Bibliographie ( voir aussi bibliographie chiapas)

ARTAUD, Antonin, 1987, Les Tarahumaras, Ed Gallimard, Coll. Folio essais.

Si, en 1936, un poète désespéré par l'Europe n'avait cherché, au prix de difficultés et de souffrances incroyables, à se porter à la rencontre des Tarahumaras, mangeurs de peyotl, leur nom ne nous serait pas aussi familier, il ne serait pas devenu ce vocable évocateur de fabuleux paysages : montagnes peuplées d'"effigies naturelles" et gravées de signes magiques, ciels qui auraient inspiré leurs bleus aux peintres d'avant la Renaissance, cortèges de Rois mages apparaissant à la tombée du jour dans un "pays construit comme des pays de peinture" ; et, pour beaucoup d'entre nous, les Tarahumaras ne seraient pas ce peuple fier et intact, obsédé de philosophie, qui a su maintenir, en des danses accompagnées de miroirs, de croix, de clochettes ou de râpes, les grands rites solaires : rite du peyotl au cours duquel un mystérieux alphabet sort du foie du participant et se répand dans l'espace, rite des rois de l'Atlantide déjà bien étrangement décrit par Platon, rite sombre du Tutuguri avec son tympanon lancinant.

 

AUBRY, André, 1988, Les Tzotzil par eux-mêmes, Ed. L'Harmattan, 155p.

" Les paysans indiens tzotzil de l Etat du Chiapas , a l extrème sud du Mexique , sont un des peuples qui peuvent encore aujourd hui s affirmer comme descendants des Maya historiques dont la brillante civilisation domina ces régions durant environ le premier millénaire de notre ère ....... Parce qu ils n ont pu le faire que dans l’oralité , certains voudraient les y enfermer définitivement en les condamnant en fait a l écrasement et a la disparition . Mais les tzotzil ont décidé d écrire pour mieux résister et ils l ont fait dans leur langue , pour leur peuple . Ce sont quelques unes de leurs premières créations littéraires qu’ André Aubry a voulu nous faire connaitre en rassemblant ces cinq récits . Trois de ces récits sont des souvenirs consignés par des anciens , pour renforcer la mémoire du village et pour célébrer la vie tzotzil . "

 

BENZI, Marino, 1972, Les derniers adorateurs du Peyotl, Ed. Gallimard, 32p.

Les Huichol ou Wixáritari sont un peuple indigène vivant dans la Sierra Madre occidentale au centre-ouest du Mexique, principalement dans les états de Jalisco, Nayarit, Zacatecas et Durango. 
Les huichols parlent une langue de la famille uto-aztèque, le vixaritari vaniuki ou Wixárika. Ils se dénomment eux-mêmes les wixarica, ce qui signifie « les gens » dans cette langue.La région wixarika s'assoit sur l'échine de la Sierra Madre occidentale, dans l'état de Jalisco. Elle est divisée en cinq grandes communautés. Chacune est autonome avec ses propres autorités civiles — le totohuani est un gouverneur nommé chaque année — et religieuses — les maraakates, ou maraakames sont des prêtres ou des chanteurs chargés de maintenir les traditions. 

Dans la sierra Madre, les Huicholes, derniers adorateurs du peyotl, cactus hallucinogène, ont gardé certaines traditions qui ne sont pas sans évoquer la société du temps des Aztèques. Chaque année, ils accomplissent 500 km afin de récolter le cactus hallucinogène qui permet de " parler aux dieux ".

 

BENZI Marino, 1975, Le Mexique des Indiens, Chêne, 283p.

 
BENZI Marino, 1977:À la quête de la vie. Un pèlerinage indien, une plante magique, une saison rituelle, Chêne, 135p.  
BRETON Alain, 1979, Les Tzeltal de Bachajon, Habitat et organisation sociale Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Nanterre, 256p.  

CARTIER, Rachel, CARTIER, Jean-Pierre, 1999, Les enfants du cosmos. Les Mayas aujourd'hui, Ed La Table Ronde,299p.

" Ce peuple, on le croyait mort. Ou plutôt christianisé, métissé, définitivement absorbé par la civilisation dominante. Mais au coeur de la jungle, dans des villages perdus, des prêtres mayas ont conservé pendant cinq cents ans l'enseignement scientifique et religieux légué par leurs prestigieux ancêtres. Les calendriers mayas leur indiquent que le temps est venu de le faire connaître au monde. " Témoins passionnés, nous avons reçu l'enseignement d'un de ces prêtres et d'autres chamans, rencontré les instituteurs mayas qui luttent pour que leurs langues soient officiellement reconnues et pour faire de ces langues parlées des langues écrites. Avec Monseigneur Ruiz et ses prêtres catholiques, nous avons assisté à l'élaboration d'une " théologie indienne " qui reconnaît les valeurs de la religion maya. Enfin, nous avons rencontré les guérilleros mayas qui luttent dans la jungle aux côtés du sous-commandant Marcos".

 

CHAMOUX, Marie Noëlle, 1981, Indiens de la Sierra. La communauté paysanne au Mexique, Ed L'Harmattan, Coll. Amérindienne, 397p.

Teopixca est un village de montagne, dans la Sierra de Puebla, au Mexique. Les Indiens nahuas - de langue aztèque - qui le peuplent sont pour la plupart des paysans et conservent de nombreuses coutumes dites indigènes. Pourtant, derrière les traditions se cachent de multiples évolutions. Sous le folklore perce la modernité d'une économie fortement intégrée au marché national, et sous la culture indienne agissent des processus complexes de transformation des rapports sociaux. A travers l'étude ethnologique de la famille, de l'économie et de l'organisation politico-religieuse d'un village, une question centrale est posée : quels rôles jouent aujourd'hui l'identité culturelle et le communautarisme indien dans les transformations de la paysannerie mexicaine ? Les réponses suggérées par le cas de Teopixca sont bien souvent déroutantes. Au-delà de la radiographie d'une communauté nahua, elles obligent à reconsidérer nombre d'idées reçues sur l'" Indien " et sur les paysanneries d'Amérique latine.
 
COURRIER DE L'UNESCO, 1979, Les Huichols au Mexique parlent la langue des dieux.  

DEHOUVE, Danièle, 2003, La géopolitique des Indiens du Mexique. Du local au global, Ed CNRS, 238p.

Cet ouvrage d'économie politique sur des communautés indiennes et rurales du Mexique répond à des questions que la récente actualité, telle la rébellion zapatiste du Chiapas, pose à propos des Indiens. En quoi consiste leur organisation sociale ? Comment évolue-t-elle avec la transformation du système politique mexicain ? Qu'en est-il du rapport entre le territoire et le pouvoir politique ? S'appuyant sur une recherche conduite durant plus de trente ans dans l'Etat du Guerrerro, l'auteur rejette la vision romantique selon laquelle l'organisation sociale des Indiens se caractériserait par l'égalitarisme, l'harmonie et le refus du monde extérieur, et explique comment les villages indiens accueillent les bouleversements politiques à partir des préoccupations et des conflits qui leur sont propres.

 

DEL CASTILLO, Bernal Diaz, 2003, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, tome 2, Ed La Découverte, coll.Poche, 270p.

Bernal Díaz del Castillo (1495 ou 14961584), issu d’une famille d’hidalgos qui avait servi la couronne à l’époque des rois catholiques, découvreur, conquistador et historien de la conquête du Mexique, rédigea sa chronique à partir de 1551 Il y décrit la vie quotidienne des soldats, mais également celle des Aztèques. Il y présente le portrait de l'empereur Moctezuma II dont il fut l'ami personnel. Sa narration est un reportage précis sur la civilisation aztèque, un reportage minutieux décrivant les quelques 119 batailles auxquelles il participa, culminant avec la chute de l'empire aztèque en 1521. Il offre le point de vue réaliste d'un témoin oculaire ayant participé à la Conquête du Mexique. Il constitue la source la plus importante pour comprendre les circonstances de ce basculement historique majeur.

 

DELL'UMBRIA Alèssi, 2010, Échos du Mexique indien et rebelle, Rue des cascades,92p.

Alèssi Dell’Umbria a collaboré à différentes revues de critique sociale. Il est l’auteur d’Histoire universelle de Marseille, de l’an mil à l’an deux mille (Agone, 2006), de C’est de la racaille ? Eh bien, j’en suis ! (L’Échappée, 2006), réédité et augmenté sous le titre La Rage et la Révolte (Agone, 2010). « Dans la guelaguetza indigène, la reconnaissance est fondée sur le caractère réciproque de l’offrande. Le don initial engage qui le reçoit : et le respect de cet engagement établit la reconnaissance. Dans la Guelaguetza gouvernementale, l’offrande n’appelle plus aucun don de retour : elle est purement représentée, elle n’est pas offrande à un autre mais à la foule anonyme des citoyens d’Oaxaca invitée par l’instance suprême, le gouverneur. » « Le Manifeste d’Ostula est un document d’une énorme transcendance historique, car il revendique le droit à l’autodéfense indigène. Il est rédigé avec le même ton et la même vigueur que les grandes proclamations du XIXe siècle contre la servitude. (...) Il a été approuvé par des peuples et communautés indigènes de neuf États de la République dont les délégués assistèrent à la vingt-cinquième assemblée du Congrès national indigène dans la région Centre-Pacifique du Mexique. » La Jornada, Mexico, 7 juillet 2009.

 

FAVRE Henri, 2011, Changement et continuité chez les mayas du Mexique, Contribution à l'étude de la situation coloniale en Amérique latine, L'Harmatan, 304p.

Les Tzotzil et les Tzeltal sont aujourd'hui connus dans tout le monde grâce à l'exceptionnelle couverture médiatique dont a bénéficié l'insurrection dans laquelle ils se sont lancés sous la conduite du "Sous-Commandant Marcos" en 1994. Au début des années 1960, ces Indiens mayas qui habitent les hautes terres du Chiapas, dans le sud-est du Mexique, constituaient encore, avec les Blancs et les métis de la région, une société traditionnelle aux contours bien précis et aux caractères très particuliers dont ils représentaient l'indispensable base de sustentation. L'ouvrage les révèle à l'époque en tant que segment infériorisé de cette formation sociale régionale dont les origines remontent au temps de la colonisation espagnole et que le régime républicain a laissé perdurer jusque dans les années 1970. En montrant comment la domination subie par les Indiens mayas les reproduit dans leur ethnicité, en manifestant le lien qui unit la culture indienne et les modalités spécifiques de l'exploitation dont ils sont victimes, cet ouvrage rompt avec l'historicisme et le culturalisme ambiants. Il établit les fondements d'une théorie relationnelle de l'indianité en totale opposition avec les conceptions ontologisantes de l'Indien sur lesquelles est fondée une certaine littrérature.

 

FUENTES, Carlos, 1998, Un temps nouveau pour le mexique, Ed. Gallimard, 306p.

En examinant la manière dont son pays aborde aujourd'hui la transition démocratique, Carlos Fuentes nous livre une vision globale du Mexique : il analyse le passé dans le détail, mais selon une perspective historique envisagée dans sa continuité, malgré les séismes dont l'aventure méso-américaine a toujours été secouée. Et il le jauge à l'aune du temps présent, des tumultes qui ont récemment modifié le paysage politique mexicain : l'émergence d'une société civile, les assassinats en série d'hommes politiques, le soulèvement des Chiapas. En filigrane, Fuentes dresse le portrait d'un peuple, fascinant par sa personnalité, son invincibilité, sa patience, et le bilan d'une culture, remarquable par sa vigueur. Et il poursuit ici, d'un texte à l'autre, sa méditation sur le temps, l'un des thèmes récurrents, et sans doute le plus profond, de son oeuvre littéraire.

 

FURST Peter T.2000, Le Peytol chez les Indiens Huicholes du Mexique, L'esprit frappeur, 86p.

Tous les ans à la saison sèche, des Indiens huicholes quittent leurs villages pour les montagnes désertiques de San Luis Potosi et accomplissent le pèlerinage du peyotl, le cactus sacré. Ramon, leur chaman, connaît les passages rituels entre les mondes des vivants et celui des esprits, qui mènent au dieu peyotl. Rendant hommage à ses pouvoirs hallucinogènes, chacun pourra alors trouver sa vie . Grand connaisseur des Indiens du Mexique, Peter T. Furst nous fait le récit de cette tradition ancestrale, aujourd'hui intacte malgré cinq siècles de colonisation espagnole

 

FRIEDLANDER Judith, L'Indien des autres. La réalité de l'identité indienne dans le Mexique contemporain.Ed. PAYOT , 232p.

Ce livre traite des contradictions qui existent entre la réalité de l'identité indienne dans le Mexique actuel et l'image idéalisée de l'Indien considéré comme le représentant de l'héritage pré-hispanique du Mexique. L'étude a été faite chez les Hueyapenos, dans un village situé dans la région montagneuse de l'État de Morélos.

 

GOUY-GILBERT, Cécile, 1983, Une résistance indienne : les Yaquis du Sonora, Ed Fédérop, 216p.

Curieuse ethnie que celle des Yaquis ! Depuis les jésuites qui les convertissent et qui les structurent jusqu’au Mexique contemporain, nous les voyons accepter leur acculturation, quand ils ne vont pas jusqu’à la provoquer : comme si le fait d’emprunter à la société des Blancs était pour eux le meilleur moyen de s’en protéger. Et de s’armer contre eux. Quatre cents ans de résistance (leur dernière révolte date des années vingt) n’ont pas épuisé la vitalité de ces Indiens. Si pour certains ils n’ont jamais été que des barbares à éliminer, beaucoup les ont magnifiés, voire mythifiés comme révolutionnaires. Mais c’est peut-être parce que, aux yeux des Mexicains, les Yaquis incarnent superbement l’autre, que ces marginaux de l’intérieur, rebelles à toute réduction floklorisante, doivent de subsister. Avec ténacité et sans la moindre intention de voir se diluer leur identité.

 

JOLOTE, Juan Pérez, 1987, Tzotzil. Récit de la vie d’un Indien mexicain, recueilli par Ricardo Pozas, Ed. La Découverte, 120p.

Défini par son auteur comme « une petite monographie de la culture des Chamulas », ce livre est le résultat des investigations de Ricardo Pozas parmi un groupe d’Indiens de langue Tzotzil, vivant sur les hauts plateaux de San Cristòbal, dans cet état du Sud-Ouest de Mexico dont Las Casas fut l’évêque et l’ardent défenseur, le Chiapas. Ricardo Pozas a voulu témoigner de la survivance de traditions indigènes et de la compénétration de deux cultures et de deux économies : l’une de type précolombien, et l’autre de type capitaliste.

 

LABRECQUE Marie-France, BOULIANNE Manon, DOYON Sabrina, 2010,Migration, environnement, violence et mouvements sociaux au Mexique. Dynamiques régionales en contexte d'économie globalisée, PU Laval,380p.

Cet ouvrage nous transporte dans différentes régions du Mexique et offre un regard nuancé sur les dynamiques structurelles et les réalités quotidiennes des habitants de ce pays à la fois proche et méconnu. Riches de leur expérience ethnographique, les chercheuses et chercheurs québécois et mexicains qui contribuent à cet ouvrage ont fait le pari qu’en examinant en profondeur des dynamiques régionales ils mettraient en lumière des processus complexes de la mondialisation, relevant certes du local, mais aussi du global. Chacune des contributions, campée dans une perspective historique propre à l’économie politique, aborde un sujet précis – la migration, l’environnement, la violence, les mouvements sociaux – tout en touchant d’autres thèmes tels que la pauvreté, la sécurité alimentaire, la citoyenneté, le genre, le féminicide, la justice sociale, le syndicalisme. La situation particulière d’un certain nombre de peuples autochtones, tels que les Mayas, les Mazahuas, les Tlapanèques et les Mixtèques, y est mise en lumière. En traitant de plusieurs États aux dynamiques singulières, dont le Yucatán, le Veracruz, l’Oaxaca, le Guerrero, Puebla, Guanajuato, Tamaulipas, Chihuahua, l’État de Mexico de même que le District fédéral, cet ouvrage offre un portrait riche et diversifié qui permet de mieux saisir les inscriptions multiples des régions dans les processus plus larges de l’économie globalisée.


 

LABRECQUE Marie-France, 2005, Être Maya et travailler dans une maquiladora. État, identité, genre et génération au Yucatan, Mexique, PU Laval, 204p.

L'État du Yucatan au Mexique est connu entre autres pour ses nombreux sites archéologiques, silencieux témoins de la gloire passée des Mayas. Il y a pourtant un envers du décor qui constitue le quotidien des populations indigènes contemporaines. Le Yucatan est en effet l'un des États les plus pauvres du Mexique. Pour remédier à cette situation alarmante, les gouvernements ont misé sur l'installation de maquiladoras de confection, notamment à la campagne, en même temps qu'ils ont formulé des programmes de soutien à une agriculture pratiquement en faillite. Tout en faisant le lien avec des processus propres à la mondialisation, l'auteure montre comment ces mesures se sont appuyées, sur le plan local, sur une combinaison particulière de facteurs relevant de l'identité ethnique, du genre et des rapports entre les générations.

 

LABRECQUE Marie-France, Féminicides et impunité. Le cas de Ciudad Juárez, Écosociété, 198p.

Ciudad Juárez est devenue synonyme de violence extrême. Cette ville frontalière du nord du Mexique, où sont établies de nombreuses maquiladoras, constitue non seulement l’un des principaux sites de la guerre sans merci que se livrent les cartels de la drogue, elle représente aussi le lieu emblématique de ce qu’on appelle aujourd’hui le « féminicide ». Plus d’un millier de femmes ont été tuées depuis 1993 dans cette ville de 1,3 million d’habitants. Leurs cadavres ont souvent été retrouvés sur des terrains vagues ou dans le désert entourant l’agglomération, portant des marques de torture et de sévices sexuels. Toutes sortes d’hypothèses circulent sur ces crimes, mais un fait demeure : la plupart sont restés impunis. Comment expliquer une telle impunité ? Le terme de « féminicide » s’est peu à peu imposé pour désigner cette réalité intolérable qui n’est pas propre au Mexique. S’il signifie le fait de tuer une femme pour le simple fait d’être une femme, ce concept met également en cause la responsabilité de l’État, qui se révèle incapable de garantir le respect de la vie des femmes. De plus, le fait que les femmes assassinées proviennent en général de milieux modestes et racialisés ouvre la réflexion sur plusieurs types de féminicides. Résolument inscrite dans une perspective féministe, l’analyse de Marie France Labrecque dépeint un contexte régional et une économie globale qui renforcent la violence de genre, alors que le patriarcat est présent dans toutes les couches de la société mexicaine. C’est avec la rigueur du travail de terrain et la générosité du témoignage engagé que cette chercheuse et anthropologue féministe tente de « comprendre l’incompréhensible ».

 

LAPIERRE Georges,2008, La Commune d’Oaxaca, Rue des Cascades,272p.

Après Mexique, calendrier de la résistance, du sous-commandant insurgé Marcos, et L’Autonomie, axe de la résistance zapatiste, de Raúl Ornelas Bernal, Rue des Cascades publie, dans la série « Les livres de la jungle », La Commune d’Oaxaca. Chroniques et considérations, de Georges Lapierre, précédé de « Vive la Commune ! » par Raoul Vaneigem. Dans le sud du Mexique, « à Oaxaca, la désobéissance civile est très près de devenir un soulèvement populaire qui, loin de s’épuiser, grandit et se radicalise jour après jour. Le mouvement a cessé d’être une lutte traditionnelle de protestation et a commencé à se transformer en un embryon de gouvernement alternatif. Les institutions gouvernementales locales sont des coquilles qui se vident chaque jour plus de toute autorité, tandis que les assemblées populaires deviennent des instances dont émane un nouveau mandat politique. Les choses vont vite et l’exemple de la commune naissante d’Oaxaca est loin de se circonscrire à sa localité ». (La Jornada, 25 juillet 2006.)

 

LIARD Julie, 2011, S'affirmer Lacandon devenir patrimoine Les guides mayas de Bonampak (Chiapas, Mexique), IHEAL, 126p.

Les Lacandons, groupe indigène du Mexique méridional, sont considérés comme les derniers survivants de la culture maya. Leur silhouette - tunique blanche, longue chevelure de jais - nous est déjà familière. Mais, si cette silhouette semble résumer à elle seule une " indianité superlative ", comment comprendre que des genres d'écrits aussi différents que l'anthropologie américaniste et le guide du voyage puissent partager ce type d'archétype ? Quelle relation existe-t-il entre ces textes et les discours que les Lacandons tiennent sur eux-mêmes ? L'ouvrage de Julie Liard tente précisément dý répondre, en analysant les multiples enquêtes et missions réalisées auprès d'eux et en puisant dans un vaste corpus bibliographique. Cette étude est aussi une enquête de terrain avec un aspect tout à fait particulier et inédit : la gestion du site Bonampak, mondialement apprécié pour ses fresques, qui - il y a dix ans - a été transféré, aux Lacandons par l'Etat mexicain. La thématique de la " patrimonialisation " des cultures traditionnelles par le tourisme est aujourd'hui centrale en Amérique latine, et l'auteure met ainsi l'accent sur le rôle des sciences sociales dans la mise en place d'un tourisme qui apparaît, ici, comme le moyen pour les Lacandons de reformuler ou de réaffirmer leur identité.

 

LE BOT Yvon, 2002, Indiens Chiapas, Mexico, Californie- Un monde fait pour tous les mondes. Ed. Indigènes, 119p.

Alors que les interrogations se portent pour définir la mondialisation comme synonyme d'uniformisation ou comme facteur de diversité culturelle, cet ouvrage montre l'émergence des Indiens du Mexique comme créateurs d'une parole politique neuve et suit le mouvement culturel qui s'est amorcé entre Indiens et non Indiens, entre le Sud et le Nord, depuis le Chiapas jusqu'en Californie américaine

 

LE CLEZIO Jean Marie Gustave 1988, Le Rêve mexicain ou le rêve interrompu, Ed. Gallimard

Au cours du mois de mars 1517, les ambassadeurs de Moctezuma, seigneur de Mexico-Tenochtitlan, accueillent le navire de Hernán Cortès et cette rencontre initie une des plus terribles aventures du monde, qui s'achève par l'abolition de la civilisation indienne du Mexique, de sa pensée, de sa foi, de son art, de son savoir, de ses lois. De ce choc des mondes vont naître des siècles de colonisation, c'est-à-dire, grâce à la force de travail des esclaves et à l'exploitation des métaux précieux, cette hégémonie de l'Occident sur le reste du monde, qui dure encore aujourd' hui. Le rêve mexicain, c'est cette question aussi que notre civilisation actuelle rend plus urgente : qu'aurait été notre monde, s'il n'y avait eu cette destruction, ce silence des peuples indiens ? Si la violence du monde moderne n'avait pas aboli cette magie, cette lumière ?

 

LE CLEZIO Jean Marie Gustave, 1984, Relation de Michoacan, Ed. Gallimard, 315p.

   

LESTAGE Françoise, 2009, Les indiens mixtèques dans les Californies contemporaines, Ed. PUF, 168p.

Les ethnologues ont abondamment rapporté les us et coutumes de peuplades lointaines et étranges, source de rêves et de fantasmes, au nombre desquelles les Indiens des Amériques. Autrefois figures du « sauvage », aujourd'hui modèles d'harmonie avec la nature, les descendants des premiers habitants du Nouveau Monde sont pourtant tout aussi concernés que quiconque par la vie moderne, y compris les technologies et la globalisation économique. Pourtant, mêmes citadins, même indiscernables dans la foule, ils sont toujours des Indiens pour eux-mêmes et pour ceux qui les côtoient. Ou plutôt ils le redeviennent, sous une autre forme : celle d'Indiens inventifs, entreprenants, adaptables, leaders des changements sociaux et culturels. C'est ainsi qu'une fois émigrés dans la région frontalière des Californies, les sujets de ce livre, des Indiens originaires du sud du Mexique, s'y approprient un territoire et s'y font une place économique, sociale et politique, tout en s'organisant comme une microsociété, une « communauté mixtèque » transnationale

 

LOBATO, Rodolfo, 2000, Les Indiens du Chiapas et la forêt Lacandon, Ed. L'Harmattan, Coll. Recherches et documents-Amériques latines, 238p.

En 1994 éclatait au Chiapas le soulèvement zapadste. Il surprit tous ceux qui avaient refusé de voir les transformations des Mayas, lancés, depuis les annees 50, dans l'aventure de la forêt de Lacandon. Ce livre étudie les processus d'apprentissage et de résistance des Indiens. Il prend en compte leur environnement naturel, difficile et convoité, le contexte lourd de conflits, notamment entre politique, développement et projets écologiques officiels.

 

LOPEZ CABALLERO Paula, Indiens de la nation. Ethnographier l’État et historiciser l’autochtonie à Milpa Alta, Mexico (17e-21e siècle), Paris, Karthala/CERI, Coll. "Recherches internationales",

   

MONOD BECQUELIN, Aurore, BRETON, Alain, 2002, La "guerre rouge" ou une politique maya du sacré. Un carnaval tzeltal au Chiapas, Mexique, Ed.CNRS, 367p.

Dans un village indien des montagnes du Chiapas, au sud-est du Mexique, se déroule, sous couvert d'un " Carnaval ", un flamboyant bras de fer entre les hommes et les dieux : de la guerre à la familiarisation, de la séduction à l'agressivité, ce rituel déploie toute la gamme des émotions sociales dans un immense échange de biens et de promesses. La " guerre rouge ", figure emblématique de cette lutte, condense jusqu'à l'incandescence les débris de l'Histoire - préhispanique, coloniale et moderne -, la mémoire et l'oubli, les gestes et les paroles, avec, pour héros, des hommes enceints et des femmes qui frayent avec des singes. L'expédition en forêt, l'attaque simulée du village, le banquet des animaux et des instruments de musique, la danse des princesses et des sauvages sont autant d'épisodes singuliers ici longuement décrits pour la première fois. Les conclusions s'attachent à placer ce rituel dans le temps long, faisant éclater la supposée unité interprétative d'une communauté sur son propre rituel, et dévoilent dans l'intrication des croyances une véritable politique du sacré.

 

MONTEMAYOR, Carlos, 1999, Guerre au paradis, Ed. Gallimard, 442p.

L'action de ce roman se situe entre 1971 et 1974. Carlos Montemayor raconte ces trois années capitales dans la vie et l'oeuvre de Lucio Cabañas, un jeune instituteur amené à former une guérilla dans les montagnes mexicaines afin de défendre les droits des paysans. Il finira comme ses prédécesseurs - Emiliano Zapata, Genaro Vásquez - criblé de balles, mais son histoire et sa légende sont devenues, au fil du temps, des modèles pour les luttes actuelles et peut-être aussi futures. Cabañas a en effet incarné un renouveau de la tradition révolutionnaire mexicaine dont les retombées, diverses et inattendues, se font sentir aujourd'hui encore. Il fut l'un des premiers à comprendre, bien avant la crise des idéologies, qu'au Mexique l'issue du combat pour la justice ne se joue pas seulement sur le terrain, mais également dans les médias, dans l'opinion internationale et dans d'autres instances politiques moins apparentes et pourtant plus décisives.

 

NADAL, Marie-José, 2001, Les Mayas de l'oubli. Genre et pouvoir : les limites du développement rural au Mexique, Ed. Logiques, Coll. Peuples & sociétés Amérique, 268p.

Les Mayas de l'oubli met en lumière les relations de domination qui s'établissent entre les groupes ethniques, mais aussi entre les sexes et à l'intérieur de chaque sexe. Apparaissent, ainsi, la persistance d'une logique clientéliste, qui a longtemps maintenu le même parti à la tête de l'État, et la reproduction de la prééminence masculine, malgré l'entrée des femmes autochtones dans l'économie formelle et un discours moderniste prônant l'égalité des sexes. La recherche de conformité sociale, à l'oeuvre dans les familles des sociétaires, souligne le phénomène de déconstruction/reconstruction du genre, dans un mouvement perpétuel de mise en place des frontières entre les catégories de sexe. L'apport fondamental de cet ouvrage est donc de considérer le sexe/genre et l'ethnicité comme des concepts clés dans l'analyse des organisations, du pouvoir et du changement social.

 

PAVAGEAU Jean, 1992,L'autre Mexique - Culture indienne et expérience de la démocratie, L'Harmattan, 164p.

Ni simple monographie ethnographique, ni livre militant, cet ouvrage donne un autre visage du Mexique. S'appuyant sur un travail anthropologique et historique, l'auteur nous fait découvrir la richesse culturelle et politique de la communauté indienne mexicaine d'aujourd'hui. Les indiens de la communauté rurale de Tarecuato ( État de Michoacan) sont-ils condamnés à se marginaliser par une logique de la tradition et du folklore ? Se sentes ils prisonniiers de leurs racines préhispanique? Ou bien sont-ils en train de créer les éléments d'une nouvelle culture dans laquelle cohabitent l'imagerie indienne venue d'une tradition dont ils restent fiers?

 

RECONDO David, 2009,La Démocratie mexicaine en terres indiennes, Paris, Karthala – CERI,

D’ordinaire, les recherches françaises sur le Mexique portent sur le Chiapas, les indiens zapatistes et le sous-commandant Marcos. Le politiste David Recondo a choisi d’observer et d’analyser une autre région indienne du Sud-Est mexicain : le Oaxaca, État le plus pauvre du Mexique après le Chiapas et le Guerrero, et où la minorité indienne est la plus importante. Majoritairement rurale, cette région est marquée par le phénomène migratoire. En autorisant en 1995 cet État à pratiquer ses « coutumes » de désignation des autorités municipales, le gouvernement fédéral a reconnu le particularisme du Oaxaca. L’ouvrage allie une connaissance approfondie de cette région et de ses acteurs (grâce à un long travail d’enquêtes de terrain) à des outils théoriques destinés à l’analyse de la démocratie non occidentale

 

SOUSTELLE, acques., 1995, Mexique terre indienne, Ed Hachette Litterature.

Jacques Soustelle livre avec Mexique, terre indienne un de ses meilleurs textes et nous propose une découverte fascinante de ce pays dans les années trente. Des petites villes cosmopolites aux haciendas tenues par les Blancs, des bourgs des Indiens otomis jusqu'aux minuscules campements lacandons noyés dans la forêt impénétrable, nous suivons le fil de son voyage et de ses expériences. A travers un pays difficile dont il a su regarder, comprendre et aimer les âmes, Jacques Soustelle nous parle de ce Mexique « indien » dont l'avenir reste conditionné par l'intégration des populations indigènes à la vie nationale.

 

SOUSTELLE, Jacques, 1999, Les quatre soleils - Souvenirs et réflexions d'un ethnologue au Mexique, Ed PLON, Collection Terre Humaine, 338 pages.

Depuis son premier séjour au Mexique en 1932 ) 1934 ; Jacques Soustelle n’a cessé, en dépit des vicissitudes d’une vie publique mouvementée, d’étudier les civilisations indiennes du présent et du passé. Il a vécu parmi les Otomi des Terres Froides et parmi les Lacandons des forêts tropicales, au milieu des Indiens christianisés et des Indiens demeurés fidèle aux dieux anciens. Il a étudié les langages et les sculptures ;, les monuments, les manuscrits et les inscriptions hiéroglyphiques, la religion et les Mayas et des Aztèque, tout en partageant l’existence quotidienne, les huttes et la nourriture des Indiens d’aujourd’hui.

 

SOUSTELLE, Jacques, 1995, Les Aztèques à la veille de la conquête espagnole , Éd. Hachette Littératures, Coll. La Vie quotidienne, 332p.

Il y a un peu plus de quatre siècles, une civilisation brillante et étrange, profondément différente de celle de notre Ancien Monde, s'épanouissait sur les bords des grands lacs du Mexique central. Elle allait bientôt s'effondrer sous les coups d'une poignée de soldats espagnols, dans un désastre dont l'histoire offre peu d'exemples.
 Comment vivaient ces Aztèques ? Quels étaient leurs usages, leurs croyances, leurs travaux, leurs divertissements de tous les jours ? C'est à ces questions que répond Jacques Soustelle. De la ville impériale hérissée de pyramides à la cabane du plébéien, de la magnificence des jardins à l'activité grouillante des marchés, de la variété colorée des costumes à l'art ésotérique des hiéroglyphes, c'est tout un monde disparu qui ressuscite au fil des pages. Vie familiale : éducation des enfants, rites de la naissance, du mariage et de la mort ; vie politique type de gouvernement, intrigues de cour et guerres ; vie religieuse : cérémonies, danses et sacrifices humains. Les multiples aspects de l'Empire aztèque à l'apogée de sa puissance sont décrits dans ce livre avec une grande ferveur et une profonde connaissance du pays, des hommes et des langages.


 

SOUSTELLE, Jacques, DE DURAND-FOREST, Jacqueline, BAUDOT, Georges, 2000, Mille ans de civilisations mésoaméricaines : Des Mayas aux Aztèques, Ed L'Harmattan, 508p.

Après sa thèse sur la famille Otomi-Pame, " La pensée cosmologique des anciens Mexicains " et " La vie quotidienne... " n'ont pas seulement assuré la réputation scientifique de Jacques Soustelle niais l'ont rangé d'emblée parmi les meilleurs connaisseurs, de la dernière apparue des civilisations mésoaméricaines. Par sa formation humaniste et philosophique comme par la pente naturelle de sa pensée, Jacques Soustelle était sans doute plus sensible que d'autres aux multiples courants, tendances, influences et traditions qui constituent la trame de toute grande civilisation. C'est donc, lato sensu, à l'univers des Aztèques que sont consacrées les contributions réunies dans cet ouvrage. Elles émanent de collègues, d'amis, d'anciens étudiants de Jacques Soustelle. Tout en répondant aux centres d'intérêt si divers du grand savant, elles sont autant de mises au point sur toute une série de problèmes concernant la civilisation du " Peuple du Soleil ". Parfois, le passé et le présent se rejoignent comme le montre la survivance de pratiques culturelles profondément ancrées chez les Indiens contemporains.

 

TRAVEN, B., 2004, La Révolte des pendus, Ed. La Découverte, 302p.

Dans ce roman, considéré par beaucoup comme le chef d'œuvre de B. Traven, on retrouve ses sujets de prédilection : l'homme confronté à l'esclavage et à l'exploitation, la recherche de la dignité perdue. Dans les années 1920 au Mexique, Candido Castro, Indien tsotsil du Chiapas, va ainsi devenir l'un des héros de la révolte contre les Espagnols, les Ladinos, les maîtres tout-puissants qui exploitent les forêts pour leur seul profit, sans jamais compter les morts parmi les Indiens réduits en esclavage et pendus toute une nuit par les quatre membres lorsqu'ils n'ont pas abattu les trois ou quatre tonnes d'arbres quotidiennes...

 

VIQUEIRA, Juan Pedro, 1999, Une rébellion indienne au Chiapas, 1712, Ed L'Harmattan.

Deux approches complémentaires de la rébellion de 1712. Dans la première «Les causes de la rébellion», le soulèvement est envisagé dans le cadre des transformations à moyen et long terme qu’a connues le Chiapas après sa conquête par les armées espagnoles. Il est également mis en relation avec la profonde crise agricole, économique et politique qui s’est produite quelques années auparavant. La seconde, constitue une tentative destinée à comprendre les catégories mentales et les croyances collectives à travers lesquelles les Indiens ont interprété et vécu les événements antérieurs à la rébellion et la rébellion elle-même.

 
Revue
GEO,2002, Mexique Indien