KANAKY-
NOUVELLE-CALEDONIE


Extrait du DVD :
des peuples autochtones francophones
en mouvement



« La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak
qu’elle a privé de son identité. Des hommes et des femmes ont perdu dans cette confrontation leur vie ou leur raison de vivre. De grandes souffrances en sont résultées. Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée… »

Préambule des accords de Nouméa
5 mai 1998

 

Source: LACITO

La Nouvelle-Calédonie est un archipel de 18 575 km2 dans le Pacifique Sud. L'île principale, Grande Terre mesure 400 km de long et 50 km de large1. Outre la Grande Terre, elle est composée des îles Belep au nord, des îles Loyauté (Ouvéa, Lifou, Tiga, Maré ou Iaai, Drehu, Tokanod et Nengone dans les langues autochtones respectives) à l'est, l'Île des Pins (Kunié Ou Kwênyii en langue indigène) au sud-est et les îles inhabitées de Chesterfield, Huon et Surprise, les récifs Bellone, l'île Walpole, les îles Astrolabe, Matthew et Fearn ou Hunter2. Grande Terre est très accidentée, avec une chaîne de montagnes centrale avec des pics atteignant bien au-dessus de 1.600 m. La Nouvelle-Calédonie est également composée de sa zone économique exclusive (ZEE) de 1 740 000 km2, trois fois la superficie de la France. Nouvelle-Calédonie est à 18 000 km de la France.

Selon le recensement de 2014, la population de la Nouvelle-Calédonie s'élève à 268 767 habitants, soit 39% de kanak, 27% d'Européens, principalement français, 8% de Wallisiens et Futuniens et près de 15% de résidents d'autres origines (Tahiti, Indonésie, Vanuatu, Vietnam, autres Origine asiatique). 32% de la population est âgée de moins de 20 ans3.

Depuis la prise en charge en 1853, la Nouvelle-Calédonie est sous la domination française, mais a été en processus de décolonisation depuis la signature des Accords de Matignon-Oudinot en 19884 et réaffirmée par la signature de l'Accord de Nouméa en 1998. Ces accords prévoient un référendum qui sera organisé entre 2014 et 2018, qui définira l'avenir institutionnel du pays et le transfert par l'État français certains de ses pouvoirs souverains (à définir) à la Nouvelle-Calédonie5.

Ce processus de décolonisation est le fruit d'une lutte nationaliste kanak pour l'indépendance qui a commencé dans les années 1970. Cette lutte était basée sur le droit du peuple kanak à l'autodétermination et à l'indépendance et à sa volonté de se libérer du système colonial imposé par la France depuis 1853. Les Accords de Matignon-Oudinot ont divisé le pays en trois provinces (Nord, Sud et Îles) A créé une agence chargée du développement rural et foncier (ADRAF), une agence qui développerait la culture kanak (ADCK) et de nouvelles institutions basées sur "la coutume", comme le Conseil coutumier devenu Sénat coutumier en 1998, les domaines coutumiers6 et leurs conseils respectifs. Ceux-ci ont été réaffirmés par l'Accord de Nouméa, lequel dans son Préambule reconnaît en outre l'antériorité des Kanak en Nouvelle-Calédonie: "il faut maintenant créer la base d'une citoyenneté calédonienne qui permette aux Premières personnes et aux hommes et aux femmes vivant en Nouvelle-Calédonie de devenir une seule communauté humaine embrassant un destin commun ". Malheureusement, cela pourrait bien s'avérer difficile à réaliser en raison des différences culturelles et socioéconomiques profondément enracinées entre les différentes communautés vivant à Kanaky / Nouvelle-Calédonie.

1.http://juspoliticum.com/article/La-fraude-a-la-sincerite-du-corps-electoral-en-Nouvelle-Caledonie-964.html, http://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/300-400-personnes-menacees-de-radiation-de-la-liste-electorale-des-provinciales-341155.html
2. LEBLIC Isabelle, 1993. Les Kanak face au développement. La voie étroite, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, page 61.
3. http://www.isee.nc/population/recensement/communautes
4. Le corps électoral dit « général » est composée des personnes figurant sur la liste électorale dite « générale ». Il s’agit de toute personne âgée de 18 ans et résidant en Nouvelle-Calédonie depuis 6 mois. Ces personnes peuvent s’inscrire sur la liste électorale générale, dans leur commune de résidence.
5. Article 188 : I. - Le congrès et les assemblées de province sont élus par un corps électoral composé des électeurs satisfaisant à l'une des conditions suivantes : a) Remplir les conditions pour être inscrits sur les listes électorales de la Nouvelle-Calédonie établies en vue de la consultation du 8 novembre 1998 ; b) Etre inscrits sur le tableau annexe et domiciliés depuis dix ans en Nouvelle-Calédonie à la date de l'élection au congrès et aux assemblées de province ; c) Avoir atteint l'âge de la majorité après le 31 octobre 1998 et soit justifier de dix ans de domicile en Nouvelle-Calédonie en 1998, soit avoir eu un de leurs parents remplissant les conditions pour être électeur au scrutin du 8 novembre 1998, soit avoir un de leurs parents inscrit au tableau annexe et justifier d'une durée de domicile de dix ans en Nouvelle-Calédonie à la date de l'élection. II. - Les périodes passées en dehors de la Nouvelle-Calédonie pour accomplir le service national, pour suivre des études ou une formation ou pour des raisons familiales, professionnelles ou médicales ne sont pas, pour les personnes qui y étaient antérieurement domiciliées, interruptives du délai pris en considération pour apprécier la condition de domicile.

Source: IWGIA 2017 The Indigenous World , Stéphanie Graff