BRESIL

3 ANNÉES APRES AVOIR SUBI LA RUPTURE DU BARRAGE DE SAMARCO SUR LE RIO DOCE
LE PLUS GRAVE DESASTRE ECOLOGIQUE AU BRÉSIL
LES INDIENS KRENAK ATTENDENT TOUJOURS RÉPARATION


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Tout s’est passé le 5 novembre 2015. Ce jour-là, un barrage de rétention de déchets appartenant à la compagnie minière Samarco (copropriété du groupe brésilien Vale et de l’australien BHP Billiton) rompait, déversant une coulée de 50 millions de mètres cubes de boue toxique – contenant de très hautes doses de fer, mercure, manganèse et arsenic – sur Bento Rodrigues (620 habitants). Le village avait été totalement rayé de la carte par ce qui reste la plus grosse catastrophe écologique de l’histoire du Brésil. Dix-neuf personnes avaient été tuées (quinze employés de la mine et quatre habitants de Bento Rodrigues) et environ 1 200 personnes s’étaient retrouvées sans domicile. La coulée avait également contaminé le fleuve Rio Doce, dont les eaux se jettent dans l’Atlantique. De fait, la catastrophe a provoqué un véritable écocide sur la faune et la flore aquatiques du Rio Doce. Le fleuve est dorénavant un bras mort, tous les poissons ayant été intoxiqués. Un drame lourd de conséquences pour les populations indigènes qui en sont tributaires, tels les Amérindiens Krenak, dont le mode de vie est largement dépendant de la pêche. À cela s’ajoute un scandale sanitaire. Maintenues dans l’ignorance des risques par les autorités et les sociétés exploitantes, des centaines de milliers de personnes ont en effet continué à consommer l’eau du fleuve.

Des rapports de la police, des procureurs, des universitaires et des ONG pointent du doigt la responsabilité de la compagnie, joint-venture spécialisée dans la production de minerai de fer (détenue par le géant minier brésilien Vale S.A. et l’entreprise anglo-australienne BHP Billiton Brasil Ltda). En effet, le barrage destiné à contenir les déchets miniers produits par Samarco montre des déficiences depuis des années (fissures, risque d’érosion…). En 2013, lorsque la licence d’exploitation du barrage touche à sa fin et que se pose la question d’un renouvellement, le procureur Carlos Eduardo Pinto indique à la COPAM-MG (conseil de politique environnementale de l’État du Minais Gerais) les risques d’effondrement de la structure couplés aux défaillances des dispositifs d’alerte. Malgré cet avertissement, pourtant fondé sur un rapport commandé par l’État, la licence est octroyée. Ce rapport prophétique prend tout son sens le 5 novembre 2015, jour du crime du Rio Doce.

Samarco, Vale et BHP nient tout manquement quant à la gestion sécuritaire de leur infrastructure et invoquent la conformité aux normes brésiliennes. Contrairement à ces affirmations, cette pollution majeure n’est pas le fruit d’un banal accident mais bien le résultat de choix irresponsables. Parfaitement consciente des dangers que sa négligence faisait courir aux populations concernées, Samarco n’a pas hésité à poursuivre ses activités minières.

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Justice for Krenak

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