PASTEURS NOMADES ET TRANSHUMANTS

La production pastorale extensive se pratique sur environ 25% des terres du monde, en partant des milieux arides africains (66% de la surface terrestre totale du continent) et de la Péninsule Arabique, jusqu’aux zones montagneuses d’Asie et d’Amérique Latine.

Les groupes pastoraux habitent des régions où les contraintes en matière de sol, pluviométrie et température n’offrent que des choix efficaces limités en termes d’utilisation durable des terres, en dehors de l’élevage mobile. Les conditions agro-écologiques et les caractéristiques physiques des ressources des pâturages sont critiques pour déterminer les modèles des moyens d’existence socioéconomiques des communautés pastorales ; ce qui suppose de manière fondamentale des stratégies qui s’adaptent de manière continue aux ressources limitées, très variables et imprévisibles. Les différentes stratégies que les pasteurs appliquent afin de maintenir cet équilibre proviennent à leur tour du système géopolitique, qui par ailleurs les affecte.

Le pastoralisme est une relation symbiotique finement tissée entre l’écologie locale, le bétail domestiqué, et les personnes, dans les milieux à faibles ressources et au climat marginal et extrêmement variable. Il constitue une forme complexe de gestion des ressources naturelles, et implique un équilibre écologique continu entre les pâturages, le cheptel et les humains.
Les systèmes pastoraux dans leur semble sont importants pour la société mondiale, car ils soutiennent la subsistance des éleveurs, apportent de grandes quantités de produits alimentaires et non alimentaires qui jouent un rôle capital en termes de la sécurité alimentaire locale, et contribuent de manière significative aux économies nationales des pays pauvres. Ces contributions proviennent des terres marginales où l’élevage mobile a un avantage comparatif naturel et où les autres formes d’utilisation des terres se sont avérées inefficaces.

Source : Vent de changement : changement climatique, adaptation et pastoralisme. UICN Nairobi 2007.

Les populations pastorales

A l'échelle mondiale, les estimations relatives aux effectifs des populations pastorales sont très variables. Celles-ci représenteraient, au total, environ 26 millions de personnes, d'après Livingston (1985), mais avoisineraient, pour les seules zones arides, 30 à 40 millions d'individus selon Sandford (1983), dont 20 à 25 millions en Afrique. Ces différences tiennent à la définition même du pastoralisme, qui inclut, selon les auteurs, des proportions variables de semi-nomades, de transhumants, et d'agro-pasteurs sédentaires. Elles tiennent également au caractère potentiellement transitoire des formes d'élevage strictement pastorales, selon la conjoncture climatique (succession d'années sèches), économique (recherche d'une meilleure sécurité alimentaire par le biais des productions agricoles), ou politique (subventionnement des produits de l'élevage). Elles résultent, en dernier lieu, des difficultés inhérentes au recensement de populations qui sont, par définition, excessivement mobiles.

Source : Impact des systèmes d’élevage pastoraux sur l’environnement en afrique et en asie tropicale.
CIRAD-EMVT, Juin 2006.