Bibliograhie

CETRI, Agrocarburants : impacts au Sud ?

Longtemps considérée comme une panacée face aux changements climatiques, la production d’agrocarburants pose problème. En particulier en Asie, en Amérique latine et en Afrique, où elle prend le plus souvent la forme de vastes monocultures – de canne, de palme, de soja… – aux mains de l’agro-industrie. Destination en hausse : les pays riches soucieux de diversifier et de « verdir » leur approvisionnement énergétique. Les impacts fonciers, sociaux et environnementaux observés au Sud tendent à aggraver les déséquilibres, quand ils ne mettent pas en péril l’alimentation même des populations locales, par le changement d’affectation des terres. Déforestation, appropriation privative des ressources, accaparement des propriétés agraires, concentration des bénéfices, pollution des sols et de l’eau, appauvrissement de la biodiversité, exploitation de mains-d’œuvre vulnérables, déplacement de populations, violation de droits humains… les ressorts et les « externalités » de la dynamique sont multiples et à géométrie variable. En matière d’émission de gaz à effet de serre, l’« alternative » des agrocarburants ne ferait pas mieux, dans sa globalité, que les combustibles fossiles. Quant aux « critères de durabilité » – lacunaires – auxquels l’Union européenne et les Etats-Unis entendent soumettre leurs importations, ils changent moins la donne qu’ils ne donnent le change. A quelles conditions une réappropriation équitable et un développement durable de la production et de la consommation d’agrocarburants sont-ils envisageables ? Les solutions passent par une refonte des politiques économiques et agricoles.

 

 

FONDATION NICOLAS HULOT, RESEAU ACTION CLIMAT FRANCE, 2008, Agrocarburants : cartographie des enjeux.

La récente hausse du prix du pétrole et l’accroissement des concentrations en gaz à effet de serre dans l’atmosphère encouragent le développement des agrocarburants. Pourtant, ces derniers provoquent débats et controverses au niveau international, européen et national. Les connaissances autour des impacts environnementaux et sociaux des agrocarburants se sont largement développées et une vaste littérature existe aujourd’hui. La Fondation Nicolas Hulot et le Réseau Action Climat-France ont donc mis leurs compétences et leurs connaissances en commun pour construire un véritable tableau de bord des principales interrogations autour des agrocarburants, afin d’appréhender convenablement les enjeux de leur développement. Selon les décisions qui seront prises, les agrocarburants représenteront une opportunité ou une menace à bien des égards. Il est impératif de comprendre les enjeux dans leur intégralité pour mettre en œuvre des politiques pertinentes et sans regret. C’est ce qui ce document propose de faire à travers 9 fiches explicatives, synthétiques et illustrées.

 

NICOLINO Fabrice, 2007, La faim, la bagnole, le blé et nous : Une dénonciation des biocarburants, Fayard, 175p.

Les biocarburants sont une formidable trouvaille, mais pour qui? Dans le monde entier, usines et raffineries poussent comme des champignons après la pluie. Le blé, le colza, le tournesol chez nous, le palmier à huile, la canne à sucre, le soja ou le maïs dans les pays du Sud servent désormais à remplacer le pétrole. De fabuleux végétaux, utilisés depuis les débuts de l'agriculture pour nourrir les hommes, remplissent aujourd'hui les réservoirs des bagnoles et des camions. Fabrice Nicolino a décidé d'écrire sur le sujet un pamphlet, d'envoyer un coup de poing à ceux qui prétendent que ce bouleversement est une bonne nouvelle, mais aussi aux naïfs qui croient le discours officiel sur ces nouveaux carburants présentés comme " écologiques ". Car la réalité est aux antipodes. En France, le lobby de l'agriculture industrielle, activement soutenu par l'État, cherche depuis la réforme européenne de 1992 de nouveaux débouchés pour ses productions de masse. Le boom des biocarburants relance aussi la machine à engrais et à pesticides, et il détruira bientôt ces réservoirs de biodiversité imposés que sont les " jachères ". Ailleurs dans le monde, c'est bien pire. De l'Indonésie au Brésil, en passant par le Cameroun, les rares forêts tropicales intactes sont dévastées pour laisser la place à ces nouvelles cultures. La demande indécente du Nord, qui veut continuer à rouler en bagnole quoi qu'il en coûte, fait exploser le prix de certains produits de base: dans un monde qui compte près d'un milliard d'affamés permanents, le système industriel préfère donc l'automobile au droit pourtant imprescriptible de manger à sa faim. Et le comble, c'est que les biocarburants ne sont nullement écologiques. Ils contribuent et contribueront toujours plus au dérèglement climatique, comme le montrent de très nombreuses études. Ce petit livre dévoile une mystification totale. Et dénonce ses profiteurs, plus nombreux qu'on croit. Car derrière l'automobile individuelle, il y a nous.