Bibliographie


BARD Patrick, 2012, Sortir de la longue nuit , Indiens d'Amérique latine, Albin Michel.

Le 12 octobre 1492, vers 10 heures du matin, Christophe Colomb aborda sur une plage des Bahamas et déclencha sans le savoir une révolution planétaire : la découverte d’un immense continent qui allait susciter rêves et passions. Pourtant cette révélation de l’existence des Amériques fut une conquête. Brutale, violente, meurtrière, comme chacun le sait aujourd’hui. Les peuples amérindiens ont bien failli disparaître à jamais, victimes des guerres, des maladies et des déplacements de populations. Mais ils font toujours partie de ce monde qui est le nôtre à force de résistance et de résilience. C’est le sujet du formidable livre de Patrick Bard : 520 ans après Colomb, il nous entraîne dans un incroyable voyage photographique à travers l’Amérique, de Los Angeles à la Patagonie en passant par les Andes et l’Amazonie. Il se fait le chroniqueur de toute une humanité qui a recouvré sa dignité. Son combat a trouvé un écho nouveau auprès de nous et c’est pourquoi ces photographies nous touchent autant. Depuis près de trente ans, Patrick Bard, photojournaliste et romancier, sillonne l’Amérique Latine où il a réalisé un important travail sur les peuples autochtones. Son travail a été exposé au Centre Pompidou, à la Grande Halle de la Villette mais aussi aux Etats-Unis, en Espagne et en Amérique Latine. Il a publié plusieurs ouvrages et romans aux éditions du Seuil. Ses œuvres ont été acquises par plusieurs musées et collections privées.

 
BERNAND Carmen, 2013, Les Indiens face à la construction de l'Etat-nation : Mexique - Argentine (1810-1917), Atlante, 283p.  

BRIEU Sylvie, 2011, Quand s'élèvent nos voix , Des Andes à l'Amazonie, une odysée en terre indienne, Albin Michel.

Pendant plus d’un an, Sylvie Brieu a parcouru l’Amérique Latine à la rencontre des communautés indiennes, qui connaissent un véritable regain de vitalité politique et culturelle. Election d’Evo Morales en Bolivie, de Rafael Correa en Equateur, mouvements altermondialistes, mobilisation pour la défense de l’environnement des peuples indigènes en Amazonie et ailleurs, sommet de Cancún en décembre 2010…, l’Amérique Latine occupe à nouveau le devant de la scène sur toutes ces questions primordiales, au moment où de nombreux pays fêtent le bicentenaire de leur indépendance. Au Pérou, en Bolivie, Argentine, au Chili, au Brésil et sur l’île de Pâques, Sylvie Brieu est allée à la rencontre des Quechuas, Aymaras, Mapuches, Suruis, Rapa Nuis, Xavantes ou Guaranis pour dresser un état des lieux de ces peuples parfois méprisés, spoliés, ou pire, exterminés, qui ont su allier sagesse ancestrale et technologie pour mieux se préserver face à une globalisation galopante. S’immergeant dans le quotidien de guerriers, de chamans, d’artisans et de paysans, mais aussi de cinéastes, de poètes, d’artistes et de scientifiques, Sylvie Brieu rend hommage à une humanité plurielle et à des héros méconnus qui se battent pour préserver leurs cultures et la planète dans sa diversité.

 

CAPDEVILLA Luc, 2011, Les Indiens des Frontières Coloniales - Amérique Australe, XVI eme Siècle / Temps Présent, PU Rennes, 254p.

En quoi l'Amérique australe serait-elle traversée par des "" frontières coloniales "" jusqu'au XXe siècle ? En effet, si la conquête de l'Amérique par les Européens s'est concrétisée par leur prise de possession rapide de territoires répartis sur l'ensemble du continent, dès le XVIe siècle ils se heurtent à des limites qui marquent le pas de l'expansion coloniale. Celles-ci sont imposées par des peuples amérindiens qui résistent à leur avancée ; elles sont aussi environnementales, des milieux sont difficiles à pénétrer ou à contrôler. D'autres territoires restent éloignés des grandes voies de circulation. De sorte qu'au milieu du XIXe siècle, une grande partie des terres américaines demeure à l'écart de l'expansion européenne. Les années 1860-1880 marquent la fin du processus de conquête des terres amérindiennes, qui se prolonge néanmoins jusqu'au XXe siècle dans des espaces plus difficiles d'accès. Cet ouvrage analyse en quoi les régions de l'entre-deux restent dans la longue durée des espaces mouvants, des points de rencontre, où se font face l'autonomie indienne et le pouvoir colonial hispanique. Ces espaces ne sont pas une ligne radicale, mais une zone poreuse faite d'échanges, de négociations et de conflits. Le livre s'ouvre sur les systèmes classificatoires des altérités indiennes fabriqués par le monde colonial en fonction de son entreprise hégémonique. La deuxième partie se situe à l'époque républicaine, au XIXe siècle, qui scelle l'encerclement puis la défaite militaire des derniers groupes indiens souverains. L'ouvrage se clôt sur le cas singulier du Chaco qui connaît la poursuite, encore au XXe siècle, d'un état de choses rejoignant par bien des aspects le plus classique des colonialismes de l'époque impériale.

 

DE LAS CASAS, Bartolomé, 2008, Très brève relation de la destruction des Indes, Ed La Découverte.

Soixante ans après le premier voyage de Christophe Colomb, Bartolomé de Las Casas, religieux dominicain, rédige à l'usage du souverain espagnol un réquisitoire contre la colonisation dans les premiers territoires conquis d'Amérique : Cuba, Hispaniola (Saint-Domingue), les Antilles, le Mexique, la Nouvelle Grenade... Il dénonce les atrocités, la cupidité et le cynisme des conquérants, la nocivité du système d'exploitation, du partage des terres et des hommes en encomiendas. Bartolomé de Las Casas ne sera pas écouté, et la « destruction des Indes » s'achèvera par la quasi-extermination des Indiens, avec pour conséquence l'importation d'esclaves d'Afrique. Las Casas reste dans l'histoire de l'Amérique comme le premier défenseur des Indiens opprimés. Et son oeuvre demeure un document unique, une source de première main, un réquisitoire parfois insoutenable.

 

 

DEL POZO Ethel, 1997, Organisations paysannes et indigènes en Amérique Latine,Mutations et recompositions vers le troisième millénaire, Ed.Meyers, 172p.

Églises, États, ONG, bailleurs de fonds et bien d’autres ont tenté de peser sur les questions paysannes et indigènes en Amérique latine. Autant d’acteurs dont ce dossier analyse les attitudes et les comportements, en même temps qu’il dresse un tableau général des processus d’organisation de la paysannerie, de ses mutations et de ses recompositions.

 

FAVRE Henri, 2009, Le mouvement indigéniste en amérique latine, L'Harmatan,128p.

Comment éliminer les différences raciales, ethniques et culturelles qui séparent les Indiens des Blancs et des métis afin de "nationaliser" le corps social ? Par quel moyen résorber l'altérité indienne dans la trame de la nationalité ? Mais aussi de quelle façon asseoir l'identité nationale sur la base de l'indianité ? Telles sont les questions que l'indigénisme pose en Amérique latine à partir du XIXe siècle et auxquelles il s'attache à donner des réponses. Mouvement à la fois nationaliste et populiste dont l'apogée se situe entre 1920 et 1970, l'indigénisme oriente le cours d'une politique, dicte des normes à la société, impose des canons aux lettres et aux arts, préside à la réécriture de l'histoire au cours de ces cinquante années qui vont de la Révolution mexicaine à l'entrée du sous-continent latino-américain dans l'ère de la globalisation néolibérale.

 

 

GALEANO, Eduardo, 2001, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Ed Plon, 458p.

Voici l'histoire implacable du pillage d'un continent. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d'un des espaces les plus prometteurs de l'univers. On ne s'étonnera pas que les multinationales, monstres hybrides des temps modernes, opèrent avec cohésion en cet ensemble d'îles solitaires qu'est l'Amérique latine. Chaque pays plie sous le poids conjugué de ses divisions sociales, de l'échec politico-économique et une plus profonde misère. Des forces nouvelles se lèvent. Phénomène de grande conséquence, l'Église, longtemps oppressive, reprend la tradition évangélique des premiers âges et devient porteuse d'espérance : elle est résolument aux côtés des pauvres et des persécutés. Cet ouvrage essentiel sur l'exploitation de l'homme par l'homme est à l'échelle d'un continent. Ce livre, un grand classique, est lu et commenté dans les universités nord-américaines ; il dénonce le talon d'Achille des États-Unis : l'Amérique centrale et du Sud.

 

GALEANO Eduardo, 2005, Mémoire du Feu, Tome 3 , Plon, 410p.

Avec le Siècle du vent, Eluardo Galeano achève la grande fresque de Mémoire du Feu, consacrée à l'histoire de l'Amérique, et plus particulièrement à celle de l'Amérique latine. Ouvrage sans équivalent, à mi-chemin de la poésie épique et de la chronique, cette vaste mosaïque est intriguée par la mémoire vivante et blessée des peuples sud-américains. Après les Naissances et les Visages et les Masques, qui conduisaient le lecteur depuis les origines mythologiques jusqu'au XIXe siècle, ce troisième volet restitue les figures du XXe siècle, les fureurs contemporaines et les tourmentes de la démocratie bafouée. Ce livre intense et admirable, paru pour la première fois en France en 1988, s'impose comme une ?uvre littéraire de premier ordre, incontournable pour qui désire savoir, comprendre et aimer l'Amérique. c'est le " chant général " de tout continent, mêlant ses merveilles et ses enfers.

 

GAUDICHAUD, Franck (sous la direction de), 2008, Le Volcan latino-américain. Gauche, mouvement sociaux et néolibéralisme en Amérique Latine, Ed Textuel, 449p.

Vingt auteurs de dix nationalités différentes passent au crible le « Volcan latino » en Bolivie, au Chili, en Colombie, en Equateur, au Mexique, au Venezuela… Universitaires ou intellectuels critiques, issus de différents champs scientifiques et courants de pensée, ils sont européens, américains du Nord ou bien latino-américains.

 

 

GAUDICHAUD Franck (Dir.), 2013, Amériques latines. Émancipations en construction, Sylepse.

Depuis plus d’une décennie, l’Amérique latine apparaît comme une « zone de tempêtes » du système-monde capitaliste. La région a connu d’importantes mobilisations collectives contre les conséquences du néolibéralisme, avec parfois des dynamiques de luttes ayant abouti à la démission de gouvernements considérés comme illégitimes ou à la remise en cause partielle du pouvoir des transnationales. Le changement des rapports de forces dans l’arrière-cour des États-Unis et ce qui a été qualifié de « tournant à gauche » (en Bolivie, Équateur ou Venezuela notamment) sont le produit d’une crise d’hégémonie des élites traditionnelles, mais aussi de mouvements sociaux créatifs, qui ont combiné revendications démocratiques et orientation anti-néolibérale et anti-impérialiste. Cette conjoncture révèle de nombreux acteurs en résistance (indigènes, chômeurs, sans-terre, syndicalistes, féministes, etc.), ainsi qu’une multiplicité d’expérimentations démocratiques « par en bas ». Dans des contextes variés, surgissent des pouvoirs populaires qui cherchent à tâtons les chemins d’une émancipation en actes, ceci souvent contre les pouvoirs constitués, mais aussi, parfois, en lien avec des politiques publiques progressistes. Une réflexion sur un laboratoire latino-américain qui mène expériences démocratiques, autogestionnaires et participatives, potentiellement anticapitalistes, à une échelle locale, régionale ou nationale.

 

GROS,Christian, 1997, Pour une sociologie des populations indiennes et paysannes de l'Amérique latine, Ed l'Harmattan, 299p.

Deux Amérique latine s'opposeraient : l'une éprise de modernité, ouverte au marché, instruite et urbanisée : l'autre indienne et paysanne, arc-boutée sur la communauté et ses traditions, opposée aux changements et réfractaire à l'universalité des droits de l'homme. Cette vision, héritée du passé, est aujourd'hui tout à fait fausse. Traversé de tensions et porteur de projets, le monde des campagnes s'efforce de répondre aux grandes questions qui nous attendent à l'heure de la globalisation et de la remise en cause des Etats-Nations. Face au défi alimentaire, à l'épuisement des terres et à la destruction des forêts, on y recherche un développement durable. Contre la corruption, on y expérimente des formules originales de démocratie préservant la diversité culturelle et ethnique. Cet ouvrage propose une sociologie des populations indiennes et paysannes d'Amérique latine ; plus largement, il invite à une réflexion approfondie sur les grands enjeux du monde contemporain.

 

HERBERT Jean -Loup,1972, Indianité et lutte des classes, 10-18, 315p.

Les Indiens, les autres, de leur côté... Les-Blancs, capitalistes ou socialistes de cabinet, du leur... Chacun suivait son chemin. La théorie ignorait qu'ils puissent se rencontrer. Ils étaient soit exotiques ou enfermés dans les mécanismes de l'ethnologie, soit propriétaires esclaves, patrons, ouvriers, enserrés dans la "civilisation". Ils pouvaient changer de camp, mais de façon brutale, la rupture. Indianité et lutte des classes brise cette opposition, et fait se rencontrer dans l'espace concret des actes, d'une part, le temps long, l'indien, et de l'autre, le temps court et lourd du colonialisme ou du capitalisme à la blanche et des luttes des classes. Cette rencontre n'est pas celle d'une vue de l'esprit affirmant le temps hiérarchisé d'une humanité unique, mais le tableau décrit pas à pas, du comportement des masses indiennes, plus précisément guatémaltèques. De ce tableau se dégage peu à peu une signification, une conclusion : l'Occident, dans sa prétention à modeler le visage des autres, est mort, il se meurt. Nos contradictions, plaquées sur le visage indien, ne généreront pas un paradis socialiste, mais bien plutôt une indianité nouvelle, future.

 
HEROLD Geneviève, 1996, Amérindiens : des Traditions pour Demain - 11 actions de Peuples autochtones d'Amérique Latine pour valoriser leur Identité Culturelle, FPH.  

LABROUSSE, Alain, 1984, Le réveil indien en Amérique andine, Ed Favre, 218p.

L'Amérique andine nous est connue plus par ses gouvernements, ses écrivains, ses catastrophes que par la vie et les luttes de ses peuples. Les aspirations et revendications des Indiens en particulier, la plus grande partie de la population dans certains pays andins, sont mal connues ou perçues dans nos schémas réducteurs. Alain Labrousse a su se mettre à l'écoute du monde andin. Il présente certains aspects mal connus de la culture indienne - usage de la coca et combats rituels - et insiste sur leurs liens avec les luttes politiques et syndicales. Il montre bien que les luttes de libération du continent se forgeront dans une alliance entre Indiens et non-Indiens contre l'exploitation et l'impérialisme.

 

LABROUSSE Alain, 1988, Sur les chemins des andes - a la rencontre du monde indien, L’Harmattan.324p.

A l’occasion d’un voyage dans les Andes de Bolivie, du Pérou et de l’Équateur, Alain Labrousse nous fait découvrir à la fois la continuité culturelle entre ces trois pays et, surtout, le potentiel de lutte qui existe dans la reproduction de la culture andine et de ses diverses expressions. Dans un style clair, avec des anecdotes sur ses expériences personnelles et sur ses rencontres, l’auteur veut avant tout démontrer que le substrat culturel des Indiens est indissociable de toutes leurs actions. Ainsi, ces rites qui semblent sortir du passé jouent pourtant dans l’équilibre et la cohésion actuelle des communautés un rôle fondamental qui apparaît dans leurs propres luttes revendicatives

 

LABROUSSE Alain , 2008, La mort métisse: récits fantastiques d'Amérique du Sud, L’Harmattan, 120p.

L'auteur est un témoin majeur des réalités sociales et politiques de l'Amérique latine : guérillas du Cône sud, celle du Sentier lumineux au Pérou, réveil indien dans les Andes, production et trafic des drogues sur le continent... Ici, la fiction lève le voile sur la face cachée de ces mêmes réalités, ce " réalisme magique " sans lequel on ne peut appréhender les cultures indigènes et métisses dans leur diversité et complexité. Les croyances et les pratiques au sein desquelles nous plongent ces récits concernent les sociétés rurales et les habitants des grandes métropoles : le macabre le dispute alors à l'étrange et au surnaturel. Ce livre s'inscrit dans la lignée du récit fantastique moderne pour laquelle le surnaturel surgit au sein de la réalité la plus triviale. Une tradition illustrée par ceux qu'Alain Labrousse considère comme ses maîtres : Ambrose Bierce, Jean Ray ou Julio Cortâzar...

 

LE BOT, Yvon, 1994, Violence de la modernité en Amérique latine : Indianité, société et pouvoir, Ed Karthala.

L'auteur propose une réflexion de fond à partir des expériences parmi les plus fortes en Amérique latine : le Katarisme bolivien, le mouvement indien et les guérillas en Colombie, la confrontation entre Miskitos et sandinistes au Nicaragua, le mouvement indigène en Equateur, les relations entre le Sentier lumineux et les communautés au Pérou, le soulèvement néo-zapatiste dans l'Etats du Chiapas au Mexique.

 

LE BOT, Yvon, 2009, La grande révolte indienne, Ed Robert Laffont, 363 pages.

De la Terre de Feu à la Californie, la première étude globale de la question indienne par le spécialiste mondial du sujet. L’émergence indienne, phénomène majeur des dernières décennies en Amérique latine, s’est effectuée par des voies pacifiques et a transformé l’image d’un continent encore trop souvent identifié avec les dictatures et les guérillas révolutionnaires. Les Indiens comptent parmi les rares acteurs à l’échelle mondiale qui combinent projet culturel, revendications sociales et aspirations démocratiques. Ils ont acquis une nouvelle visibilité dans tous les pays d’Amérique latine, qu’ils y représentent une part importante de la population (Équateur, Bolivie, Pérou, Guatemala, Mexique) ou qu’ils ne soient qu’une minorité plus ou moins significative (Colombie, Brésil, Nicaragua, Panamá ou Chili).

 

LEMOINE Maurice (coord), 2007, Amerique latine rebelle, Manière de voir.

C’est le 14 octobre 1492 qu’a lieu, dans l’île caraïbe de Guanahani, la première rencontre des Européens et des « Indiens ». C’est au cours de son troisième voyage, en 1498, que Christophe Colomb découvre, à l’embouchure de l’Orénoque (sur l’actuel territoire vénézuélien), ce qu’il va appeler les « Indes occidentales », en réalité un continent inconnu. C’est en parcourant, en 1501, l’embouchure de la future baie de Rio qu’Amerigo Vespucci laissera son prénom à ce Nouveau Monde : Amérique. En 1519, Hernán Cortés s’enfonce dans la jungle mexicaine à la tête de quelques centaines d’aventuriers. Trois ans plus tard, l’Empire aztèque est à genoux. En 1532, Francisco Pizarro débarque sur la côte péruvienne et entraîne quelques dizaines de compagnons à l’assaut de la cordillère des Andes, au coeur de laquelle se retranche, puis s’effondre, l’armée inca... Ethnocide, esclavage, exploitation, domination : l’Empire espagnol parviendra quasiment intact jusqu’en 1810. En 1806, lorsque Francisco de Miranda, patriote vénézuélien auréolé de sa participation à la Révolution française, a lancé son fameux « cri de liberté et d’indépendance pour toute l’Amérique latine », bien peu ont prévu l’ampleur des bouleversements que ce manifeste produirait. Pendant plus de vingt ans, son compatriote Simón Bolívar, secondé par les brillants généraux Antonio José de Sucre et José de San Martín, va multiplier les campagnes. En 1824, lors de la bataille d’Ayacucho, il met irrémédiablement fin aux prétentions de la métropole. L’indépendance des nouveaux Etats se révèle vite illusoire. Les tyrans étrangers laissent la place à des tyrans locaux et rivaux. Au pouvoir colonial succède le pouvoir féodal des grandes familles, des propriétaires terriens, de l’Eglise catholique et des militaires. Par ailleurs, le déclin d’un empire va souvent de pair avec l’essor d’un autre. Vient le temps des Etats-Unis... La doctrine Monroe, en vertu de laquelle, depuis 1823, Washington s’arroge une souveraineté implicite sur la région, ne constitue en rien un mythe. Interventions militaires et occupations se succèdent à un rythme échevelé à Cuba, au Nicaragua, à Porto Rico, en Haïti, au Panamá, au Mexique et ailleurs entre 1903 et 1933, avant de prendre une tournure plus indirecte, mais tout aussi réelle, au cours des années suivantes. L’Amérique latine doit désormais lutter pour sa « seconde libération ». De Cuba au Chili, en passant par l’Amérique centrale, elle entreprend une nouvelle conquête, marquée par des moments d’enthousiasme et d’espoir, des victoires, des tragédies, des « guerres de basse intensité ».

 

MANERO Edgardo, SALAS Eduardo, 2007,Mondialisation et "Nationalisme des Indes"Contestation de l’ordre social, identités et nation en Amérique latine,176p.

Dans une perspective d’étude comparée, ce livre cherche à restituer le rôle de la Nation dans les processus de recomposition politique vécus depuis les transformations des années 1990 en Amérique latine. Dans cette région, la discussion sur les identités et la pluralité des Nations et des cultures à l’intérieur des États, s’est intensifiée en raison des processus de globalisation et de régionalisation ainsi que des projets d’intégration en cours. L’ouvrage s’inscrit dans le cadre de travaux qui visent à clarifier la tendance propre à la phase actuelle du capitalisme : homogénéisation/universalisation, particularisation/fragmentation.

 
MATERNE Yves, DE CERTEAU Michel, 1976, Le réveil indien en Amérique latine, Dial/Cerf, 139p.  

MATEUS MORA Angelica Maria, 2012, Cinéma et audiovisuel latino-américains. L'Indien: images et conflits, L’Harmattan, 272p.

Voici une étude de l'image de l'Indien et du monde indien dans l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel latino-américains, plus particulièrement, colombiens. Sont mises en évidence les transformations de cette image depuis les premiers films de "découverte" jusqu'à l'appropriation contemporaine du cinéma et de la vidéo par les cultures indiennes, permettant l'expression critique des formes de domination politique, économique, sociale et culturelle.

 

MÉTRAUX Alfred, 1991, Les Indiens de l'Amérique du Sud, Métaillé, 138p.

Ethnologue français d’origine suisse, Alfred Métraux est né à Lausanne en 1902. Diplômé de l’École des langues orientales, docteur ès lettres, il entreprit les premières études approfondies des peuples d’Amérique latine, d’Haïti et de l’île de Pâques. Il a été le fondateur et directeur de l’Institut d’Ethnologie de Tucumon et de 1950 à 1962 où il anima un grand nombre de projets de l’Unesco. Il est mort en 1963.

 

METRAUX Alfred, 1967, Religions et Magie Indienne d'Amérique du Sud, NRF, 290p.

Ce livre posthume nous livre les observations de son auteur sur les croyances et pratiques magico-religieuses des populations amérindiennes qui ne se sont pas syncrétisées avec les animismes africains apportés avec les esclaves mais qui par ailleurs peuvent avoir intégré de façon plus ou moins importante des aspects du catholicisme ou protestantisme, ou encore conservé les traces de culte amérindiens tel que celui des Incas. De ce fait, comme le fait constater Alfred Métraux, il est très probable que les animismes observés aient déjà subis une certaine forme de désintégration de leur forme originale pour absorber justement les nouveaux apports, ce qui est en fin de compte dans l'ordre des choses. C'est un témoignage en sorte d'arrêt sur image avant fermeture, un mise sur pause pour mieux retenir une culture en voie de disparition. Mais c'est aussi et comme souvent en la matière un excellent sujet de réflexion sur la relativité de notre normalité, autrement dit notre culture. Nous remarquons en effet que pour certains groupes ethniques, le chaman doit être toujours un homosexuel par ailleurs respecté par le groupe dans un domaine ou ailleurs cette proximité est mal venue. Tout autant là où dans de nombreuses cultures le travail du guérisseur doit être bénévole et non rémunéré faute de perdre d'ailleurs son don, ici nous trouvons des chamans qui doivent absolument faire payer, et cher, leur prestation faute de se mettre directement en péril.

 

METRAUX Alfred, 2013, Ecrits d'amazonie - Cosmologies, Rituels, Guerre et Chamanisme, CNRS, 526p.

Alfred Métraux (1902-1963) est une figure originale et importante de l'anthropologie française. Lévi-Strauss a salué son exceptionnelle érudition, la ""richesse d'une expérience telle qu'aucun ethnologue n'en a possédée de semblable"". Ses travaux sur l'Amérique du Sud, l'île de Pâques et le vaudou haïtien sont devenus des références incontournables. Métraux fut aussi un formidable passeur entre les sciences sociales américaines et les nouveaux courants anthropologiques américains, et l'anthropologie française Les articles choisis et présentés par Mickaël Brohan, Jean-Pierre Goulard et Patrick Menget et Nathalie Petesch abordent les grands domaines de la vie des Indiens : mythologie, vie religieuse, organisation sociale et politique, âge de la vie et rituels. Ces textes, s'ils ne sont pas à proprement parler théorique, sont extrêmement vivants et très stimulants intellectuellement. On trouvera à la suite quelques contributions témoignant de son engagement en faveur de la protection des ethnies en voie de disparition. Une oeuvre vivifiante et toujours d'actualité.

 

PINET Nicolas (Dir.), 2013, Etre comme eux ? : Perspectives critiques latino-américaines sur le développement, Paragon, 238p.

L'idée de "développement" semble désormais, pour beaucoup, aller de soi. Si débat il y a, c'est en général à l'intérieur de ce cadre de pensée, sur les modalités des transformations à effectuer ou sur la terminologie utilisée : l'expression "pays sous-développés", jugée trop négative, a été remplacée par l'euphémisme "pays en voie de développement" qui met en avant les potentialités prometteuses des aspirants... La hiérarchisation sous-jacente, rendue ainsi moins explicite, ne fait pas elle-même l'objet d'un questionnement, ni d'ailleurs les critères qui y président, définis par ceux-là qui se sont adjugé la première place. Les textes réunis dans cet ouvrage font, à l'inverse, porter le débat sur la notion même de "développement". Ils en rappellent les conditions de naissance et décryptent les stratégies politiques dont elle devait être l'instrument. Ils décrivent les effets dévastateurs de l'imposition du "modèle occidental" au nom d'un soi-disant progrès et de programmes d'aide au développement. Ils font entendre des voix revendiquant le droit, et le bonheur aussi, de ne pas être comme "eux" - c'est-à-dire comme nous. Ils donnent à voir enfin comment, par-delà les relations heurtées avec une culture "occidentale" envahissante, d'autres modes de vie perdurent et se réinventent sous des formes dont nous avons sans doute beaucoup à apprendre.

 

RUDEL, Christian, 2009, Réveils amérindiens - Du Mexique à la Patagonie, Ed Karthala, 240p.

Lorsque, au soir de son triomphe, le 18 décembre 2005, le nouveau président bolivien, l'Indien aymara Juan Evo Morales Ayma, s'écria : " L'année prochaine commence la nouvelle histoire de la Bolivie, celle de l'égalité, de la justice sociale, de la paix et de l'équité ", tous les peuples indigènes de l'Amérique dite latine sentirent que la victoire d'Evo Morales était aussi leur victoire - un couronnement de leurs longues luttes - et que la " nouvelle histoire " annoncée n'était pas pour la seule Bolivie mais pour tous les peuples indiens. La victoire de l'Aymara Morales allait effacer plus de cinq siècles de diverses dominations étrangères, de mépris, de rejet brutal dans la sous-humanité, de déni de tous les droits humains et de pillage des richesses du sous-continent. Elle allait enfin ouvrir les portes de la liberté, de la réappropriation de l'histoire et du " vivre bien " selon la philosophie indienne, c'est-à-dire en harmonie avec le cosmos, les hommes, la nature et la vie sous toutes ses formes. Mais il reste des combats à mener.

 

WERMUS, Daniel (Auteur), COPPENS, Yves (Préface), 2002, Madre tierra ! : Pour une renaissance amérindienne, Ed Albin Michel, Collection Guides Clés, 266p.

Dans les sept pays abordés - Mexique, Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua, Costa Rica et Panama - comme dans le reste du continent, les initiatives foisonnent malgré l'adversité : violence, exclusion, nature déchaînée. De la radio indigène citoyenne au collège qui forme les cadres mayas de demain, du village qui répond à la pollution pétrolière par des chants et des danses aux chamanes qui soignent les drogués, la démarche est semblable : reconstruire le passé pour redevenir soi-même au XXIe siècle. Madre Tierra !, c'est aussi le cheminement d'un couple franco-suisse, Diego et Christiane Gradis, qui ont abandonné leurs brillantes carrières pour créer Traditions pour Demain, une ONG qui aide les peuples autochtones à recouvrer leur identité. Depuis quinze ans, ils osent affirmer : « Nous connaissons des Indiens heureux. »