1/2017

LE COURRIER INTERNATIONAL SEMESTRIEL
DES PEUPLES AUTOCHTONES
www.gitpa.org


Au sein de nos réseaux diversifiés d'organisations de peuples autochtones, d'universitaires autochtones et non autochtones et
d'experts travaillant sur les droits des peuples autochtones: MERCI de votre aide et de vos conseils tout au long de 2016.

Nous remercions également nos donateurs et nos bénévoles.
Il ne fait aucun doute que sans leur engagement financier et politique, il ne serait pas possible de réaliser notre travail.

Meilleurs voeux à tous pour 2017



Hornbill 2016 : Rencontres inter-tribales naga (photos Patrick Kulesza)


LETTRES ÉLECTRONIQUES ENVOYÉES DURANT LE 2eme SEMESTRE 2016

Campagnes

Australie: Protestations diverses des aborigènes au cours de 1er semestre 2016

Brésil: 10 mensonges sur les Indiens

Brésil: Attaques sans précédents sur les droits des indiens

Brésil: Actualité des résistances indiennes au cours du premier semestre 2016

États-Unis: Conflit Pipeline Data Acces vs Sioux Lakota de Standing Rock

Guyane française: Colloque au Sénat sur les suicides de jeunes amérindiens

Pérou: Protestations contre le projet Yanacocha-Conga

Pérou: Projet Éducatif “École Technique Jivaro -Wampis

Évènements

Publication de la traduction en français du rapport annuel d'IWGIA : le Monde autochtone en 2015

Appel à contribution pour la réalisation d'un ouvrage sur la situation des peuples pygmées

Annonce du 7 eme 
Festival Ciné Alter'Natif organisé par l'association: De la Plume à l'Ecran

Annonce la mission d'information du GITPA au Nagaland (Inde du Nord est)

Annonce du 1er Colloque organisé par Tawaangal sur: "Le pastoralisme en Afrique de l'ouest"

Annonce du Séminaire 2016-2017 du LAIOS : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtone

Conférence du GITPA à Sèvres: "Le combat mondial pour les droits des peuples autochtones" (04/16)

Interview du GITPA par Radio Libertaire à l'occasion de la Journée internationale des peuples autochtones

Officialisation par les Nations Unies de plusieurs documents relatifs à la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones

Oscar 2016: Discours pro-autochtone de Léonardo Di Caprio

Publication du Rapport du Global Witness sur les assassinats de militants autochtones

Participation du GITPA à la soutenance "en forêt" de la thèse de Jean Nkhe Ndih sur l'impact de la déforestation sur les pygmées bagyeli au Cameroun

Projection / débat : Amérindiens de Guyane...les Teko, un peuple en résistance (novembre 2016)


ACTUALITÉS DES PUBLICATIONS
( livres, rapports)


BARONNET Bruno, SALAÜN Marie, 2016,« Éducations autochtones contemporaines » n°15/2016

Les Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs viennent de publier le dossier « Éducations autochtones contemporaines » coordonné par Marie Salaün et Bruno Baronnet, membres du réseau de recherche « Peuples autochtones » au sein de l’Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie (AFEA).
Ce dossier rassemble dix textes anthropologiques sur des expériences actuelles en Namibie, au Canada (Québec et Nunavik), au Mexique, en Equateur, au Pérou, au Brésil, en Guyane française, en Nouvelle-Calédonie et à Hawai’i.

BERTRAND Nicolas, 2016, Une école à la dérive. Essai sur le système d'éducation au Nunavik, Septentrion,296p.

Depuis l'implantation des premières écoles fédérales au milieu du siècle dernier, le système d'éducation au Nunavik n'a cessé d'être en crise. Absentéisme fréquent, faibles résultats scolaires, décrochage important des élèves au secondaire… le portrait est, hélas, familier. L'école échoue par ailleurs à enseigner adéquatement la culture inuite, ce qui attise les critiques à son égard.

Prenant appui sur son expérience personnelle à titre de suppléant dans le village de Kangirsuk, Nicolas Bertrand dresse le portrait de cette école dont la dérive a des racines profondes et complexes. Il réfléchit aussi à la manière de réformer ce système et démontre la difficulté de cette entreprise. Car tant et aussi longtemps que l'école sera perçue par les Inuits, à tort ou à raison, comme un obstacle et non comme une condition de leur émancipation, sa légitimité sera contestée et sa mission, compromise. De l'éducation de sa jeunesse dépend pourtant l'avenir du Nunavik qui, sans renier son passé, doit aussi accepter pleinement sa modernité.

BRIEU Sylvie, 2016, Birmanie. Les chemins de la liberté, Albin Michel,384p.

Après un demi-siècle de dictature militaire, la Birmanie s’ouvre enfin au monde dans un contexte d’euphorie et de grands bouleversements. À l’issue d’élections historiques, le parti d’Aung San Suu Kyi, l’icône de la résistance, a été propulsé à la tête d’un nouveau gouvernement entré en fonction en avril 2016. Malgré cette victoire fulgurante, l’armée continue de peser lourdement sur la vie politique et économique. Guérillas ethniques, discours de haine de bonzes extrémistes et tragédies humanitaires fragilisent les bases d’une démocratie balbutiante.

Bravant divisions et enjeux, des hommes, et surtout des femmes, de milieux différents, innovent dans tous les domaines – lutte contre la montée des intégrismes, justice sociale, égalité des genres, préservation des cultures, etc. – pour transformer une société traumatisée et construire une paix durable. C’est à travers leurs regards incisifs et leurs actions courageuses que Sylvie Brieu, grand reporter reconnue pour son travail en immersion avec les peuples autochtones du monde, s’est engagée à découvrir leur pays méconnu, riche de potentiels devenus objets de convoitises internationales. Son récit captivant nous fait partager le quotidien de ces résistants qui, tout en embrassant des problématiques universelles, nous confronte à nos responsabilités. Entre doute et espoir, tous rêvent de liberté.


CETIM,
2016, Impunité des sociétés transnationales,112p.

Cette publication montre la nécessité et l’urgence d’avoir un instrument international contraignant pour sanctionner les multinationales qui violent les droits humains. L’ouvrage relève aussi l’importance d’obtenir réparation pour les victimes.
Le système capitaliste actuel impose une asymétrie normative au service des multinationales qui sont les bénéficiaires d’une architecture de l’impunité. Cela signifie que ces entités échappent bien souvent à toute poursuite judiciaire en raison du manque de volonté politique de certains États mais aussi à cause du manque d’instruments juridiques à l’échelle internationale les concernant. D’où l’impunité particulièrement criante, s’agissant d’actes commis par des acteurs privés comme les STN.




D'AVIGNON Mathieu, 2016, Kapak! Nous sommes tous débarqués à Québec, PULaval, 90p.

Dans cette province dont la devise est Je me souviens, on a longtemps oublié que l'histoire du Québec est aussi l'histoire des nations autochtones, et que chacune a la sienne. Sans l'accueil et la contribution des Amérindiens, la société québécoise actuelle n'existerait pas. Premières Nations et Québécois partagent un héritage. Notre héritage commun, c'est notre existence. Notre existence, c'est l'histoire en mouvement, une infime partie du patrimoine biologique, culturel, linguistique, matériel et immatériel de l'humanité qu'il importe de préserver.
Kapak ! Nous sommes tous débarqués à Québec raconte une histoire partagée et des alliances. Elle rappelle l'hospitalité des Amérindiens. Elle expose leurs épreuves. Elle illustre leur résilience. Elle envisage le devenir."Le travail de recherche de Mathieu d’Avignon et sa collaboration avec l’Arrondissement permettent d’avoir accès à un portrait émouvant de cette histoire commune, écrite au fil des métissages et des échanges de toutes sortes." Rémy Normand, membre du comité exécutif, président de l’Arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge.


DAVIDSON, Robert, LAURENT Jérôme, de MORAES Manoel Ribeiro Júnior (dirs.), 2016, Amazonies, au rythme des eaux. Retour aux collectivités, UQAMontréal.

Pendant plus d’une année, des étudiant.e.s ont été sensibilisé.es à l’unité et à la diversité des identités, des cultures et des religions de l’Amazonie brésilienne dans le cadre d’un programme court de niveau maîtrise du Département de Sciences des religions de l’UQAM. L’originalité de ce programme, fruit d’une collaboration entre l’UQÀM (Université du Québec à Montréal), l’UEPA (Univerisade do Estado do Pará), le biodôme de Montréal et le CIÉRA (Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones), a été de mettre l’emphase sur la manière dont différents groupes humains de l’Amazonie brésilienne pensent leurs rapports à l’environnement et développent des discours, des pratiques et des savoirs environnementaux en lien avec leurs visions du monde et leur appartenance religieuse. Après deux séminaires réalisés à Montréal, les étudiant.es ont réalisé une étude de terrain dans les régions de Santarém et de Belém, dans l’état du Pará. Ce livret est le récit en photographies de cette expérience ethnographique influencée par l’anthropologie, la sociologie, les sciences de la religion et les sciences de l’environnement. Il est destiné à tous les lecteurs passionnés par cette région, mais aussi à toutes les personnes, institutions et partenaires québécois et brésiliens qui ont permis aux étudiant.es de vivre cette expérience.

DONDRUB Tsering, ROBIN Françoise (trad), 2016, La vallée des renards noirs.

« La Vallée des renards noirs », de Tsering Dondrup décrit, à travers une nouvelle de 20 pages, de manière lucide la dépossession et les désillusions, la perte de repères et de sens d’une famille tibétaine sédentarisée. Un texte que toutes les personnes qui s’intéressent au sort des pasteurs nomades tibétains devront lire.

Lien vers le texte

 

DROITS ET CULTURES, 2016, Les langues autochtones dans la cité, L'Harmattan, 256p.

Aborder les peuples autochtones par le biais de leur présence linguistique dans la ville ne devrait plus étonner au XXIe siècle. La globalisation, les progrès technologiques et l'extension urbaine leur permettent désormais de signifier leur présence dans la ville. Les auteurs de cet ouvrage nous proposent de revisiter les identités, de déconstruire les mythes, d'envisager la cité ou les pratiques langagières de leur point de vue. Définir, évaluer et analyser les divers degrés de présence, de vitalité des langues autochtones et minoritaires dans des contextes urbains, voilà le défi cet ouvrage

FAQ, 2016, À la rencontre des femmes autochtones au Québec, 53p

« Le Conseil du statut de la femme et l’organisme Femmes Autochtones du Québec ont uni leur expertise pour mettre en lumière la réalité des femmes autochtones du Québec. La brochure À la rencontre des femmes autochtones du Québec documente de multiples aspects de la vie de ces femmes : démographie, identité, organisation politique, éducation, famille, situation économique, violence. Un dur constat émerge : les femmes autochtones vivent dans des conditions inférieures à celles du reste de la population, et les mythes et les préjugés à leur égard sont tenaces. » FAQ souhaite remercier le Conseil du statut de la femme pour ce travail de collaboration qui a mené à la création d’une brochure importante dans le processus de réconciliation entre le peuple autochtone et la société québécoise.
Afin de lire et de partager la brochure : Conseil du statut de la femme – À la rencontre des femmes autochtones du Québec

GOULET Henri, 2016, Histoire des pensionnats indiens catholiques au Québec. Le rôle déterminant des pères oblat, PU Montréal, 222p.

Une énigme : pourquoi les pensionnats indiens du Québec étaient-ils si peu nombreux – six en tout – comparativement à ceux de l’Ontario et de l’Ouest canadien ? Pourquoi ont-ils ouvert si tardivement – au début des années 1950 – alors qu’ailleurs ils sont implantés dès la fin du 19e siècle ? Autre énigme : comme la majorité des pensionnats catholiques canadiens étaient administrés par des pères oblats – 39 sur 45 – et que ceux-ci missionnaient dans la plupart des communautés autochtones au Québec depuis le milieu du 19e siècle, pourquoi ont-ils attendu si longtemps avant d’ouvrir des pensionnats au Québec ?
Fondé sur les archives des pères oblats, très peu exploitées à ce jour, ce premier livre sur les pensionnats autochtones au Québec relate l’histoire de chaque établissement. L’auteur y fait ressortir les pressions politiques exercées par la communauté religieuse sur les autorités fédérales au moment même où le gouvernement libéral de Louis St-Laurent projetait de fermer ces institutions au Canada anglais. Il met aussi en lumière l’idéologie des oblats en matière d’éducation des enfants autochtones : contrairement à ce que prônait la politique d’intégration dans les écoles publiques du département des Affaires indiennes dans les années 1950, ils cherchaient plutôt à maintenir vivante la culture de leurs pensionnaires. Écrit dans le contexte tendu de la Commission de vérité et réconciliation, ce livre ouvre la voie à une interprétation différente de la responsabilité première de ces institutions au Québec.

 

GRAFFIN Laurence , 2016, Les Paraguayens, Ateliers Henry Dougier, 144p.

Qui croirait, à la vue de ces Paraguayens d'une hospitalité sans faille, aimant la vie au jour le jour, que ce peuple porte une histoire si invraisemblable que, selon les termes même de son grand écrivain, Roa Bastos, on la croirait inventée si elle n'était objectivement réelle ? Car leur pays a été le théâtre d'une des plus grandes utopies de l'humanité tout comme des plus abominables drames. Gagnez leur confiance, entrez dans leur monde, celui de l'attachement à une nature exubérante, à une langue originale, le guarani, qui est aussi un mode de vivre et de penser. Lâchez prise et vous découvrirez, au-delà du kitsch d'un folklore conventionnel, l'originalité profonde d'un peuple qui, dans sa trajectoire perpétuellement mouvementée, affronte aujourd'hui la mondialisation.

GROSS Yann, 2016, Le livre de la jungle, Histoires contemporaines de l'Amazonie et de ses périphéries, Acte sud, Beaux arts

Lorsque Francisco de Orellana, conquistador espagnol, part à la recherche de canneliers en 1541, il ne se doute pas que le hasard le mènera jusque dans les méandres du plus grand cours d'eau du monde : l'Amazone. Campagnes d'évangélisation, construction de routes, fièvre du caoutchouc, extraction de pétrole ou ruée vers l'or : cette zone fluviale n'a cessé d'être un carrefour d'échanges et d'attirer les convoitises. En remontant les traces d'expéditions passées et grâce à des mises en scène discrètes, ce livre révèle diverses facettes de l'Amazonie contemporaine et de ses périphéries. Cet univers domestiqué, photographié par Yann Gross, fait vite oublier les clichés romantiques des terres oubliées ou du bon sauvage. La jungle est faite d'agglomérat, de fantômes, de reconstruction et cette errance visuelle questionne plus largement la notion de progrès et de développement.

HAVARD Gilles, 2016, Histoire des coureurs de bois. Amérique du Nord, 1600-1840.Paris, Les Indes Savantes, Collection Rivages des Xantons, [2016], 870 p.

Coureurs de bois, voyageurs, traiteurs, hommes du Nord, mangeurs de lard, hommes libres, chasseurs des montagnes : ces appellations pittoresques témoignent d’une Amérique oubliée, celle d’avant la conquête de l’Ouest. D’origine européenne, les hommes qu’on désignait ainsi sillonnaient le Nouveau Monde en quête de pelleteries, séjournant et parfois hivernant parmi les Amérindiens. De la Caroline du Sud au Mississippi, de la vallée du Saint-Laurent aux Rocheuses, ils formaient des sociabilités itinérantes et masculines, étroitement associées aux communautés autochtones. Restituer leurs circulations, c’est repenser la construction des sociétés coloniales dans leur rapport à l’espace, à l’ordre et à l’altérité, et mettre au jour des expériences singulières de la masculinité, comme d’une certaine forme de liberté. Suivre leurs traces, c’est aussi donner à comprendre les voies multiples de l’indianisation et du métissage et rendre compte d’une Amérique insolite où se côtoient langue de Molière et langues amérindiennes. Histoire des coureurs de bois ouvre par ailleurs une fenêtre sur d’autres formes de rationalité, qu’il s’agisse des pratiques d’échange, des lois de l’hospitalité, des relations entre les sexe, ou encore des fondements de la violence au sein des sociétés amérindiennes. Le lecteur est ainsi convié au dévoilement d’une aventure interculturelle intense et méconnue, longue pourtant de deux siècles et qui s’est jouée sur tout un continent.

JEAN Michel (sous la direction), 2016, Amun, Nouvelles, Librex,168p.

Dans la langue innue, amun signifie « rassemblement ». Sous la direction de Michel Jean, écrivain et journaliste innu, ce collectif réunit pour la toute première fois des auteurs autochtones de divers horizons, de différentes nations et générations. Leurs textes de fiction reflètent tantôt l'histoire et les traditions, tantôt la réalité des Premières Nations au Québec et au Canada. Offrant à lire les points de vue d'artistes de renom, ce livre est le théâtre d'un rassemblement et d'une prise de parole qui ne se font que trop rarement.

Avec des nouvelles inédites de Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine, Naomi Fontaine, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Melissa Mollen Dupuis, Jean Sioui, Alyssa Jérôme, Maya Cousineau-Mollen, Louis-Karl Picard-Sioui et Michel Jean.

KAINE Elisabeth,TANGUAY Jean, KURTNESS Jacques, 2016, Voix, visages, paysages. Les Premiers Peuples et le XXIe siècle. PU Laval, 260p.

La Boîte Rouge vif, en collaboration avec Les Musées de la civilisation, a mené une grande tournée de concertation auprès des onze Nations autochtones du Québec entre 2010 et 2013. La rencontre de près de 700 personnes compose un vaste répertoire culturel constitué de plus de 5000 pages de transcriptions littérales des propos, 250 heures de vidéo et 10,000 photographies. Une tribune a ainsi été donnée à des centaines de personnes de sexes, d’âges et de secteurs d’intérêts différents. Leurs expressions sont diversifiées et résultent en un corpus d’informations extrêmement riches, dressant l’autoportrait de leur culture ainsi que des grands défis contemporains à confronter. À l’intérieur de ce corpus s’anime les paysages du patrimoine vivant des différentes Nations. Les paroles des Premières Nations et des Inuit constituent la matière première de ce livre. De nombreuses photographies les accompagnent. Elles témoignent d’une forme de sagesse, d’un regard nous parlant du passé et nous projetant vers l’avenir.

LABRECQUE Marie-France, 2016, La migration saisonnière des Mayas du Yucatan au Canada: la dialectique de la mobilité. PU Laval, 298p.

Chaque année depuis les années 1970, des travailleurs mexicains se déploient dans les régions rurales du Canada pour participer aux travaux agricoles que la main-d’œuvre canadienne ne peut apparemment réaliser. Ces travailleurs participent à l’économie canadienne dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, le PTAS. Pendant des années, les États du centre du Mexique ont constitué le réservoir privilégié de la main-d’œuvre. Au début des années 2000 toutefois, ce bassin s’est étendu au reste du Mexique pour englober à peu près tous les États. La présente étude s’est déroulée dans l’un de ces États, le Yucatán, situé au sud-est du pays. Une grande partie de la population de cette partie du pays est autochtone et encore intimement liée aux activités agricoles même si celles-ci connaissent un recul important au profit des activités du secteur des services, principalement le tourisme. Le PTAS dans cet État ne touche qu’un très faible pourcentage d’individus par rapport à l’ensemble des Mexicains qui y participent. Il est toutefois intéressant, à la lumière des nombreuses études portant sur ce programme, surtout au point de destination, soit au Canada, de se pencher sur le point d’origine de ces travailleurs pour souligner, à travers leurs propos, la singularité de leur expérience de la mobilité transnationale; une expérience qui comporte une grande charge émotionnelle. Certes, le programme ne touche qu’un pourcentage encore plus infime de femmes mexicaines; j’ai néanmoins tenu à ce que le genre, au même titre que la classe ou la " race ", soit central à l’approche proposée dans cette étude en m’intéressant entre autres et également aux quelques femmes recrutées au Yucatán, mais surtout aux conjointes des travailleurs. Cette étude s’appuie sur une recherche de terrain menée en 2012 dans une perspective d’économie politique tenant compte des apports des féministes sur la migration en Amérique latine de même que des nombreuses recherches menées par des collègues tant du Mexique que du Canada sur le sujet.

LE CÔME Catherine, NUGTEREN Henk, 2016. Libérer le potentiel du pastoralisme pour développer l'Afrique de l'ouest, Ed KIT/SNV,94p.

Cet ouvrage se propose de mettre en exergue la contribution du pastoralisme au développement économique de l’Afrique de l’Ouest à travers la valorisation d’initiatives locales et des résultats de recherches. Ces exemples illustrent la capacité du pastoralisme, et des chaînes de valeur qui en découlent, à s’adapter à une demande croissante et de plus en plus exigeante pour des produits d’origine animale. Les propos mettent en lumière les défis à relever pour accompagner ces mutations et fournissent des argumentaires pour réconcilier la pratique et la politique afin que celle-ci devienne un véritable instrument au service du développement des communautés et des systèmes pastoraux. En 2009, la SNV a décidé de renforcer son engagement auprès des acteurs du pastoralisme dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Mali, Burkina Faso, Niger, Bénin, Cameroun). Ce choix a essentiellement été motivé par son impact notable sur l’économie nationale et les conditions de vie des populations, sa contribution importante à la sécurité alimentaire et son caractère intégrateur à l’échelle sous-régionale et panafricaine. En appui à une myriade d’acteurs transfrontaliers et sous-régionaux, la SNV a œuvré à favoriser l’interaction entre les pratiques de terrain et les orientations politiques. Pour illustrer la dimension continentale, en sus de nos contributions au cadre stratégique pour le pastoralisme élaboré par l’Union africaine, six programmes de la SNV en Afrique de l’Est (Soudan du Sud, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Éthiopie, Zimbabwe) se sont alliés pour rédiger une note thématique sur les expériences visant à améliorer les moyens d’existence des populations pastorales.

LES YEUX DU MONDE, 2016, Panorama des ressources mondiales, Acteurs et enjeux du XXIeme siècleLes éditions du Net.310p.

Les matières premières ne cessent de revenir sur le devant de la scène internationale. Pétrole, or, uranium, bois et métaux rares… le contrôle des ressources est un impératif stratégique pour les grandes puissances, tandis que leur production demeure un levier de croissance pour celles en développement. Entre la sécurisation des approvisionnements et la mise en valeur des ressources naturelles, les matières premières sont au cœur de la croissance des Etats et des entreprises. Avec Panorama des ressources mondiales, Les Yeux du Monde vous propose une analyse des grands enjeux stratégiques liés aux matières premières. 60 fiches vous sont présentées pour permettre à tous de mieux comprendre comment les ressources naturelles façonnent l’économie-monde.
Les Yeux du Monde est un collectif de passionnés de géopolitique, de géoéconomie et de relations internationales. Depuis 2010, ce groupe de réflexion indépendant décrypte l’actualité internationale sur son site internet www.les-yeux-du-monde.fr. Après le succès de Regards géopolitiques, Les Yeux du Monde vous présente son second livre : Panorama des ressources mondiales, acteurs et enjeux du XXIeme.

MARTIN Nastassja, 2016, Les âmes sauvages, face à l'Occident la resitance d'un peuple de l'Alaska.
La Découverte, 326p.

C’est l’hiver et la température avoisine les moins quarante degrés. Les yeux levés vers les aurores boréales qui animent le ciel arctique, nous écoutons. Le chasseur commence à siffler dans leur direction. C’est un son continu, aigu mais contenu, qui résonne dans le silence de la nuit polaire. Qui appelles-tu ? Elles, les aurores, et ceux qui transitent avec elles, les esprits des disparus, des hommes, des animaux, des plantes, qui courent sur un ciel glacial dans les explosions de couleurs.
Qui sont ces hommes qui se nomment eux-mêmes les Gwich’in et peuplent les forêts subarctiques ? Sont-ils encore de fiers guerriers qui poursuivent les caribous jusque sur l’échine arctique de la Terre, ou ressemblent-ils plutôt à des humains dévastés par la colonisation occidentale qui titubent dans les rues verglacées des villes du Nord sous les effets de l’alcool ? Et que dire du territoire qu’ils habitent, l’Alaska contemporaine ? Cette terre demeure-t-elle fidèle aux images de nature sublime et préservée qui peuplent nos esprits d’Occidentaux, ou disparaît-elle face aux réalités énergétiques, politiques et économiques qui la transforment en un champ de bataille jonché de mines à ciel ouvert et d’exploitations pétrolières ?
À l’heure du réchauffement climatique, aucun de ces clivages ne subsiste. Les mutations écologiques du Grand Nord sont telles qu’elles brouillent le sens commun et balayent toutes les tentatives de stabilisation, de normalisation et d’administration des écosystèmes arctiques et de leurs habitants. Loin de toute folklorisation indigéniste et de tout manifeste écologiste, ce livre s’attache à retranscrire les réalités des hommes qui parlent encore à l’ombre des arbres et sous le sceau de leur secret. Les âmes sauvages de l’Alaska sont celles qui se meuvent dans les plis d’un monde en révolution, et qui font de la métamorphose continuelle des choses et de l’incertitude des êtres un mode d’existence à part entière.


MILAN Pascale -Marie
, 2016,Les Na de Lijiazui. Fondation culturelle Musée Barbier-Muller, 157p.

Les Na sont connus dans le paysage ethnologique comme «une société sans père ni mari». Ils ont pour coutume sexuelle la visite nocturne des hommes dans la chambre des femmes et ne se marient pas. C’est du moins la vulgate qui s’est répandue à leur propos alors que les modalités de la coutume sont plus complexes qu’il n’y paraît. Elle prévoit à la fois le principe et le fondement des valeurs culturelles qui donnent un sens à la vie sociale et renvoie nécessairement à des fonctions externes, économiques et politiques. C’est dans les montagnes froides du Sichuan (Liangshan), à une cinquantaine de kilomètres de la très médiatique région du lac Lugu, que l’auteure a mené une ethnographie au plus près des Na. Plus de deux ans de terrain lui ont permis un accès privilégié à l’envers du tissu social. L’immersion dans la vie ordinaire vécue par les Na et la participation aux diverses activités quotidiennes lui ont permis de se défaire de l’exotique anthropologique qui entoure les explications que l’on donne généralement à propos du groupe. Ainsi, les chants, les danses, les mythes, les rites, l’entraide et l’échange sont autant de fenêtres sur les affects et les logiques du système de pensée na. Ils permettent d’évaluer les pratiques contextualisées d’après les justifications qu’en donnent les villageois pris dans des contraintes historiques, économiques, politiques et idéologiques.

MVE MEBIA Emmanuel, 2016, Habitat Baka et Conservation du Parc National de Minkébé Appréhension de la Mobilité Résidentielle dans le Nord-Gabon. Éditions universitaires européennes, 188p.

Les peuples autochtones occupent près de vingt pour cent de la surface terrestre de la planète, principalement des régions où ils exercent leurs droits fonciers. En Afrique Centrale, cette surface est relativement confondue avec les espaces soumis au régime de conservation de la biodiversité. C'est le cas du massif forestier localisé dans le Nord-Gabon (32381 km²) qui renferme le Parc National de Minkébé, créé en 2002. Cette initiative, qui est un des résultats des recommandations du Sommet de Rio (1992) aura été marquée par la ratification par le Gabon, de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) le 11 mars 1997. Dans cette dynamique, les populations baka collaborent, tant bien que mal, avec les organismes et agences de conservation. Mais, l'absence de Plan d'Action Stratégique conséquent interpelle l'ensemble des parties prenantes à la gestion des ressources naturelles et culturelles, devant aboutir à l'aménagement durable du massif forestier et du Parc National de Minkébé, un continuum religieusement baptisé, la "Forêt Cathédrale".

NAVET Eric (en hommage à ), 2016, Guerriers de la paix les Teko de Guyane - Eric Navet, 40 ans d’Ethnologie", Boréalia, 192p.

Depuis le 19ème siècle et les premiers témoignages sur les Teko, alors appelés Emérillons, on prédit leur disparition prochaine. Il est vrai que sous les pressions coloniales multiples : entreprise missionnaire, contacts avec les orpailleurs et les trafiquants de tout poil, les chocs sanitaires et culturels enclenchés par ces contacts, l’ethnie teko a bien failli disparaître physiquement, réduite à une soixantaine de représentants au début des années 1950. Pourtant, les Teko sont aujourd’hui environ cinq cents et des initiatives comme la création, en 2012, de la Compagnie Teko Makan qui, à Strasbourg, s’est produite pour la première fois devant un public non-guyanais, sont la preuve que les peuples traditionnels ont la volonté de défendre des valeurs et un mode de vie, une identité propres. La preuve, donc, qu’il n’y peut-être pas de fatalité de l’histoire et que celle-ci peut être multiple. La présentation de la culture teko, Guerriers de la Paix : les Teko de Guyane, à partir d’une exposition de ses productions matérielles, collection d’Éric Navet, présentée à la Maison Inter universitaire des Sciences Humaines-Alsace (MISHA) à l'automne 2013 a eu pour ambition de montrer, à partir de l’exemple des Teko de Guyane, la vitalité de ces « petits peuples » dont parle Jean Malaurie et qui furent longtemps qualifiés de « sauvages ». Face à une civilisation technologique et mercantile qui met en danger la survie sur cette planète, les peuples traditionnels, dont les Teko sont un exemple, ont peut-être une leçon de survie à nous donner.

RAQ : Identité, savoirs, archéologie, 191p.

Au Sommaire
Les Algonquins de la rivière Dumoine au XIXe siècle. Serge Goudreau
La légitimité des discours narratifs autochtones dans le développement des connaissances en travail social
Christiane Guay
Identité et territoire chez les Innus du Québec : regard sur des entretiens (2013-2014). Jean-Olivier Roy
Ethnicité en question dans le nord-est du Guatemala. Saskia Simon

Autre(s) collaborateur(s) :Gabrielle Marcoux, Kathia Lavoie, Julie Mollen, Agathe Napess, Georgette Mestokosho, Priscilla Mestokosho, Nicolas Beauclair, Guillaume Marcotte, Claude Chapdelaine, Éric Graillon, François Courchesne, Marie-Claude Turmel, Laurence Forget Brisson, François Hardy, Michel Lamothe, Adrian Burke, Jean-Baptiste Le Moine, Caroline Hervé, Jean-Philippe Marquis, Emanuelle Dufour

SAVARD Rémi, 2016, Carcajou à l’aurore du monde : fragments écrits d’une encyclopédie orale innue, RAQ, 84p.

Selon la tradition orale des Innus du Québec et du Labrador, notre planète, telle que nous la connaissons aujourd’hui, fut précédée par deux autres. Alors que la première s’est embrasée, la seconde a été inondée. Ensuite fut créée la Terre sur laquelle nous vivons aujourd’hui, mais celle-ci n’était pas encore prête à accueillir des populations humaines, car elle était sillonnée par des êtres géants au pouvoir maléfique. L’émergence de l’humanité sur la Terre fut, en grande partie, rendue possible grâce à de véritables héros culturels comme Tshakapesh et Kuekuatsheu (Carcajou). L’histoire de Kuekuatsheu est racontée dans tous les villages innus.
Quelque quarante-cinq ans après la publication de son premier livre sur Kuekuatsheu, Rémi Savard nous offre différents épisodes de ce qui semble être un long récit sans doute très ancien et dont le personnage principal est encore bien vivant dans l’imaginaire des Innus du Québec et du Labrador. En offrant ce récit, Rémi Savard contribue à jeter un pont, comme il l’a souvent fait, entre les Premières Nations et la société québécoise. Par le biais des aventures de Kuekuatsheu, il contribue à faire connaître la culture des Innus, leur littérature orale et leurs récits sur l’aurore du monde.

SYLVESTER Hans, 2016, Les Bench, Acte sud, 234p.

En Ethiopie, à 6oo kilomètres au sud de la capitale Addis-Abeba vivent les Bench, une ethnie de cultivateurs d'environ 180 000 âmes. Durant sept années, Hans Silvester est parti à la rencontre de ce peuple peu connu dont les villages, les jardins et les champs sont établis dans des montagnes de haute altitude particulièrement difficiles d'accès. II nous livre ici une chronique et un témoignage essentiels sur la vie de ces communautés de paysans dont le labeur intense leur a permis de domestiquer de nombreuses espèces végétales et animales dans une relation exceptionnelle de l'homme à la nature. Les remarquables photographies de Hans Silvester nous révèlent en outre le singulier art pictural des Bench qui font des murs de leurs maisons les cimaises d'oeuvres fascinante


TEMLALI Yassine, 2016, La genèse de la Kabylie. Aux origines de l’affirmation berbère en Algérie (1830-1962),La Découverte, 312p.

Comment l’affirmation berbère s’est-elle construite en Algérie, et plus particulièrement dans le cas de la Kabylie ? À rebours des clichés sur les problématiques régionalistes, Yassine Temlali entreprend dans ce livre de définir un cadre d’analyse rigoureux à partir de questionnements essentiels : quelle était la situation réelle des communautés berbères à la veille de la conquête coloniale ? L’occupation française a-t-elle pu être un agent d’intégration des régions berbérophones à une nouvelle entité, l’Algérie ? Y a-t-il eu une « politique kabyle » de la France ? Pourquoi les berbéro-nationalistes du PPA-MTLD, critiques envers sa doctrine arabo-islamique, sont-ils restés minoritaires ? Y a-t-il eu au sein du FLN, entre 1954 et 1962, une guerre entre « Arabes » et « Kabyles » ? Pourquoi dans les régions berbérophones de l’Est, l’affirmation berbère n’est-elle pas aussi ancienne qu’en Kabylie ? Et comment expliquer qu’à l’indépendance, en 1962, ces régions se soient positionnées de façon différente vis-à-vis du régime d’Ahmed Ben Bella ?
S’écartant des sentiers battus de l’essentialisation des identités culturelles, par définition flottantes et éphémères, l’auteur restitue le cadre historique dans lequel, entre 1830 et 1962, est née en Algérie une conscience culturelle et politique berbère, de façon concomitante avec la naissance de ces entités modernes que sont la nation algérienne, la Kabylie… Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des « récits identitaires » en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans ce pays.

 


FILMO/ VIDÉO GRAPHIE

 

Anuktatop: le rêve d’un enfant dans un monde en métamorphose, 2015, Nicolas Pradal et Pierre Selvini, 110'

Sur les rives du Haut-Maroni en Guyane française, Derreck nous amène dans son monde. Ce petit garçon Wayana, nation amérindienne de l’Amazonie, se perd entre les rêves et la réalité. Dans un contexte de bouleversement culturel, social et identitaire, les différentes générations cohabitent sans trop se comprendre. Derreck, la grand-mère Malilu, les jeunes Sylvana et Stéphane, nous invitent dans un monde en transformation. Le souvenir de Malilu nous mène dans les années 1950 durant son arrivée sur les berges françaises. Le rêve de l’adolescente Sylvana nous transporte à Maripasoula où elle rencontre un amoureux Boni. Le fantasme du jeune Stéphane se déroule à la base spatiale de Kourou. Le petit Derreck rêve des guerriers mythologiques Wayanas, ceux qui ont mis fin à l’époque des guerres. «Anuktatop » (métamorphose en Wayana) ouvre un univers qui conjugue les temps, mettant en relief les souvenirs des anciens et les nouvelles perspectives de la jeunesse.
Cette création a été menée pendant 5 ans avec l’implication active de la population locale de l’écriture au tournage par les réalisateurs et l’association « Chercheurs d’Autres » (chercheursdautres.com/).A la suite de la projection un échange aura lieu entre le public et l’équipe du film accompagné par Renzo Duin un anthropologue spécialiste de la culture Wayana.
Grandes lignes de l’intrigue
Dans le village Talwen situé au bord du fleuve Maroni, certains villageois sont pris dans des rêves, des cauchemars, des fantasmes et des souvenirs. Tout cela se mélange: les guerriers d’antan, la fusée de la base spatiale de Kourou, l’arrivée sur le fleuve dans les années 50, l’amour impossible entre deux adolescents.

 

Cameroun, forêt en périL, 2016, Olivier Joulie.29'

La demande mondiale de bois est en pleine expansion. Pour la construction, le chauffage, l'ornement, la décoration. La France est devenue le premier acheteur européen de bois tropical d'Afrique Centrale et 15% de nos importations arrivent du Cameroun. Un tiers serait d'origine illégale. Dans ce pays miné par la corruption, le commerce légal a bien du mal à s'imposer. En un demi-siècle d'exploitation forestière, la fraude est quasiment devenue normale. Plus la réglementation autour de l'exploitation de bois s'intensifie, plus les parades pour la contourner se perfectionnent. Au point qu'aujourd'hui, les derniers espaces de forêts vierge sont menacés et avec les derniers habitants de la forêt.

Ce film est une plongée au coeur d'un système qui laisse très peu de chance à la forêt, cible du trafic de bois précieux mais aussi de l'appétit gargantuesque de multinationales de l'agro-industrie. Une ONG, le Centre pour le Développement et l'Environnement se bat quotidiennement aux côtés des victimes de cette face cachée de la mondialisation. Un ancien forestier enquête sur les mécanismes de blanchiment du bois de la région. Un fond d'investissement américain s'improvise cultivateur de palmiers à huile. Dans tout ça, les Bagueli, l'une des tribus pygmées du Cameroun, ne se font plus aucune illusion sur leur sort.

 

Je serai des milions. Evo Morales, la promesse du changement. 2016. Pauline A. Domínguez et Amanda Chaparro, Zaradoc films, 52'

En 2016, la gauche radicale d’Evo Morales, le premier président indigène de Bolivie, fête ses 10 ans de pouvoir. Depuis 2006, le pays est engagé dans l’un des processus de changement les plus ambitieux du continent. Vu d’Europe, la Bolivie fait fi gure de laboratoire des gauches latino-américaines. Alors qu’en France, les responsables politiques peinent à rassembler dans une démocratie à bout de souffle sur fond d’urgence écologique, en Bolivie, on expérimente un autre modèle de société basé sur l’émancipation des peuples autochtones et le respect de la Terre Mère. Evo Morales semble accomplir la prophétie de Tupac Katari – leader du soulèvement indigène de 1781: «Je reviendrai et je serai des millions». Des hauts sommets andins à l’Amazonie, ce documentaire sonde les mutations boliviennes qui ont profondément transformées le pays. Un élan historique avec sa part de victoires et d’ombres. Ces dernières années, Evo Morales révèle un autre visage. Les scandales de corruption et la répression de mouvements sociaux entachent son gouvernement. Dix ans après l’arrivée au pouvoir de la gauche, quel est le vrai visage de la révolution bolivienne ?

Larmes amérindiennes, 2016, Les élève du Collège Paul Suitman de Camopi, 30'

Au collège Paul Suitman à Camopi, un groupe d’élèves a voulu s’exprimer sur la question du suicide. Membres de l’atelier audiovisuel, ils ont écrit, interprété les rôles et réalisé un court métrage d’une trentaine de minutes. Leur film s’appelle" Larmes amérindiennes".
Les jeunes de Camopi ont voulu s'exprimer sur une problématique grave et préoccupante : le suicide. Une véritable épidémie en pays amérindien où depuis l'an 2000, Camopi a été meurtri par une vingtaine de suicides. Le suicide est d'ailleurs la première cause de mortalité dans ce village du haut Oyapock.
Avec un appareil photo, un micro et l’aide de leurs professeurs, les 17 collégiens de l’atelier 7ème art ont réalisé un court métrage sur le suicide. La fiction est tirée de leur vécu. Il y a quelques mois, deux de leurs camarades se sont donnés la mort. Cet épisode dramatique au sein du collège, ils l'ont vécu de manière très douloureuse. Pour expuger cette douleur, dans ce film, ils ont montré leur réalité, l’alcool, la vie entre tradition et modernité, les déceptions amoureuses et les relations avec les parents parfois difficiles.

Le film s'achève par un nouvel appel à l'aide adressé au président de la République.
Voir une présentation du film

Le Dep, 2016, Sonia Bonspille Boileau, 75'

Le Dep est un drame psychologique qui raconte l’histoire de Lydia, une jeune femme innue, qui travaille au dépanneur de son père dans une petite communauté autochtone du Québec. Un soir qui s’avère ordinaire, Lydia est victime d’un vol à main armée. Cet évènement, en soi assez troublant, l’est encore plus quand elle découvre l’identité de son agresseur. Conséquemment, elle se voit forcée de faire un choix qui pourrait avoir des répercussions sur le reste de sa vie.

Les Disparus de Belo Monte, 2015 François-Xavier Pelletier, 59'

Au cœur de la volta frande do Xingu en Amazonie brésilienne se construit le barrage hydroélectrique très controversé de Belo Monte. 800 000 hectares de forêt et de rivière seront détruits, des espèces végétales endémiques seront exterminées et 40 000 familles seront contraintes d’abandonner leurs terres traditionnelles.
Ce documentaire tourné dans des conditions difficiles, dans les régions les plus méconnues de la forêt amazonienne, nous emmène à la rencontre des acteurs touchés par ce drame annoncé.

Les frères de la tortue, 2016, Pierre Meynadier.

Une équipe d'ethnologues, dirigée par Jacques Ivanoff qui les étudie depuis 30 ans, embarque depuis le port de Kawthong (Birmanie), à la rencontre des Moken - les nomades de la mer des îles birmanes. Leur objectif est de comprendre pourquoi, après dix ans d'interruption, les rituels chamaniques sont sur le point de reprendre. Arrivés sur place, ils constatent en effet que les préparatifs vont bon train. Alors qu'ils croyaient les traditions de ce peuple disparues dans le grand moule de la mondialisation, les scientifiques assistent, médusés, à leur renaissance


Rien ne se fait dans le ciel
. 2016, Stéphane Pecorini, Fabienne Gautier.

Le film suit le coordinateur du Congrès populaire coutumier kanak (CPCK), Roger Cho, depuis sa tribu, où il partage la vie de son clan, jusqu’au Palais des Nations Unies, à Genève. Le CPCK a développé un projet de réalisation de cartographies des terres ancestrales kanak répertoriant les terres claniques et apportant un support aux clans kanak dans la revendication de leurs terres auprès des institutions locales de Nouvelle-Calédonie.
Pour mener à bien ce combat, le CPCK se base sur la Déclaration des droits des peuples autochtones adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2007. Cette déclaration relève du droit international et concerne tous les peuples autochtones du monde.
Une partie du film, tournée en Nouvelle-Calédonie, donne la parole aux acteurs locaux, qu’ils soient Kanaks ou représentants des institutions responsables des redistributions foncières, en cherchant à décrypter les contradictions d’un système hérité de la période coloniale. L’autre partie, tournée à Genève, offre les témoignages d’acteurs présents aux Nations Unies dans le cadre du combat autochtone.
Cette double perspective permet d’élargir la problématique spécifiquement kanak et de la replacer dans le contexte des luttes encore très actuelles des anciens peuples colonisés du monde entier.

Ta’ang, un peuple en exil entre Chine et Birmanie, 2016, Wang Bing, 2h27'

Les Ta’ang, minorité ethnique birmane, sont au coeur d’une guerre civile à la frontière chinoise. Depuis début 2015, de violents conflits ont contraint des milliers d’enfants, de femmes et de personnes âgées à s’exiler en Chine. Le film suit la vie quotidienne de ces réfugiés.

Les Maisons du Nord, 2015, Guy Bordin, Renaud de Putter, 20'

La brève visite d’un prêtre kenyan dans le haut Arctique canadien est l’occasion d’évoquer le passé de cette région inuit marqué par deux figures de missionnaires qui furent aussi des ethnologues et des aventuriers. Leurs destins sont liés au travers du film réalisé par l’un d’eux à la fin des années 1950, document précieux montrant – à la confluence des pensées chrétiennes et inuit – leur fascination pour un monde qu’ils ont certes aidé à mieux faire connaître, mais dont, avec d’autres forces, ils ont hâté l’irrémédiable mutation.

The Ride, 2016, Stéphanie Gillard, 1h26'

Ce film raconte la chevauchée d’une troupe de cavaliers Sioux, sur la route qu’emprunta la tribu de Big Foot avant d’être massacrée à Wounded Knee. Un voyage dans le temps, à la mémoire des ancêtres, un voyage pour reconstruire une identité perdue qui confronte l’Amérique à sa propre Histoire.


Vaiana, la legende au bout du monde
, 2016, John Musker, Ron Clements, 1h47'

Il y a 3 000 ans, les plus grands marins du monde voyagèrent dans le vaste océan Pacifique, à la découverte des innombrables îles de l'Océanie. Mais pendant le millénaire qui suivit, ils cessèrent de voyager. Et personne ne sait pourquoi...
Vaiana, la légende du bout du monde raconte l'aventure d'une jeune fille téméraire qui se lance dans un voyage audacieux pour accomplir la quête inachevée de ses ancêtres et sauver son peuple. Au cours de sa traversée du vaste océan, Vaiana va rencontrer Maui, un demi-dieu. Ensemble, ils vont accomplir un voyage épique riche d'action, de rencontres et d'épreuves... En accomplissant la quête inaboutie de ses ancêtres, Vaiana va découvrir la seule chose qu'elle a toujours cherchée : elle-même.

 

 

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