Le GITPA s'associe à la campagne internationale de soutien
à Benki Piyako, leader Ashaninka, défenseur trés respecté des droits de l'homme et de l'environnement poursuivi, à tord, de diffamation pour:
"avoir dénoncé des menaces sur sa personne sans apporter de preuves concrètes"


Photo: House of indian /Nelly Stul

Benki Piyako est un leader Ashaninka, vivant dans l’Etat de l’Acre, en Amazonie brésilienne. Fils du Cacique, Benki joue très tôt un rôle majeur au sein de sa communauté, Apiwxa, qu’il quitte pour la première fois en 1992 afin d’aller porter la parole des peuples autochtones au Sommet de la Terre Rio 1992 . Il s’investit dans la protection des territoires et la diffusion des savoirs de sa communauté : inventaire des espèces traditionnellement utilisées par les Ashaninka, reboisement des zones déforestées… Son travail sur la préservation des territoires et de l’identité culturelle autochtone lui vaut, en 2004, le Prix Brésilien pour la Défense des Droits de l’Homme. Il participe à de nombreuses publications, documentaires, films sur la défense des droits des peuples autochtones. En 2002, il fonde le Réseau des Agents Agro-Forestiers : considérés par l’Etat de l’Acre comme des employés du gouvernement, ils diffusent les savoirs autochtones aux communautés de la région, et peuvent défendre ces dernières contre les intrusions extérieures.

 

Le contexte

Après avoir subi des menaces dans la ville de Marechal Thaumaturgo / Etat d’Acre, Benki Piyãko, leader de la communauté Ashaninka de la rivière Amônia (dans la region de la rivière Alto Juruá), a déposé une plainte à la police pour signaler le risque de violence dont il faisait l'objet, en raison de son rôle en tant que militant de l'environnement, reconnu au niveau international.

Les responsables de l’enquête, après avoir seulement examiné la plainte, ont décidé d’archiver celle-ci et d'engager une procédure pénale contre Benki, pour "dénonciation calomnieuse de crime". 

Le procureur de l'Etat d’Acre a accepté l'acte d'accusation et la poursuite proposée contre Benki Piyãko et maintenant le leader Ashaninka peut être condamné à la peine maximale de huit ans de prison.

Le procès intenté devant la première chambre criminelle de la région de Cruzeiro do Sul, est au stade des plaidoiries finales pour la défense et sera jugé prochainement. L'avocat responsable de la défense de Benki est Antonio Rodrigo Machado, également actif dans la défense du peuple Ashaninka et dans d'autres affaires contre les bûcherons (“madeireiros”).

Selon l’avocat, « Benki Piyãko a demandé à l'Etat brésilien de bénéficier d'une protection de la police et, maintenant, est assis dans le banc des accusés d'un crime qu'il n'a pas commis.

Choisi par la sélectivité du système de justice pénale brésilienne, c'est non seulement la liberté de Benki qui est menacée, mais plutôt le respect de ce pays envers les Peuples de la Forêt et toutes ses cultures “

 

Lien vers le site AAVAZ pour soutenir Benki

Article qui présente l'engagement de Benki : José Pimenta, Développement et peuples autochtones en Amazonie occidentale: le cas de l’Etat d´Acre et des Ashaninka de la frontière Brésil-Pérou.in Simone Dreyfus-Gamelon, Patrick Kulesza, 2016, Les Indiens d'Amazonie face au développement prédateur, L'Harmattan, 65-95pp

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