Le 8 juillet, au Musée Tahiti et les iles, visite en compagnie de Aimeho ite raravu Charousset, conteur poétique et compagnon proche de Henri Hiro et de Fasan Chong dit Jean Kape, vice président de la Société des études océaniennes
de l'exposition dédiée à Henri Hiro, 20 ans après sa disparition.

 


 

Un parcours jalonné de panneaux de textes et photos, d'enregistrements sonores et d'extraits de films permet de découvrir les différentes facettes de ce poète, dramaturge, cinéaste, éditorialiste, orateur que fût Henri Hiro, artisan, avec ses compagnons les plus proche, d'un vaste mouvement de renaissance de la culture polynésienne, dans un contexte général où la société polynésienne tentait d’émerger de la léthargie dans laquelle l’avaient plongée cent cinquante années de torpeur coloniale.

Un panneau contient sa profession de foi


Peuple maohi
Je te salue
Je voudrais m'adresser à toi et te rappeler notre façon de vivre qui est aujourd'hui préoccupante.
Si je tourne mes yeux vers notre passé, je ne peux m'empêcher de m'interroger : que sommes nous devenus aujourd'hui sur notre terre natale?

Hier, tu étais quelqu'un chez toi, tu étais ton maitre, et seul maitre de ta terre, de ta vie familiale, et ta langue était l'instrument privilégié que tu utilisais pour diriger et organiser ta vie.

Mais aujourd'hui, hélas, il n'est plus possible de t'affirmer ainsi : tes traditions disparaissent peu à peu dans l'oubli, ta voie s'éteint, ta porte se ferme. Nous entendons de moins en moins la voix de ton hospitalité interpeller le passant:

" Viens manger, viens dans ma maison, allons viens...".

Il y a bien d'autres voix aussi que nous n'entendons plus. Et l'intérêt, l'argent, l'ambition ont étouffé ta joie de vivre, ta simplicité et ton hospitalité.
C'est pourquoi je me tourne vers l'homme venu d'ailleurs et je lui dis:

" Ecoute-moi. Si tu étais venu chez moi, je t'aurais accueilli à bras ouvert et j'aurais tout partagé avec toi. Mais tu es venu chez toi, et je ne sais comment t'accueillir chez toi".

Il faut que tu sache peuple maohi, que ces paroles ne sont pas pour t'inciter à la haine ou au regret. Au contraire, c'est dans la paix que je parle, c'est pour la paix que je m'interroge...
Peuple maohi, reviens chez toi. Reviens sur ta terre, dans ta maison. Parle ta langue. N'oublie pas ton passé. Sois fier de ton histoire. Prépare ton avenir dans la paix et pour la paix.

Joignons-nous pour que nous ne fassions plus qu'un seul corps, pour exiger notre indépendance. Il est grand temps que le "Hau Maohi" s'instaure dans notre pays. C'est ainsi que toi et moi, c'est ainsi que nous deux, nous resterons digne de notre héritage, digne de notre futur, digne devant nos enfants, nos enfants maohi que nous aimons tant...

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