AUTOCHTONES URBAINS



 

Populations autochtones vivant en milieu urbain et migrations : défis et opportunités.

La question des populations autochtones vivant en milieu urbain et des migrations fera l’objet d’une demi-journée de débat le 21 mai 2006, dans le cadre de la sixième session de l’Instance permanente de l’ONU sur les questions autochtones.

Même si la majorité d’entre eux vit encore en zone rurale, les peuples autochtones ont de plus en plus tendance à émigrer vers des zones urbaines, que ce soit ou non de plein gré. Ceci ne fait que refléter la tendance mondiale à l’urbanisation, qui fait que la plus grande partie de la population du monde vivra bientôt dans des villes. Les facteurs qui contribuent à la migration des peuples autochtones vers les villes comprennent la dépossession des terres, la pauvreté, la militarisation, les catastrophes naturelles, l’impossibilité de trouver un emploi, la détérioration des économies de subsistance traditionnelles auxquelles ne se substitue aucune alternative viable et la perspective de trouver mieux à la ville.

Défis

Dans le monde entier, les peuples autochtones sont soumis à une série de facteurs économiques et sociaux qui ont une incidence sur leurs droits fondamentaux. En général, ils n’ont que peu accès à l’éducation, vivent sur des terres exposées aux catastrophes naturelles, avec un assainissement insuffisant, voire absent, et un accès limité ou inexistant aux services de santé. Tout cela explique un niveau plus bas de productivité et de revenus au sein de ces populations. En même temps, leur influence politique reste très limitée, ce qui signifie qu’ils ne peuvent compter sur le système politique pour améliorer leur condition. Les peuples autochtones qui migrent vers des zones urbaines sont confrontés à des défis particuliers (et qui s’additionnent souvent), où le chômage, un accès limité aux services et un logement inadéquat figurent en bonne place. De plus, les populations autochtones vivant en milieu urbain peuvent être victimes de discrimination et éprouver de la difficulté à préserver leur langue, leur identité et leur culture et à les transmettre aux générations suivantes, ce qui peut avoir pour effet une perte de l’héritage et des valeurs autochtones. Beaucoup de jeunes autochtones se retrouvent pris dans une sorte de « no man’s land », entre une société urbaine qui ne les accepte pas tels qu’ils sont et leur propre communauté qui, trop souvent, n’arrive pas à leur offrir les opportunités qu’ils souhaitent et dont ils ont besoin.

« Le déplacement forcé de nombreuses communautés autochtones suite à des projets de développement débouche sur un appauvrissement extrême et contribue à la dérive urbaine. Dans les villes, les disparités entre les populations autochtones et les autres sont considérables dans tous les domaines quantifiables : salaires inférieurs, chômage, compétences et éducation insuffisantes, mauvaise santé, logements insalubres, condamnations criminelles. Ils vivent dans des établissements humains où règne la pauvreté, sans bénéficier du soutien de la communauté et de la culture traditionnelles. »

Opportunités

L’émigration peut être une expérience positive, cependant, car elle offre davantage d’opportunités et de meilleures chances aux peuples autochtones dans les domaines de l’emploi et de l’éducation. Les revenus perçus par les populations autochtones vivant en milieu urbain servent souvent à aider les familles restées dans les communautés d’origine. Dans certains cas, les peuples autochtones ont été en mesure de s’adapter et d’améliorer leur situation, de préserver leur identité tout en profitant au maximum des avantages qu’offre une société urbaine. Un auteur autochtone se sert du terme « edgewalker » (« celui qui marche en lisière ») pour décrire ces jeunes de la région du Pacifique :
« Parmi les peuples du Pacifique, [ceux qui marchent en lisière] font partie d’une génération qui a maîtrisé les compétences nécessaires pour adopter des identités situationnelles leur permettant de glisser des contextes autochtones traditionnels aux mondes de la technologie et de l’information. ».

Source: Texte de l'Instance Permanente sur les Questions Autochtones
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