Qui sont les maasaï ?

Dénomination

Les Maasaï ou Masai ou Masaï se dénomment eux même Ilmaasai.
Leur nom provient de leur langue le maa, langue nilotique orientale, dont des variantes sont parlés par les Samburu du centre du Kenya,
les Ilchamu parlé au sud et sud est du lac Baringo, les Arusha et
les Baraguyu en Tanzanie.

Nombre

Selon les estimations, la population maasaï serait comprise entre
500 000 et 880 000 personnes.

Localisation actuelle

Au Kenya ils sont localisés dans les provinces de l’Est centrale et
de la Rift Valley; en Tanzanie dans les provinces du Nord et du Centre.

Originaires

Originaires du Sud Soudan comme toutes les populations nilotiques,
les Maasaï ont étendu leur territoire depuis l’ouest du lac Turkana
à partir du XVIIe siècle, assimilant des populations autochtones couchitiques et entrant en interrelation avec de nombreux
peuples d’agriculteurs sédentaires.

Un groupe purement pastoral, établi au centre du grand Rift,
se distingue d’un groupe semi pastoral, étable en ordure du Rift.

Ce dernier aux XVIIe-XIXe siècles, tente de reconquérir ses pâturages de meilleure qualité occupés par les pasteurs « purs ».
Il en résulte une série de guerres intestines.

 

Source : Xavier Van der Stappen, 2002,
Les Maasaï, Ed La renaissance du livre, pp38. Carte des peuples de langue Maa (vert) et du pays Maasaï (orange)

clic pour aggrandir:

- la carte du pays maasaï
- la carte des iloshon

 


Organisation politique et sociale


Le pays maasaï est divisé en 17 sections territoriales ou iloshon (pluriel, au singiulier : Olosho), politiquement indépendantes


Au Kenya : Les Ilpurko, les Ildalalekutuk, les Ildamat, les Ilkeekonyokie, les Loïta, les Ilkaputiei, les Ilmatapaato, les Iloodokilani, les Iloitokitok, les Sikirari, les Uasin Gishu, les Moitanik, les Siria et les Laïtayok.

En Tanzanie : Les Ilkisonko, les Salei et les Serenget.

Les Baraguyu, Arusha, Samburu, même s'ils parlent le maa, ne sont pas des sections maasaï. En fait, ils sont les descendants de ceux que les Maasaï appelaient les Iloïkop au 19ème siècle (Les sections maasaï partageaient alors tout comme aujourd'hui l'institution du prix du sang devant être payé en cas d'homicide appelé en maa "iloïkop".

Les Maasaï ont attribué à cette époque cette expression à ces autres locuteurs maa qui ne respectaient plus cette règle sociale commune. L'appellation d'Iloïkop signifiant par extension "ceux qui recourent à la violence et au meurtre"

. Au 19ème siècle, ces groupes d'Iloïkop ont tenté de se substituer aux Maasaï et ont déclenché trois séries de guerres: la guerre des Iloogolala (1836/1856); la guerre des Ilosekelaï (1859/1864); la guerre des Ilaïkipiak (1870/1875)

La division des Massaï, en quinze sections géographiques provient probablement de leur répartition sur un territoire de plus en plus vaste. Lorsque au sein d’un même groupe ethnique, les communautés vivant aux extrémités territoriales de la zone d’expansion ne partagent plus de rites ou de manifestations culturelles communes, ils ne peuvent maintenir de contacts leur permettant de partager à la fois des informations et la vie politique et sociale du groupe.


Les rites que le groupe, autrefois uni, avait l’habitude de pratiquer ensemble deviennent ainsi propres aux sections.

Au sein de chaque olosho, l’autorité est diffuse, sur le mode gérontocratique, et se fonde sur le système de classes d’âge.

Il est choisit un porte-parole (et non un chef) olaïguenani kitok avec quelques autres élus sous la supervision d'un oloiboni kitok, homme-médecine-de-très-grande-renommée.


Chaque olosho se compose de 7 clans : Laïser, Lukumaï, Laïtayiok, Molelian, Mokesen, Tarosero, Mamasita.

Chacun de ces clans se divise en plusieurs groupes, dont chacun se différencie par une marque spéciale sur le bétail.

L’autorité au sein de chaque clan dérive du système des groupes et des classes d’âge.

L’unité économique et sociale de base est formé par l’enkang, groupement semi permanent de plusieurs familles qui élèvent leurs troupeaux ensemble, réunissant de 10 à 20 huttes protégées par une barrière d’épineux.

 

Le système des classes d’âge

Il concerne majoritairement les hommes : avant la circoncision, on choisit un chef ou olaiguenani, qui conduira son groupe d’âge à travers toute une série de rituels jusqu’à la vieillesse partageant la responsabilité du groupe avec quelques autres élus, dont l’expert en rites : l’oloiboni.

Les hommes passent successivement au sein de leur classe d'âge, cinq grades d'âge successifs: enfant, jeune initié, initié confirmé, jeune aîné, aîné confirmé.
L'Emurata marque l'entrée des jeunes hommes dans le groupe initiatique des Ilmurran... devenant de jeunes initiés (olmurrani. Pl: Ilmurran). Il passera, lors de l'eunoto, au stade d'initié confirmé. Après l'olngesher, il deviendra un jeune aîné.

 

Mise en ligne le 27 juil. 2009 Ethnographic registration of the Loita Maasai rite de passage Eunoto Ceremony.
A ritual held only every 7 years in Kenya / Tanzania. http://www.weijs.ws


Interview de Xavier Péron, membre du réseau des experts du GITPA, sur les sections maasaï, les rites de passage des classes d'âge, les maasaï urbains.
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