Non aux fermetures de communautés aborigènes en Australie

Déclaration de soutien


Photo: Martin Préaud

En novembre 2014, le premier ministre de l'Australie Occidentale, Colin Barnett, a ainsi annoncé la fermeture prochaine de plus d'une centaine de communautés aborigènes dans son Etat.
Par fermeture, il faut comprendre : l'arrêt des services publics essentiels (eau, électricité) auxquels tous les citoyens australiens ont normalement le droit, quelle que soit leur situation.
Cette annonce soudaine, prise sans consultation auprès des populations concernées, intervient après plus de dix ans de négociations entre le gouvernement fédéral australien et ceux des Etats et Territoires quant au financement des communautés autochtones dites "reculées".
Elle intervient également dans un contexte d'exploration minière sans précédent des régions reculées du continent.

Les buts poursuivis sont dissimulés sous un fin voile d'arrogance paternaliste.
Le gouvernement d'Australie Occidentale n'est pas parvenu à contraindre les communautés autochtones à négocier le financement de leurs infrastructures essentielles (routes, bâtiments municipaux, accès à l'eau etc.) avec des entreprises extractives, il emploiera donc des moyens plus radicaux.

En fermant les communautés, en sapant les conditions d'autonomie des organisations, en vidant les Pays aborigènes de leurs habitants, le but est de laisser le champ libre aux investisseurs miniers, principaux acteurs du boom économique de l'Etat. Comment comprendre autrement que l'annonce de la fermeture des communautés australiennes, dans l'absence totale de toute évaluation d'impact et de planification, s'accompagne d'une réforme majeure de la loi sur le patrimoine aborigène, pour l'affaiblir encore ? Sans présence autochtone sur le territoire, matérielle comme immatérielle, plus de contestation légitime aux projets d'exploitation minière en tous genres.

Les gouvernements d'Australie bafouent leurs engagements internationaux en matière de droits des peuples autochtones.
L'Australie contrevient à tant de dispositions et de principes de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones - dont elle fut l'un des derniers signataires - qu'il serait fastidieux de tous les énumérer.

Le 1er mai, de très nombreuses manifestations en opposition aux fermetures de communautés et à la politique autochtone du gouvernement actuel ont été organisées en Australie.

Nous déclarons ici notre soutien à ces initiatives et appelons l'ensemble des gouvernements australiens à revoir d'urgence leurs politiques vis-à-vis des peuples autochtones d'Australie, à respecter leurs droits humains élémentaires et à engager un véritable dialogue avec eux, leurs organisations et institutions, pour identifier avec eux les moyens d'une résolution pacifique de leurs différends.

Signataires membres du réseau des experts du GITPA pour l'Australie

Autres signataires

Géraldine Le Roux (maître de conférence, UBO, Brest)
Estelle Castro-Koshy (chercheur, TransOceanik , LIA CNRS/JCU)
Magali McDuffie (doctorante, ANU)
Lise Garond (anthropologue, Université Montaigne, Bordeaux)
Arnaud Morvan (postodoc, LAS/Fonds AXA)
Bernard Moizo (directeur de recherche, GRED/IRD)
Marie-Christine Masset (poète, traductrice, Marseille)
Vanessa Escalante (cinéaste)
Maia Ponsonnet (postdoc, Dynamique du Langage, ASLAN CNRS/Université Lyon 2)
Isabelle Merle (chargée de recherche, CNRS, CREDO et IREMAM)

Lire l'intégralité de la Déclaration

Informations sur le site du GITPA
Les aborigènes d'Australie

www.gitpa.org