Bibliographie

AMSELLE Jean - Loup, M'BOKOLO Elikia, 2005, Au coeur de l'ethnie : Ethnies, tribalisme et État en Afrique, La Decouverte,225p.

Les anthropologues, bien souvent malgré eux, ont usé et abusé de la notion d'ethnie, sans toujours préciser ce qu'ils entendaient par ce terme. Parallèlement, les médias se sont hâtivement emparés de cette appellation si peu contrôlée pour tenter d'i4 expliquer "" tel ou tel événement de la politique africaine. Encore aujourd'hui, l'utilisation de ce terme sert de référence aux analyses souvent réductrices de certains conflits (ex-Yougoslavie, Rwanda, etc.). L'ensemble de ces textes s'efforce, en conjuguant analyses de portée générale et études de cas, de s'interroger sur cette notion controversée à partir de la situation africaine. En effet, il était important de repenser les notions d'ethnie et de tribu, de plus en plus souvent associées à d'autres notions comme celles d'Etat et de nation. Il était impératif de revenir sur certaines formes de classifications par trop schématiques et réductionnistes.

 

AUTREPART, 1999, Afrique, Les Identites contre la Democratie ? Ed de l'Aube, 197p.

Les mobilisations ethniques ou religieuses qui accompagnent la généralisation du multipartisme en Afrique sont souvent interprétées comme le signe d'un échec de la démocratisation. Ce numéro d'Autrepart prend le parti de banaliser ces dynamiques identitaires, de les concevoir comme un paramètre ordinaire du politique dans les situations de transition que connaît l'Afrique aujourd'hui. Pour les auteurs, ce n'est pas le pluralisme socioculturel en tant que tel qui compromet la construction démocratique mais la façon dont il est géré. L'expression de ces identités exerce certes des pressions centrifuges, mais dans un contexte où mondialisation et désengagement des États stimulent partout des replis identitaires et des retours au local. Alors, dans le contexte particulier de l'Afrique, comment analyser l'effet de ces évolutions ? Besoin d'Etat ? Mode d'accès à l'Etat ? Tel est l'enjeu de ce numéro.

BOIS DE GAUDUSSON Jean, GAUD Michel, 1996, L'afrique face aux conflits, La Documentation fraçaise, 272p.

CHRETIEN Jean-Pierre, PRUNIER Gérard, 2003, Les ethnies ont une histoire, Karthala, 435p.

La question dite ethnique est apparemment au cœur de toutes les crises en Afrique : le Rwanda en 1994, la Côte d'Ivoire, le Congo ou le Burundi aujourd'hui. Pourtant la définition de ce qu'on appelait autrefois " les races " ou " les tribus " reste le plus souvent floue, énigmatique ou contradictoire. Autant les " ethnies " reviennent comme des évidences dans les médias, autant les historiens et les autres chercheurs en sciences sociales ont multiplié les remises en cause de ce concept et surtout de son utilisation rigide dans l'africanisme classique. Les trente études réunies ici analysent les dynamiques historiques qui ont forgé les consciences ethniques comme toutes les autres " communautés imaginées ". La complexité des constructions collectives, sociales et politiques propres à chaque région d'Afrique a été artificiellement simplifiée et figée dans les lectures et les pratiques coloniales qui ont souvent été intériorisées bon gré mal gré par les colonisés euxmêmes. Les dernières décennies ont été marquées par des sortes de résurgences de ce passé, correspondant en fait à des stratégies politiques et à des montages idéologiques très actuels. La conscience et la mobilisation ethniques, proches en cela du mouvement des nationalités dans l'Europe du XIXe siècle, sont profondément impliquées par les enjeux politiques et sociaux des Etats contemporains. Chaque situation demande donc un décryptage de l'ethnicité concernée, entre les héritages culturels d'un passé parfois très ancien, le legs de l'emprise coloniale et les adhésions ou les manipulations du temps présent. Dans la fièvre des affirmations identitaires actuelles et le réveil d'une ethnicité à l'échelle planétaire, les " ethnies " africaines n'échappent pas aux tentations de l'ethnisme. Les cas étudiés dans ce livre par un groupe d'historiens européens et africains méritent toujours d'être médité

COQUERY-VIDROVITCH Catherine, Petite histoire de l'Afrique
L'Afrique au sud du Sahara de la préhistoire à nos jours,
La Découverte.


L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que celle des autres continents, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne.
Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde. Elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue. Mais si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité.
Catherine Coquery-Vidrovitch ne cherche pas à raconter l'histoire africaine dans le détail, mais elle en dégage les étapes cruciales et met en avant, pour chacune d'elles, les idées essentielles et originales. L'objectif de ce livre est aussi, et surtout, d'aider à comprendre le présent afin d'en dégager des perspectives d'action pour l'avenir.

GITPA,2007, Peuples Autochtones d'Afrique et Objectifs du Millénaire, L'Harmattan.

Cet ouvrage est consacré à l'examen critique des effets des politiques de développement sur les peuples autochtones d'Afrique. Ces politiques sont fortement affectées désormais par la décision des Nations unies de mettre en oeuvre des Objectifs de développement du millénaire (ODM) qui visent, en priorité, à éradiquer la pauvreté et la faim et à assurer un enseignement primaire universel. Ce livre analyse les conséquences de la mise en oeuvre des ODM sur l'ensemble des peuples autochtones d'Afrique.
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GTPA/CADHP: 2005, Rapport de Groupe de travail d'esperts de la Commission Africaine des droits de l'homme et des peuples sur les populations / communautés autochtones

pdf du Rapport

 

 

LOOS Piere, ZAGOURSKI Kazimir (photos), 2001, L'Afrique disparue, Skira, 237p.

La photographie permet encore de belles redécouvertes. Car il faut bien parler de redécouverte, voire révélation, en ce qui concerne l'œuvre photographique de Casimir Ostoja Zagourski, dit Zagourski (1880-1941). Originaire de Pologne, Zagourski fut l'un de ces nombreux photographes inconnus des diverses ethnies de l'ancien Congo belge, vaste territoire qu'il parcourut en tout sens. Les êtres qui, là, se dressent devant nos yeux éblouis, appartiennent à un autre âge, un âge ou l'Afrique n'était pas encore domestiquée par les puissances coloniales, une époque faite de rites et de traditions qui ne manquent pas de laisser sur chaque corps les traces de son appartenance communautaire. Une Afrique, enfin, qui se sachant en voie de disparition regarde avec malice et effroi celui qui, une dernière fois, enregistre leurs us, leurs coutumes, masques et tenues, leur quasi-nudité. Reproduite avec un soin maniaque, chacune de ses images noir et blanc offre donc un extraordinaire voyage à travers le temps. L'ensemble est complété d'un texte introductif sur les conditions de création puis de redécouverte de cette œuvre atypique

 

PAPÉ Marc Adoux, 2011, Conflits identitaires en Afrique francophone, L'Harmattan, 214p.

À quelques exceptions près, la grande majorité des observateurs de la politique de " l'Afrique francophone " attribuent l'incidence des conflits dits" identitaires " dans cette région à la diversité culturelle des États africains, c'est-à-dire à la pluralité des communautés ethniques ou " tribales ", religieuses, régionales et linguistiques à l'intérieur des frontières des États postcoloniaux. Les peuples africains seraient-ils (con)damnés à " la guerre tribale " et aux " conflits identitaires ". Après avoir passé en revue le paysage, les acteurs clés, et les arguments de part et d'autre du discours identitaire de la plus récente mais toujours abondante littérature sur " l'Afrique francophone ", pour prendre la mesure de la nausée qui se dégage de cette galerie d'atrocités, et prenant la " guerre tribale " de Côte d'Ivoire comme point d'analyse des conflits identitaires de cet espace de 1'" Afrique francophone ", l'auteur aboutit à la conclusion que les " haines ancestrales " supposées être la cause de ces conflits ne sont en fait que de " la haine moderne " sécrétée par les plus récents entrepreneurs culturels dans un contexte de mutation politique de démocratisation.

SELLIER Jean, 2005, Atlas des peuples d'Afrique, Ed. La Découverte, 207p.

Le continent africain surprend par sa complexité. L'Atlas des peuples d'Afrique clarifie les questions en associant un texte alerte et concis à 75 cartes originales en couleur. Il évoque des populations aussi diverses que les Kabyles, les Ouolof, les Yoruba, les Dinka, les Xhosa... en les situant dans l'actualité des pays contemporains, mais aussi dans une histoire bien antérieure à l'époque coloniale, trop souvent méconnue. Pédagogique mais non simpliste, privilégiant l'histoire longue de ces populations, il permet de toucher la complexité du présent. Et le lecteur se régale de ce voyage dans le temps et dans l'espace, depuis les Berbères des côtes méditerranéennes jusqu'aux Zoulous en Afrique australe, que guide une bien agréable cartographie. Alternatives internationales . Jean Sellier a fait le choix de cartes très instructives, très colorées (ce qui ajoute au plaisir visuel) et de textes qui racontent l'histoire des cinquante-trois Etats indépendants africains, en brefs éclairages, compréhensibles par tous, y compris par ceux qui se sentent dépassés par la complexité du continent [...]. Le lecteur ira de découverte en découverte. La Croix

 

LUGAN Bernard, 2010, Histoire de l'Afrique des origines à nos jours, Ed . Ellipse.

Aboutissement de plus de trente années de recherches à travers le continent africain, ce livre n'a aucun équivalent francophone. Pour la première fois, une histoire globale rassemble les Afriques, nord et sud-saharienne, et déroule la longue durée du continent, de - 10 000 ans à nos jours. Changements climatiques déterminant la mise en place des populations et la naissance des sociétés étatiques, au premier rang desquelles l'Égypte des pharaons ; conquête arabo-musulmane ; grandes découvertes ; traites esclavagistes, européenne et musulmane ; colonisation ; décolonisation ; guerre froide ; démocratisation ; réveil de la tectonique ethnique... L'histoire des peuples africains est une succession de chocs violents entre des modèles extérieurs et des constantes identitaires locales qui ont su résister au temps, telle l'opposition entre pasteurs et agriculteurs qui explique la constitution ou non d'États. Inscrites dans la longue durée, les crises actuelles, de la Côte d'Ivoire au Kenya, de l'Algérie à l'Afrique du Sud ou encore du Soudan au Rwanda, deviennent enfin intelligibles au lecteur, lequel s'élèvera ici bien au-dessus des stéréotypes idéologiques ressassés par tant d'africanistes francophones contemporains pour accéder à la vérité profonde de l'Afrique.

IWGIA-CADHP, 2010, Avis de la Commission Africaine des Droits de L'homme et des Peuples sur la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Déclaration) marque une étape importante dans la lutte des peuples autochtones dans le monde entier, incluant en Afrique. La Déclaration est l’instrument international des droits de l’homme le plus complet abordant la question des droits des peuples autochtones. Lors de sa 41ième session ordinaire tenue en mai 2001 à Accra, au Ghana, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Commission africaine) a adopté un « Avis juridique sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones » qui démontre clairement que les droits contenus dans la Déclaration sont compatibles avec la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la jurisprudence de la Commission africaine. Afin de démontrer son appui et de faire un plaidoyer en faveur de la Déclaration, le Groupe de travail de la Commission africaine sur les populations/communautés autochtones a publié à la fois la Déclaration et l’Avis juridique.

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IWGIA-CADHP, 2006, Peuples autochtones d'Afrique, les peuples oubliés?Rapport du Groupe de Travail d'Experts de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples sur les Populations /Communautés Autochtones.


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IWGIA, Voix Africaines : Pasteurs nomades et chasseurs-cueilleurs en Afrique sub-saharienne 2001, 126 pages, Ethnies, Vol. 15, no. 27.

Les textes réunis ici ont fait l'objet de communications à la "Conférence des peuples indigènes d'Afrique orientale, centrale et méridionale" organisée par le Forum des ONG des pasteurs indigènes (PINGO Forum) et IWGIA à Arusha, Tanzanie, en janvier 1999. Cette conférence a contribué à renforcer les droits des peuples indigènes d'Afrique et leurs organisations, encore très récentes dans ce continent.

CUTOLO Armando, Enjeux de l’autochtonie, Politique africaine N°112, Avril 2008, 215 pages.

Depuis la fin des années 1990, en employant la catégorie de «l’autochtonie», la recherche sur les politiques de l’ethnicité, de l’appartenance et de la citoyenneté en Afrique a mis en évidence certaines homologies observables dans les tensions et les conflits qui ont touché plusieurs pays africains au cours des processus de libéralisation économique et de «démocratisation ». Le présent dossier porte en particulier sur les liens entre les instances de l’autochtonie et les formes de naturalisation et de dépolitisation qui opèrent dans des contextes divers de gouvernementalité libérale, voire dans un « gouvernement de la vie » qui articule de différentes façons, mais toujours selon une syntaxe biopolitique, des «populations» et des «appartenances» avec des «territoires» et des « ressources ». L’autochtonie peut alors être appréhendée en tant que moyen d’appropriation de la modernité, ou encore comme un instrument de re-politisation utilisé par les sociétés politiques locales dans leurs régimes d’historicité spécifiques.

DAVAKAN Brice Armand, 2011, Repenser les Nations africaines,Identités, citoyenneté et démocratisation en Afrique subsaharienne, L'Harmatan,192p.

En prônant la décentralisation de la démocratie autour de communautés locales restreintes plutôt qu'autour de la nation, de nombreux chercheurs ont fait la décevante expérience de voir se reproduire au niveau local les déficiences de la démocratie centralisée. Pour les jeunes démocraties africaines, le concept de nationalité devient obscur et conflictuel, du fait de sa manipulation idéologique et de son instrumentalisation politique de la part de certaines majorités ethniques ou identitaires.

 

OIT, Rapport du Projet de Recherche par l'Organisation internationale du Travail et la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples Relatif à la Protection Constitutionnelle et Législative des Droits des Peuples Autochtones dans 24 Pays Africains

Ce rapport fournit les résultats d’un projet de recherche entrepris par l’Organisation internationale du Travail (OIT), le Groupe de travail sur les communautés/populations autochtones (GTPA) de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et le Centre des droits de l’homme (CHR) de l’Université de Pretoria, qui était l’institution chargée de sa mise en œuvre. Le projet examine comment les systèmes juridiques des 24 pays africains protègent les droits des peuples autochtones.

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WODZICKI Michael (sous la direction), Défendre les Droits humains en Afrique. Point de vue sur la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples.

L’expression «les droits humains en Afrique» évoque rarement une image positive. Il faut dire que les nouvelles au sujet de ce conti-nent signalent invariablement de choquantes violations des droits de l’homme, sans compter les scènes troublantes de dénuement et de désespoir qui accompagnent les reportages. Les manchettes faisant état d’un véritable génocide au Darfour, de viols collectifs dans l’est du Congo ou de fraudes électorales en Égypte, au Kenya ou au Nigeria masquent toutefois les luttes incessantes des institutions africaines en faveur des droits humains. Chef de file de ces institutions, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission africaine) est le principal organe régional dont le mandat consiste à assurer la protection et la promotion des droits humains en Afrique

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