2 / 2011 (Accès aux lettres précédentes)

Cette lettre diffuse les informations reçues par le GITPA
de Avril à Juin 2011
et mises en ligne sur le site www.gitpa.org

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ACTUALITÉS DU MONDE AUTOCHTONE
ACTUALITÉS DU MONDE AUTOCHTONE

Arctique

Amérique du nord

Amérique latine

Pacifique

Asie

 

Afrique

 

Afrique (suite)

ACTUALITÉ DES QUESTIONS AUTOCHTONES

Accaparements de terres

Accord libre, préalable, informé

Agrocarburants

Activités politiques des peuples autochtones

Biodiversité

Biopiraterie

Changements climatiques

Droits de chasse et de pèche

Forêts

Grands et trés grands barrages

Mines

Qui est autochtone ?

Racisme, discrimination

Suicides de jeunes autochtones

ACTUALITÉS DES PROCESSUS INTERNATIONAUX

FONDS INTERNATIONAL POUR LE DÉVELOPPEMENT AGRICOLE (FIDA)

RAPPORTEUR SPECIAL SUR LES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES

ÉXAMEN PERIODIQUE UNIVERSELLE

UNICEF


ACTUALITÉS DES PUBLICATIONS

BEGAIN Veronique, LARRÉ Lionel, 2010, La fabrique du sauvage dans la culture nord-américaine, Presses universitaires de Bordeaux.

Dans la culture nord-américaine, la notion du sauvage est essentiellement liée à la figure de l'Indien, qui en est l'incarnation même. Trouvant ses prémices dans l'Europe impériale, l'idée du sauvage n'a cessé d'évoluer au cours de l'histoire américaine. Qu'il soit étape première dans l'évolution de l'homme ou dégénérescence de l'homme civilisé, source de civilisation ou état à jamais primitif, noble ou ignoble, vertueux ou uniquement vicieux, le sauvage est le miroir de l'homme civilisé, de ce qu'il a été ou de ce qu'il devrait être.
 La définition même du sauvage a abondamment nourri les enquêtes littéraires propres au XIXe siècle américain, au point d'avoir durablement marqué l'identité de la littérature américaine. C'est à l'essentielle ambiguïté de ce terme, soulignée par Montaigne dès le XVIe siècle, que se confrontent tout ensemble pensée de la limite, pensée de l'humain, pensée du temps et pensée du territoire, s'entrelaçant de manière proprement exemplaire dans la pensée de l'Amérique.

CETIM, 2011, La propriété intellectuelle contre la biodiversité ? Géopolitique de la diversité biologique.

Les pays du Sud recensent 80% des ressources naturelles mondiales, attisant la convoitise des sociétés transnationales. Celles-ci sont prêtes à tout pour se les approprier à coup de brevets et autres titres de propriété intellectuelle. Pour tenter de pallier cette biopiraterie, la Convention sur la diversité biologique propose un « partage des bénéfices » entre ces firmes, les peuples autochtones et les pays du Sud. Presque 20 ans après l'entrée en vigueur de cette Convention, ce partage est-il réellement « équitable » et « bénéfique » pour les peuples ? Garantit-il la poursuite de l'innovation collective ? La valorisation marchande de la nature permet-elle de protéger la biodiversité ?

CETRI, 2011, Agrocarburants : impacts au Sud ?

Longtemps considérée comme une panacée face aux changements climatiques, la production d’agrocarburants pose problème. En particulier en Asie, en Amérique latine et en Afrique, où elle prend le plus souvent la forme de vastes monocultures – de canne, de palme, de soja… – aux mains de l’agro-industrie. Destination en hausse : les pays riches soucieux de diversifier et de « verdir » leur approvisionnement énergétique. Les impacts fonciers, sociaux et environnementaux observés au Sud tendent à aggraver les déséquilibres, quand ils ne mettent pas en péril l’alimentation même des populations locales, par le changement d’affectation des terres. Déforestation, appropriation privative des ressources, accaparement des propriétés agraires, concentration des bénéfices, pollution des sols et de l’eau, appauvrissement de la biodiversité, exploitation de mains-d’œuvre vulnérables, déplacement de populations, violation de droits humains… les ressorts et les « externalités » de la dynamique sont multiples et à géométrie variable. En matière d’émission de gaz à effet de serre, l’« alternative » des agrocarburants ne ferait pas mieux, dans sa globalité, que les combustibles fossiles. Quant aux « critères de durabilité » – lacunaires – auxquels l’Union européenne et les Etats-Unis entendent soumettre leurs importations, ils changent moins la donne qu’ils ne donnent le change. A quelles conditions une réappropriation équitable et un développement durable de la production et de la consommation d’agrocarburants sont-ils envisageables ? Les solutions passent par une refonte des politiques économiques et agricoles.

CETRI , 2010, Pressions sur les terres. Devenir des agricultures paysannes

La crise alimentaire a jeté une lumière crue sur les aberrations du modèle de développement agricole promu dans le Sud. Bien que des récoltes record y soient enregistrées, la faim progresse. Paradoxe tout aussi flagrant, les trois quarts des sous-alimentés sont des ruraux, producteurs eux-mêmes de denrées alimentaires. Imposés dans des conditions d’inégalités extrêmes - foncières, techniques…-, la libéralisation des marchés agricoles et le retrait concomitant des soutiens publics ont conduit à la marginalisation des petites paysanneries du Sud, dans l’incapacité de faire face à la concurrence mondiale. Certes, les institutions internationales qui reconnaissent aujourd’hui le rôle des agricultures familiales et paysannes dans la lutte contre la pauvreté, ainsi que dans la préservation de la biodiversité, préconisent des mesures d’appui public ou privé. Mais la problématique du contrôle de la terre reste largement négligée. Les orientations proposées reposent sur un modèle de cohabitation harmonieuse entre agricultures paysannes et agrobusiness. Modèle qui de facto fait l’impasse sur les désastreuses conséquences sociales et environnementales de l’intense concurrence pour l’accaparement des sols, des sous-sols et des ressources que se livrent multinationales et autres investisseurs extérieurs. Les mouvements paysans y opposent l’alternative de la souveraineté alimentaire. Garantie de survie des petites exploitations agricoles – qui représentent 80% des actifs en zones rurales –, elle suppose d’abord et avant tout l’accès à la terre et la maîtrise des ressources naturelles.

DORAIS Louis-Jacques, 2010, Être huron, inuit, francophone, vietnamien... Propos sur la langue et l'identité".Coll. Carrefours anthropologiques, Éditions Liber: Montréal, 306 p.

Par-delà l'identité individuelle de chacun, que signifie aujourd'hui être huron, inuit, franco-américain, anglo-québécois, canadien, hawaïen, vietnamien ? Se définit-on par la langue, la culture, la nation ? Dans quelles circonstances ? Cet ouvrage a pour objectif de jeter un regard anthropologique sur les phénomènes identitaires en suivant la place particulière qu'y occupe la langue et le rôle qu'elle y joue. Il examine ainsi le cas d'un ensemble de collectivités minoritaires où, à travers leur portrait sociohistorique, les processus d'identification apparaissent à la fois dans leur résilience et dans leur polymorphisme. En annexe, on trouvera une petite introduction à l'inuktitut du Nunavik, qui permettra de se familiariser avec un idiome réputé difficile d'accès."

 

GERMOND-DURET Céline, BELLIER Irène (préface), 2011, Banque mondiale, peuples autochtones et normalisation, Karthala,280p

Cet ouvrage met en évidence la logique de normalisation qui sous-tend les interventions de développement. L'auteure se penche sur la Banque mondiale, acteur incontournable du développement, et sur les répercussions de ses projets sur les peuples autochtones, à travers l'analyse des cas soumis à son Panel d'inspection. Ce mécanisme, mis en place par la Banque elle-même, permet d'examiner, à la suite de plaintes de populations locales, la conformité de ses actions avec ses propres politiques et procédures. II est ainsi montré que les effets des interventions de développement ne doivent pas se comprendre qu'en termes d'efficacité ou d'inefficacité, puisqu'elles peuvent aussi engendrer des transformations sociales renforçant ou engendrant des conflits sociaux. En analysant d'une part les mécanismes d'apprentissage et de responsabilisation de la Banque, et d'autre part des projets affectant des peuples autochtones, l'ouvrage fait ressortir des éléments récurrents dans la pratique du développement. La minimisation d'effets secondaires et la pratique relevée sont mises en relation avec un macrodiscours du développement dominant, qui semble répondre plus largement à une logique de normalisation des sociétés.

BERTHIER-FOGLAR Susanne, 2010, Les Indiens Pueblo du Nouveau-Mexique - De l'arrivée des conquistadors à la souveraineté des Nations Pueblo, Presse universitaire de Bordeaux, 530p.

Il y a 470 ans, l'Occident "découvrait" les Pueblo, des peuples qui étaient alors installés depuis des siècles dans la région qu'ils occupent encore au Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis. L'identité des Nations Pueblo a survécu à la colonisation espagnole, à la domination mexicaine, puis à la prise en main de la région par les Etats-Unis. Si les Pueblo ont été les perdants d'une histoire qui s'est écrite sans eux, par des peuples qui ne leur ont laissé que d'infimes parcelles du territoire ancestral, ils ont toujours refusé de se considérer comme des vaincus qui devaient se soumettre à l'occupant. Ces peuples de culture et de mémoire orales n'ont laissé de traces écrites qu'à partir de la fin du XXe siècle. Préférant la politique du secret à celle de la médiatisation, ils acceptent aujourd'hui une visibilité strictement cadrée dans l'Etat du Nouveau-Mexique et refusent d'être des sujets d'étude. Cet ouvrage retrace la présence de leurs voix dans les textes des vainqueurs, voix souvent violentes qui s'expriment à travers - et malgré - le discours colonial. Loin du manichéisme qui est souvent de mise dans tout discours sur les autochtones, cet ouvrage analyse la voix des peuples pueblo qui affirment leur présence et leur identité.

ISERHOFF Ashley, PETIT Jacques-Guy, YV BONNIET Viger, AATAMI, 2010, Les Inuit et les Cris du nord du Québec. Territoire, gouvernance, société et culture, Presse universitaire de Rennes.

Les Cris et les Inuit se trouvent confrontés aux difficultés d’une sédentarisation rapide, aux avantages et aux inconvénients de l’irruption de la modernité dans leurs territoires. Comment font-ils face à ces défis en ce qui concerne leur gouvernance, l’environnement et la santé, les problèmes sociaux, le maintien de leur langue, de leur culture, de leur patrimoine ? Quels sont leurs réalisations, leurs revendications, leurs projets ? La question fondamentale que se posent les Cris et les Inuit du Québec nous concerne tous : comment vivre dans un monde nouveau en gardant ses propres valeurs, comment changer en restant soi-même ?

 

MARTINAT-BERTHET Martine, La reconnaissance des peuples indigènes 
entre droit et politique. Presses Universitaires du Septentrion, 276p.

La reconnaissance de droits constitutionnels aux peuples indigènes de la Colombie et du Venezuela vient profondément modifier les relations établies entre ceux-ci, l'État et la société civile. Les rapports de domination laissent désormais place à un jeu plus complexe, stratégique, entre les différents acteurs. Ce livre étudie ces bouleversements et ces jeux sous l'angle conjoint de la politique et du droit. Il analyse la place de la différence dans ces États à travers les jeux des acteurs, en particulier indigènes. Pluridisciplinaire, l’ouvrage est aussi une tentative d’aborder les politiques des identités sans oublier le poids des imaginaires et des cultures. Sur un mode résolument interculturel, la réflexion porte ainsi sur la manière dont les représentations, les visions du monde propres à chaque société (indigènes/étatiques) – qui sont dynamiques dans le temps et les espaces – conditionnent leur entendement du multiculturalisme et, surtout, structurent leurs relations.

 

OBERTAN Paméla, Le brevet sur le vivant: une menace pour les peuples autochtones? Éditions universitaires européennes.

Le brevet sur le vivant a connu un formidable essor ces dernières décennies. Ce droit à l'origine très technique, connu d'une minorité de spécialistes et propre à une poignée de pays occidentaux a été étendu au reste du monde essentiellement par la voie des accords internationaux. Il permet à des entités privées d'obtenir sous certaines conditions des droits de propriété sur des organismes vivants, leurs progénitures mais aussi sur les découvertes telles que les gènes. Cependant, cette évolution commence à poser de sérieux problèmes car le brevet sur le vivant a un véritable impact sur des domaines comme l'agriculture ou l'accès aux médicaments. Il risque donc d'affecter la vie des milliers de personnes. Certains comme les autochtones seront plus touchés que d'autres en raison de leur mode de vie, de leurs pratiques agricoles ou de leurs religions. L'extension d'un tel droit sans aucune adaptation pourrait-il léser les droits fondamentaux des peuples autochtones notamment leur droit à l'autodétermination?

QUMAQ Taamusi, DORAIS Louis-Jacques, 2011, Je veux que les Inuit soient libres de nouveau, Autobiographie (1914-1993), Presses de l'Université du Québec.

Chasseur, pêcheur, trappeur et homme politique, Taamusi Qumaq (1914-1993) est considéré comme l’un des grands penseurs des Inuit du Nunavik. Bien qu’unilingue en inuktitut, ce « personnage exceptionnel », comme le présente ici Louis-Jacques Dorais, a consacré sa vie à consigner, à l’écrit, la vie des siens ainsi que leur langue – et il s’est à ce titre mérité la reconnaissance de plusieurs institutions, dont celle de l’Assemblée nationale du Québec. Né dans un camp de chasse aux environs d’Inukjuak sur la côte orientale de la baie d’Hudson, Taamusi Qumaq porte sur le monde qui l’entoure un regard personnel et réfléchi, qui enregistre les grands changements du 20e siècle. Du tournage du film mondialement connu de Robert Flaherty, Nanook of the North, aux échos de la Deuxième Guerre mondiale, à la montée du souverainisme québécois – fait exceptionnel parmi les Inuit, il fera de René Lévesque un modèle politique – jusqu’aux signatures de premières ententes sur l’autonomie progressive du Nunavik, Qumaq assiste et participe à la transformation du monde inuit. Son autobiographie, dont on retrouvera ici la traduction en français, constitue un document de grande importance, tant pour les Inuit qui trouveront en lui un modèle, que pour les lecteurs du monde entier qui accèdent par ses mots à un univers culturel fascinant.

COLLECTIF, Révéler l'esprit du lieu dans les sites du patrimoine, Presse universitaire de Laval, 95p.

Pendant des milliers d’années, les groupes autochtones vivant sur les cinq continents ont créé et fréquenté des endroits spécifiques au sein de leur territoire pour y conduire des rituels ou communiquer avec les forces, les esprits ou les entités y résidant ou s’y manifestant. Aujourd’hui, plusieurs de ces lieux sont devenus des monuments ou des sites inscrits au registre du Patrimoine mondial. Comment le caractère spirituel (voire sacré) ancestral associé à ces sites est-il souligné aujourd’hui ? Et comment les visiteurs qui les fréquentent peuvent-ils percevoir ce caractère intrinsèque que l’on peut qualifier d’Esprit du Lieu ? La parole est ici donnée à des représentants de collectivités autochtones de la Nouvelle-Zélande, d’Australie et du Canada qui abordent des façons variées révélant cette dimension matérielle et immatérielle liée à l’esprit du lieu des sites du Patrimoine mondial auquel leur histoire, leur culture et leur tradition les rattachent. Il en ressort la nécessité d’intégrer davantage les visions, philosophies et démarches autochtones dans la gestion et l’interprétation des sites du Patrimoine mondial, perspectives multiples dont on trouvera quelques aspects traités dans les textes qui forment ce volume.

 

DAVIS Wade, 2011, Pour ne pas disparaitre, Albin Michel,242p.

"Avant de mourir, l’anthropologue Margaret Mead a exprimé la crainte qu’en glissant vers un monde plus homogène, nous ne soyons en train de jeter les bases d’une culture moderne générique et informe, qui n’aurait pas de concurrente. Elle redoutait que toute l’imagination humaine ne soit contenue à l’intérieur des limites d’une unique modalité intellectuelle et spirituelle. Son pire cauchemar, c’était que nous nous réveillions un jour sans même nous souvenir de ce que nous avons perdu." Ainsi s’exprime l’anthropologue canadien Wade Davis qui, après avoir sillonné la planète pendant plus de quarante ans, confirme dans ce livre la réalité des menaces qui pèsent aujourd’hui non seulement sur la biodiversité mais aussi sur la diversité humaine et culturelle. Dans un avenir proche, de nombreuses cultures, parmi les plus fragiles, sont vouées à disparaître. Et avec elles, des connaissances, des modes de pensée, des arts et des spiritualités : toute une mémoire ancienne qui représenterait une perte considérable pour la planète. De la Polynésie aux Andes, du Mali au Groënland, du Tibet à l’Australie, Wade Davis nous entraîne dans un voyage qui est tout autant un plaidoyer en faveur des cultures anciennes qu’une invitation à repenser notre monde avant qu’il ne soit trop tard.

GOUVERNEMENT DU CANADA: Consultation et accommodement des Autochtones. Lignes direstrices actualisées à l'intention des fonctionnaires fédéraux pour respecter l'obligation de consulter. Mars 2011.

Dans les arrêts Haïda et Taku River de 2004 et l’arrêt Première Nation crie Mikisew de 2005, la Cour suprême du Canada a statué que la Couronne a une obligation de consultation et, le cas échéant, d’accommodement, lorsqu’elle envisage une conduite susceptible d’avoir des effets préjudiciables sur des droits ancestraux ou issus de traités, établis ou potentiels. La Cour a établi que cette obligation découle de l’honneur de la Couronne et de la relation spéciale qui existe entre la Couronne et les peuples autochtones. Pour démontrer l’engagement du Canada à traiter des questions de consultation et d’accommodement des Autochtones, un Plan d’action fédéral a été annoncé en novembre 2007. L’Unité de la consultation et de l’accommodement a été créée au sein du Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada en 2008 pour mettre en œuvre le Plan d’action. QuelqueSs unes des réalisations du Plan d’action ont été la diffusion des lignes directrices provisoires en février 2008, la formation fournie à plus de 1,700 fonctionnaires à travers le pays, le dialogue tenu avec les collectivités et organisations autochtones, les provinces, les territoires et le secteur privé et l’élaboration d’outils pour répondre aux besoins des fonctionnaires en matière de consultation et d’accommodement
Extrait du Sommaire executif
Accès au PDF: http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/arp/cnl/ca/intgui-fra.pdf

GLOWCZEWSKI Barbara, HENRY Rosita, 2011, The Challenge of Indigenous Peoples . Ed.Bardwell Press.

Dans le contexte préoccupant de l'accroissement des violences et de la montée des fondamentalismes, ce livre expose des pratiques créatives actuelles des premiers Australiens et d'autres peuples autochtones d'Océanie, d'Asie ou de Sibérie, qui transposent sur la scène de l'art et du politique leurs territoires existentiels. La démarche des auteurs - comme celle des acteurs de ces cultures et sociétés - relève d'un défi anthropologique: penser et comprendre les nouvelles relations entre globalisation et politiques locales ancrées dans des lieux de traditions autochtones. Les auteurs de cet ouvrage, dont de nombreux jeunes ethnologues travaillant sur le terrain, explorent l'art et différents contextes performatifs dans lesquels les peuples autochtones cherchent de manière stratégiques et productives à légitimer leur existence singulière en créant des réseaux de relations et d'engagement avec d'autres peuples.
Cet ouvrage, enrichie et actualisé , est paru en français, en 2007,sous le titre : Le défi indigène, Ed. aux lieux d'être.

TRÉPIED Benoit, 2010, Une mairie dans la France coloniale. Koné, Nouvelle-Calédonie, Ed. Kathala.

En 1946, l'extension de la citoyenneté française aux « sujets indigènes » a profondément bouleversé ce qu'on appelait alors la « France coloniale ». En Nouvelle-Calédonie, un nouveau parti a dès lors occupé le devant de la scène politique des années 1950 à 1970 : l'Union calédonienne. Celle-ci réunissait, selon le vocabulaire de l'époque, « autochtones » et « Européens ». Cette séquence historique apparaît à bien des égards énigmatique. Comment en effet comprendre le triomphe politique d'un parti dont la devise officielle, « deux couleurs, un seul peuple », était apparemment aveugle aux inégalités héritées de l'époque coloniale, moins de dix ans après la fin du régime de l'indigénat ? L'auteur tente de répondre à cette question à partir d'une enquête ethnographique et micro-historique approfondie dans la commune de Koné (Nord-Ouest). Se consacrant à l'étude des acteurs locaux, des conflits et des enjeux municipaux, il décrypte l'Union calédonienne « au ras du sol ». C'est en jouant subtilement de toutes les nuances et ambiguïtés d'un tissu social façonné à la croisée de la civilisation kanak et de la colonisation que l'Union calédonienne est parvenue, à Koné, à nouer une alliance inédite entre ouvriers blancs, tribus kanak et autres outsiders coloniaux. Cet essai de micro-histoire représente une contribution majeure à une compréhension renouvelée de l'économie politique et morale des « situations coloniales ». Il enrichit ainsi le débat qui fait actuellement rage à propos des études postcoloniales. Et il sort de l'oubli une page cruciale de l'histoire du Pacifique Sud.

ACTUALITÉ DES FILMS ET VIDÉOS

Campesinos, histoire(s) d’une résistance, Sarah Pick et Fabien Lacoudre, 2008, 102'.

Le film nous emmène en Bolivie et nous montre les visages d’un mouvement, paysan et indien, qui a réussi, malgré le racisme et les inégalités, à conduire l’un des siens, Evo Morales, à la présidence du pays. La gronde d’un village perdu dans les montagnes, un congrès de paysans dans l’Amazonie, une femme de ménage devenue ministre de la Justice, un indien aymara des hauts plateaux ministre des affaires étrangères... Autant de portraits qui nous guident, des Andes à l’Amazonie, des villages au gouvernement, dans une Bolivie insurgée.
Disponible en DVD sous-titré français auprès de la Médiathèque des trois mondes : www.cine3mondes.com et de la librairie la Brèche : www.la-breche.com
Disponible en DVD sous-titré en espagnol ou en anglais auprès de l’association cinéma solidaire : cinemasolidaire[AT]hotmail.fr

Même la pluie, Iclar Bollain, 2011,1h44'.

Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d'un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l'un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l'accès à l'eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d'un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé. Ce combat pour la justice va bouleverser leur existence.

Vents de sable, femmes de roc, Nathalie Borgers, 2009.1h30'.

Pour le peuple Toubou, la vie dans le désert du Sahara est à la fois dure et très simple. Hommes et femmes ont des rôles clairement définis. Les hommes sont des éleveurs de chameaux, les femmes sont à la maison. Pour tout ce qu'une femme veut faire, elle a besoin de la permission de son mari. Pour les femmes, cette condition serait insupportable sans la caravane annuelle qui les emmène dans un voyage de 1500 kilomètres à pied à travers le désert pour recueillir et vendre des dattes. Ce film raconte le prix que Domagali, Amina et Mariama sont prêtes à payer pour leur indépendance.

Viva Mexico, Nicolas Défossé, 2010,120'.

Los Angeles, États-Unis. Au coeur de la ville, des émigrés mexicains sont pourchassés par la police et luttent pour survivre sans renoncer à leur culture. De l'autre côté de la frontière, dans les montagnes du sud-est mexicain, le jour se lève au milieu de la brume. Nous sommes le 1er janvier 2006, des milliers d'indiens zapatistes fêtent le départ de leur porte parole, le Sous-commandant Marcos. Sa mission: parcourir durant 6 mois le pays pour écouter les paroles de résistance de Mexicains et Mexicaines qui luttent pour un Mexique plus juste. Ainsi commence un voyage qui se fixe pour horizon d'atteindre la frontière nord avec les États-Unis et qui prend le pari de "commencer à construire le miroir que nous sommes, ceux d'en bas." Ce pari ne va pas sans risques… Ce qui commence comme un murmure isolé grandit comme le cri de centaines de milliers: Viva México! Quelle sera la réponse du Pouvoir?