Filmographie

“Ahora quieren el agua” , Mauricio Dunan et Nanette Liberona, Chili, 2009, 67’,VO sous titré

« Primero nos quitaron la tierra, segundo los bosques, ahora quieren el agua », « D’abord ils nous ont pris la terre, puis les arbres, et maintenant ils veulent l’eau ». Le documentaire de Mauricio Dunan et Nanette Liberona a été très peu discuté et analysé, alors qu’il aborde un problème sous un jour nouveau. On se souvient du billet précédent sur l’entreprise Endesa et l’usine hydroélectrique de Ralco ; elle réapparait bien sûr ici, aux côtés de SN Power, de Colbún, et de tant d’autres… D’un bien social, l’eau est devenue un bien économique, un moyen d’enrichissement individuel. C’est une ressource stratégique qui fait l’objet de négociations et de tractations. Les Mapuche ruraux ont une conception originale de la terre. Quand un winka (un étranger, un « blanc », en mapudhungun) possède un terrain, il veut l’exploiter au maximum, utiliser chaque acre disponible ; le Mapuche lui ne l’utilise pas entièrement, il cultive son jardin à l’instar de Candide, mais seulement pour ce dont sa famille a besoin, ni plus, ni moins. A quoi cela lui servirait d’accumuler à outrance, de laisser pourrir des fruits qu’il ne mangera pas, de s’encombrer inutilement ? Cette attitude leur a valu toute leur vie le sobriquet de « feignant », « d’incapable ». Pourtant il n’y a pas deux hommes comme un Mapuche pour cultiver la terre à bras le corps, avec des moyens rudimentaires, et en sortir les plus beaux légumes, élever les plus belles bêtes. Simplement ils ne prennent pas ce dont ils n’ont pas besoin, le tout saupoudré de religiosité et de respect de la Pachamama. Les populations locales sont impuissantes face à la construction d’un barrage. Un vieil homme marmonne même, haussant les épaules : « Moi, je n’ai même pas l’électricité chez moi, à quoi il me servirait ce barrage ? ». Le film abat les chiffres comme des coups de massues sur la tête du public : cette électricité sera exportée en Argentine, le Chili est une puissance énergétique excédentaire, et la plus grande partie de la production électrique n’est pas destinée aux foyers (à peine à hauteur de 15%) mais à l’industrie et à l’armée, ce qui laisse songeur. C’est le cercle vicieux du productivisme capitaliste (au sens d’accumulation des ressources) où les éléments et bénéfices de l’économie sont remis au service de cette même économie… Jusqu’à ce que la digue cède.

 

Considérant que... Roberjot Dominique, Della-Magiore Christine, 2007, 82'

Les Mapuche représentent 10% de la population chilienne. Ce peuple autochtone du sud du Chili a toujours lutter pour continuer à vivre sur ses terres ancestrales. Juana Calfunao, Chef traditionnelle de la communauté Mapuche Juan Paillalef, est considérée au niveau international comme une ardente défenseuse des Droits Humains et a été décorée de la Médaille de la Résistance Chico Mendes en février 2006 au Brésil... Pourtant, dans son pays, Juana est traitée comme une criminelle. En prison depuis plusieurs années, elle doit affronter une justice arbitraire qui tend à bâilloner les revendications des représentants Mapuche en les enfermant derrière les barreaux

 

Defensa de Mewin

Film sur le conflit des pêcheurs artisanaux avec une entreprise de cellulose en territoire mapuche.

 

El despojo / Uxuf Xipay, Dauno Totoro, 2004, 57’

Le territoire mapuche, l’Araucanie, qui s’étendait sur une partie non négligeable du Chili actuel et se prolongeait en Argentine, était autonome pendant toute la période coloniale. L’État chilien, a entamé dès 1860 une occupation territoriale et militaire, rattachant ce territoire au Chili et réduisant le territoire mapuche à 5 pour cent de son territoire originel. Tentatives d’acculturation, racisme, réforme agraire... ponctuent l’histoire de ce peuple qui se bat pour récupérer ses terres. Aujourd’hui, alors que l’exploitation forestière à outrance pour le commerce de la cellulose est imposée de force, les communautés mapuche cultivent et occupent les terres ; malgré la répression et les prisonniers politiques, se développe un mouvement de lutte pour l’autonomie du peuple mapuche.

 

La nacion Mapuche, Quattrini Fausta, 2007,96'

Aujourd’hui comme hier, la Conquête de la Patagonie avance selon la vieille logique Occidentale du bénéfice maximal tiré de l’exploitation des ressources naturelles : réserves hydriques, minérales, pétrolières et toute la biodiversité caractéristique des immenses surfaces de cette région. Les Mapuche - Gens de la terre - sont un Peuple Originaire de la Patagonie, dépositaires d’une tradition orale très ancienne. Pour eux le territoire n’est pas un ‘attribut’ mais c’est un élément constitutif de leur identité. Pour cette raison, ils luttent pour que l’Etat Argentin respecte sa propre Constitution, qui stipule, dès 1994, "(…) le droit ancestral des peuples originaires à la terre qu’ils occupent traditionnellement…". Le film se fait écho des questions que (nous) posent les Mapuche et qui nous concernent en tant qu’occidentaux, aussi : quels liens unissent des gens qui se considèrent appartenant à un peuple, à une nation recherchant son autonomie ? Comment faire valoir ses droits ancestraux à la terre ? Des questions qui alimentent la réflexion sur des concepts fondamentaux comme “égalité” et “propriété privée”, concepts soutenus par ‘notre’ Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

 

Le leg du vent, Subira Martin, 2008, 1h52'

En Patagonie argentine, dans la réserve de Kamusu Aike, une petite communauté indienne les
« Téhuelchés » habite depuis des siècles dans une des régions les plus isolées et inhospitalières de la Patagonie du Sud. Les derniers descendants des Téhuelchés ( qui signifie en langue mapuche “L’homme d’ailleurs” ) luttent au fil des saisons contre le dur climat de la Patagonie. Ces quelques familles, qui vivent sans eau ni électricité, se sont regroupées autour de leur école. Ils viennent y chercher un peu chaleur. Cavaliers hors pair épris de liberté, les Téhuechés ne semblent avoir qu’un but, vivre en paix au milieu de leur environnement. A quelques kilomètres de la réserve, les cow-boys modernes que sont les exploitants pétroliers et les grands propriétaires terriens grignotent les terres et polluent les sols occupés par les Téhuélchés. Ils ne leur fournissent pour autant ni eau, ni éléctricité. Face à toutes ces agressions, les Tehuelches ne semblent pas percevoir les dangers qui les guettent : l’extinction et l’oubli. . « Le legs du vent » retrace ce qui pourrait être les derniers jours des Téhuelchés…

 

 

Les gens de la terre, Meys Ollivier, 2003.

Le documentaire « Les gens de la terre » est la chronique de la résistance d’un peuple millénaire, la nation Mapuche. Les Mapuches ont été le seul peuple originaire de l’Amérique du Sud que la couronne espagnole n’a pu soumettre. Après des années de guerres incessantes, cette dernière a reconnu l’autonomie de leur territoire : le Wall-Mapu. Un territoire libre qui s’étendait de la rive sud du fleuve Bio-bio, jusqu’à la Patagonie. Au moins vingt-huit traités internationaux ratifient cet accord politique. Depuis lors, la nation Mapuche à été englobée par l’état chilien et ne détient plus que 5% de son territoire. Aujourd’hui, avec le retour de la démocratie au Chili, la résistance autochtone se réorganise pour faire face à ce qu’ils appellent « la deuxième conquista » : une
« conquista » économique, propre, mais tout aussi ravageuse, pour la survie de leur peuple. Dans leur langue, « Mapuche » signifie : Les gens de la terre

 

Les soeurs Quispe, Sebastián Sepúlveda, 2014, 80'.

Chili 1974. Justa, Lucia et Luciana Quispe, trois bergères de l’Altiplano, mènent une vie retirée au rythme de la nature. À son arrivée au pouvoir, Pinochet remet en question ce mode de vie ancestral. Les trois soeurs traversent alors une crise existentielle qui aura un retentissement unique dans l’histoire contemporaine du Chili. Hors des temps qui courent à la perte du Chili de Pinochet, trois sœurs vivent dans une masure perdue dans les Andes. Eleveuses de chèvres, leur mode de vie est quasi primitif. Quand, en?1974, les autorités menacent d’anéantir leur troupeau, les trois ?femmes paniquent de manière tragique. Adapté d’un fait divers qui a traumatisé le Chili, ce drame montagnard a déjà remporté quatre prix internationaux grâce à sa radicalité, à la beauté de ses images et à l’interprétation immémoriale des actrices (dont Digna Quispé, la propre nièce des sœurs). Plus dépaysant qu’un rendez-vous en terre inconnue, ce film taiseux mérite de faire parler de lui.

 

Mapuche : gens de la terre, Alain Labrousse, 2009, 24'

Ce film montre les conditions de vie, la culture et les moeurs des indiens Mapuche du Chili. Il montre aussi la répression qu'ils subissent de l'Etat chilien et l'inégalité sociale dont ils sont victimes.

   

Mari chi weu : dix fois nous vaincrons ! Stéphane Goxe, Christophe Coello, 2001, 62'.

Dépossédés de leurs terres, les communautés mapuches ont traversé le XXème siècle réduites à la pauvreté et prisonnières d’une discrimination historique. Aujourd’hui, une nouvelle génération d’indigènes mène un combat direct et frontal contre les multinationales forestières, propriétaires dans le sud du pays d’immenses territoires convertis en plantations et revendiqués par les Mapuches

 

Pehuenches, un peuple en péril, Claude-Pierre Chavanon, 2002, 52'.

Les Pehuenches ou hommes du piñon vivent dans la Cordillère des Andes et plus particulièrement dans les hautes vallées du Queuco et du Bio-Bio. L'équipe est allée à la rencontre de ces communautés pour en montrer la richesse culturelle, la vie pastorale et tranquille et pour témoigner du danger qui les menace avec la construction d'un barrage qui les déloge, leur empoisonne la vie, les appauvrit davantage, pourrit les relations communautaires, familiales et procède à une acculturation rapide sans évolution économique compensatrice. Les Pehuenches avaient résisté aux conquistadors espagnols, à l'histoire politique du Chili. Pourront-ils résiser contre ENDESA, entreprise privée, État dans l'État et maître d'œuvre des barrages au Chili ? Pourront-ils continuer à transmettre leur culture ?

 

Retour en terre mapuche, Mari Chi Weu, Stéphane Goxe, Christophe Coello, 2010, 81'

Dix ans après avoir tourné dans le sud du Chili un documentaire sur la résistance des communautés autochtones mapuches, les réalisateurs sont repartis à la rencontre des protagonistes de leur premier film. Harcelés par la police, persécutés par la justice ou longuement emprisonnés, ces femmes et ces hommes sont engagés dans une bataille décisive contre les multinationales du bois, énergétiques ou minières implantées au coeur de leur territoire. Les indiens Mapuche réclament leurs terres et le droit de vivre comme ils l'entendent, les multinationales bénéficient du droit d'exploiter toujours plus les sols, sous-sols, mer, rivières... En s'arrêtant sur la trajectoire de ces personnages, "Retour en terre Mapuche" propose à la fois un témoignage sur l'engagement et d'une certaine manière un éclairage sur la fabrication édiatique et judiciaire d'une figure très contemporaine : celle de l'ennemi intérieur, qualifié au besoin de terroriste dès lors qu'il s'oppose à la «raison» économique et aux intérêts des
grandes compagnies privées.

 

Territorio de fronteras , Guido Brevis Hidalgo, 2007, 64'.

Au Chili, dans les communautés rurales Mapuche, quatre personnes sont arrêtées et condamnées par une loi anti-terroriste érigée à l’époque de la dictature de Pinochet. Face à cette condamnation, ils entament une grève de la faim qui génère une mobilisation au niveau des institutions gouvernementales et des organisations mapuche, essayant de trouver une solution au problème à partir des différentes prises de position. "Territorio de fronteras" nous fait découvrir au fil des témoignages, la relation asymétrique historiquement entretenue entre le peuple Mapuche et les gouvernements chiliens dans un espace où les frontières sont celles du racisme.

 

The Voice of the Mapuche, Chi Mapuche Nütram ; one people, one nation undivided by the Andes ,Pablo Fernandez et Andrea Henriquez,2008,1h52.

Tourné au Chili et en Argentine, ce documentaire d’une durée de presque deux heures et construit autour d’allers retours successifs entre le Chili et l’Argentine, est articulé autour de deux idées principales : D’une part, l’unité d’un peuple divisé par la frontière naturelle de la Cordillère des Andes devenue frontière politique internationale en 1888, et qui partage des dynamiques communes, historiques et contemporaines, que tente de faire ressortir le documentaire.
D’autre part, le documentaire reflète la complexité contemporaine de la relation des Mapuche à leur identité et leur culture : que signifie être Mapuche et comment continuer d’ « être Mapuche » ?: assumer une charge spirituelle et une cosmovision mapuche au milieu d’autres religions, « être mapuche » avec ou sans terre, en milieu urbain ou rural, pratiquant ou non le mapuchezugun (la langue mapuche) ; vivre au rythme des multinationales ou poursuivi par la justice pour défendre ses terres, en prison ou encore en exil en Argentine pour fuir la détention…

 

Wallmapu, Jeannette Paillan, 2002,56'.

Film sur un conflit entre les mapuche et la compagnie espagnole endesa suite à la construction d’un barrage hydro électrique. (sous titré français). Basé sur des témoignages de chefs traditionnels, d’historiens en majorité d’origine Mapuche, ce documentaire aborde le sujet complexe des revendications territoriales actuelles des Mapuche du Chili ou de ce que les autorités chiliennes appellent le conflit Mapuche.
Basé sur des témoignages de chefs traditionnels, d’historiens en majorité d’origine Mapuche, ce documentaire aborde le sujet complexe des revendications territoriales actuelles des Mapuche du Chili ou de ce que les autorités chiliennes appellent «le conflit Mapuche». Après des études de journalisme et de cinéma, Jeannette Paillàn commence à utiliser la vidéo pour témoigner des violences faites à son peuple dans les communautés du sud du Chili. Son rôle actif dans les revendications mapuche, fait d’elle une des porte-parole internationale des luttes indigènes. En 1985, elle co-fonde CLACPI: organisation latino-américaine de cinéma des peuples autochtones qui développe, produit, diffuse des films issus des communautés depuis 1985 et organise le Festival International de Vidéo et Cinéma des peuples premiers. Elle a également fondé Lulul Mawidha, une organisation de médias indigènes au Chili.