TOURISME
ET PEUPLES AUTOCHTONES

La Société internationale d'écotourisme (TIFS) définit l'écotourisme comme «une forme de voyage responsable, dans des espaces naturels, qui contribue à la protection de l'environnement et au bien être des populations locales». L'écotourisme part de ces trois principes, essentiels : un voyage, s'il est bien pensé, peut protéger, voire rehausser la qualité de l'environnement ; respecter les cultures locales et procurer des bénéfices tangibles aux communautés hôtes ; éduquer le voyageur tout en étant source de plaisir
Au cours de ces quinze dernières années, de tous les secteurs de l'industrie touristique, c'est l'écotourisme qui a connu la plus forte croissance, trois fois supérieure à celle du tourisme en général. Parallèlement, et de plus en plus, les communautés locales et autochtones l'envisagent comme un outil important pour s'assurer des revenus durables, préserver leur culture et conserver leur biodiversité.
Mais pour que l'écotourisme tienne ses promesses, il faut que les trois principes intimement liés soient réunis. C'est d'autant plus vrai, et le défi est d'autant plus grand lorsque l'écotourisme implique des peuples autochtones. La relation, hélas, entre les touristes et les populations autochtones s'est trop souvent limitée à une brève séance de pose pour une photo ou la vente d'un collier de pacotille. Pire, le tourisme peut avoir pour effet de priver les communautés hôtes de leurs terres, de leur culture, de leur stabilité économique et sociale et de leurs droits humains fondamentaux.

Comme les 350 millions autochtones du monde vivent essentiellement à proximité ou au sein d'espaces protégés et d'écosystèmes fragiles, déstabiliser ces communautés c'est aussi menacer la protection de l'environnement et la conservation de la biodiversité. Il est regrettable que nombre des plus célèbres réserves naturelles du monde se soient constituées au détriment de leurs habitants traditionnels, les forçant à s'installer ailleurs, le plus souvent en marge de ces zones protégées, et à vivre dans la pauvreté. Construire une nouvelle relation entre ces peuples, les réserves, les agences de tourisme et les touristes est un des défis majeurs de l'écotourisme.

Source : Extrait de l'avant-propos de Martha Honey, Ph.D. Directrice. The International Ecotourism Society (Société internationale d'écotourisme - TIES) Washington D.C. Etats Unis, Août 2005