1/2022

LE COURRIER INTERNATIONAL SEMESTRIEL
DES PEUPLES AUTOCHTONES

 

NOUVEAUX MEMBRES DES RÉSEAUX D'EXPERTS DU GITPA
LOYOMBO Willy (RDC)
GODEFROY Noémie (Japon)
Accès aux CV

NOUVEAUX MEMBRES DU CONSEIL CONSULTATIF DU GITPA

BENOIST Odina (Argentine)
BUFFETRILLE Katia (Tibet)
CARRIN Marine (Inde)
DAVIAU Steeve (Laos)
LABRECQUE Marie-France (Colombie)
MALOGNE-FER Gwendoline (Polynésie française)
PIMENTA José (Brésil)
Composition du Conseil consultatf

 

LETTRES ELECTRONIQUES D'INFORMATION ÉMISES AU COURS DU SECOND SEMESTRE 2021

Afrique: Publication du livre et du Web.doc sur : Quel avenir pour les pasteurs peuls nomades et transhumants ?
Afrique centrale ; Expo photo "Forêts humaines - Pygmées aka et baka dans le monde qui vient" de Romain Duda
Amérique: Nomination de 3 femmes autochtones à de hautes fonctions au Canada, Chili, États unis
Asie: Appel à contribution pour le livre: Quel avenir pour les peuples autochtones d'Asie?
Canada : Découverte de 215 dépouilles d'enfants autochtones dans un pensionnat
Brésil: Protestation contre le projet de loi n° 490/2007 qui porte grandement atteinte aux droits fonciers des peuples autochtones
Brésil: Plus de 6 000 autochtones manifestent pour leurs terres
États -Unis: J. Biden favorable aux droits des native americans 1
États -Unis: J.Biden favorable aux droits des native americans 2
Kanaky, Nouvelle - Calédonie: Hommage à Alban Bensa
Papouasie occidentale : Traitement des Papous de la province Indonésienne de Papouasie
Pérou-Brésil: Ouverture d'une route illégale en territoire ashaninka
Pérou-Brésil : Route illégale en territoire ashaninka: Déclaration du Congrés de l'Apiwtxa
Russie: Attaques incessantes contre les défenseurs des droits des peuples autochtones
Thaïlande : Les apatrides des tribus montagnardes
COP 26 : plusieurs centaines de dirigeants ont annoncé vouloir mettre un terme à la déforestation d'ici à 2030
et protéger les droits des peuples autochtones.


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PUBLICATIONS DES MEMBRES DES RÉSEAUX D'EXPERTS DU GITPA

Bellier Irène : Les peuples autochtones face au génocide, à l'ethnocide, à l'ecocide . CNRS Édition
Claudot -Hawad Hélène : Habiter le desert. Les Touareg de l'Ahaggar photographiés par Marceau Gast ( 1951-1965). Non Lieu
Robinne François: Birmanie. Par-dela de l'ethnicité. Dépaysages
Schmit Anna. Sexe et territoire en Colombie.Femmes autochtones Wayùa en lutte. L'Harmattan.


ACTUALITÉS DES PUBLICATIONS
( livres, rapports)


BENT George, Mon peuple les Cheyennes Lettres de George Bent à George E. Hyde.Ed Le Rocher. 472p.

George Bent est né dans les années 1840. Sa mère était une Cheyenne, Owl Woman, la fille de White Thunder, le Gardien des Flèches sacrés – Medicine Arrows –, des Cheyennes du Sud, au sein desquels il vécut quarante années. Ce sont ces décennies de vie au beau milieu du XIXe siècle que Bent, rassemblant ses souvenirs et collectant d'autres informations auprès de ses anciens compagnons cheyennes, fait revivre dans les lettres qu'il envoya de 1905 à 1918 au grand historien des Sioux George E. Hyde qui put, par chance, faire publier ce témoignage autant unique qu'authentique, à l'époque où les Indiens vivaient leurs dernières décennies de liberté. Bent fut un des rares témoins oculaires capables de rendre compte des événements, à écrire ce qu'il a vu, vécu, entendu aussi bien chez les Cheyennes que chez leurs alliés sioux et arapahoes, qu'auprès des tribus ennemies – comme parfois les Comanches et les Kiowas, mais toujours les Crows et les Pawnees – et des Blancs. Ces lettres sont devenues un livre incontournable et « matriciel » pour les ouvrages à venir. Il demeure depuis un document irréfutable pour les ethno-historiens, un témoignage de première main sur la vie, les moeurs et les guerres indiennes des Grandes Plaines dont les épisodes tragiques des massacres des Cheyennes à Sand Creek en 1864 et à la Washita River en 1868.

HERVÉ-FOURNEREAU Nathalie, THIERAULT Sophie. Peuples autochtones et intégrations régionales.
Pour une durabilité repensée des ressources naturelles et de biodiversité ?
PUR. 444p.

« Pour nous, peuples indigènes, le monde est en guerre. L'être humain est en guerre contre lui-même. Et en guerre contre la nature, il lutte contre sa propre Mère [...] c'est le devoir de tous de prendre soin du monde. » Ce véhément plaidoyer des indiens du Nordeste du Brésil résonne avec gravité dans l'hémicycle du Parlement européen en 2008 et conserve toute son actualité en 2020. Si la sphère onusienne a servi d'enceinte primordiale à la reconnaissance des droits des peuples autochtones, d'autres espaces et organisations sont aussi indispensables. Le présent ouvrage propose d'apprécier la contribution bigarrée d'un vaste écosystème d'intégrations régionales en faveur de la protection des territoires ancestraux des peuples autochtones. Le livre dévoile les multiples facettes de ces interactions sans dissimuler les ombres portées sur la fabrique et la traduction normative plurielle de ces dynamiques, à l'image de la multiplication des conflits socio-environnementaux. Autant d'horizons stimulants que l'ouvrage invite à découvrir dans la perspective d'une durabilité repensée des ressources naturelles et de la biodiversité.
Préface Irène Bellier

CLAUDOT-HAWAD Hélène. Habiter le desert. Les Touareg de l'Ahaggar photographiés par Marceau Gast ( 1951-1965). Non Lieu Édition. 240p.

En octobre 1951, un jeune instituteur de vingt-quatre ans, Marceau Gast, arrive au Sahara chez les Touareg Kel Ahaggar, dans le sud algérien. Pendant trois ans, il sera instituteur nomade, changeant de groupement à chaque rentrée scolaire. Au gré des saisons et des parcours, Marceau Gast photographie les différentes facettes de la vie nomade oscillant entre les ressources rares des monts escarpés de l’Ahaggar et l’abondance des pâturages salés, à six cents kilomètres plus au sud, dans les plaines de la Tamesna. Pour ses hôtes, habiter le désert rime avec nomadisme. Mais, en ce milieu de XXe siècle, la gestion coloniale du vaste territoire des Kel Ahaggar relève de deux administrations distinctes – l’Algérie et l’AOF (Afrique occidentale française). Cette partition porte en germe la menace qui s’abattra sur la salutaire mobilité nomade entre montagne et plaine. Les photographies de Marceau Gast témoignent d’un mode de vie qui en quelques décennies s’est profondément transformé. L’instituteur devenu ethnologue en 1960 poursuivra les questionnements nés au cours de son premier séjour dans l’Ahaggar. Il constituera un important corpus photographique pour illustrer ses recherches sur l’alimentation en milieu aride et les stratégies mises en œuvre pour échapper à la famine.

GITPA, Rapport Le Monde autochtone 2021. Traduction des Rapports d'IWGIA: The Indigenous world - El mundo indigena 2021 . 820p

2020 a été une année sans précédent pour la population mondiale qui a connu une pandémie mondiale unique dans sa vie. Les peuples autochtones - armés de connaissances et d'une expérience couvrant des générations après avoir été confrontés à des maladies contagieuses et à d'autres pandémies - ont répondu au COVID-19 avec de nouvelles méthodes traditionnelles et innovantes de protection et de prévention ; tous contre la discrimination disproportionnée et la marginalisation auxquelles ils sont confrontés chaque jour. Malgré l'absence ou l'insuffisance de programmes de secours d'urgence et leur mise en œuvre, des politiques faibles et peu ou pas de soutien social, sanitaire et économique de la part des gouvernements, les peuples autochtones ont pris les choses en main de manière proactive pour se protéger et se soutenir mutuellement. Tout simplement, alors que les peuples autochtones ont fait preuve d'une résilience résolue pendant la pandémie, COVID-19 a également mis en évidence et amplifié de manière exponentielle les profondes inégalités auxquelles ils continuent de faire face dans le monde. La pandémie a eu un impact si grave sur les droits et le bien-être des peuples autochtones que le nouveau Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones, Francisco Calí Tzay, a consacré son premier rapport thématique au COVID-19 et aux risques particuliers et problèmes mondiaux que cela élevé pour les peuples autochtones. Il y a noté que les peuples autochtones sont «rarement pris en compte dans les plans d'urgence» et, selon les conclusions de son rapport, une majorité d'États n'ont pas inclus les peuples autochtones dans leurs plans de relance COVID-19, soulignant l'importance des peuples autochtones pour le droit au consentement libre, préalable et éclairé aux décisions qui les concernent.1 Les preuves et les expériences présentées dans cette édition de Monde Autochtone sont extrêmement claires et similaires : les droits, les besoins et les défis des peuples autochtones pendant la pandémie n'ont tout simplement pas été pris en considération. Sur presque tous les continents, dans de nombreux cas : - les établissements de santé étaient inaccessibles, - les informations sur la santé n'étaient pas diffusées ou rendues disponibles dans les langues autochtones, - les équipements de protection individuelle n'étaient pas distribués, - les colis de secours ne tenaient pas compte des marchés économiques autochtones et - l'éducation à distance n'a pas pris en compte la manque d'équipement électronique et indisponibilité d'accès à Internet pour les enfants et les étudiants autocht

Introduction. Dwayne Mamo et Catherine Wessendorf (IWGIA).
Accès au Rapport

GLON Éric, Autochtonies. Regards croisés sur les territorialités et les territoires des peuples autochtones. PUR 420p.

Ce livre révèle tant la multiplicité que la recomposition des rapports à l'espace des peuples autochtones, ce que recouvre et ce que permet de saisir la notion - résolument géographique - d'autochtonie. Les contributions ici réunies présentent les résultats de recherches menées à ce sujet dans différentes régions habitées par des peuples autochtones, dans les Amériques, en Océanie, en Afrique et en milieu circumpolaire.

ISSOUF AG AGUIDID et LENARTOWICZ Estelle. ISSOUF .Un aller simple pour la France. L'Iconoclaste.
Issouf Ag Aguidid est l'un d'eux. Il a quitté le désert malien pour l'Ile de France, il y a cinq ans. Un aller simple, en avion. Puis ce Touareg indépendantiste qui n'a pas encore trente ans a obtenu le statut de réfugié. Dans un atelier d'écriture, à Paris, il fait la connaissance de la journaliste Estelle Lenartowicz. Issouf aime les mots, elle aussi. Il lui raconte les souvenirs de son existence en Afrique, le souffle du vent, le ciel immense mais aussi les secousses de la guerre. Leur livre raconte la sagesse touareg, le lien à la nature de ces hommes du désert. Il dit aussi l'enracinement du jeune homme dans la société française, des services de la préfecture aux fêtes amicales, des petits boulots à la liberté de parole tant recherchée. Il offre un nom et un visage à ceux dont l'exil s'achève en France, fondus dans la masse.

JEAN Michel, Maikan, Ed. Dépaysage. 268p.

Nitassinan, août 1936. Sur ordre du gouvernement canadien, tous les jeunes Innus de Mashteuiatsh sont arrachés à leurs familles et conduits à plus d’un millier de kilomètres au nord, dans le pensionnat de Fort George tenu par des missionnaires catholiques. Chaque jour apporte son lot de coups et d’humiliations : tout est bon pour « tuer l’Indien dans l’enfant ». Maikan. Des loups. Voilà ce que sont, des années durant, les religieux aux yeux des enfants.
Montréal, 2013. L’avocate Audrey Duval recherche des survivants. Dans une réserve isolée de la Basse-Côte-Nord, elle retrouve Marie Nepton, une vieille Innue qui va lui raconter tout ce qui s’est passé à Fort George : la violence aveugle s’abattant sur les corps et les esprits, mais aussi la force de l’amour et la grâce de l’amitié qui, seules, ont pu contrer la barbarie.Avec Maikan, Michel Jean, l’auteur primé de Kukum, dévoile un pan méconnu et révoltant de l’histoire des Amérindiens du Québec.

L'HISTOIRE. Amazonie. L'Indien, le Conquistador et la Forêt-Monde

Depuis une quarantaine d’années, le monde assiste aux incendies qui ravagent l’Amazonie. Mais que sait-on de l’histoire des 34 millions d’habitants qui peuplent cette immense forêt tropicale urbanisée ? L’Amazonie fut précocement et densément peuplée. Et ce milieu a été façonné par les Amérindiens, qui ont domestiqué la forêt. Après la conquête européenne une société coloniale métissée et esclavagiste fut mise en place. Le boom du caoutchouc, à la fin du XIXe siècle, lui a assuré une croissance économique. Mais il a aussi attisé les convoitises des dictateurs brésiliens. Désormais, modernisation et saccage de la forêt iront de pair. Par Antoine Acker, Gilles Bataillon, Charlotte de Castelnau-L’Estoile, Rafael Chambouleyron, Philippe Descola, Irène Favier, Anaïs Fléchet, Serge Gruzinski, Décio de Alencar Guzmán, François-Michel Le Tourneau, Emmanuelle Loyer, Lissell Quiroz, Stéphen Rostain, Yves Saint-Geours, Neil Safier, Sylvain Venayre.

MADZENGUE Younous. Le peuple Bagandou en Afrique centrale. L'Harmattan.172p.

"La balkanisation de l’ethnie Bagandou, peuple Bangala du monde Bantou en Afrique centrale, suivie des déplacements massifs des individus dans d’autres contrées ou régions équatoriales, prend sa véritable source à partir de l’hégémonie coloniale des pays dits occidentaux. Ce partage du continent africain a abouti à la division des mêmes ethnies entre plusieurs pays, sur la base des frontières arbitraires et artificielles tracées sans rapport avec les afWnités sociologiques et anthropologiques de ces populations. C’est pourquoi il est important de chercher à maîtriser les racines de ses origines pour savoir d’où l’on vient, car c’est une perte immense de ne pas connaître sa propre histoire."

PERRAUDIN Anna, Esquiver les frontières. Expérience migratoire, identités et rapport au groupe des Indiens mexicains.PUR. 262p.

Dans l’abondante littérature sur les migrations mexicaines, l’originalité des recherches menées par Anna Perraudin est de combiner analyses de la migration interne et de la migration transnationale. Son ouvrage est l’aboutissement d’un parcours déjà jalonné de nombreuses publications, dont une étude, poursuivie ici, sur des Indiens urbains dans le centre historique de Mexico. Il n’est pas seulement une synthèse de ses travaux, il ouvre la voie à de nouvelles orientations de recherche sur les migrations. Anna Perraudin est une chercheuse de terrain accomplie. Avec patience et ténacité, elle a mené des enquêtes approfondies dans des milieux et des contextes difficiles et variés. Pendant plusieurs années, elle a accompagné une population otomi originaire d’une localité de l’État de Querétaro au Mexique, dans ses migrations vers la ville de Mexico et vers les États-Unis, dans l’État du Wisconsin principalement. Elle a résisté à ceux qui lui déconseillaient d’étudier un groupe indien dans une perspective qui ne soit pas celle de l’anthropologie culturelle dominante au Mexique, à ceux qui ne comprenaient pas qu’on puisse appliquer à ce groupe un questionnement éminemment sociologique, à ceux qui la sommaient de choisir entre migration interne et migration internationale. Elle a pris à bras-le-corps un phénomène – la dispersion et le processus d’individuation de migrants d’origine rurale et urbaine – qui n’allait pas dans le sens de la pensée dominante concernant les migrations mexicaines (pas seulement indiennes) aux États-Unis, qui n’allait pas non plus dans la direction à laquelle elle s’attendait elle-même au départ. Les études innovantes sont souvent celles qui partent d’un étonnement, d’une surprise, d’un constat contrariant pour le chercheur. C’est ici le cas.
Préface d'Yvon Le Bot

POUPEAU Franck. Altiplano. Fragments d'une révolution (Bolivie, 1999-2019) Raisons d'agir.

Si beaucoup de révolutions finissent mal, la Bolivie a depuis les années 2000 connu une révolution démocratique inédite, à travers des victoires électorales successives qui ont porté au pouvoir le " premier président indigène " du pays. Ce livre retrace ce processus de changement en suivant le devenir d'initiatives populaires souvent ignorées par la politique officielle. Ce livre entrelace plusieurs niveaux d'écriture (et de lecture), qui sont rarement réunis, dans un même volume : des enquêtes de terrain aux périphéries défavorisées des villes, par lesquelles il apporte une lecture sociologique des inégalités structurant la société bolivienne ; des analyses du " processus de changement " et des politiques publiques, réalisées à partir de ces enquêtes (mises en évidence dans des textes conclusifs ou des " excursus ") ; des textes d'" interventions " sur l'actualité politique, écrits parallèlement au travail de recherche, mais qui livrent des éléments de contextualisation et de compréhension indispensables aux analyses ; enfin, des réflexions sur la position d'enquêteur immergé dans une réalité radicalement autre.

ROBINNE François, Birmanie Par-delà l'ethnicité. Ed. dépaysage.258p.

Partout en Asie du Sud-Est où François Robinne mène ses enquêtes depuis maintenant plus de trente ans, les Etats font face aux déplacements de leurs populations, souvent au-delà de leurs frontières. À cela s'ajoute, en Birmanie plus qu'ailleurs, la question des minorités ethniques et religieuses. Plutôt que d'envisager cette diversité à la manière d'une collection, pointant les spécificités ou soulignant les différences de chaque groupe, l'auteur nous entraîne vers les « carrefours sociaux » : réseaux villageois, alliances matrimoniales, entraides religieuses, les dynamiques relationnelles ont ceci de remarquable qu'elles se jouent des déterminismes linguistiques et culturels. Par-delà l'ethnicité mais dans le respect des différences, c'est la possibilité d'une perspective autre que celle du repli identitaire qui est, ici, déployée. Cet ouvrage se lit aussi comme une trajectoire personnelle et un parcours intellectuel, qui nous conduisent des hautes terres de Birmanie aux enclaves de Bangkok, lorsque le chemin des essarts devient sentier de l'exil. Ecouter les gens, faire parler leurs mots, tenter d'en comprendre le sens : l'épistémologie du vécu repose sur la parole donnée. Elle implique aussi un regard réflexif sur le parcours d'anthropologue : la difficulté d'accès aux terrains lointains, les conditions d'enquêtes en dictature et, par petites touches, les relations humaines hors desquelles la compréhension de l'autre ne serait pas tout à fait la même - et l'anthropologie plus tout à fait elle-même.

ROSTAIN Stéphen, 2021, La forêt vierge d'amazonie n'existe pas.360p.

Depuis trop d'années, le grave état de santé de l'Amazonie inquiète. Déforestation sauvage, incendies, élévation de la température... Autant de symptômes d'un fatal déséquilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irrémédiables. En cause ? Une destruction systématique menée, depuis trois siècles à peine, par les sociétés occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux idées reçues, ne menacent pas seulement la plus grande forêt tropicale du monde, mais également les Amérindiens, qui ont pourtant toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel. Dans cet essai original d'écologie historique, Stéphen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques à l'oeuvre. Il se propose, plutôt que d'en rester à un constat d'échec, de comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole - du plus néfaste au plus bénéfique -, ouvrant des horizons face à la chronique habituelle d'une mort annoncée. Un livre bienvenu, et de plus illustré de nombreuses images méconnues, mais saisissantes, dont les oeuvres du grand photographe Sebastião Salgado.

 

SCHMIT Anna. Sexe et territoire en Colombie.Femmes autochtones Wayùa en lutte. L'Harmattan.296p.

Anna Schmit livre ici le résultat d'une recherche menée entre 2010 et 2016 dans le département de La Guajira (Colombie), alors que le président Santos engageait avec les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC), des négociations devant conduire à la paix. Elle analyse l'émergence, le cheminement et les actions de la Fuerza de Mujeres Wayúu, collectif de femmes autochtones, victimes du conflit armé colombien. L'auteure montre comment ce collectif - dont les membres se trouvent confrontés à la problématique du déplacement forcé et sont en lutte pour la défense de leursterritoires - parvient à insérer ses revendications dans le cadre multiculturel colombien. Comment, se saisissant d'outils institutionnels et de dispositifs de droitshumains, il finit par questionner les rapports sociaux de sexe qui prévalent dans une société ébranlée par la guerre civile. Doublement vulnérables face aux violences sexuelles perpétrées tant par les hommes de leurs communautés que par des acteurs extérieurs souvent armés, ces femmes autochtones conjuguent la lutte pour la défense du territoire avec la lutte pour la défense de leurs corps... Elles rappellent ainsi à la face du monde que la souveraineté des peuples dépend de la liberté des femmes à disposer d'elles-mêmes et ce, par temps de guerre comme par temps de paix.

 

WRM. La résistance face aux multiples tactiques d’expansion des monocultures.

« Les grandes plantations industrielles d'arbres aident sans aucun doute l'industrie papetière internationale à assurer son approvisionnement stable en matières premières. Elles permettent également aux énormes conglomérats qui les plantent de réaliser périodiquement des profits considérables. Elles ne sont cependant pas destinées à profiter aux pays du Sud dans leur ensemble, à leurs populations ou à leur environnement. Bien qu'elles détruisent habituellement plus d'emplois qu'elles n'en créent, elles dépendent néanmoins de subventions extorquées auprès d'un grand nombre de personnes pour générer leurs profits. Elles n'aident pas à préserver les terres, les forêts, les prairies ou les ressources en eau, mais exploitent au contraire impitoyablement les avantages naturels locaux. Ni les pays du Sud, ni leurs communautés locales ne doivent donc espérer bénéficier de la présence d'énormes entreprises de plantation et de pâte à papier produisant pour l'exportation. Au contraire, ils doivent se méfier des dommages que ces entreprises peuvent causer. Si les racines des arbres des plantations se trouvent sur le territoire national, il est très peu probable que les racines de ces entreprises le soient. »
Bulletin du WRM Juillet -Aout 2021


ACTUALITE DES FILMS -VIDÉOS

 

LA VOCERA de Luciana Kaplan, 2020, 1h22'

María de Jesús Patricio, surnommée Marichuy, est la première femme autochtone candidate aux élections présidentielles mexicaines, avec une campagne modeste mais radicale.María de Jesús Patricio Martínez, surnommée “Marichuy”, est une Indienne nahua. Elle est également la porte-parole du Congrès national indigène (CNI), une organisation réunissant les voix de 44 peuples autochtones mexicains, et elle a été désignée conjointement par le CNI et l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) candidate à l’élection présidentielle de 2018. Marichuy est née à Tuxpan, un village du sud de l’État de Jalisco. Il y a cinquante ans, lorsqu’elle n’était qu’une enfant, les formes d’oppression contre les peuples autochtones qui avaient été instaurées cinq cents ans plus tôt, pendant la conquête espagnole, avaient encore cours dans cette région. “Lorsque mes grands-parents devaient se rendre dans un autre village, se souvient-elle, ils devaient louer un costume parce qu’on les obligeait à enlever leurs vêtements traditionnels, ceux qu’ils portaient dans leur vie quotidienne.” S’ils conservaient leurs habits, on ne les recevait tout simplement pas. J’ai également connu cela. Dans les écoles – et cela aussi je l’ai connu –, on interdisait aux enfants indiens de parler leur langue maternelle. Ceux qui le faisaient étaient punis.”

 


OPHIR
de Alexandre Berman, Olivier Pollet, 2020, 1h37'.

Porté par un peuple inspiré en quête de liberté et de souveraineté, à Bougainville en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Ophir documente les mécanismes visibles et invisibles d’une colonisation et ses cycles de guerre physique et psychologique.Les questions liées à l’héritage colonial des grandes puissances occidentales reviennent au premier plan. Ophir observe les racines de cette crise intégrale, en donnant la parole au peuple indigène de la Région Autonome de Bougainville en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le film raconte les mécanismes d’exploitation par la colonisation de la terre et de ses habitants qui, à la fin des années 80, n’ont eu d'autre choix que de se révolter pour leur droit à exister. Des décennies de changement par les colonisateurs et des années d'exploitation de la mine géante de Panguna ont abouti au tragique conflit connu sous le nom de « Crise de Bougainville » : une guerre meurtrière entre les puissances coloniales et une résistance locale bougainvillienne qui tentait de rompre avec sa mère-patrie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, soutenue de son côté par l'Australie et l'un des plus grands géants de l’industrie minière, Rio Tinto. Le conflit, long d’une décennie, a tué environ 20 000 Bougainvilliens, soit environ 10% de la population de l'île. Mais, au prix d’un combat dramatique faisant 20 000 morts, le plus gros conflit de la région Pacifique depuis la Seconde Guerre Mondiale, la petite île armée au départ d’arcs et de flèches a mis à terre hélicoptères, chars et fusils. Cet épisode est souvent considéré comme la première "éco-révolution" au monde.

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