MOYEN-ORIENT

PAKISTAN




 
Les populations tribales les plus importantes du pays sont les Pashtouns (13,8%), les Sindhîs (7,7%) et les Baluchs (4,3%).1 Parmi eux, les Pashtouns bénéficient d’un statut spécifique en vertu des FATA (Federally Administered Tribal Areas), alors que tous ces groupes bénéficient d’un statut spécifique dans les plans de développement national. Le Pakistan abrite également un nombre important de peuples indigènes et tribaux plus petits, comme les Kihals et les Mors, peuples indigènes de l’Indus, les Buzdar des montagnes de Suleyman et le peuple Kailasha du Chitral. Ces groupes plus petits, pour la plupart boat people ou éleveurs semi-nomades, ne sont bien souvent pas comptés dans les chiffres de recensement national. Dans de nombreux cas, leur vulnérabilité est exacerbée par des processus nationaux de développement.

Le gouvernement du Pakistan a ratifié la convention de l’OIT sur les populations aborigènes et tribales (convention n°107) en 1960. Cependant, à ce jour, la visibilité des questions relatives aux peuples indigènes et tribaux dans les politiques nationales et des États a été ambivalente. Ce phénomène peut être partiellement attribué à la diversité des situations des peuples tribaux au Pakistan : alors que certaines régions sont réglementées par des directives tribales particulières (par ex. les FATA et les PATA, Provincially Administered tribal Area), dans d’autres régions, les populations tribales n’ont pas été reconnues en tant que telles et subsistent en marge de la société. Les principales activités du PRO 169 au Pakistan ont été la formation et le renforcement des capacités des agents du gouvernement concernant les questions relatives aux peuples indigènes et tribaux, et la sensibilisation au sein des organisations gouvernementales et de la société civile au sujet de la convention n°107.

Source : "Peuples indigènes et tribaux", fiche d'activités de l'OIT par pays,
http://www.ilo.org/indigenous/Activitiesbyregion/Asia/SouthAsia/Pakistan/lang--fr/index.htm

Officiellement appelée la République Islamique du Pakistan, le pays partage des frontières avec l’Inde à l’est, la Chine au nord, l’Afghanistan et l’Iran à l’ouest, et possède un littoral de 1046 kms le long de la mer d’Arabie au sud. Son territoire est environ de 881.640 km2 et sa population atteignait 172.800 habitants en juillet 2008. Le Pakistan a quatre provinces, à savoir le Sindh, le Pendjab, la province frontalière du nord-ouest (NWFP), le Baloutchistan. Le gouvernement du Pakistan distingue la population du pays sur la base de ses régions administratives – ceux qui habitent la province du Sindh sont appelés Sindhis, ceux des Pendjab des Pendjabis, au Baloutchistan vivent les tribus Baloutches et dans la province NWFP les tribus pachtounes.

En dehors de ces grandes « nationalités ethniques », il y a beaucoup d’autres nationalités que le gouvernement ne reconnaît pas et pour lesquelles n’ont pas été créées des régions administratives distinctes. Certains de ces groupes sont Seraikis, Pothoaris ou Birahvis et réclament leur propre région administrative et des droits sur leurs terres et leurs ressources. Un grand nombre de gens sont des immigrants et descendants d’immigrants, la plupart des musulmans venus du Pakistan au moment de la partition du sous-continent indien en 1947, ou qui ont émigré d’Afghanistan au début des années 80. Les populations de la province du Sindh, les populations tribales du Baloutchistan et de la province NWFP ont une longue histoire de litige et de conflit avec le gouvernement fédéral (dominé par l’élite politique Pendjabi) portant sur la discrimination dans la répartition des ressources entre les provinces.

Termes désignant les peuples autochtones

Le concept de « peuples autochtones » n’a fait son chemin au Pakistan que récemment. Le gouvernement n’utilise pas ce terme, il n’en existe donc pas de définition officielle. On fait une distinction entre la population majoritaire et les populations tribales. En Ourdou, la langue officielle au Pakistan, le terme pour population tribale est qabaili log ou simplement qbail.

Les populations tribales et leurs territoires y sont bien définis. Dans la littérature courante, parmi différents groupes ethniques et dans certains mouvements locaux cependant, on utilise le terme adi vaas (« enfant du sol »), signifiant « premiers habitants ». Adi vaas (parfois adivas ou adivasi) possède une connotation culturelle, écologique et politique. Etant donné que adi vaas désigne des populations qui ont habité la région bien avant tout envahisseur, on considère qu’elles ont une relation avec l’écosystème et les ressources naturelles qui a fait ses preuves.

Source ERNI Christian, 2008, The Concept of Indigenous Peoples in Asia. A ressource Book, Document IWGIA N°123. 456p. Traduction pour le GITPA par Véronique Hahn de Bykhovetz