'expédition sera fertile en événements tragiques. Tandis que les gens se racontent leur vie, des Indiens se préparent à attaquer le convoi. Les voyageurs devront se défendre héroïquement, aidés d'une troupe de cavalerie qui mettra les assaillants en fuite, tandis que nous est révélé le caractère de chacun des personnages.
L’avis de Mediafilm
Ce chef-d'oeuvre de John Ford est devenu un classique de l'écran et un prototype du western. L'intrigue est simple, bien conduite, et chacun des personnages qui y vit est pourtant dessiné «dans son volume tout entier». Si les caractères sont peu fouillés, ils sont par contre bien campés et il se dégage de l'ensemble une atmosphère d'épopée qui fait oublier certaines naïvetés et certains poncifs. En raison de quelques scènes trop réalistes et de la présentation de caractères peu élevés, ce spectacle excellent, sain et viril, s'adresse aux adultes.


 

1944, Buffalo Bill, William A. Wellman,90'.

Après son mariage avec la fille d'un sénateur, Elsa Bill, dans l'Ouest des Etats-Unis Buffalo Bill se voit forcé de combattre ses amis cheyennes dépossédés par la construction du chemin de fer et la destruction de leurs bisons. A la recherche de sa femme dans l'Est des Etats-Unis, il se révolte contre la civilisation blanche, malgré l'offre d'une médaille présidentielle et une réputation littéraire de héros des guerres indiennes forgée par le journaliste Ned Buntline. Commentaire[modifier] Pour la première fois dans l'histoire du western parlant, les Indiens y ont droit à la parole, revendiquent leurs droits gagnent des batailles et ne sont plus des pantins juste bons à abattre ; si ce n'est dans le film par la bouche de personnages blancs, haîssables -civils comme militaires- pour lesquels "un bon indien est un indien mort." Au contraire c'est l'image du bon sauvage dans la tradition de James Fenimore Cooper qui prévaut.On peut cependant douter que dans la réalité le vrai Cody se soit montré comme dans le film profondément troublé par les massacres de bisons auquel il a largement contribué; En tout William Wellmann poursuit son approche critique de la conquête de l'ouest qu'il avait entamée l'année précédente dans L'étrange incident, accablant réquisitoire contre le lynchage. On notera qu'à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance des États-Unis en juillet 1976, la télévision américaine imitée par la télévision française, diffusera ce double hommage au prestigieux personnage du far-west et aux peuples amérindiens.

 

1947, Les conquérants du nouveau monde, Cecil B. De Mille, 146'

1763, en Angleterre : une jeune anglaise, Abigail Martha Hale, est injustement accusée d’un crime qu'elle n'a pas commis. Elle est condamnée à quatorze années de déportation dans les colonies d’Amérique du Nord. Sur le navire qui l'amène dans le nouveau monde, elle fait la connaissance du Capitaine Christopher Holden, officier de la milice et authentique patriote. Aussitôt arrivée en Virginie, elle est vendue aux enchères. L'offre la plus élevée est celle du Capitaine Holden qui lui redonne sa liberté au grand dépit du trafiquant d’armes Martin Garth, un dur à cuire, qui voulait garder pour lui la jeune femme. Holden est au courant des tractations de Garth avec les indiens; il se prépare à épouser Hannah, la fille du chef des Senneccas. Garth joue un rôle essentiel dans la « conspiration de Pontiac » qui consacra le regroupement de dix-huit tribus amérindiennes sous l'autorité du chef des Ottawa qui avait comme objectif de chasser les colons britanniques des territoires indiens. Garth attise la haine des Indiens envers les colons Anglais en leur vendant des armes. Garth use de subterfuge et finit par discréditer Holden, qui est accusé de félonie et de désertion. Il est finalement condamné à mort. Abigail qu'il a déjà arraché aux indiens l'aide à gagner le fort Pitt pour prévenir les colons de l'arrivée des amérindiens. Holden en profite pour regrouper des soldats du fort avec lesquels il réussit à mater la rébellion.

 

1948, Le massacre de Fort Apache, John Ford,128'.

Cette fiction n'a aucun fondement historique. Elle tend cependant à dénoncer la corruption, la vanité et leur mauvais ménage, ainsi que le racisme contre les indiens. Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue. Le lieutenant-colonel Thursday est envoyé commander Fort Apache, poste qu'il juge indigne de lui. Il espère y gagner gloire et renommée. Il est peu expérimenté en guerres indiennes contrairement au capitaine York qui négocie habilement avec Cochise son retour pacifique dans les terres de réserves indiennes. Mais Thursday veut se faire un nom et ne respecte pas la parole de paix que York a donné à Cochise. Lors d'une ultime rencontre entre l'armée, les indiens et le représentant du gouvernement, ce dernier est accusé par Cochise de corrompre la qualité de vie des tribus indiennes. La demande indienne est le départ du représentant du gouvernement. Malgré l'évidence du rôle de ce dernier, pris en flagrant délit de trafique d'alcool et d'armes, le colonel s'emporte et déclare la guerre, ce qui va causer sa perte. Les deux armées sont prêtes. Thursday méprise son adversaire qu'il dit incapable de stratégie militaire. Thursday démet York de son commandement et lui interdit de participer au combat

 
1949, La Charge Héroïque, John Ford, 103'

Sorti après Fort Apache et avant Rio Grande, ce film est le deuxième volet du triptyque consacré à la cavalerie américaine. Trois films, trois hommages différents : celui-ci s'intéresse en particulier à la chaîne de commandement dans laquelle le Capitaine Brittles est au centre. Si la paperasserie est en premier lieu traitée humoristiquement, cette dernière devient un outil pour Brittles qui, 4 heures avant sa retraite officielle, donne alors ses derniers ordres en plusieurs exemplaires ! De même, le rôle du sonneur qui, par un simple coup de trompette, transmet ordres et commandements, est remarquable. La discipline, le courage des troupes, etc : toutes ces qualités sont vantées sur l'ensemble de la Frontière commandée par des figures patriotiques tels que Philip Sheridan, William Shermann ou Robert Lee. Alors que les Indiens sont déjà mentionnés dans Fort Apache par la présence de Cochise qui se bat pour de justes causes, la coalition d'indiens sur le sentier de la guerre est ici montrée de manière plus brutale : attaques de la diligence et des fermiers aux environs, tortures du responsable corrompu des Affaires Indiennes... Mais c'est la ruse de la Cavalerie qui réussira là où les palabres du sage Pony The Walks et de Brittles ont échoué.

 

Les années 50 et 60
Vers la reconnaissance

   

1950, Rio Grande, John Ford, 99'.
Ce film relate un des cent épisodes de la lutte de la cavalerie américaine contre les Indiens, durant la guerre de Sécession. Aux confins du Mexique et du Texas, le colonel York mène une lutte inégale contre les Apaches réfugiés derrière le fleuve frontière Rio Grande. Au risque de briser sa carrière, il passera outre l'interdiction fédérale, franchira le fleuve et connaîtra le triomphe.
L’avis de Mediafilm
La signature de John Ford, dispense de tout commentaire sur les qualités formelles de ce film. Quant au scénario, on y retrouve toutes les conventions qui caractérisent le genre. L'intrigue sentimentale et le drame intérieur du héros se développent parallèlement à l'action extérieure

 

1950, La flêche brisée, Delmer Daves, 1h33'.

Arizona, 1870. La Guerre fait rage entre Blancs et Apaches. L'ancien éclaireur Tom rencontre le chef Cochise et propose la paix. Un traité est signé. Mais ils vont être trahis.Bien qu'un virage ait été amorçé par John Ford dès les années quarante avec Le Massacre de Fort Apache et La Charge héroïque, La Flèche brisée est considéré par beaucoup comme l'un des premiers à renverser les valeurs traditionnellement véhiculées par Hollywood dans les westerns d'alors : les blancs forcément victimes des indiens, méchants et cruels de service. Dans un entretien qu'il eût avec le réalisateur Bertrand Tavernier, Delmer Daves évoque en ces termes les souvenirs qu'il garda de son film et de sa réhabilitation du peuple indien : "J'aime beaucoup La flèche brisée, parce que j'ai pu montrer dans cette oeuvre l'Indien comme un homme d'honneur et de principes, comme un être humain et non comme une brute sanguinaire. C'était la première fois qu'on le faisait parler comme un homme civilisé parlerait à son peuple, de ses problèmes et de son avenir. L'ONU décerna des louanges considérables à ce film parce qu'il présentait un monde où les gens en conflit se respectaient. L'on trouvait des salauds chez les blancs, mais aussi des types recommandables, de même qu'il y avait des Indiens faméliques mais aussi des hommes en qui l'on pouvait avoir confiance. Une vérité première... A partir de ce moment, Hollywood cessa de peindre les Indiens comme des sauvages".

 

1950, La porte du Diable, Anthony Mann.

1865, dans le Wyoming. Lance Poole revient de la guerre où sa bravoure lui a valu la Médaille du Congrès. Malheureusement, Lance Poole est un Indien et ses états de service n'y changent rien aux yeux de la population blanche. Il choisit donc de rejoindre les siens dans leur réserve gardée par un défilé, la Porte du Diable du titre. Mais les éleveurs de moutons, menés par Verne Coolan, convoitent ses terres...La Porte du Diable est l'un des tout premiers westerns pro-indiens et l'un des plus puissants car dépourvu de toute concession ou sensiblerie. Lance Poole aspire à s'intégrer, à devenir un Américain comme les autres, va même pour ce faire jusqu'à se battre dans une guerre qui n'est finalement pas la sienne, mais se voit toujours rappeler à sa condition de non-citoyen (car les Indiens n'avaient pas la citoyenneté américaine à l'époque, rappelons-le...) et ses décorations ne l'empêcheront pas d'être progressivement dépossédé de ses terres, de sa dignité d'homme et finalement de sa vie même.

 

1951, Au dela du Missouri, William A.Wellman,1h51'.

L'histoire retrace une période de la vie d'un trappeur, Flint Mitchell et elle nous est relatée, en voix off, par son fils. Cet homme se transforme peu à peu au contact d'une femme indienne qu'il a épousée. À travers ce portait se dessine la vie rude de ces hommes, chasseurs et trappeurs, qui passaient leur existence au milieu de la nature et ouvraient les pistes aux futurs migrants. Affrontements avec les indiens, soucieux de garder leur territoire vierge, voyages épuisants et périlleux, cette vie loin de toute civilisation les rapprochait finalement des moeurs indiennes. Quand Flint Mitchell fait le choix, après la mort de son épouse Black Foot de rester vivre loin de tout avec son fils, il adopte définitivement ce mode de vie en communion avec la nature, qui lui permet d'être toujours proche de sa femme en pensée.

 

1952, La captive aux yeux clairs, Howard Hawks, 140'

The Big Sky est le deuxième western de Howard Hawks. Quatre ans après La Rivière rouge (1948), épopée sur la Chisholm Trail et le convoyage des troupeaux du Texas, le réalisateur remonte le temps et le Missouri pour conter le périple du Mandan et de ses « engagés » jusqu'au pieds des Rocheuses en pays Pieds-Noirs en 1832. Le film est l'histoire d'une amitié, mise en danger par l'intrusion féminine. C'est aussi un hymne à la nature, au rythme nonchalant, aussi languide que la rivière. La Rivière rouge et La Captive aux yeux clairs seront les deux westerns du cinéaste illustrant la conquête territoriale, investissant les « grands espaces », avant les variations chambristes de la trilogie constituée par Rio Bravo (1958), El Dorado (1967) et Rio Lobo, dernier film du réalisateur (1970).

 

1954, Bronco Apache, Robert Aldrich, 91'

En 1953, une résolution de ‘la Chambre des Représentants et du Sénat’ fait enfin considérer les ressortissants indiens des Etats-Unis comme des citoyens à part entière, et confirme ainsi la loi de citoyenneté de 1924. L’année suivante, la politique inaugurée par le gouvernement de Washington permet à de nombreux réalisateurs et producteurs de réhabiliter comme il se doit ce peuple assez malmené au cinéma depuis ses débuts. Mais il serait idiot de généraliser en affirmant qu’avant les années 50, tous les westerns ont montré avec mépris et haine la nation indienne. Même à l’époque du muet, certains cinéastes, suivant la tradition instaurée par James Fenimore Cooper en littérature, avaient décrit avec respect et sympathie le ‘bon sauvage’ mais souvent, comme le prouve cette expression, avec une certaine condescendance. Sinon effectivement, un très grand nombre de films en faisaient, sans aucune finesse, ‘les méchants’ qu’il fallait absolument massacrer. A la fin des années 40, John Ford montre des tribus souhaitant sincèrement vivre en paix dans l’élégiaque La charge héroïque. Mais ce sont Delmer Daves et Anthony Mann qui ouvrent royalement la voie de cette véritable réhabilitation des Indiens avec, respectivement, La flèche brisée et La porte du diable, tous deux de 1950. Il est pourtant permis de préférer le film de Robert Aldrich, violent réquisitoire contre la condition des Indiens d’Amérique, à ces illustres prédécesseurs.

 

1954, Sitting Bull, Sidney Salkow,1h41'.

Sitting Bull (Dale Robertson), chef des Sioux, est en conflit avec le Général Custer de l'Armée Américaine. Celui-ci ne supporte pas les indiens, et leurs différents les mènent à la dernière bataille de Little Big Horn. Le major Parrish, ami des Sioux, essaie d'empêcher le carnage, mais accusé de collaboration avec l'ennemi, il passe en Conseil de Guerre. C'est sans compter sur le soutien de Sitting Bull, qui parviendra à intervenir auprès du Président Grant au nom de Parrish ...

 

1955, La prisonnière du désert, John Ford, 119'.

Au lendemain de la guerre de Sécession, une bande de Comanches massacrent une famille de fermiers et font prisonnières les deux jeunes filles de la maison. Surgit leur oncle, sorte d'aventurier instable, qui s'élance à la poursuite de ses nièces. À l'aide d'un métis, il retrouvera une des jeunes filles, l'autre ayant été tuée par ses ravisseurs.
L’avis de Mediafilm
D'une construction dramatique rigoureusement classique, ce film n'est pas dépourvu de valeur psychologique. Des critiques autorisés le considèrent même comme le western par excellence parce qu'il regroupe et orchestre tous les éléments qui font le succès et la grandeur du genre. La mise en scène est extrêmement soignée et la qualité picturale de l'ensemble est indéniable.


 

1955, Chief Crazy Horse /Le Grand Chef, George Shermann.

Ours Conquérant, chef des Sioux Lakota meurt des suites des blessures reçues au cours d'un combat contre les blancs. Sur son lit de mort il a prédit qu'un grand guerrier naîtrait de la tribu, qu'il conduirait celle-ci à la victoire, mais qu'il serait tué par l'un des siens. Plusieurs années plus tard, Cheval Fou et Chale Noir, fille de Spotted Tail, sauvent la vie du major Twist. Celui-ci facilite, par son intervention, le mariage des deux jeunes gens. Twist revient au fort Laramie en compagnie de Petit Grand Homme, cousin de Cheval Fou et mortel ennemi de celui-ci. Petit Grand Homme révèle aux propriétaires du comptoir du fort que les "Collines Noires", lieu de sépulture des Sioux Lakota, recèlent de l'or. C'est aussitôt la ruée. Les Sioux choisissent alors Cheval Fou comme chef et son premier contact avec les blancs se solde par une victoire. Le général Crook envahit le territoire indien mais il est écrasé par les guerriers de Cheval Fou. Revenant du combat, celui-ci apprend la mort de sa petite fille. Puis le Général Custer est envoyé dans la région. Cheval fou rassemble alors ses guerriers et anéantit la colonne Custer. Pensant qu'ils n'ont plus rien à craindre des blancs, les Lakotas regagnent leur territoire de chasse. Mais le gibier est rare, la famine menace, Chale Noir tombe malade. Pour éviter une catastrophe, Cheval Fou fait la paix avec les blancs. Il lie une amitié avec le Général Crook, mais la prophétie se réalise et il tombe sous les coups de Petit Grand Homme devenu Sergent des troupes indiennes du fort

 
1955, La dernière caravane, Delmer Daves, 98'

1873. Territoire de l'Arizona. Seul survivant parmi les frères Harper, Bull, le shérif d'Oak Creek, parvient à mettre la main sur le responsable du massacre de sa famille, un certain Todd, un métis mi-Blanc mi-Comanche. Le shérif et son prisonnier se joignent à une caravane pour rentrer en ville. En chemin, les jeunes pionniers protestent contre la brutalité du représentant de la loi vis-à-vis de Todd. Mais ce dernier parvient à retourner la situation en sa faveur et à tuer le shérif, semant la panique parmi les membres du convoi. Ce drame est rapidement éclipsé par une soudaine et violente attaque des Apaches contre le convoi. De nombreux émigrants sont tués tandis que les chariots sont détruits et le bétail, éparpillé dans la nature. Venu prêter main forte aux pionniers, Todd propose de mener les survivants en lieu sûr. L'intervention de Jenny, une jeune femme qui s'est prise d'affection pour l'aventurier métis, emporte la décision : tous repartent sous la direction de Todd, qui connaît parfaitement la région et sait comment brouiller les pistes pour égarer d'éventuels poursuivants..

 

1956, La dernière chasse, Richard Brooks.1h48.

1883 dans des paysages grandioses du Dakota. Deux anciens compagnons font équipe dans une campagne de chasse au bison. Charley, au tempérament cruel, sadique et raciste, s'oppose à Sandy, plus humain et sensible, qui tente sans cesse de calmer les instincts meurtriers de son associé. Tandis que l'un prend de plus en plus conscience que tuer des animaux équivaut à conduire les Indiens à la famine, l'autre massacre sans pitié une de leur famille en gardant pour lui la seule survivante. Cette dernière, qui hait Charley, se rapproche petit à petit de Sandy, qui lui témoigne attention et tendresse. Dès lors, la rivalité des deux hommes ne fait que s'envenimer

 

1957, Le jugement des flêches, Samuel Fuller,1h25.

Le 9 avril 1865 la guerre de Sécession est terminée, mais le soldat sudiste O'Meary fait un carton sur un lieutenant yankee, qu'il ramène pourtant chez le chirurgien. O'Meary refuse la défaite et la reddition de Lee, il part vers les contrées "sauvages" de l'Ouest à la rencontre des indiens chez qui il désire vivre. En chemin il rencontre un vieux Sioux alcoolique, Vaillant Coyote, ancien éclaireur de l'armée, qui rentre chez lui, il apprend à O'Meary la langue et les coutumes de sa tribu. A l'approche du Territoire Sioux ils sont faits prisonnier par Loup Furieux et son groupe de francs-tireurs qui a décidé de les tuer. En désespoir de cause Vaillant Coyote demande " le jugement des flèches". Seul O'Meary en réchappe, soustrait de la mort par la belle Mocassin Jaune, il est accepté et vit désormais dans la tribu avec la femme qui l'a sauvée. Quelques années plus tard le gouvernement américain veut construire un fort sur le territoire de la tribu, O'Meary est désigné par Buffalo Bleu pour veiller à ce que le pacte soit respecté. Mais le chef du détachement n'est autre que le Lieutenant Driscoll sur lequel O'Meary a tiré sa dernière balle… Fuller signe un scénario assez sec où le héros n'est pas toujours très sympathique ( Rod Steiner , plutôt rugueux, n'a rien du traditionnel héros séducteur), mais les indiens trouvent ici une place plus digne et plus conforme à l'histoire.

 

1958, Fort massacre, Joseph M. Newman,1h17'

1870. La mission du Sergent Vinson est de ramener au fort les survivants d'une colonne de cavalerie qui fut attaquee et decimee par les Indiens. Assoiffe de vengeance, Vinson perd le sens de ses responsabilites et cherche avant tout a satisfaire une vengeance personnelle.

 

1964, La charge de la 8 éme brigade, Raoul Walsh, 1h55'.

1862. Après leur défaite contre les Tuniques bleues du général Quait, les Indiens rebelles Chiricahuas se sont réfugiés au Mexique, Frais émoulu de West Point, le lieutenant Matt Hazard débarque à Fort Delivery, situé dans une zone dangereuse. Ainsi au cours d'une banale corvée de bois, ses hommes et lui sont attaqués par un groupe de Chiricahuas....

 

1964, Cheyenne autun / Les Cheyennes, Ford John, 2h25.

Cinéaste attaché à la dignité humaine, Ford ne pouvait décemment terminer sa carrière sans nous donner un grand film sur les Indiens, ces mal-aimés du cinéma hollywoodiens. En fait, le cinéaste avait en projet de relater la tragédie des Cheyennes depuis le début des années cinquante. Les aléas de la production ont fait de ce thème son tout dernier western. Et il est presque heureux qu’il ait dû attendre si longtemps pour le réaliser. Cheyenne autumn (le magnifique titre original donne à lui seul la tonalité de l’œuvre) synthétise les sentiments d’un homme revenu de tout et qui s’interroge avec pessimisme sur les ambiguïtés de son pays. Oui, décidément, pour son dernier western, Ford, déjà très malade, a mis tous les atouts de son côté. Cheyenne autumn est un de ses films les plus aboutis, un testament lyrique aux accents crépusculaires. Marianne Spozio

 

1966, Le massacre des Sioux,Sidney Salkow,1h32'.

A la fin du siècle dernier, s'est déroulé devant la Cour martiale de Washington un célèbre procès mettant en cause le général Custer (alors décédé) et deux de ses officiers : le commandant Rino et le capitaine Benton. Cause : l'échec de l'expédition militaire contre les Sioux, confiée au général Custer. Le capitaine Benton expose à la Cour le déroulement de cette lutte inexorable. Attaché au commandant Rino, le capitaine Benton s'est vu d'abord chargé d'accompagner à travers l'Ouest la famille Turner, l'épouse et ses deux filles, qui allaient rejoindre leur père, gros négociant aux confins du Far-West. Les Sioux, par une attaque surprise, désorganisent le convoi et enlèvent Madame Turner et ses filles.

 
Années 70 "Le cycle de la sauvagerie"
   

1969, Willie Boy, Abraham Polonsky, 1h 37.

Indien de la tribu Paiute, Willie Boy revient dans sa région natale, en Californie, afin d'y épouser la femme blanche qu'il aime, Lola Boniface. Le père de celle-ci s'y oppose catégoriquement. En état de légitime défense, Willie Boy finit par le tuer et s'enfuit avec elle. Le shérif local, Cooper, se lance à leur poursuite … Il découvre bientôt le corps de la jeune femme abattue (coutume indienne ou solidarité de la femme attachée à celui qu'elle aime ?). Désormais, et en dépit de la sympathie qu'il éprouve pour l'Indien, Cooper n'aura d'autre recours que d'exécuter le fugitif, qui, de son côté, n'avait pas chargé son arme.Willie Boy est un western à caractère sociologique. Les lois du genre n'y sont guère sollicitées : les Indiens ne sont plus sur le sentier de la guerre, les codes de comportement et d'habitudes de vie du Far West - nous nous situons au début du XXe siècle - sont bousculés, les attributs et vêtements de chacun des peuples ne se différencient même plus. La problématique est plutôt celle de l'intégration des peuples "native land" à l'Amérique du futur. Le désespoir de Willie Boy s'alimente de cette difficulté à vaincre les préjugés et les réflexes racistes. En ce sens, le film est extrêmement moderne. Willie Boy n'a nullement la volonté de se battre contre les Blancs : il ne perçoit, à la lumière des faits concrets, aucun avenir réel pour son peuple

 

1970, Un Homme nommé cheval, Elliot Silverstein,1h55'.

Alors qu'il participe à une chasse dans l'Ouest américain, lord John Morgan est capturé par une tribu de Sioux. Ces derniers le laissent en vie mais le considèrent comme une bête de somme dont ils utilisent la force de travail. Morgan découvre avec eux un mode de vie qui lui était totalement inconnu.

A la fin des années des 60, le Western connaît un drôle de virage quant à la représentation de l’ouest. Bien entendu, l’image du peau-rouge assoiffé de sang et dont la seule motivation est de stopper les convois des gentils colons blancs en prend un sacré coup. Certains films avaient pourtant déjà essayé de dépeindre les premiers véritables américains comme des êtres humains et non pas des sauvages sans foi ni loi mais cette fois le cinéma se montre encore plus critique vis à vis de l’homme blanc.

 

1971, Jeremiah Johnson, Sydney Polllack, 1h50'.

Une ode à la nature magnifiquement interprétée par Robert Redford Dégoûté du monde civilisé, Jeremiah Johnson (Robert Redford) part pour les Montagnes Rocheuses, déterminé à y mener la vie solitaire d'un trappeur. La pureté et la beauté de cette région hostile ne font alors aucun doute pour lui. Face aux rigueurs de son premier hiver dans Rocky Mountain, il échappe de peu à la mort, et trouve refuge auprès d'un vieux trappeur (Will Geer) qui lui apprendra à survivre dans cet environnement qu'il ne connaît pas. Sydney Pollack conte l'odysée de cet homme de 1850 qui tourne le dos à la civilisation pour partir dans des territoires sauvages. Les images sont sublimes (le film a été entièrement tourné dans l'Utah) et Robert Redford incarne ce personnage avec une grande sensibilité. Jeremiah Johnson est la seconde des six collaborations de Robert Redford et Sydney Pollack

 

1970, Le soldat bleu, Ralph Nelson, 1h54'.

Le 29 Novembre 1864, une unité de volontaires de la Cavalerie du Colorado, comprenant 900 hommes, attaque un paisible village Cheyenne à Sand Creek. Les indiens levèrent un drapeau blanc et un drapeau américain. La cavalerie attaqua néanmoins, massacrant sept cents indiens - dont plus de 350 femmes et enfants. Plus de cent scalps indiens furent pris, des corps furent démembrés et il y eu de nombreux viols ... " Ce fut peut-être le crime le plus ignoble et le plus injuste dans les annales de l'Amérique".

 

 

1971, Littel Big Man, Arthur Penn, 2h13'.

Jack Crabb a 121 ans et raconte son histoire à un journaliste venu enregistrer son témoignage à l'hôpital. Il prétend être l’unique survivant de la bataille de Little Big Horn où les troupes du général Custer furent massacrées par les Indiens. En 1860, Jack est un garçon d'une dizaine d'années. Avec ses parents, il part à la conquête de l'Ouest, mais leur convoi est attaqué par les Indiens. Devenu orphelin, il est recueilli, éduqué et protégé par "Grand Father", le chef d'une tribu Cheyenne, qui le surnomme Little Big Man. Il partage alors la vie et la culture de sa nouvelle famille jusqu'au jour où les Cheyennes sont décimés et où il échappe de justesse à la mort.Second western d'Arthur Penn après Le Gaucher, Little Big Man se veut également une relecture de la mythologie westernienne. Little Big Man n'est pas un héros. Il est plutôt lâche et n'est sauvé que par les autres ou par son instinct de survie qui le pousse à s'adapter. Mais la force de ce film réside dans ce reflet qu'il offre du Far West pour l'Amérique des années 70. A travers ce parallélisme Little Big Man renvoie avec ce ton, ce style et cette incroyable virulence une image des Etats-Unis peu glorieuse avec le Vietnam, l'émancipation à reculons des noirs. Intelligent et jubilatoire.

 

1972, La Fureur Apache, Robert Aldrich, 1h43'.

En 1880, dans l'état d'Arizona... McIntosh, un vieil éclaireur, accompagne le jeune lieutenant idéaliste, Garnett DeBuin, à la poursuite d'un groupe de guerriers apaches, menés par Ulzana. Las d'être parqués dans leur réserve, ces derniers, révoltés, ont en effet entrepris de piller et tuer les colons américains... Durant leur course-poursuite, McIntosh et DeBuin réalisent qu'ils ont des opinions diamétralement opposées sur les atrocités perpétrées par les Indiens : la moralité du jeune lieutenant est fortement ébranlée, tandis que l'éclaireur parvient à rester cyniquement froid face à ces tueries

 

'1976, Joseph Wales, hors la loi, Clint Eastwood, 136'

Après avoir assisté, impuissant, au meurtre de sa femme et de son fils par des soldats Nordistes, Josey Wales (Clint Eastwood) est laissé pour mort. Il ne vivra plus désormais que pour retrouver les assassins et se venger… Diffusé en 1976, Josey Wales, hors-la-loi est basé sur le roman de Forrest Carter intitulé Gone To Texas. C’est le scénariste du film, Philip Kaufman, qui devait à l’origine en être le réalisateur : Clint Eastwood, satisfait du scénario mais ne partageant pas la même vision cinématographique, préféra le mettre en scène lui-même. Brutal et violent, Josey Wales, hors-la-loi diffère malgré tout des westerns réalisés par Clint Eastwood. En effet, le cinéaste mêle à la récurrente histoire de vengeance personnelle une description réaliste de l’Ouest américain, après la guerre de Sécession. Le metteur en scène s’attache à démontrer que la guerre ne détruit pas que les soldats et s’intéresse aux laissés-pour-compte de l’histoire, comme ces Indiens dont il trace un portrait humain et sensible, ou ces femmes violées que Josey Wales arrache à leur triste sort. Il faut souligner que ce western magistral, humaniste et attachant, est aussi l’un des favoris de son auteur.

 
Les années 1990-2010
   
1988, Pow Who Highway, Jonathan Wacks, 1h28'
Pow Wow Highway is set in Wyoming amidst the ever present struggle of tribal negotiation with business interests of White America. Buddy Red Bow is a former Vietnam vet who is against the deal that the mining corporations are proposing because his people would get little benefit from the operation. He gets a call from his sister who he hasn’t heard from in 10 years, who has been set up to be arrested while driving to her home in Santa Fe. The mining company planted drugs in the trunk of her car in hopes that this would get Buddy on the road to help his sister and out of the way before the important vote is taken so he wouldn’t influence a negative outcome for them.
 

1991, Dance avec les loups, Kevin Costner, 3h01'.

Le lieutenant nordiste John Dunbar, grièvement blessé lors d’une bataille pendant la guerre de Sécession, est muté, à sa demande, dans un avant-poste de l’Ouest sauvage. Il s’y retrouve seul en attendant l’arrivée de renforts avec pour compagnons un jeune loup solitaire qu'il appelle Pattes-Blanches (dans le roman Deux Bottes) et Cisco (son cheval). Ses journées se passent à parcourir la région puis à consigner, dans son journal, ses observations. Lui-même est l’objet d’une constante surveillance de la part de Sioux, avec lesquels il finit par entretenir des rapports de curiosité, puis d’amitié. Il sera adopté par la tribu et notamment par son homme médecine, Oiseau bondissant, lorsqu’il ramènera au camp, parmi les siens, une jeune femme appelée Dressée avec le poing, blessée.
À travers une peinture relativement atypique de la conquête de l'ouest américain, le film tente de montrer la différence qui existait entre les Américains natifs et les colons. On y découvre le rapport de domination que l'armée américaine entretenait avec les Amérindiens, et avec la nature de façon plus générale (au travers du massacre des bisons pour leurs seules peaux, par exemple, en laissant la viande pourrir sur place ...). .

 

1991, Cabeza de vaca, Nicola Echevaria, 111'.

Sélectionné en compétition au Festival de Berlin il y a presque vingt ans (1991), Cabeza de Vaca est depuis retombé dans l’oubli, et n’a d’ailleurs jamais eu droit à une sortie en France. Une injustice qui devrait être bientôt réparée car le long métrage sera distribué d’ici quelques mois, et ce pour la première fois sur le territoire. Pourquoi ce long silence ? Peut-être parce que le film de Nicolas Echevarria semble appartenir à une autre époque, celle des trips mystiques d’Alejandro Jodorowsky et des épopées en quête d’Eldorado de Werner Herzog. Mais là où Aguirre, la colère de Dieu baignait dans une atmosphère quasi fantastique, errance hallucinatoire peuplée de fantômes et où les autochtones ne sont que des ombres, Cabeza de Vaca a une approche quasi ethnologique, immersion réaliste au cœur des tribus du Nouveau Monde. Paradoxalement, dans cette peinture réaliste, le surnaturel trouve tout naturellement sa place, qu’il s’agisse de magie noire ou de miracles.

 

1992, Incident à Ogala, Michael Apted,1h27'.

Dans la réserve amérindienne de Pine Ridge (Dakota Sud), la violence couve, des exactions ont lieu, perpétrées sous les ordres d'un responsable à la solde du gouvernement. Le 26 juin 1975, deux agents du FBI pénètrent dans la réserve et sont tués au cours d'une fusillade. Léonard Peltier, un indien qui avait fui au Canada, est arrêté, extradé et condamné au cours d'un procès où se succèdent faux témoignages et preuves contradictoires

 

1992, Coeur de tonnerre, Michael Apted, 1h59'.

Washington, fin des années 1970. Ray Levoi, jeune et brillant agent du FBI, est chargé d'enquêter sur le meurtre d'un Sioux Oglala dans le Dakota et d'aider Frank Coutelle, responsable de l'affaire, à appréhender le suspect, Jimmy Regarde à Deux Fois, chef du mouvement traditionnaliste. Ray a été choisi parce qu'il a des origines indiennes, mais il n'a aucune affinité avec ce peuple qui vit misérablement dans une réserve. Considéré par Coutelle comme un gêneur, Ray, livré à lui-même, se lie avec Crow Horse, le policier indien, et avec Maggie Eagle Bear, une jeune militante. Il découvre un vaste complot qui lie Coutelle et Milton, le chef d'une milice, pour s'approprier des terres indiennes chargées d'uranium. Il dénoncera les coupables et repartira en ayant retrouvé ses racines et l'appartenance à un peuple.

 

1992, Le dernier des Mohicans, Michael Mann,2h02'.

1757, l'Amérique n'existe pas encore, c'est juste un simple territoire aux vastes étendues vierges, peu à peu colonisées par les Européens. Voilà pour le cadre d'une histoire un peu moralisatrice, écrite en 1826 par James Fenimore Cooper. Une sorte de bible sur la fondation de l'Amérique, que Michael Mann a eu la bonne idée de recentrer sur un personnage fascinant : Œil-de-Faucon, un fils de colons britanniques, élevé par des Indiens. Du coup, dans cette histoire dans laquelle on retrouve tous les fondements de l'Amérique – la synthèse de la double culture indienne et occidentale ; la confrontation des conceptions françaises et britanniques de la démocratie ; une réflexion identitaire sur la place d'un individu en quête de grandeur – Michael Mann y a puisé autant de sujets qui traversent ses films les plus récents, auss. Sur un scénario resserré et modernisé, avec des images d'une beauté invraisemblable – dues à son chef opérateur habituel Dante Spinotti –, porté par la flamme féline d'un Daniel Day-Lewis littéralement habité par son personnage, sur une superbe musique de Trevor Jones,

 

1993, Géronimo, Walter Hill, 115'

Dans les années 1880, le gouvernement américain force les Amérindiens à aller vivre dans des réserves. Chef d'un petit groupe d'Apaches irréductibles, Geronimo finit par rendre les armes. Escorté par les jeunes lieutenants Charles Gatewood et Britton Davis, le fier guerrier se livre en bonne et due forme au général George Crook qui l'envoie vivre dans la réserve de Turtle Creek. Mais à la suite d'une altercation violente entre des soldats et un sorcier apache, Geronimo et ses hommes reprennent les armes et se lancent dans une campagne meurtrière contre les Blancs. Gatewood se voit alors confier la mission de les arrêter. L’avis de Mediafilm Ce western s'inscrit dans la veine "révisionniste" du genre, c'est-à-dire le courant privilégiant une approche plus fidèle à l'histoire de l'Ouest. S'efforçant donc de décrire dans une perspective historique la guerre menée par les Apaches, les auteurs adoptent une orientation critique envers le gouvernement et l'armée de l'époque. Ils nuancent néanmoins le propos lorsque vient le temps de décrire certaines relations interpersonnelles entre Blancs et Amérindiens. Malgré une structure dramatique relâchée, l'ensemble s'avère fort intéressant.

 

1993, Ishi le dernier des Yahis, A. Makepace, J. Riffe et P. Roberts, 57’.

Dans les années 1860-1870, la nation indienne des Yahis qui vivait dans le nord de la Californie a été exterminée par les colons venus de l’Est. Pendant plus de 40 ans, Ishi, rescapé du massacre de son groupe, a survécu caché dans les montagnes avec quelques compagnons. Sa réapparition en 1911 stupéfia la société américaine de l’époque.

 
1995, Dead Man, Jim Jarmush, 121'

Aux environs de 1870, William Blake (Johnny Depp), jeune homme naïf originaire de Cleveland, se rend à la ville de Machine, sur la Côte Ouest, pour y prendre un poste de comptable dans l'entreprise de l'irascible M.. Dickinson (Robert Mitchum). Arrivé là, il apprend que son poste a déjà été pris. Dépité, il passe la nuit chez une ancienne prostituée, Thel. Dans la nuit, l'ancien fiancé de celle-ci et fils de Dickinson réapparaît, tue Thel et blesse gravement William Blake. Ce dernier riposte en tuant Dickinson fils, et s'enfuit en volant son cheval. Plus tard, alors qu'un étrange Indien, Nobody (Personne en anglais) (Gary Farmer), persuadé que William Blake est effectivement le poète anglais du même nom, tente de le soigner, Dickinson lance sur lui un trio de tueurs à gages… C'est le début de l'errance de William Blake et Nobody, tous deux reniés par leurs communautés respectives, à travers l'Ouest sauvage.

 
1997, The Brave, Johnny Depp
A Morgantown, bidonville aux confins de la prairie americaine, les gens, d'origine diverses, passent leur temps a boire. C'est la que Raphael vit avec sa femme Rita et leurs deux enfants au pied du gigantesque depot d'ordures qui les villageois exploitent pour gagner leur vie. Determine a faire vivre sa famille, Raphael se rend en ville a la recherche d'un emploi. Il y rencontre Larry, businessman, puis McCarty, et il accepte de tourner un "snuff movie".
 

1998, Phoenix Arizona, Chris Eyre,1h59'.

Victor, un jeune Indien de la réserve de Cœur d'Alene, dans l'Idaho, au nord-ouest des Etats-Unis, apprend que son père vient de mourir à Phoenix, dans l'Arizona, à 1500 km au sud. Il avait disparu sans explication dix années auparavant, alors que Victor avait 12 ans. Avec Thomas, qui lui a proposé de l'aider à financer le voyage à condition qu'il accepte sa compagnie, Victor prend la route de Phoenix pour aller récupérer les cendres du père. Victor est un grand costaud, fier et plutôt renfermé : il se veut guerrier. Thomas, lui, est petit, doux, extraverti et très bavard : c'est un conteur intarissable, plein d'humour et d'imagination - qui rejoint à sa façon, lui aussi, la culture de ses ancêtres, fondée sur le mythe et la transmission orale. Le voyage des deux jeunes gens - une traversée Nord-Sud de l'Ouest des Etats-Unis - les confronte à une Amérique qui n'est pas vraiment la leur : celle des Blancs, - et il est l'occasion, pour eux, de s'interroger sur leur place dans la société américaine, sur leur passé et sur leur avenir, sur leurs racines et sur leur identité, aussi bien culturelle (être indien, se comporter en Indien) que personnelle (la relation au père).

 

1998, Smoke signals, Chris Eyre, 90'.

'histoire est centrée autour de Victor Joseph ( Adam Beach ) et construit Thomas-le-Feu ( Evan Adams ) sur le Coeur D'Alene réserve indienne de Plummer , Idaho . Thomas est le excentriques conteur tribu et Victor est un joueur de basket-ball s'affirmer avec une disposition qui couve. Les deux jeunes hommes sont liés par le père de Victor, Arnold ( Gary Farmer ). Arnold sauvé Thomas comme un enfant d'un incendie qui a tué ses parents. Par conséquent, Thomas considère comme un héros. D'un autre côté, Victor, qui souffre d'Arnold l'alcoolisme , la violence domestique , et finalement l'abandon, en ce qui concerne son père à la fois l'amour profond et amer ressentiment. Thomas et Victor grandir ensemble en tant que voisins et connaissances, les combats les uns avec les autres et, simultanément, formant un proche, mais mal à l'aise, d'alliance. Quand Arnold meurt dans Phoenix , en Arizona , où il s'est installé après la séparation de la mère de Victor Arlene ( Tantoo Cardinal ), Victor et Thomas s'embarquer sur un voyage à travers le pays pour récupérer ses cendres et d'effets. Le voyage se révèle être un effort d'introspection à la fois pour les hommes. Aucun d'entre eux perdent de vue de leur identité comme «Indiens», mais leurs points de vue diffèrent. Victor est plus stoïque et pragmatique, et Thomas est plus idéaliste et traditionnelle (et romantique au point de regarder le film Danse avec les loups nombre incalculable de fois). Cette dichotomie se poursuit tout au long du film et est la source de l'irritation de Victor avec Thomas, et la fascination de Thomas avec Victor.

 

2005, Trudell, Heather Rae,1h12'.

En 1979, en signe de protestation contre la politique du gouvernement américain à l’encontre des Amérindiens, John Trudell brûle le drapeau des Etats-Unis devant le quartier général du FBI à Washington. Quelques heures plus tard, sa femme, alors enceinte, ses trois enfants et sa belle-mère périssent dans un incendie d'origine douteuse qui ravage leur maison, sur la réserve Shoshone Paiute du Nevada. Cette tragédie aura raison de son engagement politique. Il s’exile à Los Angeles et ne remettra les pieds sur une réserve que rarement, tant les souvenirs sont douloureux et le déchirement intense. Dévasté par la perte de sa famille, il se retire du monde ; c'est l'écriture qui lui permet alors de ne pas se perdre et de survivre. « L'écriture et la poésie sont venues à moi comme une surprise. J'avais déjà rédigé des discours politiques mais rien qui ressemblait de près ou de loin à des poèmes. Et environ six mois après le drame, alors que je touchais le fond, les mots me sont venus. Ces mots, c'étaient mes bombes, mes explosions, mes larmes et ma vie » dira-t-il plus tard.

 

2006, Un printemps navajo,Jean Louis Nizon.

Loin du folklore frelaté des westerns qui ont brouillé l'image de la civilisation indienne, ce documentaire rend justice aux Navajo avec une rare sensibilité, nous faisant même comprendre leur conception du sacré grâce à des témoignages fort bien choisis

 

2006, Le Nouveau Monde, Terence Malik,2h16'.

Au tout début du XVII siècle, le continent nord-américain n'est qu'une terre sauvage infinie sur laquelle vivent de nombreuses tribus. En avril 1607, trois bateaux anglais et leurs équipages accostent sur la côte orientale. Au nom de la Virginia Company, ils viennent établir, « Jamestown », un avant-poste économique, religieux et culturel sur ce qu'ils considèrent comme le Nouveau Monde. Même s'ils ne s'en rendent pas compte, le capitaine Newport et ses colons britanniques débarquent au cœur d'un empire indien très sophistiqué dirigé par le puissant chef Powhatan. John Smith, un officier de l'armée âgé de 27 ans, est alors aux fers pour insubordination. Déstabilisés dans un monde inconnu, les Anglais préfèrent combattre plutôt que de s'adapter. En cherchant de l'aide auprès des indiens, John Smith découvre une jeune femme fascinante. Volontaire et impétueuse, elle est nommée Pocahontas par les siens, ce qui signifie « l'espiègle ». Elle est la préférée des enfants du chef Powhatan.

 

2008, Kili Radio,Braüning Fanny, 90'

Kili Radio a été fondée en 1979 à Wounded Knee. Six ans auparavant, au même endroit, plusieurs centaines de manifestants, soutenus par des militants de l'American Indian Movement, protestant à la fois contre la misère, le racisme et la corruption de leur gouvernement tribal, étaient assiégés, puis vaincus par une véritable armée de policiers et d'agents du FBI. Trente ans plus tard, la réalisatrice Fanny Bräuning tient la chronique de la petite radio communautaire qui, des hivers rigoureux aux étés torrides, rythme les journées de la réserve, l'une des plus pauvres des Etats-Unis. En parallèle, les anciens de Wounded Knee, dont le poète, musicien et activiste John Trudell, alors tout jeune, ressuscitent les combats qui ont vu naître cette «voix des Lakota».

 
2008, Territoire des Nez percés, Nicolas Barbier,63'.

Ce film porte sur des conflits de territoire et de gestion de l’environnement entre la Tribu Indienne des Nez Percés et les communautés non-indiennes voisines en Idaho (Etats-Unis). Il se concentre sur plusieurs thèmes intriqués : l’histoire des conflits depuis le premier traité signé entre la tribu et les Etats-Unis en 1855, les questions identitaires, l’évolution des relations entre la tribu et le gouvernement américain, les tensions actuelles entre Nez Percés et non-Indiens dans la réserve des Nez Percés, et les différentes perceptions du concept de propriété privée.
 
2009, Lakota land, terre de survie, Sophie Gergaud, Edith Patrouillot, 93'.

Après plus d’un siècle de politique fédérale visant à déposséder les Amérindiens de leur territoire, les Lakota décident de mettre le passé douloureux de la colonisation de côté et de regarder de manière constructive vers l’avenir. Un vaste mouvement de récupération des terres se met en place. Et des projets économiquement viables, respectueux de l’écologie et de leur culture, luttant contre la pauvreté et le désœuvrement, peuvent enfin voir le jour. Droits territoriaux, génocide, environnement, autodétermination, développement économique... Lakota Land, Terre de survie aborde toutes ces problématiques et les contextualise, montrant que la réalité est bien plus complexe qu'il n'y parait.
 

2009, Hollywood et les indiens, Neil Diamond, 95'.
Reel Injun est un long métrage documentaire stimulant, perspicace et divertissant sur l’évolution des images se rapportant aux Amérindiens («Les Indiens») dans les célèbres films produits à Hollywood, de l’époque des films muets à aujourd’hui. Le cinéaste cri Neil Diamond jette un regard divertissant et sagace sur les Indiens d’Hollywood, explorant la représentation des Autochtones d’Amérique du Nord à travers un siècle de cinéma. En voyageant au cœur de l’Amérique, et dans le Nord canadien, Diamond explore la façon dont le mythe du « Injun » a influencé notre compréhension et notre incompréhension des Autochtones. Présentant des extraits de films classiques et récents, et des entrevues candides réalisées avec de célèbres cinéastes, scénaristes et acteurs autochtones et non autochtones comme Clint Eastwood, Robbie Robertson, Sacheen Littlefeather, John Trudell et Russell Means, Reel Injun nous montre l’évolution de l’image des peuples des Premières nations au cinéma, de l’époque des films muets jusqu’à nos jours, pour y découvrir que l’avenir du cinéma autochtone réside dans les endroits les plus invraisemblables, à savoir le Nord canadien.

 

2010, Retour en terre sacrée, Annabelle Allard, Raphaëlle Allix, 64'.

Réserve navajo de Big Mountain, Arizona. Mary-Katherine, ancienne commerciale en Californie, est de retour chez sa mère. Un printemps neuf, tout juste débarrassé de son manteau de neige, consacre sa nouvelle existence auprès des siens et de son troupeau de moutons.
lien: http://vimeo.com/36772730