2/2019

LE COURRIER INTERNATIONAL SEMESTRIEL
DES PEUPLES AUTOCHTONES
www.gitpa.org



IWGIA,
2019, The Indigenous World / El Mundo Indigena.672p.

Depuis 33 ans, IWGIA publie The Indigenous World/ El Mundo Indigena en collaboration avec une communauté d’auteurs autochtones ou non. Il sert à documenter et à rendre compte, à travers un aperçu annuel, de l'évolution de la situation des peuples autochtones.
Indigenous World 2019 ajoute non seulement de la documentation, mais souligne également l'augmentation des attaques et des assassinats de peuples autochtones tout en défendant leurs terres et leurs autres ressources naturelles. En 2019, cette édition met particulièrement l'accent sur les défenseurs des droits des peuples autochtones en danger. Les tensions croissantes entre les États et les peuples autochtones atteignent un point critique et, avec un espace civique de plus en plus réduit dans le monde entier, les thèmes de la criminalisation des activités des défenseurs des droits des peuples autochtones et de leurs organisations; questions de droits fonciers; et l'accès à la justice est plus important que jamais. Les 62 rapports de pays et 13 rapports sur les processus internationaux traités dans cette édition soulignent cette tendance. IWGIA publie ce volume avec l'intention de l'utiliser comme outil de documentation et comme source d'inspiration pour promouvoir, protéger et défendre les droits des peuples autochtones, leurs luttes, leur vision du monde et leur résilience.
Depuis 11 ans le GITPA co-édite la version française du rapport sous le nom: MondeAutochtone, qui sera duifusé en octobre 2019.


LETTRES ÉLECTRONIQUES ENVOYÉES DURANT LE 1er SEMESTRE 2019

États -Unis: Comment Trump déshonore les Peuples autochtones
Brésil: Rupture du barrage sur le Rio Doce et indiens krenak
Brésil: Mise en application : 2 textes de janvier 2019
Brésil: Alerte contre des préparatifs d'assasinats de dirigeants tupinamba
Brésil: Visite de la cacique Tanone
Équateur: Un projet d’exploitation pétrolière remis en question par les Waorani
Guatemala/ Costa-Rica: Documentaire : Histoires de résistances
Mexique: Anniversaire des 25 ans du soulèvement zapatiste
Maroc: Colloque "de l'indigénat à l'autochtonie" 25-29 mars 2019
Mali: Violences entre Peuls et Dogons
Mali: Massacre dans un village peul
Cambodge: Accaparement de terres par Bolloré: refus de visas pour des Bunong
Inde: Agression contre des défenseurs des droits des adivasis
Malaisie-Sarawak: Déforestation sauvage dans le Parc du Mulu
Papouasie: Web documentaire de restitution de la Mission d'information du GITPA
Afrique centrale: Publication du livre : Quel avenir pour les Pygmées à l'orée du XXIeme siècle ?
Quatre évènements autochtones durant l'été 2019
Liens d'accès à toutes les Lettres


ACTUALITÉS DES PUBLICATIONS
( livres, rapports)



ASSE Chritiane, 2018, Aires naturelles protégées et peuples autochtones. Edilivre-Aparis.

L’ouvrage traite de l’intégration des communautés autochtones dans le dispositif des aires naturelles protégées, dans le cadre de la problématique globale du développement durable.Ces communautés occupent en effet environ 70 % des zones protégées du monde, et dans un contexte d’extension de ces dernières, leur présence est une opportuiné pour contribuer aux services rendus par la nature. Capables de représenter un dispositif de veille, en tant que gardiennes de la biodiversité, ces communautés offrent en effet la particularité de disposer encore de savoirs traditionnels qui peuvent se révéler utiles à la conservation des écosystèmes.

BAROIN Catherine, COOPER Barbara, 2018, La honte au Sahel. Pudeur, respect, morale quotidienne. Sepia, 232p.

La mort plutôt que la honte » est un dicton répandu au Sahel. Mais qu’est-ce donc que cette « honte », sentiment si redouté qu’on puisse lui préférer la mort ? C’est à la fois une émotion intense et une réalité sociale complexe très éloignée du sens étroit de ce terme dans le monde occidental. La crainte de la honte et les efforts pour ne pas s’y exposer guident les moindres moments de la vie quotidienne des habitants du Sahel. La pudeur en est une expression, de même que toutes les marques du respect. De quelle façon ce registre moral essentiel est-il lié à l’histoire de cette région ? à l’esclavage ? à l’islam ? à l’évolution du milieu ? aux hiérarchies sociales en présence ? Comment influe-t-il sur les conduites personnelles, les obligations de solidarité, les relations conjugales et les rapports de genre en général ? Quel est son lien avec la richesse, la fécondité des épouses, la scolarité des filles et le rejet de la contraception ? Toutes ces questions sont abordées dans ce livre, au travers de situations particulières observées du Sénégal et de la Mauritanie jusqu’au Tchad.

BELDING-BROWN Amy, 2019, L'envol du moineau.Le Cherche Midi.461p.

D'après des faits réels, le superbe portrait d'une femme découvrant la liberté au milieu des Indiens. Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d'Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d'accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l'armée. Contre toute attente, c'est au milieu de ces " sauvages " qu'elle va trouver une liberté qu'elle n'aurait jamais imaginée. Les moeurs qu'elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l'éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu'elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s'accoutumer d'un retour " à la normale ", dans une société blanche dont l'hypocrisie lui est désormais insupportable ?

 

BERNAND Carmen , 2019, Histoire des peuples d'Amérique, Fayard,

Carmen Bernand propose une histoire magistrale et inédite des peuples originels de l’Amérique. En croisant méthode ethnologique et science historique, sources archéologiques et pratiques culturelles, elle retrace sur le temps long ce que furent ces populations, leurs réseaux, leur civilisation et comment leur mémoire a marqué et modelé l’Amérique latine contemporaine. Comment raconter l’histoire des peuples originaires du nord, du centre et du sud de cet immense continent américain  appelés « Indiens » par les conquistadores et missionnaires ? En ne se limitant pas à la seule période circonscrite aux sources écrites rédigées généralement par des chroniqueurs, des prêtres, des lettrés, fussent-ils d’origine indigène. Et en dépassant les barrières nationales, qui ne datent que du xixe siècle. Dans ce récit d’une richesse exceptionnelle et agrémenté d’illustrations, Carmen Bernand relève le défi avec brio. Elle s’intéresse aux trajets et réseaux d’échanges, à la violence sacerdotale et au sacrifice, qui est la dette que les hommes payent pour vivre, à la force agissante des signes sacrés gravés, peints, modelés sur des supports variés, à la Montagne sacrée, source de vie, et enfin au chamanisme, arrivé en Amérique avec les migrations asiatiques préhistoriques. Coquillages, maïs, drogues, dieux ou temples ponctuent ce grand voyage qui nous entraîne sur la trace des Mayas, des Aztèques, des Incas et bien d’autres encore, depuis les origines jusqu’à la Conquête, de la période coloniale à la formation des États-nations modernes.
Interviewde Carmen Bernand

 

CETIM 2019, Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan-ne-s. Outil de lutte pour un avenir commun

L’année 2018 marque indubitablement un tournant historique pour le mouvement paysan international ainsi que pour les organisations rurales dans leur ensemble. Une année décisive qui couronne la lutte de longue haleine pour la reconnaissance des droits d’une population structurellement marginalisée, ponctionnée et étouffée depuis les débuts de l’histoire de l’agriculture. Aujourd’hui, à l’ère du néolibéralisme, un système tourné vers la simple recherche et maximisation du profit à tout prix et prônant le moins d’État, les populations rurales se retrouvent en condition de vulnérabilité extrême, tout en vivant une situation paradoxale. D’une part, elles contribuent à nourrir la planète (entre 70 et 80 % de la nourriture mondiale est produite par des paysans familiaux) ; d’autre part, les paysan.ne.s sont les principales victimes de la faim et de la pauvreté (environ 75 % des personnes qui souffrent de la faim au niveau mondial vivent dans les zones rurales).

CHARLE Mathieu, 2019, Coeur d'Alene : ethnohistoire d'une communauté indienne d'Amérique du Nord, Ed. Dépaysage.313p.

Toutes les populations autochtones nord-amérindiennes ont subi le choc violent de la colonisation et son cortège de massacres, d’épidémies et de spoliations en tous genres. En cela, l’histoire des Coeur d’Alene, un groupe de langue salish du nord-ouest des États-Unis (Idaho), n’est guère différente. Ce qui la rend originale concerne les stratégies, en apparence radicales, déployées par ses membres pour faire face à ces bouleversements : sédentarisation, pratique de l’agriculture et conversion au christianisme. Tout ce qu’il faut pour devenir, aux yeux des Blancs, de « parfaits sauvages »… Préfacé par Emmanuel Désveaux, directeur d'études à l'EHESS.

CLÉMENT Daniel, 2019, Les récits de notre terre. Les Algonquins, PUL Quebec,170p.

Les Algonquins, ou Anishinabeg dans leur langue, forment aujourd’hui une population de plus de 10 000 personnes réparties principalement en dix communautés en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue. Chasseurs, piégeurs, pêcheurs, cueilleurs par tradition, comme pour les autres habitants des forêts boréale ou laurentienne du Québec, leurs expertises issues de pratiques ancestrales se sont très vite manifestées dans de nombreux autres domaines, tels la foresterie, l’acériculture, l’agriculture, l’élevage et le tourisme. Leurs récits, qui sont autant d’échos du passé dans la modernité, reflètent leur culture bigarrée au confluent d’influences diverses, surtout algonquiennes, mais également iroquoiennes et euro-canadiennes.

GUIMOND Laurie, DESMEULES Alexia, 2019, Des ponts interculturels à la rivière Romaine? Développement nordique et territorialités innues. PU Quebec, 150p.

Depuis 2009, la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, a été transformée en mégacomplexe hydroélectrique par la société d’État Hydro-Québec. Au point culminant des travaux, plus de 2 000 personnes y ont œuvré : ils ont déboisé et construit une route, des campements, quatre barrages et autant de centrales et de réservoirs, pour un coût estimé à 6,5 milliards de dollars. Cet ambitieux projet se situe en plein cœur du Nitassinan, territoire ancestral des Innus, et de la municipalité régionale de comté de Minganie. Si, dans les balbutiements du projet, cette réalité territoriale interculturelle nordique a été reléguée à l’arrière-scène, la réalisation des travaux a ramené les territorialités innues et non autochtones à l’avant-plan. Au-delà des retombées économiques et géopolitiques bien connues et des autres effets multiformes, positifs ou négatifs, qu’il a engendrés, quels sont les legs interculturels du chantier de la Romaine ? S’agit-il d’une occasion pour les membres des différentes communautés innues et minganoises de se rapprocher, celles-ci partageant plusieurs enjeux communs de développement ? Quelle est la place des Innus au sein de ce projet d’envergure ? Comment se décline la vie quotidienne des travailleurs des mégachantiers nordiques d’aujourd’hui ? Quels sens confèrent-ils à la mobilité, au travail et à leur espace social ? Voilà autant de questions explorées dans le présent ouvrage, qui permet une immersion dans l’expérience des artisans du territoire ayant façonné le chantier de la rivière Romaine.

FAJARDO Pablo, TARDY-JOUBERT Sophie, 2019, Texaco : seul face au géant pétrolier américain. Ed. Les Arènes.

Histoire du combat judiciaire mené par l'avocat Pablo Fajardo et 30.000 paysans d'Amazonie équatorienne contre la compagnie pétrolière Texaco, aujourd'hui rachetée par Chevron, à l'origine d'un terrible scandale humanitaire et écologique. Condamnée à une amende de neuf milliards de dollars, l'entreprise texane refuse de payer l'amende nécessaire aux opérations de dépollution.

HISTOIRE QUÉBEC, 2019. Kitatisokaninowa, « Nos histoires, à tous »,

Kitatisokaninowa, « Nos histoires, à tous », ainsi se présente le numéro du printemps du magazine Histoire Québec qui ouvre ses pages à l’histoire autochtone, à la culture autochtone actuelle dans une approche positive et respectueuse. Après un aide-mémoire terminologique baptisé « Petit guide pour ne pas dire n’importe quoi » préparé par Mathieu Boivin, auteurs et autrices, allochtones ou autochtones, offrent un florilège d’articles sur des sujets variés. Lisez sur le dialogue par l’art contemporain en région (Virginia Pésémapéo Bordeleau), l’interprétation judiciaire atikamekw (Maggie Newashish), la recherche en milieu autochtone (Philippe Boucher), les défis de la rédaction d’une histoire des Autochtones (Leila Inksetter), l’implication citoyenne dans la décolonisation de l’histoire de la communauté de Lac-Simon (Marie-Pierre Bousquet, Laurence Hamel-Charest et Alex Cheezo), le presbytère d’Odanak (collectif) et l’histoire des Inuit du Nunavik (Kim Méthot). Les rubriques Histoire de lire et L’Histoire en images sont à l’avenant, proposant plusieurs ouvrages pour approfondir la réflexion et dressant un portrait de l’activiste et cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin.

KOUSSOUMNA LIBA'A Natali, 2019, La fin du nomadisme pastoral . crises des territoires d’élevage au Nord-Cameroun. Editions Dinimber & Larimber, 200p.

L’ouvrage s’interroge sur l’avenir du nomadisme pastoral dans un contexte de forte pression sur les territoires ruraux. Malgré la sédentarisation des éleveurs, la mobilité des animaux continue sur des territoires morcelés et en réduction permanente. Les territoires de mobilité pastorale sont menacés par les migrations vers les espaces dédiés à l’élevage, l’augmentation du cheptel bovin, la présence de vastes zones protégées, l’insécurité sur le foncier pastoral exacerbée par l’omniprésence des autorités traditionnelles qui s’imposent dans sa gestion et son contrôle, les prises d’otages sur les parcours et l’arrivée récente de nombreux éleveurs centrafricains. Après avoir caractérisé les territoires de mobilité pastorale, une réflexion pour sa gestion harmonieuse durable est amorcée.

LACROIX Laurent, LE GOUILL Claude, 2019, Le « processus de changement » en Bolivie La politique d'Evo Morales. Ed. IHEAL.396p.

En 2005, les principales organisations sociales boliviennes portaient Evo Morales au pouvoir par les urnes, après plusieurs années de mobilisation contre les politiques dites « néolibérales ». Cette élection marquait alors un tournant dans ce pays considéré comme le plus pauvre et le plus « autochtone » d'Amérique du Sud, ouvrant la voie à une plus grande souveraineté nationale sur le territoire et à de nouvelles perspectives sociales et économiques pour ses habitants. Qu'en est-il aujourd’hui ? En s’appuyant sur plus de dix années de recherche en Bolivie, les sociologues Laurent Lacroix et Claude Le Gouill retracent le contexte de l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales et analysent les principales politiques gouvernementales, les tensions sociales qui ont accompagné la construction de l’Etat « Plurinational », ainsi que la nouvelle place du pays à l’international dans le contexte de ce qui a été nommé le « virage à gauche » de l’Amérique du Sud.

LEPAGE Pierre, 2019, Mythes et réalités sur les peuples autochtones : des préjugés à dépasser

Près de deux décennies après la première édition de Mythes et réalités sur les peuples autochtones, l'auteur Pierre Lepage met à jour et bonifie son ouvrage voué à une meilleure compréhension des enjeux qui touchent les Autochtones au Québec. Un texte de Jean-François Villeneuve Publiée pour la première fois en 2002, l’œuvre de Pierre Lepage se voulait à l’origine un outil pour faire découvrir les réalités touchant les peuples autochtones, alors que le ressentiment envers les Premières Nations était à son apogée. Les enjeux identitaires issus du référendum de 1995 et les retombées de la crise d’Oka de 1990 ont servi d’amorce à celui qui travaillait alors comme agent d’éducation à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. À l’époque, « on mangeait de l’Indien sur les ondes radio », rappelle-t-il. Son mandat était tout le contraire : lutter contre les préjugés

Accès au Rapport en ligne.

MASCALO GIL Tenile, 2018, Les droits de l'homme dans le Mercosur. L'Harmattan. 676p.

Le Mercosur est une organisation d'intégration économique régionale regroupant l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela. Ayant un but économique à l'origine, son traité constitutif ne laissait prévoir aucun développement dans le sens d'une protection des droits de l'homme. Suite à la crise institutionnelle du début des années 2000, les Etats membres ont privilégié un Mercosur plus politique. La question se pose de savoir à qui revient la compétence d'apprécier des questions de violations relatives aux droits de l'homme au sein du Mercosur. Cette étude propose un angle comparatiste avec le droit de l'UE.

MENSALES Diane Josée, 2019, Mon ami, mon agresseur. Ed. Hannenorak.

Chaque année, des membres des Premières Nations ainsi que des Inuits délaissent leur communauté et arrivent en milieu urbain, portés par l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie. Ces personnes se retrouvent isolées et sans ressources, vulnérables face aux proxénètes qui leur offrent l’espoir d’une vie meilleure. Rapidement, la réalité les rattrape et les victimes, dépossédées de leur estime de soi, deviennent captives d’un engrenage où elles ne voient aucune porte de sortie. Mon ami… mon agresseur invite le lecteur à découvrir le parcours de femmes et d’hommes exceptionnels qui ont choisi de briser le silence et de rompre avec le cycle de la violence. L’ouvrage que proposent les policières du SPVM, Josée Mensales et Diane Veillette, pose un regard humain sur la réalité infernale de l’exploitation sexuelle et la vulnérabilité des Premières Nations et des Inuits qui en sont victimes en milieu urbain.

RAHMANI Sabha, 2019, Paroles des peuples racines. Plaidoyer pour la Terre. Acte Sud. 208p.

Et si penser le monde de demain puisait ses sources dans les racines de l’humanité ? Non comme un retour nostalgique à des origines lointaines, mais comme une source d’inspiration pour insuffler de nouveaux modèles de société, plus respectueux de la nature et des hommes. Depuis des millénaires, les peuples racines ( les peuples autochtones selon le terme retenu par les Nations Unies) offrent une place prépondérante au vivant, en recherche constante de l’harmonie sociale et écologique. Les mouvements indigènes fleurissent depuis une vingtaine d’années, mobilisés aux côtés d’associations, de scientifiques, de citoyens, de personnalités et de quelques politiques, pour faire reconnaître leurs droits, leurs cultures, leurs savoirs ancestraux et leur sagesse. Quel est le rôle de ce combat pour la Terre ? Gardiens de connaissances millénaires en matière d’écologie et de sciences traditionnelles, leur sort est étroitement lié à celui de l’humanité. À partir de récits inédits recueillis auprès de dix-neuf représentants de peuples racines venus de tous les continents, ce livre réunit leurs voix. Ils sont Papou, Massaï, Maori, Pygmée, Peul, Touareg, Sami, Kanak, Kayapó, Kogi, Mapuche… ils témoignent tous d’une sagesse et d’une volonté d’agir en faveur de la nature et des cultures.

SENAT DU CANADA, 2019, Comment en sommes-nous arrivés là? Un regard franc et concis sur l’histoire de la relation entre les peuples autochtones et le Canada.

L’établissement d’une nouvelle relation entre les peuples autochtones et le Canada requiert une compréhension de notre histoire par l’ensemble des habitants de notre pays, et non pas uniquement par les universitaires et les politiciens. La compréhension et la connaissance suscitent le respect et l’empathie, et en retour, le respect et l’empathie permettent aux gens et aux peuples d’établir des liens plus étroits. Le Comité sénatorial des peuples autochtones étudie la relation entre les peuples autochtones et le Canada afin de déterminer la forme que pourrait un jour prendre une nouvelle relation entre eux. Cela dit, avant de pouvoir prendre des mesures en ce sens, et pour être en mesure de bien comprendre la nature de la relation actuelle, nous devons être honnêtes et reconnaître que des politiques cruelles et racistes ont causé des torts incalculables aux peuples autochtones. Le comité a donc entendu les témoignages de diverses personnes d’origine autochtone et non autochtone et a entrepris des missions d’étude pour obtenir le point de vue des gens dans leur communauté. Le comité est privilégié d’avoir pu entendre de façon aussi directe les expériences qui ont façonné la relation entre les peuples autochtones et le Canada. Le rapport provisoire du comité, intitulé Comment en sommes-nous arrivés là? Un regard franc et concis sur l’histoire de la relation entre les peuples autochtones et le Canada, est le résultat de ce travail. Il a été publié le 11 avril 2019 et il est accompagné d’une chronologie claire qui présente les moments clés de cette relation complexe. Afin de mieux faire comprendre l’histoire de cette relation, le comité fera parvenir des exemplaires du rapport et de la chronologie aux ministres de l’Éducation partout au pays. Les membres du comité sont d’avis que la chronologie sera notamment un outil d’apprentissage utile pour tous les enfants, quel que soit leur âge, et qu’elle aidera à jeter de solides bases pour l’établissement d’une nouvelle relation.

Lien vers le pdf du Rapport

CHACABY Ma-Nee, PLUMMER Mary Louisa , 2019, Un parcours bispirituel. Récit d'une aînée ojibwé-crie lesbienne. Édition du Remue menage.

Un parcours bispirituel Récit d'une aînée ojibwé-crie lesbienne — Ma-Nee Chacaby et Mary Louisa Plummer — Traduit de l'anglais par Sophie M. Lavoie description auteure table des matièresactualités du livre «Quand tu seras grande, tu seras une éducatrice pour notre peuple. Tu aideras les autres. Tu seras une guérisseuse.» L’extraordinaire histoire de Ma-Nee Chacaby en est une de courage, de souffrance et d’amour. En prononçant ces paroles prophétiques, sa grand-mère n’aurait pu viser plus juste. C’est elle qui a vu chez la petite Ma-Nee les deux esprits, le masculin et le féminin. Chance ou malédiction? Pour une enfant bispirituelle dans les années 1950, à Ombabika, une communauté ojibwé-crie du nord de l’Ontario, la liberté est infinie. Elle apprend à trapper, à chasser et à survivre en forêt; elle sculpte le bois, fait de la couture, tanne le cuir et s’occupe des enfants et des aînés. Mais sa grand-mère, sa bien-aimée kokum, sait que la suite sera très dure. Après une jeunesse bouleversée par les tragédies, les abus, un mariage forcé et l’alcoolisme, elle s’enfuit à vingt ans avec ses enfants à Thunder Bay. Là-bas, elle n’échappe pas aux violences racistes, mais réussit à atteindre la sobriété. Une vie de militantisme commence. Elle devient intervenante auprès de toxicomanes, de sans-abri et de mères en difficulté, reçoit des dizaines d’enfants en famille d’accueil et, lorsqu’elle découvre qu’elle aime les femmes, ne tarde pas à s’impliquer dans le mouvement LGBTQ2S. Comme lesbienne, guide spirituelle autochtone et handicapée visuelle, Ma-Nee Chacaby fait aujourd’hui figure d’inspiration. Sa vie est une courtepointe faite des morceaux de l’histoire brisée des Premières Nations, où s’entrelacent les fils de la résistance et de la guérison.

WACHTEL Nathan, 2019, Paradis du nouveau monde, Fayard.340p.

La découverte d’un monde jusqu’alors insoupçonné, à la fin du xve siècle, suscita en Occident d’innombrables hypothèses et fantasmes. Que ce soit la localisation du Paradis terrestre au cœur de l’Amérique du Sud ou le problème de l’origine des populations indiennes, ces recherches se fondaient souvent sur des études remarquablement documentées, menées avec une rigueur que l’on peut presque dire scientifique. Parallèlement, parmi les populations amérindiennes, en réaction à la situation coloniale, se développèrent sur l’ensemble du continent américain des mouvements « messianiques » ou « prophétiques », récurrents dans la longue durée. Migrations vers la Terre sans Mal, attente du retour de l’Inca, vision extatique du retour des morts dans la Ghost Dance : ces mouvements combinent des croyances et pratiques autochtones avec certains apports occidentaux, en ordonnant ces derniers selon la logique propre des systèmes de pensée indigène. Ainsi se modela au fil des siècles l’identité indienne. Nathan Wachtel poursuit, avec ce nouveau livre, sa réflexion sur la pluralité des perspectives historiques, leur complémentarité pour la restitution d’une histoire globale, et les traces que les traumatismes hérités du passé inscrivent dans les mémoires collectives.
Présentation du livre

YACINE Tassadit, 2018, Avec Mouloud Mammeri, Ed.Non lieu. 181p.


Tassadit Yacine, anthropologue, spécialiste du monde berbère, est directrice de recherches à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France. Son chemin a croisé celui de Mouloud Mammeri, écrivain, anthropologue, linguiste et intellectuel kabyle né en 1917 et décédé en 1989, avec lequel elle a longtemps travaillé et créé en 1985 la revue Awal, cahiers d'études berbères, avec le soutien de Pierre Bourdieu. Dans les textes recueillis et annotés par Hafid Adnani, publiés du vivant et après la disparition de Mouloud Mammeri, elle nous révèle sa connaissance profonde de l'oeuvre de l'auteur de La Colline oubliée, tout en nous donnant à connaître sa propre sensibilité d'intellectuelle qui n'a cessé de s'affirmer comme un symbole de la réappropriation de la langue, de la culture et, plus généralement, du "fait" berbère. L'ouvrage comporte plusieurs entretiens de Tassadit Yacine avec Mouloud Mammeri et un entretien inédit de Hafid Adnani avec Tassadit Yacine.

YACINE Tassadit, 2019, Germaine Tillon ; une ethnologue engagée. Ed. Non lieu.240p.

Grande figure de la Résistance, Germaine Tillion est entrée au Panthéon en mai 2015 en même temps que Geneviève de Gaulle-Anthonioz (avec laquelle elle se lia à Ravensbrück), Pierre Brossolette et Jean Zay. Décédée en avril 2008 à l'âge de cent un ans, Germaine Tillion a connu un destin exceptionnel. Ethnologue et historienne, elle a commencé ses recherches en Algérie auprès des populations Chaouias des Aurès. Revenue en France à la veille de la guerre, elle fut l'une des premières résistantes en liaison avec le réseau du Musée de l'Homme, avant d'être arrêtée, emprisonnée à Fresnes puis déportée à Ravensbrück. Après avoir travaillé sur la déportation, elle retourna en Algérie pendant la guerre d'indépendance pour diverses missions, officielles ou officieuses, d'information et de conciliation, cherchant à empêcher l'horreur qui s'installait dans les deux pays. Les textes et documents réunis dans ce volume s'attachent aux multiples actions de l'ethnologue, particulièrement en Algérie, ce qui lui valut d'être souvent désignée comme Tillion l'Algérienne.

YACINE Tassadit, 2018, Femmes berbères de part et d'autre de la Méditerranée. Domination, subjectivité et subversion symbolique. Édition du croquant.345p..

Dans cet ouvrage Tassadit Yacine s'attache à dévoiler les rapports de domination entre les genres dans des lieux situés socialement et historiquement (Algérie des années 1960-1990) et en France dans des groupes de la "haute" culture, au sein d'univers modernes et contemporains. Malgré toutes les formes de domination qu'elles subissent, les femmes du Sud de la Méditerranée ont su se préserver grâce à la création "littéraire" orale et grâce à une transgression réglée qui leur permet d'exprimer les affects et ainsi d'opposer une résistance (fût-elle symbolique) à leurs dominants. En revanche, les femmes lettrées, au Nord de la Méditerranée, ayant acquis une place plus importante dans l'espace public grâce à des lois visant à l'égalité des droits entre les genres, peuvent subir toujours et encore de plein fouet la domination symbolique, parce que celle-ci est incorporée, invisible et euphémisée. Dans ce livre on peut trouver des analyses théoriques, des entretiens, des enquêtes dans lesquelles l'auteure redonne la parole aux femmes pour expliquer "avec leurs propres mots" les effets de la domination sur leurs corps et sur leurs existences.


FILMOGRAPHIE



Dawnland, 2019, Adam Mazo et Ben Pender-Cudlip,86'

Pendant une grande partie du 20e siècle, les agents gouvernementaux des services sociaux étasuniens ont systématiquement placé les enfants amérindiens dans des familles non-autochtones. Dans les années 1970, un enfant amérindien sur quatre à travers le pays était encore placé en famille d’accueil, d’adoption ou au sein de foyers non-amérindiens. De nombreux enfants ont subi des dommages émotionnels et physiques dévastateurs de la part d’adultes qui les ont maltraités et ont essayé d’effacer leur identité culturelle, les empêchant notamment de parler leurs langues. Aujourd’hui, pour la première fois, ils peuvent partager leurs histoires. Véritable plongée dans les coulisses de la première Commission Vérité et Réconciliation qui s’est tenue aux États-Unis de 2013 à 2016, Dawnland porte ces histoires à l’écran avec tact et profondeur, levant enfin le voile sur cette histoire tragique de vol d’enfants et de survie culturelle

Lajamaju, 2019, Barbara Glowczewski, 60'

L’anthropologue, directrice de recherche au CNRS (http://las.ehess.fr/index.php?1716), retrace le parcours de son investissement audiovisuel, à l’occasion de son film Lajamanu, qui entrelace des archives qu’elle recueille depuis 1979 dans cette communauté du désert central australien où vivent quelques 800 Warlpiri. Suite à leur sédentarisation de force en 1953 à Lajamanu, des anciens et leurs descendants réagissent aux archives. Ce film a été rendu possible grâce à la récente levée du tabou de deuil sur la représentation visuelle ou sonore des morts, qui était très prégnante à la Lajamanu. Quand B.Glowczewski s’y est rendu en novembre pour montrer le film, les Warlpiri ont accepté avec enthousiasme sa diffusion.

Kanaky Nouvelle-Calédonie. La métamorphose du Caillou, 2018, Medhii Lallaoui, 52'

« Kanaky-Nouvelle-Calédonie, La métamorphose du Caillou » est structuré en trois parties. En introduction, le récit s’ouvre sur le rappel de la situation issue des accords de 1988 et 1998. La première partie du film débute par l’évocation des années d’apaisement qui ont permis l’organisation des cérémonies coutumières de réconciliation avec les familles des gendarmes assassinés à Ouvéa et se termine par une séquence explicative de la levée des deux drapeaux (kanak et français) devant les édifices publics du Territoire. La seconde partie du documentaire est une plongée dans le quotidien des habitants d’Ouvéa et notamment de ceux qui ont pris une part active au combat politique de ces trente dernières années. Ils se livrent et racontent leurs séquences les plus significatives ayant contribué à la métamorphose du Caillou. Ils évoquent les mutations de la Nouvelle-Calédonie et ses conséquences dans la vie sociale, culturelle et environnementale du Territoire. Le film retrace également la visite du Président Emmanuel Macron sur le Territoire, particulièrement à Ouvéa pour l’anniversaire des trente ans de l’assaut de la grotte de Gossanah. La troisième partie du film se déroule sur la Grande terre à la rencontre des autres acteurs de l’histoire calédonienne, notamment deux figures loyaliste et indépendantiste représentés par Sonia Backès, responsable du parti Les républicains calédoniens et Caroline Machoro membre du FLNKS, dernière survivante des signataires des accords de Matignon et membre du congrès du Territoire. Les nouvelles générations en la personne de Rose Barré jeune Kanak de Nouméa et d’Amandine Darras jeune Calédonienne de Bourail concluent le film par leurs inquiétudes ou leurs espoirs sur le 4 novembre 2018.

Pirikura, 2017, Renata Terra, Mariana Oliva, Bruno Jorge. 82'

Les Piripkura, tribu indienne non acculturée, ne comptent plus que trois membres dont deux mènent encore une vie à l’état sauvage au cœur de l’Amazonie avec comme trésor une braise allumée en 1998 par un fonctionnaire de l’agence chargée de leur protection. Ce dernier doit les localiser pour prouver que la région, convoitée par les latifundiaires pour le déboisement et l’élevage, est toujours une zone indigène conformément à la loi. À la recherche inouïe de deux êtres sortis du fond des âges, derniers représentants de leur espèce.

Le chant de la forêt, 2019, João Salaviza, Renée Nader Messora, 1h54.

Ce soir, dans la forêt qui encercle ce village au nord du Brésil, le calme règne. Ihjãc, un jeune indigène de la tribu Krahô marche dans l’obscurité, il entend le chant de son père disparu qui l’appelle. Il est temps pour lui d’organiser la fête funéraire qui doit libérer son esprit et mettre fin au deuil. Habité par le pourvoir de communiquer avec les morts , Ihjãc refuse son devenir chaman. Tentant d’échapper à son destin, il s’enfuit vers la ville et se confronte alors à une autre réalité : celle d’un indigène dans le Brésil d’aujourd’hui.

Sami, 2018, Amanda Kernell, 1h53'

Une vieille dame accompagne son fils en Laponie, terre de ses origines, au nord de la Suède, pour l’enterrement de sa sœur. Elle n’a aucune envie de renouer avec sa famille et sa communauté, qu’elle a quittées très jeune. Les souvenirs des humiliations subies, adolescente, lui reviennent en mémoire. Après avoir changé d’identité pour échapper à un destin trop étroit, le rejet de ses origines lui apparaît soudain comme un mensonge à elle-même. Si la plupart des pays européens n’ont jamais caché leur goût pour la colonisation, l’Europe du Nord est toujours restée discrète sur le sujet. Il existe peu de témoignages sur les Samis (le terme de "lapon", jugé trop péjoratif, est désormais proscrit), ce peuple d’éleveurs de rennes, réparti entre Norvège, Suède, Finlande et Russie qui, suite à des modifications de frontières et à des vagues de colonisations, a perdu une grande partie de son territoire et vu ses droits s’amoindrir. Au début du vingtième siècle, ils sont considérés comme une population arriérée. Il faudra attendre les années 70 pour que la Norvège leur accorde le statut de « peuple autochtone de Norvège ». Pour son premier long-métrage, la jeune réalisatrice Amanda Kernell choisit de soulever un pan obscur de l’Histoire de son pays en déroulant sans badiner le parcours difficile et courageux d’une jeune femme qui choisit de renoncer à son identité culturelle au profit de son identité personnelle. C’est pourquoi même à l’occasion des obsèques d’un membre de sa famille, elle refuse d’évoquer le temps où elle s’appelait Elle Marja.

 

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France culture

"Ecologie" et "transition" :
sommes-nous prêts à entendre l'appel des peuples autochtones ?
44'
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Irène Bellier directrice de Recherches au CNRS - IIAC/LAIOS
Jérôme Baschet historien, professeur à l’Universidad Autónoma de Chiapas, à San Cristóbal de Las Casas (Mexique)
Patrick Farbiaz Militant écologiste et altermondialiste, ancien directeur des relations international d'EELV


France Inter : La tête au carré :

Les peuples autochtones. 55'
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Irène Bellier directrice de Recherches au CNRS - IIAC/LAIOS

France Inter: La tête au carré.

Les peuples isolés
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Irène Bellier directrice de Recherches au CNRS - IIAC/LAIOS

 

 

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