Bibliographie imazighen
(en complément des bibliographies pour l'Algérie, la Lybie, la Tunisie et le Maroc)

Ouvrages    

ABDERRAHMAN Benatia, Le périple méconnu d'une langue ancienne : le berbère, 240p.

Un livre sur l'influence de la langue berbère sur le parler arabe d'Occident sous l'intitulé Le périple méconnu d'une langue ancienne, le berbère, de l'Himalaya aux Ardennes a été publié à compte d'auteur. Dans cette étude, fruit de recherches, le Dr Benatia Abderahman aborde les langues d'Arabie, d'Afrique et d'Europe, la source des migrations ibéro-berbères et l'influence de la langue berbère sur le parler arabe d'Occident. Ce livre est une continuité de l'ouvrage Ibérie et Berbérie du même auteur.

 

BASSET Henri, Essai sur la littérature des Berbères, Ibis Press, 259p.

« L'Essai sur la littérature des Berbères, publié en 1920 est encore aujourd'hui l'un des ouvrages indispensables aux chercheurs berbérisants, aux spécialistes de la tradition orale et d'une façon plus générale aux lecteurs intéressés par le Maghreb. Bien que marqué par son époque, le regard que son auteur porte sur la société berbère reste du plus grand intérêt. Henri Basset, dont la méthode s'inspire de la critique littéraire historique et comparative, livre ici une synthèse claire et détaillées que les berbères eux-mêmes seront heureux de redécouvrir. » (présentation de l’éditeur)

 

BASSET René (traducteur), 2009, Contes populaires berbères, Koutoubia.

«Les Berbères, dit Ibn Khaldoun, racontent un si grand nombre d'histoires que, si on se donnait la peine de les mettre par écrit, on remplirait des volumes.» Comme dans toutes les littératures, les Berbères ont des fables et des contes d'animaux, où naturellement le chacal joue un grand rôle. À ce propos, le narrateur berbère aime à voir le plus rusé des animaux tomber dans les pièges que lui tendent le coq, la perdrix ou le hérisson. Car c'est double plaisir de tromper un trompeur.

 
BENABDELLAH, Abdelaziz, 1958, Les grands courants de la civilisation du Maghreb / Abdelaziz Ben Abdellah ; [préf. par Allal El Fassi] Casablanca : Impr. du Midi, 144 p.-    

BENYOUNES Arav.1997, Berberes, hier et aujourd'hui.Deuxième édition Talantikit, Bgayet, Algérie 2000

«Je déclare que lorsque l'on me reproche de faire la guerre sainte, on commet une erreur pour ne pas dire plus. Le temps des guerres saintes est passé, nous ne sommes plus au moyen âge ou à l'époque des croisades. Nous voulons simplement être et vivre indépendants. Nous avons un vif désir de vivre en paix avec tout le monde et d'avoir de bonnes relations avec tous, car nous n'aimons pas faire tuer nos enfants. Mais pour arriver à ce but désiré, à ces aspirations, à cette indépendance enfin, nous sommes prêts à lutter contre le monde entier s'il le faut.»

 
BRENIER-ESTRINE, Claude, 1994, Bibliographie berbère annotée, 1992-1993 / Claude Brenier-Estrine Aix-en-Provence : Ed. de l’IREMAM, 152 p.    
BIGI, Céline, 2002, L’Identité Berbère est- elle transnationale ? Mémoire de l’Institut d'Etudes Politique de l’Université de Droits, d’Economie et des Sciences sociales, 138 p.    

BOUNFOUR, Abdellah. 1999 et 2005,- Introduction à la littérature berbère. I, La Poésie ; 2. Le récit hagiologique. - Paris/Louvain : Peeters, 252 p. et 224 p.

Cet ouvrage de Abdallah Bounfour, professeur à l'Inalco (Paris) est le premier d'un triptyque. Il a pour objectif de faire le tour des questions littéraires importantes de la poésie berbère. C'est ainsi que sont abordés la terminologie, les genres poétiques, la métrique et la rythmique. Une analyse des poésies chleuh, kabyle, rifaine et tamazight est proposée.

 

BOUGCHICHE Lamara.,1997, - Langues et littératures berbères des origines à nos jours. Bibibliographie internationale.- Paris : Ibis Press/Awal. - 447 p

Dans la collection Sources berbères anciennes et modernes, un premier ouvrage présentant le recensement complet des écrits de recherche et du vulgarisation sur l’ensemble des langues et littératures berbères, de l’Egypte aux Canaries et d’Alger au Mali et au Niger. La référence indispensable à tous ceux qui s’intéressent aux cultures berbères. Les langues berbères sont parlées actuellement par environ 20 millions de personnes (notamment les Kabyles, les habitants du Mzab et des Aurès, les Berbères du Maroc, les Touaregs). Elles ont donné lieu à une production littéraire très riche et à de multiples études. Ce répertoire, en constitue la première bibliographie internationale et rétrospective de grande envergure

 
CAMPS, Gabriel ,1980, Berbères, aux marges de l’histoire, les Hespérides, 352 p.    

CAMPS Gabriel,1996, Des rives de la Méditerranée aux marges méridionales du Sahara : les Berbères, EDISUD.

« Établis dès le VIIIe millénaire avant J.-C. dans le nord-ouest de l’Afrique, les Berbères n’occupent plus aujourd’hui que des territoires isolés les uns les autres et d’importance très variable, répartis dans une dizaine d’États. Comment la Berbérie est-elle devenue le Maghreb arabe ? Auparavant, quel fut le rôle des Berbères dans l’histoire du Maghreb ? Quels sont les forces secrètes de ce peuple qui aujourd’hui connaît une véritable renaissance ? » (présentation de l’éditeur) Ce livre a été édité en trois langues : français (coédition Édisud, Toukbal et Alif), italien (Jaca Book) et arabe (Dar el Fergiani, Libye)

 

CAMPS, Gabriel, 1996, Les Berbères, mémoires et identités, Encyclopédie de la Méditerranée, Tunisie : ALIF-EDISUD-TOUBKAL, 80 p.

Connus dès le temps des pharaons égyptiens, les Berbères ont occupé un immense territoire, de la Méditerranée au sud du Niger, de l'Atlantique au voisinage du Nil. Les millénaires ont passé et, malgré les vicissitudes d'une histoire particulièrement mouvementée, des groupes de populations berbères subsistent de nos jours dans une douzaine de pays africains, coupés les uns des autres mais fidèles pour la plupart à leur culture, à leur langue et à leurs traditions. Paru en 1980, cet ouvrage de Gabriel Camps proposait pour la première fois une étude complète de l'histoire et de l'identité berbères, prenant en compte toutes les disciplines - archéologie, géographie, ethnologie, linguistique, arts. - avec une exigence scientifique et une qualité de synthèse qui en font aujourd'hui encore une référence aussi incontestée qu'inégalée.

 

CHAFIK, Mohamed, 1989, Aperçu sur 33 siècles d’histoire des Amazighs, Alkalam, mohammedia.

Mohamed Chafik est né le 17 septembre 1926 à Béni Sadden (région de Fès) est un homme de lettres et intellectuel berbère marocain. Membre de l’Académie royale du Maroc, ancien recteur de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et spécialiste de la langue et de la littérature arabe et berbère, Mohamed Chafik est l'une des grandes personnalités du mouvement culturel berbère1. Refusant de lier les revendications berbères et celles politiques, préférant la lutte intellectuelle, sa position lui a permis d'obtenir une certaine audience tant dans les milieux militants berbéristes que parmi la classe dirigeante2, et a ainsi tenté d'œuvrer à la reconnaissance de la « spécificité berbère » de l'identité marocaine – identité défendue donc dans sa diversité .Wikipedia..

 

CHAFIK, Mohamed,2000, Pour un Maghreb d'abord maghrébin,Centre Tarik Ibn Zyad, Rabat 271p.

Un Maghreb d'abord maghrébin. Une évidence. Le Maghreb serait-il autre chose que lui-même ? Et pourtant, l'auteur de ce livre a tenu à le préciser, car au fil du temps, le Maghreb a cessé d'être autre chose que lui-même, tantôt rivé à l'Occident, tantôt à l'Orient. Et c'est certainement sa spécificité géographique et partant historique qui l'a fait ballotter indé-finiment. Chafik, dispose d'une arme - le terme n'est peut-être pas heu-reux - pour rappeler le substrat culturel et historique du Maghreb une survivance, historique et sociologique, qui a préservé l'âme secrète du Ma-ghrébin, pour reprendre l'expression de Robert Montagne, c'est la langue tamazight. Lorsqu'elle a été altérée par les facteurs d'érosion, elle a habité le dialectal maghrébin, qui emprunte à l'arabe (le lexique), ce qu'elle veut préserver à la tamazight (la syntaxe et la phonétique). Mais là n'est pas le propre de ce livre. Chafik s'est abondamment étendu sur cette question dans un livre sur le dialectal marocain publié par les soins de l'Académie du Royaume.
 

CHAKER, Salem, 1998, Berbères aujourd’hui, Paris : l’Harmattan, 221 p.

me pour l'observateur non-spécialiste du Maghreb, il est désormais devenu évident que le paramètre berbère s'est imposé comme élément important du champ politique et socio-culturel, tant en Algérie qu'au Maroc. Cette nouvelle édition, du fait des évolutions récentes, est, plus que la première, focalisée sur l'Algérie et principalement la Kabylie. C'est que la Kabylie occupe une place à la fois spécifique et pionnière par rapport à la " question berbère ". Une tradition séculaire d'autonomie et de résistance au pouvoir central, une acculturation occidentale profonde et déjà ancienne, l'ancienneté de la formation et l'importance des élites locales ont fait de cette région le fer de lance de la revendication linguistique berbère. C'est là, incontestablement, que l'on peut suivre avec le plus de précision les développements du mouvement berbère, notamment ses traductions explicites, culturelles, idéologiques et politiques.

 

CHAKER, Salem, Encyclopédie berbère, EDISUD

L’Encyclopédie berbère est une encyclopédie lancée en 1984, sous l’égide du Conseil international de la Philosophie et des Sciences humaines de l’UNESCO. Cet ouvrage, paru aux éditions Edisud, est un travail de collaboration de spécialistes scientifiques au niveau international. L'objectif poursuivi par cette encyclopédie est de traiter tous les thèmes relatifs aux populations berbérophones. L'œuvre s'impose également comme une référence mondiale dans ce domaine. Gabriel Camps a dirigé la rédaction de L'Encyclopédie berbère sous sa forme provisoire à partir de 1972. Depuis son décès en 2002, l'encyclopédie — selon son souhait — est poursuivie et dirigée par Salem Chaker, Professeur de langue berbère à l’INALCO à Paris. Salem Chaker est l'un des premiers collaborateurs à avoir associé préhistoriens, protohistoriens, linguistes, ethnologues, spécialistes de littérature et géographes.

 

CLAUDOT-HAWAD, Hélène (sous la direction de), 2006, Berbères ou arabes? Le tango des spécialistes, Non-lieu, 297p.

Au milieu du XIXème siècle, le savoir occidental se dote d'un nouvel objet scientifique : les "Berbères", nom étranger à la population ainsi désignée. Dans le paradigme évolutionniste alors dominant, la figure du "Berbère" naît d'une relation triangulaire instaurée avec l'"Arabe" et l'"Européen". Suivant des registres multiples, les spécialistes s'appliquent à décliner différences et similitudes, disjonctions et conjonctions entre ces catégories. Le corps à corps disciplinaire enfante des frontières mouvantes, interactives, constamment redéfinies. Berbères - aujourd'hui Imazighen - ou Arabes ? Berbères ou non Berbères ? Cet ouvrage questionne les conditions de production d'un domaine spécialisé : les "Etudes Berbères". Il analyse la constitution de ses objets et de ses principes théoriques, sa légitimité académique ou son déclin à des périodes données. S'appuyant sur des itinéraires singuliers de recherche, il décortique finalement la contingence des dispositifs de savoir et la difficulté du regard scientifique.
 

FREIRE, Carlos, BENZEKRI, Driss, 2006, Amazigh, voyage dans le temps berbère, Hazan, 157p.

Des êtres et des objets qui le regardent et qu’il regarde avec pudeur puis livre à la méditation », écrit Driss Benzekri en guise d’entrée en matière de ce beau livre qu’il signe avec le photographe Carlos Freire sous le titre « Amazigh, voyage dans le temps berbère ». Des mots qui résument à eux seuls l’objet de ce livre, tout autant que l’esprit de l’auteur des photographies en noir et blanc qui émaillent des textes poétiques pour la plupart traduits de l’amazigh. Si Benzekri fut connu en tant que président du Conseil consultatif des droits de l’Homme, et membre fondateur du Forum vérité et justice, il le fut moins pour son attachement, son militantisme, doit-on dire, depuis des décennies pour la culture et la langue amazighes. Lui-même amazigh de Khémisset, il avait entrepris nombre de travaux, durant son séjour en prison qui dura 17 ans, sur la culture amazighe.

 

GALAND-PERNET Paulette , 1987, Littératures Berbères, des voix, des lettres, Presse Universitaire de France

« Dans les différentes formes qu'elle revêt selon les groupes considérés, la " littérature " est un élément important de l'identité culturelle et de l'adaptation au monde pour quinze à vingt millions de berbérophones, dans un vaste territoire islamisé dès le Moyen Age et s'étendant du Maroc à l'Egypte, de la Méditerranée à l'Afrique noire. Longtemps confinées dans une conception folklorique surtout attentive à des thèmes isolés, les études littéraires berbères se sont ouvertes depuis quelques décennies, sous l'influence de l'ethnologie et de la sociologie, à l'analyse des structures et des fonctions du conte et d'autres genres. L'originalité du présent essai réside dans une focalisation sur les formes et les techniques, abordées dans une très large perspective géographique, linguistique et culturelle. Fondé sur une longue expérience et un grand respect de la spécificité des textes étudiés, il rejoint également des préoccupations critiques contemporaines concernant la rhétorique et la poétique, dont il peut contribuer à élargir les horizons. »

 

GAY-PERRET Gérard, COLARDELLE Michel, CHAKER Salem, JACOTIN Mireille,2008, Berbères, de rives en rêves, Ed. Sépia,192p.

L’exposition « Berbères » pose la question suivante : « Quels sont les fondements de l’identité ? ». Que veut dire « se sentir de » ? Que recoupe le sentiment d’appartenance aussi bien en terme d’identité collective que d’identité individuelle ? Qu’est-ce que « se sentir berbère aujourd’hui » ? Au-delà de la découverte d’aspects historiques et patrimoniaux de la culture berbère, le calalogue de l'exposition évoque ces interrogations au regard de l’actualité de la diaspora berbère et de la persistance d’une identité - voire de son renforcement - dans des conditions d’exil et un contexte de mondialisation.

 
GELLNER Ernest, 1981, Islam, société et communauté: anthropologies du Maghreb, CNRS, 163P    

GUEMRICHE Salah, Le Christ s'est arrêté à Tizi-Ouzou. Enquête sur les conversions en terre d'islam, Denoel, 343p.

Depuis la fin du XXe siècle, un mouvement qui semble irrépressible, en particulier au Maghreb mais aussi dans le reste du monde arabe et même en Occident, conduit de plus en plus de musulmans à tourner le dos à l'islam pour rejoindre la religion de Sidna Aïssa - autrement dit de " Notre Seigneur Jésus ". Au Maroc et en Algérie comme dans la discrète Tunisie, on parle de milliers de convertis au christianisme chaque année. L'oeuvre d'un ou de plusieurs réseaux d'évangélisateurs en quête de nouveaux adeptes ? Une réaction face à certaines évolutions en terre d'islam et notamment à la montée de l'islamisme ? Des candidats à l'exil qui n'hésitent pas à " vendre leur âme " ? Des conversions troublantes de sincérité ? Cet ouvrage propose une enquête sur ce phénomène nouveau aux multiples facettes. Et qui, au fur et à mesure qu'il prend de l'ampleur, suscite régulièrement l'émoi en terre d'islam, où les autorités comme les familles portent un regard pour le moins suspicieux sur les" apostats ". Une enquête qui a conduit l'auteur, un Algérien qui réside en France depuis plus de trente ans, dans son pays d'origine, tout particulièrement en Kabylie. Mais aussi dans les autres pays du Maghreb, en Espagne - notamment en Andalousie - et dans plusieurs régions de France. Ce qui lui a permis de recueillir, et de rapporter ici, de nombreux témoignages de convertis pour illustrer son propos.

 
GSELL Stéphane, 1956. - Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, tome VI    
GRANDGUILLAUME, Gilbert, 1983, Arabisation et politique linguistique au Maghreb, Paris : Maisonneuve et Larose, 214 p.  
HADDADOU, Akli,
1994, Guide de la culture et de la langue berbère, Alger : ENAL-ENAP, 315 p.
2000, Guide de la culture berbère, Editions Paris-Méditerranée, 315p.
 

HANDAINE Mohamed, 2010, Prénom amazigh d’après des sources historiques Essaie d’une étymologie.

Le prénom était toujours un champ de conflit idéologique et politique. Le fondateur de l’empire almohade Al-Mehdi ben Tumart a changé les prénoms de ses compagnons dans le cadre d’une idéologie politique très méthodique1 . Selon Al-Baidak, Ibn Tumart demanda à ses compagnons de changer leurs prénoms et d’adopter les prénoms « d’Assahaba » (les compagnons du prophète). C’est le cas de Faska l’un des premiers chefs guerriers almohade, qui a pris le prénom de Omar que lui a choisi Al-Mahdi ben Tumart.

 
HANOUZ S.1968, Grammaire berbère (la langue , les origines du peuple berbère ) Paris, Klincksiek.    

IBN KHALDOUN , Histoire des Berbères , traduction, William Mac-Guckin de Slane, Éd Berti, Alger 2003

Ce grand livre d'Ibn KHALDUN, traite de l'Histoire des Berbères, peuple qui, depuis la plus haute antiquité, habite le même pays. Dans cet ouvrage, l'auteur ne fait pas un récit chronologiquement régulier des événements qui eurent lieu en Berbèrie, mais bien une histoire généalogique de la grande race indigène qui y domina pendant plusieurs siècles. Après avoir discuté l'origine et indiqué la filiation de toutes les tribus berbères, il consacre un article à chacune d'elles, et si un de ces peuples réussit à fonder un empire, il raconte alors l'histoire des princes qui y exercèrent le pouvoir. Plusieurs dynasties ont été contemporaines les unes des autres ; et pour en retracer l'histoire, il a fallu adopter un système qui permit de les isoler afin que chacune d'elles pût faire un sujet à part En ceci il y avait encore un avantage: certaines grandes tribus ont fourni des dynasties à différentes époques, et en racontant successivement l'histoire de ces dynasties, on fait connaître en même temps celle de la tribu. L'auteur nous a donné non seulement une histoire complète des peuples de l'Afrique, mais aussi un grand tableau de tous les événements qui se sont passés en ce pays.

 

LUGAN Bernard, 2011, Histoire des Berbères, des origines à nos jours. Un combat identitaire pluri-millénaire.

Les Berbères ou Imazighen (Amazigh au singulier) constituent le fond ancien de la population de l’Afrique du Nord. Ils formaient à l’origine un seul Peuple peu à peu fragmenté par une histoire à la fois riche, complexe et mouvementée. Des dynasties berbères régnèrent sur le Maghreb jusqu’au XVI° siècle. Les partisans de l’arabo-islamisme affirment que les Berbères sont sortis de l’histoire, leur conversion à l’Islam les ayant inscrits de façon irréversible dans l’aire politico-culturelle de l’arabité. Dans les années 1950, la revue Al Maghrib alla ainsi jusqu’à écrire qu’ils ne peuvent accéder au Paradis que s’ils se rattachent à des lignées arabes. Quant au ministre algérien de l’Education nationale, il déclara en 1962 qu’ils « sont une invention des Pères Blancs ». Aujourd’hui, les dirigeants arabo-islamiques nord africains doivent faire face au réveil berbère si fortement exprimé en 2004 par Mohammed Chafik au travers de sa célèbre question réponse: « Au fait, pourquoi le Maghreb arabe n’arrive-t-il pas à se former ? C’est précisément parce qu’il n’est pas Arabe ». Cette phrase était incluse dans un article dont le titre explosif était : « Et si l’on décolonisait l’Afrique du Nord pour de bon ! », intitulé signifiant qu’après avoir chassé les Français, il convenait désormais pour les Berbères d’en faire de même avec les Arabes… Qui sont donc les Berbères ? Quelle est leur origine ? Comment furent-ils islamisés ? Quelle est leur longue histoire ? Comment se fait aujourd’hui la renaissance de la berbérité? Peut-elle être une alternative au fondamentalisme islamique ? C’est à ces questions qu’est consacré ce livre qui n’a pas d’équivalent. Son approche est ethno historique et couvre une période de 10 000 ans. Il est illustré par de nombreuses cartes en couleur et par des photographies.

 

MALIKA Hachid, 2000, Les Premiers Berbères - entre Méditerranée, Tassili et Nil, Aix-en-Provence, Édisud.

Depuis leur origine, leur langue et leur écriture jusqu'à leur mode de vie, leurs cultes et leurs rites funéraires, l'auteur établit à partir de la confrontation de l'ensemble des sources disponibles - anthropologie, paléo-climatologie et surtout étude approfondie de l'oeuvre rupestre, tant le massif saharien que dans l'atlas - non seulement l'antochtonéité africaine du peuple berbère, mais aussi la très grande ancienneté de sa civilisation. Un ouvrage passionnant qui bouscule les idées reçues et dont l'abondante illustration, fera sens auprès d'un large public

 

MEHENNI Ferhat,2010, Le siècle identitaire, Michalon, 192p.

Cinquante ans après la décolonisation, les anciens pays colonisés sont toujours dans l'ornière. À de rares exceptions près, ils n'ont su tirer profit de leur indépendance ni sur le plan économique, ni sur le plan politique. Ce ne sont pas les compétences de leurs dirigeants qui sont en cause, mais la nature même de ces États. Coloniaux ils sont nés, coloniaux ils demeureront jusqu'à leur extinction. Et nulle part cette tare originelle n'est aussi visible que dans le rapport qu'ils entretiennent avec les peuples qu'ils abritent, devenus dans l'imaginaire colonial des "minorités ethniques" dont aujourd'hui encore l'existence est bafouée. Jusqu'au génocide parfois. Il est urgent de passer à autre chose. Non pas en exportant, de force, la démocratie comme ont voulu le faire les Américains en Irak, mais en admettant dans le concert des nations les peuples qui aujourd'hui luttent pour leur indépendance. Les pays issus de la colonisation ont déjà commencé à se disloquer. Ils vont donner naissance à d'autres pays, plus nombreux. On peut s'effrayer de cet émiettement qui, pour les tenants du statu quo géopolitique, va engendrer l'anarchie et le chaos. Pas de panique ! Si un peuple éprouve le besoin de son indépendance, au nom de quoi va-t-on l'en empêcher ?

 

MOH Cherbi,2003, La Kahena , Reine des Berbères, Paris-Méditerranée, 60p.

À la fin du VIIe siècle après J.-C., lorsqu'après plusieurs tentatives infructueuses, les Arabes repartent à l'assaut du Maghreb, avec une armée commandée par Hassan Ibn-Noomane, ils se heurtent une nouvelle fois à la résistance berbère. C'est une reine de l'Aurès, Dihya, surnommée " la Kahena " qui est l'âme de cette résistance. Elle combat énergiquement et tient en échec les Arabes, mais elle finit par être vaincue et capturée. Elle demeure vivante dans la mémoire de tous les Berbères.

 

QUITOUT Michel ,1992, Grammaire Berbère : rifain, tamazight, chleuh, kabyle, L'Harmattan.

Au moment où l'on assiste à une évolution sensible du discours officiel dans les deux principaux pays berbérophones, l'Algérie et le Maroc, au sujet du statut de la langue berbère et de son enseignement, et d'une manière générale, au sujet de la culture amazigh, cet ouvrage de grammaire arrive à propos. Michel Quitout, professeur de berbère lui-même et berbérophone natif, se propose de donner de sa langue plusieurs fois millénaire, une description rationnelle qui permet non seulement de saisir ses structures fondamentales, mais aussi de connaître les règles précises de sa transcription correcte. Il met ainsi à la disposition du lecteur, de l'étudiant ou même de l'enseignant un outil de travail qui répond aux besoins de la clarté, de la simplicité et de la scientificité.

 

QUITOUT Michel, 2007, Paysage Linguistique et Enseignement des Langues au Magreb des Origines à nos Jours - L'amazighe, l'arabe et le Ffrançais au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Libye,L'Harmattan, 174p.

- [...] L'ouvrage que nous présente ici Monsieur Quitout est une entreprise ambitieuse dans l'espace - elle concerne le grand Maghreb, incluant la Libye - et dans le temps car elle s'étend des origines à nos jours. Vouloir écrire l'histoire des langues sur de telles dimensions serait une gageure si l'auteur n'y faisait face non seulement avec une formation théorique certaine et un sens aigu de l'analyse, mais aussi sur la base d'une expérience des terrains étudiés, y compris ceux qui sont moins fréquentés comme la Libye [...] ". " [...] La question de l'arabisation est abordée à de multiples reprises à propos des divers pays, spécialement de la Tunisie, de l'Algérie et du Maroc. L'auteur admet la nécessité, pour les régimes parvenus à l'indépendance, de rétablir la langue arabe dite classique dans un paysage linguistique maghrébin dont la colonisation l'avait expulsée. Il montre également que la façon dont ce rétablissement s'est opéré a été le triste résultat de considérations politiques et a abouti à des échecs pédagogiques massifs.

 

RABDI Lardi, 2001, Initiation à l'écriture de la langue berbère, L'Harmattan,148p.

Cet ouvrage est la version française de Tira n tmaziyt, paru en berbère. On y trouve un certain nombre de propositions nouvelles parfaitement défendables parce qu'inspirées des acquis de la linguistique moderne et venues en réponse à des failles constatées dans les systèmes d'écriture anciens. Auteur : Larbi Rabdi enseigne la langue et la civilisation berbères à la Faculté de Lettres d'Aix-en-Provence (France).

 
RAHMANI, Abd al Kahader. 1997, Les Berbères: nos ancêtres les Gaulois ... ou nos ancêtres les Berbères ? .Éditions des trois mondes.  
SAMOUEL Valérie, 2003, Amazigh.  

SERVIER, Jean, 1990, Les berbères, Que sais-je, PUF, 127 p.

A partir de l'art, la civilisation, la population, la langue et l'histoire, cet ouvrage propose, pour reprendre les mots d'Ibn Khaldoun, "une série de faits qui prouvent que les Berbères ont toujours été un peuple puissant, redoutable, brave et nombreux".

SERVIER, Jean, 1985, Tradition et civilisation berbères : les portes de l'année, Ed du Rocher, 510p.

 

SIF Minna. Méchamment berbère. 1997

Minna Sif, écrivaine née en Corse de parents marocains, donne dans son ouvrage Méchamment berbère une place prépondérante à la ville de Marseille et plus particulièrement à un quartier du centre-ville, celui de la Porte d’Aix, qui est aussi surnommé le “Quartier arabe”. L’espace géographique limité dans lequel évoluent les personnages est un espace entre deux mondes distincts, celui des immigrés (surtout maghrébins) et celui des “non-immigrés”. Par-là même, il représente l’espace/la séparation symbolique entre deux cultures. Cet entre-deux géographique, culturel, générationnel et même, si l’on peut dire, de stéréotypes de rôles féminin/masculin sera en fait un espace libérateur pour la protagoniste du roman, Inna.

 

TASSADIT Yacine -Titouh,1987, Poésie berbère et identité, Préface de Mouloud Mammeri, Paris, MSH, 450 p.

Dans un système colonial, l'opposition majeure colonise/colonisateur a pour effet d'occulter les tensions internes de la société colonisée. Les indépendances, au contraire, les révèlent et souvent les exacerbent. Le livre de Tassadit Yacine décrit une crise identitaire d'un groupe berbérophone, celui des Bibans (situé à la limite de la Kabylie) sur lequel s'exercent différentes tentatives d'impositions de pouvoirs idéologiques et politiques à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Tassadit Yacine est partie d'un corpus de poésies orales du poète Qasi Udifella transcrit quasi exhaustivement en caractères arabes, situation exceptionnelle dans le cadre de la littérature orale kabyle. L'analyse des poèmes fait ressortir leur étroite liaison avec les clivages sociaux. En se disant, le poète dit les autres, non seulement ceux de son groupe mais aussi les groupes dominés. Outre l'avantage de présenter une recherche menée de l'intérieur selon l'esprit et les méthodes de l'anthropologie, cet ouvrage laisse entrevoir la richesse et la complexité d'une société confrontée aujourd'hui encore à une quête fiévreuse de son identité.

 
TASSADIT Yacine - Titouh, 1993, Les Voleurs de feu. Éléments d’une anthropologie sociale et culturelle de l’Algérie, Paris, La Découverte, 195 p.

Ce livre est une contribution importante à la connaissance de la culture algérienne et, plus particulièrement, des transformations sociales, culturelles et politiques des groupes berbères au cours de la colonisation et depuis l'indépendance. Tassadit Yacine-Titouh mobilise ici deux ressources complémentaires : des enquêtes anthropologiques menées sur le terrain au cours des années quatre-vingt, et des documents écrits (archives publiques et privées) ou oraux (récits de fondation, contes et légendes). Ces matériaux révèlent les rapports inextricables entre structures de parenté et transmission du pouvoir, et permettent à l'auteur de proposer une analyse originale de leurs évolutions depuis le XIXe siècle. Cette démarche débouche sur un double questionnement, par lequel Tassadit Yacine-Titouh explore deux problèmes brûlants de la société algérienne contemporaine : l'importance dans les modes de pensée du substrat historico-mythique d'origine berbère, largement occulté et nié par la culture officielle, et la place inconfortable des intellectuels algériens, sans cesse bloqués dans l'exercice de leur fonction critique par un système autoritaire qui mobilise la culture traditionnelle pour imposer son ordre.
 
TASSADIT Yacine -Titouh, 2001, Chacal ou la ruse des dominés, aux origines du malaise des intellectuels algériens, Paris, éditions la Découverte.

Le Roman de Renart a donné naissance en Europe à toute une mythologie de la ruse et de l'ambivalence. De même, les aventures de Chacal dans les montagnes kabyles révèlent des modèles de comportement qu'on aurait tort de réduire à un simple divertissement. Tantôt amusant, tantôt franchement odieux, le personnage de Chacal est une création de l'imaginaire populaire. Mais la connaissance du monde fabuleux des animaux et des rapports de forces qui le traversent peut être aussi un moyen de mieux comprendre les structures sociales et leurs représentations. Tel est l'exercice que propose l'auteur dans ce livre : en analysant les liens entre mythe et réalité, elle décrypte la fable du chacal à la lumière des rapports aux différents pouvoirs et aux différents modes de domination. Et elle montre comment les intellectuels colonisés d'Algérie négocient leur statut avec le pouvoir à la manière du chacal avec le lion. Ce livre a le mérite d'articuler sociologie et anthropologie, en montrant comment les différents niveaux du symbolique se chevauchent et se répondent en produisant du sens. Par-delà la dérision et le jeu, ce sont bien des enjeux sociaux que la littérature orale nous révèle. La ruse et l'ambiguïté sont des concepts qui rompent avec une analyse caricaturale de la position des intellectuels colonisés. L'auteur évite ainsi le piège du seul déterminisme sociologique. Cette mise en perspective des rapports de forces permet également d'éclairer les relations hommes/femmes. Il s'agit là d'une démarche novatrice qui ouvre sur une véritable théorie sociale des rapports de domination, dans leur dimension historique et symbolique.

 

VEZIN Lilian, 2012, Amazigh, à pied sur la piste berbère, Ed. Vent du large, 240p.

Plusieurs semaines, Lilian Vezin a tracé une piste dans l'immense bloc montagneux de l'Atlas marocain, à la rencontre des berbères. Les tribus vivent en nombre sur cette frontière aux multiples territoires, sur cette forteresse qui est le berceau de leurs identités. Sur les grands massifs de l'Atlas, elles ont maintenu une organisation sociale, des coutumes et un art de vivre. Pour trouver des réponses à ses questions (Qu'est-ce qu'être berbère aujourd'hui ? Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils si fiers de leur identité au point de la revendiquer ? Comment vit ce peuple dans les conditions précaires de saisons difficiles ?) Lilian Vezin a dû triompher des obstacles les plus grands. A pied, seul, près de mille kilomètres, de vallées en vallées, dans la chaleur et dans le froid, à la rencontre de ceux qui se revendiquent les premiers habitants d'Afrique du Nord

 
YEFSAH Rachid, L'Arabo-islamisme face à la question berbère.    



Revues    

AWAL

Cahiers d'études berbères Collection éditée par Tassadit Yacine-Titouh
Awal est une revue semestrielle fondée en 1985 à Paris par Mouloud Mammeri et Tassadit Yacine, avec le soutien de Pierre Bourdieu. Elle est publiée avec le concours du Centre national du livre et du Fonds d'action sociale.

 
ETUDES ET DOCUMENTS BERBERES

La revue Études et documents berbères (créée en 1986) s'est imposée, par son sérieux et la qualité de son contenu, comme le principal périodique berbérisant dans le champ scientifique. Partie avec peu de moyens, elle s'assure maintenant la collaboration régulière de la plupart des spécialistes internationaux dans le domaine (France, Algérie, Maroc, Pays-Bas, Danemark…). En quelques années, EDB est devenue la référence internationale indiscutable en matière de linguistique berbère. EDB est une revue à dominante linguistique qui s'attache à publier des études originales d'un réel apport pour la recherche linguistique berbère actuelle. Parallèlement, elle accorde toujours une place importante à la publication de documents inédits anciens, émanant notamment des grands précurseurs et fondateurs des études berbères. Elle associe donc une recherche "de pointe" et un enracinement dans la tradition berbérisante.