Instance permanente pour les questions autochtones / Neuvième Session - New York, 19-30 avril 2010. : Source : http://www.un.org/en/unpress/

M. KIMO ARMITAGE, Groupe du Pacifique, a informé l’Instance permanente des problèmes spécifiques auxquels sont confrontées les populations autochtones des îles du Pacifique. Il a notamment expliqué que les modes de développement non durables qui ont été utilisés, les contaminations chimiques, la déforestation, la pollution nucléaire et l’élévation du niveau de la mer ont mis en péril leur viabilité. Abordant plus spécifiquement la situation de Hawaii, M. Armitage a soutenu que le tourisme et la présence militaire américaine se sont avérés désastreux tant pour l’écosystème que pour le bien-être des peuples autochtones. « Le capitalisme est dangereux pour des pays comme les nôtres », a-t-il affirmé. Rappelant qu’il existe toujours des pratiques traditionnelles de culture des terres qui se sont non seulement avérées efficaces mais aussi respectueuses de l’environnement, il a souhaité qu’on les remette à l’ordre du jour. Il a également dénoncé la disparition de certaines plantes traditionnelles aux vertus médicinales, avant de proposer que l’Université de Hawaï élabore des stratégies de développement respectueuses des peuples autochtones. Le Groupe du Pacifique, qui milite en faveur de la restitution des terres ancestrales, souhaite participer au Sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) d’Honolulu qui aura lieu en 2011.

Mme JANINE GERTZ, Caucus du Pacifique, a encouragé le Gouvernement australien à utiliser des méthodes participatives pour l’application des recommandations du Rapporteur spécial. Elle a demandé au Rapporteur spécial de prendre note des préoccupations liées aux activités militaires dans les territoires autochtones comme c’est le cas à Hawaï. Elle a dénoncé la pollution nucléaire en l’imputant à des pays comme les États-Unis et la France, et demandé au Rapporteur spécial de faire des recommandations à cet égard. Elle a, en outre, demandé qu’un intérêt particulier soit accordé à l’impact des changements climatiques sur les îles du Pacifique.

M. TULIAN, Collectif du Pacifique, a souhaité que les propriétaires traditionnels puissent participer pleinement aux prises de décisions et de consultations relatives à la gestion de leurs terres. Dénonçant la pression de l’industrie extractive pour s’accaparer des terres ancestrales, il a demandé à l’Instance permanente d’exhorter les États à nommer un commissaire qui serait chargé d’élaborer des normes dans ce domaine, notamment pour atténuer les incidences négatives sur les communautés locales. Soulignant ensuite que les droits de pêche des peuples autochtones ne sont pas formellement reconnus dans la région du Pacifique, parce que la pêche est réglementée par les États, il a exhorté l’Australie, la France, le Chili et les États-Unis à respecter la lettre et l’esprit de la Déclaration des Nations Unies. Pour ce qui est de la question des pensionnats, le représentant a expliqué que les autochtones n’ont pas à sacrifier leur droit à l’autodétermination et à l’intégrité culturelle pour réaliser leur droit à l’éducation. Il doit leur être possible de fréquenter des établissements scolaires de bon niveau sur leurs territoires propres. Dénonçant l’impact des politiques d’assimilation sur les jeunes autochtones, le représentant a insisté sur la nécessité de veiller au respect de l’article 14 de la Déclaration qui souligne l’importance de l’éducation et de la culture pour les peuples autochtones. Il a demandé aux États à exploiter les nouvelles technologies, en proposant des cours à distance. Il a également invité l’Instance permanente à faire une étude approfondie de la Doctrine de la découverte et de Terra Nullis et de son impact sur les droits fondamentaux des peuples autochtones. Les conclusions et recommandations de cette étude devraient être présentées en 2012 par l’Instance. Le Collectif du Pacifique propose en outre que l’Instance permanente se déplace d’une région à une autre de manière à permettre à toutes les régions d’avoir un accès équitable à ce mécanisme. Pendant les rénovations de l’ONU à New York, l’Instance pourrait être basée à Bangkok, ce qui faciliterait la participation de la région Pacifique à ses travaux.