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PÉROU

De très nombreux conflits opposent des indiens à des sociétés extractives en Amérique latine Le combat d’une indienne face à un méga projet d’extraction minière au Pérou (la mine Yanacocha et le projet Conga) est un des plus emblématique.

La mine Yanacocha

La mine Yanacocha, est la plus grande mine à ciel ouvert en Amérique du Sud dont l’exploitation a commencée en 1993.
Le capital de Yanacocha est détenu par trois entités, la compagnie minière US Newmont Corporation, basée à Denver Colorado avec 51.35%, la compagnie minière péruvienne Minera SA Condesa avec 43,65% et la Banque mondiale avec 5%.
Le nom "Yanacocha» ou « lac noir » vient du nom d'un lac, aujourd'hui disparu, qui existait dans la zone occupée par la mine.
La mine est située sur un plateau avec un grand nombre d’aquifères, des lacs et des plaines humides (têtes de bassins) les impacts de l'activité se font très vite ressentir. Déjà en 1999, arrivent les premières plaintes au sujet de l'empoisonnement de bovins et de pollution de l'eau, cependant la justice classe les affaires sans conséquences juridiques pour l’entreprise.


Cette image a fait le tour du monde et résume à elle seule et plus d'un long discours, quels sont les impacts de la mine à ciel ouvert.

Pendant 20 ans (de 1994 à 2014), la mine Yanacocha a produit 27 millions d'onces d'or, représentant 840 tonnes, plus que tout l'or extrait au Pérou depuis la conquête jusqu'en 1990.
Les trois actionnaires ont gagné 16 milliards de $. Pour le Pérou, ce sont 30.000 hectares de prairies humides, d’aquifères et des lacs qui ont disparu à jamais, des milliers de paysans dépossédés de leurs moyens de subsistance et condamnés à la pauvreté, des milliers d'agriculteurs qui ne peuvent plus vendre leurs produits en raison de la contamination, des milliers personnes qui ont déjà souffert de graves problèmes de santé.
Pour produire ces 840 tonnes d'or, ce sont de 500.000 tonnes de cyanure de sodium utilisés dans le processus de lixiviation qui, en bonne partie, ont fini dans l'environnement, ce sont plus de 600 millions de m3 d'eau consommée, ce sont plus de 400.000 tonnes d'explosifs à base de nitrate d'ammonium (toxiques), ce sont plus de 300 millions de litres de gasoil, des milliers et des milliers de tonnes de poussières dans l'atmosphère par le dynamitage, sont plus de 1,4 milliards de tonnes de roches enlevées et réduites en poudre, plus de 1,1 milliards de tonnes de résidus qui vont continuer à polluer l'eau par le drainage acide et des métaux lourds pendant des siècles .

Le projet Conga

Situé aux confins de trois provinces dans le département de Cajamarca. L'investissement prévu est d’environ 4,8 milliards $.
La production attendue est de 22 tonnes d’or par an avec une durée de vie de 20 ans. Mais, il s’agit d’un projet polymétallique avec une production secondaire d’argent, de cuivre et d'autres métaux.
Comme Yanacocha il s’agit d’une mine à ciel ouvert, avec ses différentes étapes, fracturation à l’explosif, broyage, lixiviation en tas avec cyanure de sodium, traitement au charbon actif, raffinage et fusion.

Une des principales caractéristiques du projet Conga, est le fait d'être au-dessus d’un des principaux réservoirs d'eau d’altitude dans le nord du Pérou. Pendant la saison des pluies, de nombreux aquifères sont rechargées ce qui maintient le débit de nombreux fleuves et rivières tout au long de l'année et cela, permet de soutenir l'agriculture et le pâturage toute l'année. Cette réserve d’eau profite aussi à l'agriculture dans les plaines en aval, au Pérou, c’est particulièrement sensible dans le cas de la côte Pacifique, où le stress hydrique est particulièrement grave.
Une exploitation minière en tête de bassin est une folie et un désastre environnemental pour au moins trois raisons : - d'abord, le fait de creuser des puits, détruit les aquifères,
- d'autre part, l'exploitation minière, en particulier dans le cas des méga-mines consomme généralement un volume d’eau supérieur à la capacité de régénération des aquifères,
- enfin, l'exploitation minière génère d'énormes décharges de résidus qui sont une source permanente de pollution par le drainage acide et les métaux lourds qui peut durer des siècles, cette pollution suit le cours des fleuves et empoisonne les rivières très loin en aval.

La lutte contre le projet Conga

Depuis plus de 10 ans les 8 communautés impactées ont menées une lutte permanente pour le retrait du projet minier Conga. À partir de 2012, le gouvernement péruvien choisit l’épreuve de force face à cette résistance et sa réponse a été d'augmenter la répression policière.

Voir l’historique du conflit sur le site de Solidarité Cajamarca

La Resistance de Maxima Acuna et la famille Chaupe

À proximité du projet de mine, à environ 200 mètres du Lac bleu (qui sera transformé en dépotoir de rejets miniers) vit une famille de paysans, la famille Chaupe. La mère de famille Maxima Acuña a acquis sa propriété de 26 hectares en 1994. En mai 2011, des employés de Yanacocha arrivèrent dans la propriété avec leur machinerie afin d’ouvrir une voie de service pour la future exploitation minière et ont déclaré que ce terrain ne lui appartenait pas, mais qu’il appartenait à l'entreprise Yanacocha. La famille ne s’est guère inquiétée, car elle avait un titre de propriété notarié. En Août 2011, un gang de brutes, composé d'employés de Yanacocha accompagnés par des policiers de la DINOES (Direction des Opérations spéciales de la Police nationale) sont venus avec l'intention de «déblayer le terrain» et ont frappé violemment des membres de la famille, sans mandat, et document officiel. A partir de cette date, le harcèlement de sa famille a été permanent. La famille a déposé une plainte en justice pour violence qui sera classée sans suite. Yanacocha, à son tour, a poursuivi la famille pour usurpation de terre et en Octobre 2012 a gagné en première instance.

Cependant, la décision a été portée en appel et en Août 2013, la Cour pénale de Cajamarca a déclaré la nullité du jugement de première instance, parce que le juge de première instance n’avait pas considéré le titre de propriété de la famille Chaupe. Le procès a repris en Juillet 2014, la décision du tribunal de Celendin (première instance) a de nouveau été favorable à la compagnie minière, un nouvel appel et le 17 Décembre 2014, la Cour supérieure de Cajamarca a reconnu la validité des titres de propriété de la famille Chaupe, en reconnaissant de facto leur droit de rester sur leur terrain. Yanacocha essayé de faire un recours auprès de la Cour suprême, mais son pourvoi a été rejeté.

Toutefois, l'épreuve de Maxima et de sa famille ne s’est pas arrêtée après ce long épisode juridique, l'entreprise est revenue à ses méthodes de persécution et de harcèlement, a détruit une partie de la maison, volé leurs animaux, détruit leurs cultures et entouré la propriété avec du grillage et des barbelés. De plus la compagnie minière a obtenu une nouvelle décision de justice pour interdire toute culture et tout élevage sur la propriété, afin de chercher à les affamer et bien sûr, des hommes de main n’ont pas manqué de proférer des menaces de mort.

Les violences ont été telles que cela a créé un réseau de solidarité autour de la famille et Maxima est devenu l'une des icônes majeures de la résistance contre les multinationales minières. L'attitude de Yanacocha a montré comment une société minière pourrait être au-dessus des lois et pouvait agir en toute impunité.

Campagne contre l'escalade au Pérou de la persécution contre Màxima Acuña de Chaupe et sa famille

Chères amies, Chers amis,

Nous vous faisons parvenir en pièce jointe le texte du message (en espagnol et en français) que le Comité de Solidarité avec Cajamarca - Pérou et nous mêmes, à titre personnel, envoyons aux Autorités péruviennes en défense de Màxima Acuña de Chaupe qui subit avec sa famille une nouvelle escalade de violences et deharcèlements de la part de l’entreprise minière Yanacocha qui veut à tout prix imposer son néfaste méga projet minier Conga.

Cette campagne est également menée par :
- Amnesty international,
- Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH)
- Organisation mondiale contre la torture (OMCT)

Les messages sont a envoyer à :
- Ambassade du Pérou en France : info@conper.fr
- Ambassade de France au Pérou : france-chancellerie@ambafrance-pe.org
- Señor Ministro del intérior, Monsieur José Luis Pérez Guadalupe : dm@mininter.gob.pe
- Monsieur le procureur de la nation, Monsieur Pablo Sánchez Velarde : psanchez@mpfn.gob.pe

avec en copie :
- l' Association Péruvienne GRUFIDES : info@grufides.pe
- le Comité de solidarité cajamarca : comitesolidaritecajamarca@gmail.com

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