La cathédrale de Kohima

Christianisation des tribus naga

 

Les premiers missionnaires baptistes américains furent invités dans les collines nagas par des explorateurs britanniques comme le major Jenkins dans les années 1830 Mais ce n’est que dans les années 1870 que des activités missionnaires se développèrent activement

Les première mission furent développées par le Révèrent Edward Winter Clark dans la région Ao Naga en 1876, date a laquelle apparaît un conflit qui durerait jusqu’a l’indépendance.

En effet la mission créa une division dans le village et le révérend Clark du quitter le village avec ses fidèles pour créer un nouveau village à proximité

Les relations entre les Britanniques et les missionnaires américains n’étaient pas faciles.

Durant les vingt premières années du siècle les officiels gouvernementaux britanniques estimaient que les conversions faisaient partie de l’emprise coloniale Or les administrateurs coloniaux ne voulaient et ne pouvaient pas expulser les missionnaires américains qui fournissaient les écoles et les enseignants payés par le gouvernement britanniques qui imprimait également les livres

Cette nouvelle perspective apparaissait lorsqu’il y avait des conflits dans les villages entre convertis et non convertis, les officiels, juges de district, cherchaient, dans la mesure du possible a prononcer des jugements en faveurs des traditionnalistes, ce qui poussait certains a penser que les Britanniques punissaient les convertis.

L’attitude britannique reposait sur l’idée que les implications sociales du christianisme et pas seulement sa théologie, détruisait la culture naga.

Les baptistes interdirent la consommation de bière de riz, condamnèrent la liberté sexuelle et interdirent aux jeunes hommes de dormir dans les morung. Ils détruisirent les sculptures des maisons, interdirent les chansons et les Fêtes du Mérite et exigèrent que les convertis renient et méprisent leurs voisins païens. Ainsi les convertis devaient non seulement abandonner leurs coutumes mais aussi refuser ne plus réaliser certaines taches agricoles le dimanches ou constituer des réserves de riz pour des fêtes auxquels ils ne participeraient pas. Ils avaient l’habitude de s’habiller et ne s’intéressaient plus aux ornements signes de position dans la société traditionnelle.

Les Naga se trouvaient ainsi piégés entre deux points de vue occidentaux sur leur avenir :
- d’une part une attitude missionnaire qui interdisait tout ce qui était traditionnel mais offrait une éducation et des perspectives dans le monde moderne,
- d’autre part une perspective administrative qui interdisait la chasse aux têtes mais encourageaient tous les autres éléments de la tradition naga au point de préconiser l’isolement de la société naga afin de préserver son passé primitif.

Les peuples des plaines indiennes n’avaient pas le droit de voyager ou de résider dans les collines sans permissions spéciales

Le but des autorités britanniques étaient de protéger les Naga de toute influence extérieure plutôt qu’encourager leur développement.

Aujourd’hui environ 90%des naga sont chrétiens, les raisons qui expliquent cette conversion rapides furent diverses: - la possibilité d’échapper à certaines obligations,
- une réponse à la promesse du salut,
- la peur de l’enfer,
- l’affaiblissement des autorités villageoises traditionnelles, le pouvoir étant aux mains des soldats britanniques et non plus des guerriers naga ; les administrateurs coloniaux disposaient de l’autorité politique et judiciaire et non pas les chefs et les ainés.

Le problème de la conversion fût lié au nationalisme naga car l’activité missionnaire aida a cristalliser un sentiment pan-naga de solidarité par la formation de centaines de jeunes de communautés tribales différentes dans les écoles secondaires et les centres de formation missionnaires et ce, pour la première fois, dans une seule langue commune.

Ce fût une force déterminante dans la promotion d’un sentiment généralisé d’affiliation ethnique pan-naga.

Aujourd’hui le christianisme est une partie vitale et acceptées du sentiment d'affiliation naga, ce qui distincte clairement les Naga des autres peuples dont ils souhaitent le plus se distinguer - les Indiens hindouistes ou musulmans. Le christianisme est commun aux deux nationalismes naga les séparatistes et les intégrationnistes1.

A plusieurs reprises l'Église baptiste du Nagaland a servi d'intermédiaire pour des négociations entre les autorités et les militants séparatistes.

Le 26 juillet 1997, le premier ministre indien, Inder Kumar Gujral, a prononcé un discours devant le parlement indien, détaillant les divers points de l'accord proposé par l'Eglise baptiste entre le gouvernement fédéral et le Conseil socialiste national du Nagaland, principale faction rebelle du territoire. Il a précisé que les autres factions en guerre avaient promis de se joindre à cet accord. Nagaland : l'intervention de l'Eglise baptiste a amené toutes les parties en guerre à signer un cessez-le-feu.

Le 23 mars 2001, l'Eglise baptiste de l'Etat du Nagaland, a chargé, un membre de son clergé de servir d'intermédiaire à plein temps pour des négociations entre les autorités et les militants séparatistes. Nagaland: l'Eglise baptiste donne à un de ses ministres la charge d'agir en tant qu'intermédiaire entre les rebelles et le gouvernement.

1 : Montagnards entre Inde et Birmanie. Les Naga, société et culture, 1990, Julian Jacobs, Ed. olizane, 358p.


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