2/2016

LE COURRIER INTERNATIONAL SEMESTRIEL
DES PEUPLES AUTOCHTONES

GITPA
GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL POUR LES PEUPLES AUTOCHTONES
www.gitpa.org

EDITORIAL DU RAPPORT ANNUEL 2016 d’IWGIA
INDIGENOUS WORLD / EL MUNDO INDIGENA


Pendant le Forum sur les Entreprises et les Droits de l’Homme organisé en 2015 par les Nations Unies, une table-ronde intitulée « Utilisation des Principes Directeurs dans le contexte des industries extractives : bénéfices et enjeux » eut lieu. Victoria Tauli-Corpuz, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones , y est intervenue en signalant que, malgré les avancées des normes internationales des droits de l’homme concernant les peuples autochtones, la réalité au niveau mondial montre que de graves violations de ces droits persistent. Les divers rapports contenus dans l’édition 2016 du « Monde Autochtone (1) » soulignent cette contradiction entre ce que l’on dit et décide au niveau international et la réalité quotidienne que vivent les peuples autochtones.
Ce que l’on avait l’habitude d’appeler « le fossé de la mise en œuvre » s’est transformé en
un « abîme de la mise en œuvre »

(1) La traduction en français du rapport annuel sera diffusé en octobre 2016
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ACTUALITÉS DES PUBLICATIONS

( livres, revues, rapports)



Acosta Alberto
, 2014, Le Buen Vivir - Pour imaginer d'autres mondes, Utopia,186p.

Le "Buen Vivir", que l'on peut traduire par "vie bonne" ou "bien vivre", est un principe central de la vision du monde des peuples indigènes de la région andine. Véritable philosophie de vie, il est compris comme le vivre ensemble dans la diversité et l'harmonie avec la nature, pour reprendre les mots du préambule de la Constitution équatorienne. En rupture avec la dégradation engendrée par notre modèle économique, fondé sur la consommation et la croissance, il propose une alternative à l'idéologie du développement. Et tandis qu'il se répand peu à peu en Amérique Latine, il trouve un écho de plus en plus large au sein de cercles de réflexion dans les pays occidentaux. A vocation universaliste, le Buen Vivir développe une démocratie d'un type nouveau qui, en plus de prendre en compte les générations futures, intègre les segments de la population historiquement exclus : les femmes, les immigrés, les habitants des quartiers populaires... Dans ce livre, le premier en français sur cette pensée pionnière, Alberto Acosta présente le Buen Vivir comme une alternative à la folie de l'accumulation infinie de richesses matérielles qui a tout dévoré sur son passage, les humains comme la nature. Novateur et radical, le Buen Vivir demande une volonté politique inflexible, qu'il ne faut jamais considérer comme acquise, ainsi qu'Alberto Acosta a pu en faire l'expérience.

Adonon Akuavi, 2016, Pratiques juridiques indiennes au Chiapas ( Mexique), L'Harmattan, 314p.

Akuavi Adonon nous emmène au sud du Mexique, au Chiapas, scène de l'insurrection de l'Armée zapatiste de libération nationale, et plus particulièrement chez les Tzotzil. Son étude cherche à rendre compte du pluralisme juridique existant dans une société « multiculturelle » comme le Mexique. L'auteure met en œuvre une démarche qui croise contextes disciplinaires (anthropologie et droit) et traditions académiques (mexicaine et française) pour éclairer les imaginaires identitaires (métis et indien).

Anthropologica (Revue), Chamanismes, renouveau religieux et «empowerment» dans les sociétés indigènes.

Les deux sections thématiques de ce numéro traitent de théories contemporaines et de questions d’actualité. Dans la première section, les rédacteurs invités, Frédéric Laugrand et Robert Crépeau, réunissent un ensemble fascinant d’articles sur le chamanisme, sujet qui est depuis longtemps central à la théorie et à l’analyse anthropologique, mais qui est ici (re)considéré à la lumière de contextes ethnographiques contemporains et de cosmologies en changement. La deuxième section thématique de ce numéro est dirigée par Brian Noble et explore « les contours de praxis de recherche des anthropologues et autres chercheurs engagés à renforcer la lutte anticoloniale et décoloniale dans les rapports entre colonisateurs et autochtones ». Pour vous abonner, cliquez ici. Éditrices: Naomi McPherson, Alicia Sliwinski, avec la collaboration de Jasmin Habib

Barbet Clothilde, 2016, Les rebellions touaregues au Mali, entre idées reçues et réalités, L'Harmattan, 178p.

es Touaregs du Mali n'ont de cesse de revendiquer leurs spécificités territoriales, ethniques, culturelles ou religieuses, mais cela ne suffit pas à expliquer les difficultés rencontrées par le pouvoir en place à Bamako pour maintenir la stabilité. L'auteur appréhende cette réalité avec un regard neutre, fondé sur une approche historique et méthodique. L'observation historique rejoint l'actualité et permet de saisir toutes les dimensions, au-delà de la question touarègue, des mouvements séparatistes ou rebelles, et de leur dérive "djihadiste".

Baronnet Bruno, Salaün Marie (Coord.), 2016, Éducations autochtones contemporaines, ARES,

Les Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs viennent de publier le dossier « Éducations autochtones contemporaines » (n. 15) coordonné par Marie Salaün et Bruno Baronnet, membres du réseau de recherche « Peuples autochtones » au sein de l’Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie (AFEA). Ce dossier rassemble dix textes anthropologiques sur des expériences actuelles en Namibie, au Canada (Québec et Nunavik), au Mexique, en Equateur, au Pérou, au Brésil, en Guyane française, en Nouvelle-Calédonie et à Hawai’i.

Baudais Virginie, 2016, Les trajectoires de l'État au Mali, L'Harmattan, 576p.

Héritiers de grands empires soudanais, le Mali était présenté comme un exemple réussi de transition démocratique. Après quelques alertes tenant à la nature profonde de l'Etat et à ses faiblesses intrinsèques, c'est ensuite l'installation de groupes armés dans le Nord du pays qui a accéléré le renversement du régime et la partition du pays. Cet ouvrage se place dans la perspective du temps long pour nous permettre une compréhension approfondie.

Bednik Anna, 2016, Extractivisme, Le passager clandestin, 376p.

L’intensification  de  l’exploitation  massive  de  la  nature,  sous  toutes  ses formes. Sous cette définition générique, l’extractivisme désigne un stade superlatif, obsessionnel voire idéologique de l’activité d’extraction, par analogie avec le « productivisme » et le « consumérisme » auxquels il est d’ailleurs étroitement lié : c’est pour fournir, chaque année, plus de 70 milliards de tonnes de « ressources naturelles » diverses aux chaînes de production et de consommation de marchandises que les frontières extractives, c’est-à-dire les limites géographiques et technologiques de cette activité sur la planète, sont sans cesse repoussées par le capitalisme industriel. C’est à cet envers trop souvent occulté de la « croissance » économique qu’est consacré ce livre. L’auteure commence par retracer les différents usages de la notion, les représentations du monde qu’elle recouvre – elles-mêmes structurées par ces « croyances » occidentales que sont les idées de « progrès universel de  l’humanité »  et  de  « développement »  –,  et  les  fausses  solutions qui servent désormais de caution aux pratiques qui en découlent (le « développement durable », la « croissance verte »,  la  « dématérialisation »...).  En  une  plongée  vertigineuse  au cœur  de  la  « planète-marchandise »,  elle  procède  ensuite  à  l’étude documentée  des  logiques  de  l’extractivisme :  qu’extrait-on ?  Où  et comment le fait-on ? Qui extrait ? Avec quels objectifs, quels discours de  légitimation,  quelles  conséquences  réelles  et  quelles  perspectives pour l’avenir ? Au Sud, mais également au Nord – comme le montre l’exemple des gaz  et  huiles  de  schiste  –,  partout  l’extractivisme  est  synonyme  de transformation de vastes territoires en « zones de sacrifice » destinées à alimenter la mégamachine. Il est ainsi devenu le nom de l’adversaire commun pour de multiples résistances collectives et locales qui, tout en défendant des espaces pour être, réinventent des façons d’habiter la Terre. Ce sont aussi les raisons, les formes et la portée de ces résistances que restitue cet ouvrage essentiel.

Bourcier Nicola, 2016, Les Amazoniens, Ateliers Henry dougier, 144p.

L’Amazonie se meurt. On connaît l’antienne, mais elle prend une dimension dramatique depuis une quinzaine d’années. Déforestation, front agricole, garimpeiros, barrages, routes, trafics en tous genres, réforme du code forestier, modification des droits d’exploration minière… jamais les saignées n’ont été aussi profondes et menaçantes. Certains peuples indigènes résistent, d’autres dépérissent peu à peu ou se fondent dans une urbanisation effrénée et homogénéisante. Quant aux caboclos, ces métis à l’identité insaisissable et qui forment la plus grande communauté amazonienne, ils rappellent qu’ils ont, eux aussi, besoin de la nature pour survivre. Ce monde amazonien laisse entrevoir l’image inquiétante d’une grande plaie ouverte, comme un mal contagieux infectant lentement mais sûrement la planète tout entière. Une terre en proie à des bouleversements d’une ampleur inédite mais qui porte encore, et à chaque instant, l’humanité en apprentissage. Pour combien de temps ?

Cartacheff Nathalie, 2016. Danses et concepts en Océanie, L'Harmattan , 291p.

Danses et concepts en Océanie La danse a longtemps été et demeure encore aujourd'hui l'une des productions culturelles les plus importantes dans le Pacifique. La danse, mais quelle danse ? Loin d'être de simples manifestations folkloriques destinées aux touristes, les danses océaniennes ont de multiples fonctions. Elles célèbrent tous les moments importants de la vie et leur composition fait l'objet d'une préparation minutieuse et de répétitions durant plusieurs mois. Ces danses obéissent à des règles très précises et sont conçues par plusieurs personnes au rang social élevé, du poète au chorégraphe en passant par les musiciens et enfin, les interprètes. Des exemples empruntés au répertoire kanak pour la Nouvelle-Calédonie, tongien et hawaïen pour la Polynésie, ont été choisis pour illustrer la complexité de ces chorégraphies et leur subtilité. Enfin, le droit d'auteur, la protection des savoirs traditionnels et l'art contemporain sont évoqués pour resituer les danses océaniennes dans un contexte moderne et en pleine transformation.

Choné Aurélie, Hajek Isabelle, Hamman Philippe  (dir. de), Guide des Humanités environnementales, Presse univesitaires Septentrion, 632p.

L'ampleur des changements environnementaux est aujourd’hui bien établie. Face à cette situation inédite dans l’histoire de l’humanité, quels « cadres » et catégories mobiliser pour penser ces bouleversements et guider l’action ?  La mise en évidence de l’origine humaine de ces changements et la critique du dualisme Nature/Culture ont conduit à souligner les limites d’approches strictement scientifiques et techniques. C’est pourquoi le présent guide propose un état inédit et original des savoirs des Lettres et Sciences Humaines et Sociales sur la nature. Il rassemble les travaux de spécialistes (civilisation, ethnologie, géographie, histoire, littérature, philosophie, psychologie, sociologie, science politique, urbanisme…) afin de montrer comment l’idée de nature, dans les défis qu’elle adresse aux sociétés contemporaines, reconfigure les cadres de pensée, les disciplines et leurs objets pour produire de nouveaux champs de questionnements et de pratiques qui marquent l’émergence des Humanités environnementales.

Couveinhes-Matsumoto Delphine , 2016, Les droits des peuples autochtones et l'exploitation des ressources naturelles en Amérique latine, L'Harmattan, 624p.

En Amérique Latine, les terres occupées de manière ancestrale par les peuples autochtones recèlent des ressources naturelles de grande valeur. Afin d'en permettre l'exploitation, les gouvernements autorisent fréquemment l'installation d'entreprises et donc l'expulsion des peuples autochtones de leurs terres. Face à l'augmentation des conflits relatifs aux ressources naturelles, quels sont les droits que peuvent invoquer ces peuples ? Par quels moyens les juridictions parviennent à assurer leur protection ?

Daschuk James, 2015, La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées et disparition du mode de vie autochtone, Presses de l'Université Laval, 372p.

Ouvrage historique magistral, venant tout juste d'être traduit en français, qui retrace les moyens qu'ont pris les politiciens du 19e siècle pour exterminer les peuples des Premières nations. L'historien James Daschuk y trace un portrait peu flatteur des bâtisseurs canadiens, à commencer par John A. Macdonald. Celui qu'on connaît comme le " Père de la Confédération " a joué un rôle actif dans le confinement dans les réserves, l'extermination des bisons et la distribution de viande avariée, tout en empochant des pots-de-vin pour " nettoyer " le territoire pour la construction du chemin de fer transcanadien. " Un livre à rendre obligatoire dans toutes les écoles du Québec pour combattre l'ignorance qui nourrit le racisme ", ajoute Émilie Dubreuil.’

De Senarciens Pierre, 2016, Les illusions meurtières, ethnonationalisme et fondamentalisme religieux, L'Harmattan, 250p.

Dans nos sociétés, la voie est laissée libre à l'emprise grandissante de valeurs hétérogènes d'inspiration ethnique et religieuse. L'héritage rationaliste des Lumières, qui aurait inspiré la Charte des Nations Unies et la légitimité des Etats modernes est sur la défensive. Les passions identitaires prennent le pas sur la raison. L'échec ou la fragilité des Etats est en cause, ainsi que les institutions internationales. Ces nouvelles démarches de souveraineté ne peuvent se comprendre sans passer par l'interprétation de leurs dimensions émotionnelles. Le recours à la psychologie d'inspiration psychanalytique s'avère nécessaire.

Decoq Guillaume, Vlassopoulos Chloé, Kalaora Bernard, 2016, La Forêt salvatrice. Reboisement, société et catastrophe au prisme de l'histoire, Editions Champ Vallon.

Au XIXe siècle, les Eaux et forêts et les Ponts et Chaussées rivalisent d'arguments pour faire valoir le rôle bénéfique des forêts sur l'environnement et le climat. Jouant sur la fibre émotionnelle de l'opinion, ils n'hésitent pas à prédire les pires catastrophes, associant le déboisement à la décadence et à l'effondrement de la société. Leur récit pourrait sembler faire écho au discours environnemental contemporain, alors qu'il est en réalité un plaidoyer pour la modernité et l'abolition de toutes les pratiques traditionnelles. La relecture stimulante de cette controverse sur le rôle des forêts est une invite à débusquer, derrière les apparences, les intérêts en jeu de tout discours catastrophiste environnemental, les liens entre savoir et pouvoir, entre conservation et développement. Guillaume Decocq est docteur en pharmacie et en botanique. Il enseigne à l'Université de Picardie. Bernard Kalaora est socio-anthropologue, professeur honoraire en sociologie de l'environnement à l'Université de Picardie et conseiller scientifique au Conservatoire du Littoral. Chloé Vlassopoulos est docteur de science politique de l’Université de Pantheon-Assas-Paris II et maître de Conférences à l’Université de Picardie, spécialiste des politiques publiques de l’environnement.

Digard jean Pierre, 2016, Une épopée tribale en Iran.Les Bakhtyari, CNRDS Édition,

L'Iran, par-delà les ambitions modernistes du chah d'hier et la Révolution Islamique d'aujourd'hui, demeure le pays le plus "tribal" au monde: les grandes tribus iranophones y occupent en effet 90% de la surface du pays. Les Bakhtyâri (plus ou moins 700 000 personnes), représentent la plus importante d'entre elles. Chiites, cavaliers émérites, ils demeurent pour 1/3 d'entre eux pasteurs nomades, dans la région verte et montagneuse des Zagros. Considérés alternativement comme les survivants paupérisés d'un passé révolu, ou comme les détenteurs romantiques d'équilibres culturels et écologiques en péril, ils ont résisté à l'acculturation et pourraient être acteurs d'un nomadisme réinventé, nécessaire à l'autonomie alimentaire iranienne. Leurs chefs (khan) ont connu leur heure de gloire avec la découverte de pétrole sur leurs territoires au début du XXè siècle, période où ils ont représenté un véritable état dans l'état. Ils conservent leur langue et leurs traditions (musicales, claniques, textiles - les fameux tapis,...) mais leur rôle politique s'est réduit.

Droits et Liberté (Revue), 2015, Décolonisation droits des peuples autochtones.

La Commission de Vérité et réconciliation, dont le mandat consistait à faire la lumière sur la situation des pensionnats autochtones, a déposé en juin dernier un rapport concluant que ces pensionnats avaient été «un outil central d’un génocide culturel» à l’égard des Premières Nations du Canada. Vingt ans plus tôt, la Commission royale sur les Peuples autochtones proposait de mettre un terme au colonialisme imposé par le Canada aux Peuples autochtones et la mise en place d’un troisième ordre de gouvernement, celui-ci autochtone. La décolonisation des rapports entre Allochtones et Autochtones exige une grande éthique de la solidarité et un approfondissement important de nos connaissances de la domination coloniale et des violations de droits que vivent les Peuples autochtones, dont le droit à l’autodétermination. Par cette revue, la LDL souhaite contribuer à cette connaissance et alimenter les réflexions sur les différentes avenues possibles de solidarité entre Allochtones et Autochtones. Cette revue a été réalisée avec l’appui financier de la Fondation Léo-Cormier. Elle a été illustrée par Steve Berthiaume et imprimée par Imprimerie Katasoho. Nous remercions aussi chaleureusement tous les auteur-e-s ainsi que les nombreux collaborateurs et collaboratrices qui ont rendu possible la production de cette revue.

Clavin Tom, Drury Bob, (traduction: Nelcya Delanoé), 2015, Sur la terre des Sioux, Albin Michel, 448p.

Guerrier accompli, leader et stratège redoutable, Red Cloud (« Nuage Rouge », 1821-1909), est le seul Indien de l’histoire américaine à avoir remporté une campagne militaire et imposé ses conditions à Washington. À l’apogée de son pouvoir, les Sioux contrôlaient un cinquième du territoire américain et comptaient des milliers de combattants dans leurs rangs. Mais que connaît-on vraiment de son histoire, jusqu’alors restée dans l’ombre ? Né dans l’actuel Nebraska, Red Cloud, orphelin très jeune, connaît une ascension fulgurante au sein d’un peuple qu’il va élever au rang de véritable puissance militaire et politique. Le conflit qu’il mènera entre 1866 et 1868, baptisé « la guerre de Red Cloud », s’achèvera par la défaite des soldats américains, comme un avertissement adressé à Washington : les Indiens des Plaines se battront jusqu’au bout pour défendre leurs terres et leurs traditions. Inspiré par une autobiographie inédite et récemment retrouvée, Sur la terre des Sioux retrace la légende de l’un des plus grands chefs indiens et offre une perspective inédite sur la guerre que les Sioux, dont Crazy Horse et Sitting Bull entre autres, ont menée contre l’envahisseur blanc.

Etudes Finno-Ougriennes (Revue) n°47, 2016, Antoine Chalvin, 316p.

Au sommaire : Le recensement russe 2010 des langues finno-ougriennes ; Le chant des Nganassanes ; L'influence du « capital maternelle » dans la transmission de la langue oudmourte ; Le prophète de Terjusevo, un mouvement paysan mordves début XIXe ; Le détachement initial en estonien parlé ; Quelques notes sur l'Oudmourtie en 2015 ; Le rituel nuptial chez les Maris aujourd'hui ; Les Selkoupes : hier et aujourd'hui ; La place des céréales dans les habitudes alimentaires des peuples fenniques ; La formation du canon de la nouvelle en Finlande et en Estonie.

Feltes- Strigler Marie-Claude, 2016, Les Indiens Osages – Enfants-des-Eaux-du-milieu, chez OD Éditions – Indiens de tous pays, dans la collection Nuage rouge.356p.

Les Osages, peuple de guerriers des Plaines de l'Est, n'ont pas laissé indifférents les premiers européens qui les ont rencontrés, et notamment les Français ; cependant, comme pour toutes les tribus indiennes, ils ont vu leur mode de vie séculaire, leur existence même, remis en question. Marie-Claude Feltes-Strigler, qui compte de nombreux amis parmi eux, raconte avec passion quatre siècles de leur histoire, les suivant du Missouri au Kansas, tout en passant, pour quelques-uns, en 1825, par un étonnant et épique voyage en France, et enfin, dans ce qui fut longtemps le " Territoire Indien ", futur Oklahoma. Des premières confrontations avec les colons blancs, aux fructueuses relations commerciales pour la traite des fourrures, à la christianisation et aux multiples cessions de terres auxquelles ils ont été contraints, les Osages ont réussi à faire valoir leurs droits et à retrouver leur héritage tant spirituel que culturel. Fait relativement rare dans l'histoire des Indiens d'Amérique du Nord, les Osages ont pu négocier la propriété des sous-sols de leur réserve dont les ressources en pétrole ont généré de conséquents revenus auxquels se sont ajoutés plus récemment ceux des casinos. Parvenus eux-mêmes à documenter leur propre passé, ils ont su, très tôt, utiliser " la voie de l'homme blanc " et pour certains, devenir écrivains, historiens, tout en préservant leur identité.

Gervais Denis, 2016, La marche de l'espoir - Au coeur d'Opitciwan, ed E2, 280p.

L’auteur fournit un témoignage saisissant sur son expérience à Opitciwan. Il évoque le prodigieux destin d’un peuple qui faillit disparaître, qui a survécu à près de deux siècles d’une tentative de « génocide culturel » marqué, entre autres, par la loi inique sur les Indiens et l’épisode tragique des pensionnats. Cette situation a entraîné une pléthore de drames et de problèmes psychosociaux contre lesquels la communauté lutte pied à pied. L’auteur croque aussi sur le vif la vie quotidienne de la communauté. Avec des mots parfois durs, souvent touchants, toujours empreints d’affection pour ce peuple terriblement attachant. Le livre conclut qu’une éducation fondamentalement repensée et restructurée constitue le seul véritable espoir à moyen et à long terme pour ce peuple.

Grillot Thomas, 2015, Après la Grande Guerre. Comment les Amérindiens des États-Unis sont devenus patriotes (1917-1947), Ed. EHESS, 264p.

Thomas Grillot, en focalisant son attention sur les vétérans appartenant aux principales tribus des Plaines, révèle comment le conflit mondial a transformé la vie politique, sociale et culturelle des réserves indiennes.A travers les archives militaires, les organisations de vétérans, les monuments aux morts, les cérémonies patriotiques, les funérailles ou les powwows, la mémoire de guerre dessine un demi-siècle d’histoire oublié, où se réinvente le rapport des Indiens à la nation américaine. Refusant une vision progressiste de l’histoire des Indiens allant de la colonisation à l’émancipation, Thomas Grillot souligne toute la complexité du rattachement des autochtones à la nation américaine. Les débats sur le patriotisme traduisent des luttes idéologiques très vives, d’une génération à l’autre, sur la place des Amérindiens aux États-Unis, sur le respect ou non des cultures tribales et, en définitive, sur l’assimilation à la nation, en dehors de toute tutelle coloniale. Car Après la Grande Guerre pose aussi une question centrale : pourquoi et comment des peuples colonisés répondent-ils à l’injonction de défendre l’État colonial ?

Hervé Caroline, 2016, Le pouvoir vient d’ailleurs. Leadership et coopération chez les Inuits du Nunavik,
Presses de l'Université Laval, 458p.

Le terme leader est entré en usage au Nunavik (Arctique québécois) dans les années 1960 alors que les gouvernements du Québec et du Canada cherchaient à déléguer certaines de leurs responsabilités nordiques aux populations locales. Les Inuits se le sont alors progressivement réapproprié, tout comme ils tentent, aujourd’hui encore, de faire fonctionner les structures modernes de pouvoir imposées par l’administration coloniale. Mais, au cœur des familles et des communautés inuites, continuent de se tisser des relations de pouvoir qui reflètent une tout autre logique, celle du partage des richesses et de la cohésion sociale. Ce livre explore ces autres modalités du pouvoir, plus " ordinaires ", et la façon dont elles se heurtent aux hiérarchies imposées par la société canadienne depuis le début du xxe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Hoffmann-Schickel Karen, Navet Eric (sous la dir. de), Résistances culturelles et revendications territoriales des peuples autochtones, Connaissances et Savoirs (CS), 388p.

Cet ouvrage collectif rassemble les communications de doctorants, jeunes chercheurs et chercheurs confirmés de diverses disciplines (anthropologie, histoire, sociologie...) présentées lors d’une journée d’étude sur le thème des « Résistances culturelles et revendications territoriales de peuples autochtones ». Cette journée d'étude s’est tenue en 2010 à la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace (MISHA) à l’Université de Strasbourg. Cette confrontation de diverses approches de thèmes classiques des sciences humaines et sociales amène à se questionner sur les stratégies de résistance développées par les peuples autochtones et les si mal nommées « minorités » pour qu’elles puissent s’intégrer aux États et aux « majorités », et peut-être tout simplement pour exister tout en préservant leur mode d’’agir, dans l’espace géographique et politique d’un État avec ses lois et valeurs culturelles, sociales et religieuses dominantes. Les concepts d’intégration, d’assimilation, de conflit, de rapports de force et d’ethnocide sont ainsi au coeur de ce livre, mettant en scène diverses communautés allant de l'Arctique au Pacifique Sud, toutes confrontées de plein fouet à la colonisation, à l’évangélisation et à la mondialisation.

Jacquemoud Clément, 2016, Les Altaïens, peuples turc des montagnes de Sibérie. Fondation Musée Barbier Muller.

La République de l’Altaï est située dans une région montagneuse des confins de la Sibérie, à la frontière de la Chine, de la Mongolie et du Kazakhstan. Elle abrite le petit peuple turc des Altaïens, réputé dans l’ethnographie pour son chamanisme, et pour avoir développé au début du XXe siècle un mouvement millénariste de grande ampleur, le bourkhanisme. Dans le contexte post-soviétique actuel, les Altaïens renouvellent leurs pratiques religieuses, qui se sont diversifiées, allant du « néo-chamanisme » au « néo-bourkhanisme », en passant par le bouddhisme et le christianisme évangélique. De grandes cérémonies collectives, fondées sur le cycle saisonnier, ont refait surface, tandis que le chant de gorge, autrefois employé dans la récitation rituelle de poésies épiques, résonne maintenant bien au-delà des frontières du petit territoire, et véhicule paradoxalement l’image de traditions exemptes de toute influence extérieure. Cet ouvrage, tout en faisant ressortir les enjeux sociaux, politiques et environnementaux auxquels les Altaïens doivent aujourd’hui faire face, apporte un nouvel éclairage sur cette situation religieuse à la fois complexe et composite, alimentée par de multiples tensions, et qui n’avait pas retenu jusqu’à présent toute l’attention qu’elle mérite.

Klein Naomi, Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique, Actes sud.

Notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre. Nous ne pouvons infléchir les lois de la nature, mais nos comportements, en revanche, peuvent et doivent radicalement changer sous peine d’entraîner un cataclysme. Pour Naomi Klein, la lutte contre les changements climatiques requiert non seulement une réorientation de nos sociétés vers un modèle durable pour l’environnement, mais elle ouvre aussi la voie à une transformation sociale radicale, transformation qui pourrait nous mener à un monde meilleur, plus juste et équitable. Tant par l’urgence du sujet traité que par l’ampleur de la recherche effectuée, Naomi Klein signe ici son livre sans doute le plus important à ce jour.

Martin Nastassja, 2016. Les âmes sauvages Un peuple d'Alaska face à l'Occident, La découverte, 326p

Comment les Gwich'in, une société de chasseurs-cueilleurs athapascans du nord-est de l'Alaska, parviennent-ils à se défendre face à l'Occident et à ses crises ? La beauté de cet ouvrage, servi par un style d'écriture subtil et rapide, et l'émotion qu'il procure, viennent de la stupéfiante présence de l'auteur, restée deux ans sur le terrain, constamment attentive à ce qui lui arrive, à ce qu'elle ressent, à ce qu'elle comprend ou non. C'est l'hiver et la température avoisine les moins quarante degrés. Les yeux levés vers les aurores boréales qui animent le ciel arctique, nous écoutons. Le chasseur commence à siffler dans leur direction. C'est un son continu, aigu mais contenu, qui résonne dans le silence de la nuit polaire. Qui appelles-tu ? Elles, les aurores, et ceux qui transitent avec elles, les esprits des disparus, des hommes, des animaux, des plantes, qui courent sur un ciel glacial dans les explosions de couleurs. Qui sont ces hommes qui se nomment eux-mêmes les Gwich'in et peuplent les forêts subarctiques ? Sont-ils encore de fiers guerriers qui poursuivent les caribous jusque sur l'échine arctique de la Terre, ou ressemblent-ils plutôt à des humains dévastés par la colonisation occidentale qui titubent dans les rues verglacées des villes du Nord sous les effets de l'alcool ? Et que dire du territoire qu'ils habitent, l'Alaska contemporaine ? Cette terre demeure-t-elle fidèle aux images de nature sublime et préservée qui peuplent nos esprits d'Occidentaux, ou disparaît-elle face aux réalités énergétiques, politiques et économiques qui la transforment en un champ de bataille jonché de mines à ciel ouvert et d'exploitations pétrolières ? À l'heure du réchauffement climatique, aucun de ces clivages ne subsiste. Les mutations écologiques du Grand Nord sont telles qu'elles brouillent le sens commun et balayent toutes les tentatives de stabilisation, de normalisation et d'administration des écosystèmes arctiques et de leurs habitants. Loin de toute folklorisation indigéniste et de tout manifeste écologiste, ce livre s'attache à retranscrire les réalités des hommes qui parlent encore à l'ombre des arbres et sous le sceau de leur secret. Les âmes sauvages de l'Alaska sont celles qui se meuvent dans les plis d'un monde en révolution, et qui font de la métamorphose continuelle des choses et de l'incertitude des êtres un mode d'existence à part entière.

Mingasson Nicolas, 2016, Destins Dolganes, Observatoire photographique des Pôles, 102p.

"J’ai voulu illustrer le quotidien actuel des Dolganes dans ce qu’il a de plus divers, entre tradition et modernité, entre les anciens accrochés à leurs villages et leurs enfants et petits-enfants qui, plus que jamais regardent vers le sud et imaginent leur avenir loin de leur terre natale. Dans les rues des villages, les jeunes s'habillent (presque) comme en France, le soir appellent sur Skype leurs cousins déjà partis loin du village et, le week-end venu, rendent visite en skidoo à leurs grands-parents qui nomadisent encore. J’accompagne mon travail d’une série de photographies tirées des albums de quelques vieilles familles dolganes. Cette vision inédite oblige à un tout autre regard, loin des clichés habituels et nous invite à réviser notre propre regard sur le monde." Nicolas Mingasson

Pititkewe Marcel, 2016, Nipekiwan : je reviens,L'Abc de l'Édition, 152p.

«Nipekiwan, je reviens» : l’histoire d’un survivant du génocide culturel des pensionnats autochtones qui a retrouvé sa route. Éloigné de ses parents, Marcel Pititkwe a longtemps cru ce qu'on disait de lui au pensionnat : «Tu ne feras jamais rien de bon dans la vie, tu seras toujours un nonchalant, un fainéant!» Il y a si bien cru, qu’il a fini par devenir cette étiquette qu’on lui avait attribuée et vivre une vie de douleur, de feu et de désarroi. Cette descente aux enfers, dans laquelle ont également été aspirés sa famille et ses proches, a pris fin le jour où il a décidé de reprendre sa vie en main pour lentement sortir du profond désordre qu’était devenue sa vie. Depuis, Marcel Pititkwe avance sur le chemin de la guérison. Enfant de la forêt, il y retourne aujourd’hui en tant qu’adulte pour retrouver la médecine de ses ancêtres. Il sait désormais qu’il vaut beaucoup plus que ce qu’il a été; pensionnats, alcool, drogues et victimisation sont pour lui chose du passé. Aujourd'hui, il se fait porteur d'un message d'espoir...

Schulte-Tenckhoff Isabelle, 2015, Introduction au Droit des Peuples Autochtones, Bruylant.

Cet ouvrage aborde les grands enjeux de la question des peuples autochtones en fonction d'une distinction conceptuelle entre droits individuels, droits collectifs et droits dits de groupe, en en sondant les effets juridiques, politiques et pratiques.

Verswijver Gustaaf, 2016, Les Jiye, du sud Soudan, Édition de la Fondation Barbier-Muller, 172p.

Habituellement nommée « La grande soif », la partie sud-est du Soudan du Sud – pays le plus récent au monde – est une région isolée, sujette à des chutes de pluie annuelles basses et surtout incertaines. Les premiers explorateurs occidentaux à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ont parcouru la région précipitamment d’un point d’eau à un autre en ne s’arrêtant que rarement pour apprendre à connaître ses habitants. Les Jiye, les Toposa, les Murle et les Nyangatom demeurent relativement peu connus. Bien que des ONG aient commencé à travailler dans la région, peu d’attention est accordée à la diversité culturelle et à la structure sociale de ces sociétés agro-pastorales. Ce livre se concentre sur les Jiye et leurs voisins les plus proches, les Toposa. Le peuple jiye ne compte pas plus de 8000 personnes, ce qui fait de lui l’un des plus petits groupes dans cette région du Soudan du Sud. Cette société particulièrement solide a survécu, pendant les deux siècles de son existence, à des périodes de sécheresse et de famine extrêmes, à de graves épizooties et à des raids dévastateurs lancés par ses voisins plus puissants. Peu de changements sont survenus depuis…

Viau Roland, 2016, Amerindia. Essais d’ethnohistoire autochtone, Ed PUM.262p.

De nos jours, on ne défend plus l’idée que les peuples autochtones conquis et colonisés étaient sans culture ou sans histoire, tout en reconnaissant néanmoins que leur histoire était obscure et leur univers culturel opaque pour les premiers voyageurs européens. Roland Viau écrit ici la rencontre entre l’Europe et l’Amerindia en donnant la parole à l’Autre. Sa perspective est globale, proche de la world history – symbiose entre les disciplines de la mémoire: ethnologie, histoire et archéologie – et loin de la vision d’un monde façonné par le seul Occident. Sans poursuivre le procès d’intention fait aux colonisateurs de l’Amérique du Nord, l’auteur dresse un portrait saisissant des Autochtones à travers le récit de leurs traditions orales, leurs cosmologies et leurs mythes. Il nous invite à penser le monde dans sa longue durée et dans la compréhension des relations souvent conflictuelles entre les sociétés dominantes du Nord et les nations encore globalement dominées du Sud.

 


FILMOGRAPHIE

Alias Maria, 2016, José Luis Rugeles.92'.

La jungle colombienne de nos jours. Maria 13 ans, enfant-soldat, a grandi dans la jungle avec la guérilla. Lorsque Maria se rend compte qu’elle est enceinte, elle comprend vite que pour garder son enfant, elle doit cacher sa grossesse. Un jour, le commandant du camp confie à Maria son nouveau-né, et lui demande de le convoyer vers une ville voisine. Si la Colombie est reconnue comme une démocratie de longue date en Amérique latine, elle est également en conflit armé depuis plus de 50 ans. Ce conflit continue d’alimenter une crise humanitaire prolongée et entrave sérieusement la gouvernance, le respect des droits de l’homme et le développement économique durable du pays. Dans ce contexte les enfants colombiens vivent dans un environnement très vulnérable et sont continuellement exposés au recrutement par les groupes armés, aux attaques aveugles, à la violence sexuelle, et au déplacement forcé. Les filles continuent de représenter l’un des groupes de la population les plus vulnérables.

Gran Chaco, 2016, Lucas van Esso.67'.

"Gran Chaco", tourné en Argentine en 2014, montre la manière dont les populations indigènes qui habitent les forêts au Nord du pays sont affectées par l'avancée du front pionnier et la déforestation qui en découle. Ainsi, par une approche ethnographique, "Gran Chaco" cherche à illustrer les conflits socio-environnementaux qui se multiplient dans la région ces dernières années.

L'aventure des premiers hommes, Australie, Bentley Dean, Martin Butler, 2 DVD

Il y a 50 000 ans, bien avant qu'Homo sapiens n'atteigne l'Amérique ou l'Europe, des hommes ont débarqué en Australie, se sont adaptés à ce rude continent et y ont prospéré, comme en témoignent sur place les traces d'oeuvres d'art, de sculptures, d'ornements et de rites funéraires apparus avant l'époque de l'homme de Cro-Magnon. Cette civilisation, la plus ancienne au monde, n'a connu aucune interruption, de son origine jusqu'à la colonisation blanche, et s'étend sur une période dix fois plus longue que l'Égypte antique. Visitant les sites de la préhistoire dispersés dans tout le pays, et partant à la rencontre des populations indigènes et des archéologues, cette fresque en deux parties raconte pour la première fois cette étonnante histoire. 1. Les grands nomades En 60 000 avant notre ère, à l'issue de la première traversée d'un océan, un groupe obstiné d'Homo sapiens aborde Sahul, ou la Grande Australie, une terre vierge dont la faune, la flore, les déserts et les glaciers paraissent étranges. Les voies commerciales sillonnent bientôt le continent et les innovations artistiques et techniques se répandent. Durant les 20 000 premières années, les premiers Australiens côtoient de féroces et grands animaux, tel le lion marsupial. Ces espèces ont disparu au moment où un important changement climatique, lié à la dernière glaciation, s'est produit..
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Las Damas Azules, 2016, Bérengère Sarrazin, 90'.

Quand le gouvernement péruvien de Ollanta Humala a donné le feu vert au grand projet minier CONGA, de la multinationale Yanacocha, au cœur de la région de Cajamarca (Pérou), est né un mouvement de résistance où les femmes ont pris une place centrale. Agua Si! Oro No! Conga no Va! Avec conviction et espérance, ces "luchadoras" sont sorties dans la rue pour dénoncer ce projet destructeur et élèvent leurs voix dans leur lutte pour préserver l' eau, La Terre Mère, la Vie... 3 ans après, as Damaz Azules continuent ensemble à apprendre, à agir, chantant la liberté.... Las Damas azules est un hommage à ces femmes qui refusent la résignation et la fatalité

Les Gardiens de la terre,2016, Rolf Winters, Renata Heinen, 90'.

Un couple avec trois enfants s’embarque jusqu’au bout du monde à la recherche d’une nouvelle perspective sur le monde. Pendant cinq ans, ils vont parcourir six continents à la rencontre de sages indigènes qui n’avaient encore jamais été filmés ni interviewés. Du Lac Supérieur du Michigan à l’Amazonie, du fin fond de l’Australie au désert du Kalahari en Afrique, des Andes aux jungles de l’Inde, la famille rencontre des communautés jamais approchées. Ils vont croiser des personnes hors du commun, au service de leur communauté. Ils sont appelés « hommes ou femmes médecins », chamanes, guérisseurs ou gardiens de la Terre. Les Gardiens de la Terre ont vécu cachés pendant des siècles et sentent que le temps est venu de partager leur savoir avec ceux qui sont prêts à l’écouter. Plus qu’un voyage, ce récit est un cadeau de la terre

Portraits d'Arctique, Yann Borjon-Privé, Nicolas Mingasson, 2016, 8 portraits.

A l’extrême nord de la Sibérie, dans la péninsule du Taïmyr, le jeune ethnologue en thèse Yann Borjon-Privé et le photographe Nicolas Mingasson sont allés à la rencontre du peuple des Dolganes. En leur montrant des photographies des dernières missions ethnographiques, ils mesurent avec eux les changements culturels, environnementaux, sociaux et économiques dans cette population nomade la plus septentrionale du globe.

Accès aux 8 portraits

The Revenant, 2015, Alejandro González Iñárritu, 156'.

« Nous sommes tous des sauvages. » Voilà ce qu'on peut lire sur un écriteau accroché au cou d'un pendu, au milieu du film. C'est une jungle glacée que filme Alejandro González Iñárritu. Le héros (Leonardo DiCaprio), un trappeur grièvement blessé et dramatiquement seul, y lutte à chaque instant pour sa survie. Tout lui est hostile et violent : le froid hivernal du Nord-Ouest américain, les Indiens, les bêtes, et même ses anciens coéquipiers, dont certains l'ont trahi et abandonné. Il ne songe plus qu'à se venger. The Revenant est, dans le jargon industriel, un « survival », un film de survie extrême. Dans ce foisonnement, s'imposent des visions de terreur, qui parlent d'abord du rapport entre l'humanité et l'animalité. Une ourse attaque et mutile le trappeur au début de l'histoire : elle paraît non seulement l'agresser, mais littéralement le violer. L'homme qu'il devient ensuite a tout d'un être hybride, fruit de ce viol. Une créature sans mots (la gorge abîmée), grognante, presque rampante, couverte de peaux animales, dont la barbe et les cheveux se confondent avec la fourrure. Plus tard, après une attaque des Indiens, le héros, frigorifié, évide le corps d'un cheval tout juste tué et s'engouffre dans la chaleur de sa carcasse. Il en ressort au matin, nu et ensanglanté, mi-poulain, mi-nourrisson. Ces hybridations monstrueuses pourraient bien relever de l'obsession chez un cinéaste dont le premier film, Amours chiennes, identifiait des dresseurs à leurs bêtes, et le dernier, Birdman, fusionnait un homme et un oiseau.

This change everything, 2016, Naomi Klein, Avi Lewis,1h29.

L’avantage des grandes catastrophes, c’est qu’elles obligent à nous relever nos manches. Le réchauffement climatique, par exemple : cette "fin du monde" pourrait bien être l’occasion d’en construire un meilleur. C’est, en substance, la thèse défendue par Naomi Klein, devenue une éminence de l’altermondialisme depuis son essai "No Logo" en 1999 et qui produit un documentaire, "This Changes Everything" (1), coréalisé avec son mari Avi Lewis. Le film leur a pris quatre années de travail à travers le monde. Il a des moments revigorants mais reste traversé par une idéologie quelquefois binaire


NOUVEAUX MEMBRES DES RESEAUX D'EXPERTS DU GITPA

Amérique latine: EDEB PIRAGI Philippe, URIAS HERMOSILLO Luis, VARISON Léandro
Afrique: BADI Dadi, BAROIN Catherine, KERVELLA-MANSARÉ Yassine; ROZZI Fernando Ramirez
Arctique - Grand Nord: CHICHLO Boris
Transversal: ALI Maurizio, AMBLARD Catherine et Henri

Accès aux CV



LETTRES ELECTRONIQUES ENVOYÉES
DURANT LE 1er SEMESTRE 2016
(accès aux lettres electroniques sur la page d'acceuil du site)

Amérique du nord
États - Unis: Publication de : La présence indienne aux États-Unis. Anthologie d'un défi à l'oubli ( entretien avec Joëlle Rostkowski et Necya Delanoé)
Canada: Un accord historique pour la forêt et des communautés autochtones.

Amérique latine
Amazonie: Signature de "Les Indiens d'Amazonie face au développement prédateur"à L'Harmattan.
Honduras: Assassinat d'une leader autochtone Lenca
Pérou; Projet éducatif: École technique Wampi
Pérou: Protestations contre le projet Yanacocha-Conga

Arctique
Fédération de Russie : 2 évènements parisiens concernant les "petits peuples" Chor et Dolgane
Fédération de Russie: Manifestations contre les projets d'extraction

Asie
Malaisie -Sarawak: Nouvelle des campagnes contre les Grands barrages

Afrique
Cameroun; Soutenance "en forêt" devant un jury pygmées bagielie d'une thèse de doctorat
Kenya-Tanzanie: Web doc compte rendu mission maasaï (interview de Xavier Peron)

Évènements
Sortie du livre : Les Indiens d'Amazonie face au développement prédateur
Conférence: Le combat mondial pour les droits des peuples autochtones Sèvres 04/16
Rapport 2015 de Global Witness sur les assasinats




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